Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Le crime fait recette :

Expositions | 14.10.2010 | Arnaud-Dominique Houte

Les hasards du calendrier des expositions ont produit une étrange collision au printemps 2010. D’un côté, un spectaculaire « Crime et Châtiment » qui a eu les honneurs du musée d’Orsay et qui a bénéficié d’une riche couverture médiatique. De l’autre, une plus discrète présentation de photographies de prisons parisiennes qui a été présentée au musée Carnavalet et qui a manifestement su trouver son public.


Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances : de 1880 à nos jours,

Ouvrages | 14.10.2010 | Aude Chamouard

Editions PerrinÉdition française, augmentée et remaniée, d’un livre paru en 2002, l’ouvrage de Laura Lee Downs (professeure à l‘EHESS) se propose d’explorer une institution de notre histoire nationale : les colonies de vacances. Ces « jolies colonies de vacances » présentent le paradoxe d’avoir été un mouvement de masse (touchant sans doute soixante millions d’enfants de 1880 à nos jours), d’être clairement présentes dans la mémoire collective et, pourtant, de n’avoir fait l’objet que de rares études. Si Laura Lee Downs n’aborde pas un champ complètement vierge, elle lit les colonies de vacances au prisme de leur histoire politique, mais aussi sociale et culturelle et s’inscrit ainsi dans les renouvellements historiographiques qu’a connus l’histoire de la Troisième République, depuis le livre de Patrick Zylberman et Lion Murard sur l’hygiène publique, jusqu’aux travaux plus récents portant sur la naissance de l’État-providence en France. Retraçant la généalogie des colonies, et ce afin de dépasser leur seule identification à un  "moment 1936", Laura Lee Downs appuie son argumentation sur les riches sources des archives municipales (notamment des villes de Suresnes et d’Ivry) pour décrire ce mouvement de masse.


Laurence Bertrand Dorléac, Après la guerre,

Ouvrages | 14.10.2010 | Fabienne Chevallier

Editions GallimardDans un riche essai sur la notion de « style », Meyer Schapiro interrogeait les fondements de l’histoire de l’art. Après avoir passé en revue les méthodes de cette discipline, il en venait à dire que les conditions économiques, politiques et idéologiques contribuent à former une vision du monde qui, à son tour, influence l’écriture de l’art. Schapiro écrivait ce texte en 1953 : on est au cœur de la période traitée dans l’ouvrage de Laurence Bertrand Dorléac.


Émilie Van Haute, Adhérer à un parti. Aux sources de la participation politique,

Ouvrages | 14.10.2010 | Ismael Ferhat

Editions de l'Université de BruxellesEn sciences sociales comme dans l’actualité, la crise de l’engagement militant semble être un des aspects majeurs de l’évolution des démocraties européennes depuis les années 1970. Baisse des effectifs au sein des partis politiques, individualisme croissant, repli des formes traditionnelles du militantisme politique, les manifestations de cette mutation des comportements politiques sont scandées régulièrement dans l’espace public. La littérature scientifique comme les discours civiques soulignent la décrue du nombre des adhérents, que ce soit dans les syndicats, les partis ou les associations classiques, ces organisations étant d’ailleurs profondément déstabilisées par de telles évolutions.


David King, Sous le signe de l’Étoile rouge,

Ouvrages | 12.10.2010 | Pascal Cauchy

Editions GallimardDavid King est à la fois un journaliste, un collectionneur et un passionné de l’histoire soviétique. Le public français lui doit déjà un ouvrage remarqué sur la falsification des photographies en régime communiste. Aujourd’hui, il nous livre un aperçu de sa riche collection iconographique retraçant quarante années d’histoire soviétique, d’Octobre 1917 à l’ascension de Nikita S. Khrouchtchev.


Oissila Saaïdia et Laurick Zerbini (dir.), La Construction du discours colonial : l'Empire français aux XIXe et XXe siècles

Ouvrages | 22.07.2010 | Amaury Lorin

© KarthalaLa dialectique de la célébration et de la condamnation du fait colonial a longtemps et profondément biaisé l’écriture de son histoire, ainsi bipolarisée par une mise en intrigue aussi raide que manichéenne. Or, confronter les