Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Laura Fournier-Finocchiaro et Jean-Yves Frétigné (dir.), L’Unité italienne racontée, vol. I : Interprétations et commémorations, vol. II : Voix et images du Risorgimento,

Ouvrages | 16.07.2015 | Roberto Colozza

Presses universitaires de Caen, 2013Les deux volumes consacrés à L’unité italienne racontée, codirigés par Laura Fournier-Finocchiaro et Jean-Yves Frétigné et publiés dans la revue Transalpina. Études italiennes, réunissent une vingtaine de contributions rédigées en français ou en italien, issues d’un colloque international organisé à l’occasion du 150e anniversaire de l’unité nationale italienne proclamée le 17 mars 1861. Le colloque, de grande envergure, s’est tenu en septembre 2011 à la Maison de la recherche en sciences humaines de l’université de Caen. Il a reçu le soutien économique ou le parrainage de plusieurs institutions académiques et politiques (l’université de Caen, l’université de Rouen, le CNRS, la Région Basse-Normandie, la ville de Caen et le Comité pour les célébrations du cent-cinquantenaire). Ce large soutien des acteurs institutionnels pourrait donner à cet évènement l’image d’une célébration commémorative où la curiosité intellectuelle cède la place à l’officialité mémorielle. Or le colloque de Caen n’a en rien perdu de sa dimension scientifique, bien au contraire. Tout en étant « le principal temps fort des célébrations françaises du Risorgimento » (p. 11, vol. I), le colloque entendait être une occasion de confrontation interdisciplinaire dans laquelle l’histoire politique et l’histoire culturelle représenteraient les deux visages principaux de ce phénomène collectif que fut le processus d’unification nationale italienne.


Jean-Numa Ducange, Julien Hage, Jean-Yves Mollier (dir.), Le Parti communiste français et le livre. Écrire et diffuser le politique en France au XXe siècle (1920-1992),

Ouvrages | 16.07.2015 | Guillaume Roubaud-Quashie

EUD, 2014« Le communisme tâche d’apprendre à lire à tous les hommes, et ceux-ci ne se contenteront pas toujours du Capital. » La formule, piquante et ambivalente, est du jeune Raymond Aron, dans son compte rendu de L’Ère des tyrannies d’Élie Halévy (La Revue de métaphysique et de morale, LI, n°2, 1939, p. 304). Elle noue trois thèmes forts : centralité de la lecture pour les communistes ; instrumentalisation étroite « marxiste-léniniste » ; émancipation des lecteurs volens nolens. Ces trois problématiques sont affrontées par les chercheurs qu’ont rassemblés Jean-Yves Mollier, Jean-Numa Ducange et Julien Hage.


Judith Bonnin, Les voyages de François Mitterrand. Le PS et le monde (1971-1981),

Ouvrages | 16.07.2015 | Quentin Gasteuil

PUR, 2014Issu d’un travail de master 2 primé à la fois par la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut François-Mitterrand, l’ouvrage de Judith Bonnin apporte la preuve, s’il en était besoin, que bien des choses restent à dire sur François Mitterrand, le Parti socialiste et leur action politique dans la décennie qui les mène d’Épinay à l’Élysée. Les voyages de François Mitterrand. Le PS et le monde (1971-1981) s’empare d’un objet historique singulier : les quatre-vingt-huit déplacements politiques hors des frontières hexagonales d’un premier secrétaire socialiste aux ambitions présidentielles affichées.


Frédéric Attal, Histoire des intellectuels italiens au XXe siècle. Prophètes, philosophes et experts,

Ouvrages | 06.07.2015 | Roberto Colozza

Le livre de Frédéric Attal, maître de conférences à l’ENS Cachan et habilité à diriger des recherches depuis décembre 2013,  se penche sur un siècle d’histoire intellectuelle italienne et sur les liens entre cette histoire et les évènements politiques et sociaux qui ont caractérisé, et parfois bouleversé, la vie de l’Italie au cours du XXe siècle. Il s’agit d’un ouvrage monumental de 770 pages, dont 475 sont dédiées à la narration historiographique alors qu’environ une centaine sont consacrées aux notices biographiques des personnalités majeures citées dans le texte ; le reste du volume comprend une chronologie des principaux évènements politiques et culturels italiens ainsi qu’une liste de sources et une bibliographie susceptibles d’intéresser le lecteur. Toutes ces parties complémentaires ont été réalisées elles aussi par l’auteur, la partie politique de la chronologie étant réalisée à partir de celle de Simona Colarizi publiée en 2000. Comme on peut le voir depuis cette brève description « matérielle », Frédéric Attal avait comme but de réaliser un travail de vulgarisation scientifique qui puisse servir de manuel, de point de repère pour tous ceux qui veulent s’initier à un phénomène aussi vaste et complexe que l’histoire intellectuelle de l’Italie contemporaine. Il faut reconnaître à Frédéric Attal que son livre est aussi le résultat d’un vaste travail de recherche, par lequel l’auteur a comblé une lacune dans l’historiographique française aussi bien qu’italienne. Cela sur la base d’une gamme de sources allant des publications des acteurs impliqués, aux documents d’archives et à la correspondance privée.


Le dessein du dessin. « Fatum » de Jérôme Zonder

Expositions | 06.07.2015 | Pierre Girard

Vue d'exposition. © Marc Domage.Jérôme Zonder est un jeune dessinateur virtuose. Le dessin est un genre très vivant aujourd’hui. Mais être exclusivement un dessinateur est rare, et être seulement un dessinateur en noir gris et blanc, à la mine de plomb et au graphite, aux doigts et au fusain, plus rare encore. Cette unité de manière répond à l’unicité du thème, la violence des temps, ce qu’illustrent l’exposition à la Maison Rouge et le catalogue dirigé par Baptiste Brun et Nathan Rera.


Anne Dulphy, L’Algérie des Pieds-Noirs,

Ouvrages | 06.07.2015 | Guy Pervillé

Vendémiaire, 2014Disons-le tout de suite, ce livre est un livre important, et un vrai livre d’histoire. Son auteur est une historienne de métier, dont les recherches portent sur les interactions entre questions internationales, politique et société, et c’est bien dans cette perspective qu’il se situe. Mais son titre – à peine corrigé par le sous-titre Entre l’Espagne et la France – ainsi que la couverture et la quatrième de couverture en donnent une idée inexacte, en faisant croire qu’il s’agit essentiellement d’une histoire centrée sur l’apport très important des immigrés espagnols au creuset démographique et culturel qui a produit, en cent trente-deux ans, ce que l’on appelle aujourd’hui en France la communauté « pied-noire ».


Im Labyrinth des Schweigens / Le labyrinthe du silence (2014),

Films | 06.07.2015 | Martine Floch

Im Labyrinth des Schweigens/Le labyrinthe du silence (2014), le premier long métrage allemand du réalisateur Guilio Ricciarelli, né en 1965 de père italien et de mère allemande, trouve une double résonance dans l’actualité : à l’heure où se tient depuis avril 2015 le procès au tribunal de Lunebourg du comptable d’Auschwitz, Oskar Gröning, aujourd’hui âgé de 93 ans, le film retrace le résultat historique du travail d’une dizaine d’années mené par un groupe de magistrats autour de la figure emblématique du procureur général Fritz Bauer (1903-1968). Ce travail a mené au procès de Francfort en 1963 qui traduisit devant la justice allemande ceux qui eurent des responsabilités à Auschwitz. En 2014, le cinéaste allemand Christian Petzold, connu et reconnu en France pour son magnifique film Barbara (2011), dédie son dernier film Phoenix, qui revient sur la question des Heimkehrer (« ceux qui retournent chez eux ») et du retour des camps des survivants, à Fritz Bauer justement. Lorsque ce dernier s’attaque au chantier, le procès d’Eichmann à Jérusalem n’a pas encore eu lieu et celui de Nuremberg, en 1945, n’a jugé que quelques grands criminels tandis que les anonymes – fussent-ils boulanger ou instituteur comme ici – se sont fondus dans la masse. Ce sont eux, au nombre de 8 000, que Fritz Bauer et Johann Radmann (personnage fictif inspiré de trois authentiques magistrats) traquent dans le film au terme d’une labyrinthique enquête.


Deux « demi-hommes » de lettres

Ouvrages | 05.07.2015 | Emmanuel Dreyfus

Publications de la SorbonneAvec La preuve par deux, Michel Leymarie, présente une biographie originale non pas d’un écrivain, mais d’une paire d’écrivains, phénomène littéraire assez rare. Les Frères Tharaud, Jérôme et Jean, ont écrit en effet la quasi-totalité de leur œuvre à quatre mains. Michel Leymarie rappelle les Grimm, les Boneff, les Rosny, les Margueritte, Erckmann et Chatrian, et surtout les Goncourt. Cependant les frères Tharaud ne sont plus guère connus aujourd’hui, et peut-être à juste titre. Qui lit encore Dingley l’illustre écrivain (1906, prix Goncourt en 1906) ou La randonnée de Sambou Diouf (1902) ou a fortiori Quand Israël est roi (1921) – même si Alerte en Syrie (1937) pourrait bénéficier d’un malentendu ? L’amateur de lettres retrouve toutefois la trace de leur style, qui fut considéré comme classique, dans les exemples du Dictionnaire de langue française de Robert ou du Bon Usage de Grevisse.


Malcolm Chase, Le Chartisme. Aux origines du mouvement ouvrier britannique (1838-1858),

Ouvrages | 05.07.2015 | Philippe Chassaigne

Publications de la Sorbonne, 2013Le livre de Malcolm Chase vient combler une lacune dans la bibliographie disponible en français sur le mouvement chartiste : le précédent livre à lui avoir été consacré  datait de… 1912 ! À l’évidence, il était plus que temps pour proposer au public un nouvel ouvrage, qui fasse la synthèse de recherches dont le dynamisme et la richesse ne se sont jamais démentis outre-Manche. Professeur à l’université de Leeds, à la tête d’une œuvre désormais notable sur l’histoire ouvrière britannique de la fin du XVIIIe et du XIXsiècles, Malcolm Chase est, comme le rappelle Fabrice Bensimon dans sa préface, issu du mouvement de l’History Workshop, promoteur de l’histoire « par le bas » (history from below), et son approche du chartisme en porte clairement la trace.


« Henri Wallon. Une voix pour la République »

Journées d'études | 12.05.2015 | Roseline Salmon

Un homme aux multiples facettes. Tel est apparu Henri Alexandre Wallon lors de la journée d’études qui lui a été consacrée le 30 janvier 2015 aux Archives nationales. Certes, cette date n’a pas été choisie au hasard. Elle coïncide et célèbre le 140e anniversaire de l’amendement qui donna naissance à la Troisième République et fit passer son auteur à la postérité. Mais les nombreux intervenants de cette journée se sont employés à dépasser ce moment commémoratif pour ne pas réduire à quelques heures la longue vie d’Henri Wallon, commencée en 1812 sous Napoléon et qui s’acheva en 1904 sous une République née de sa décisive contribution.


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  • ISSN 1954-3670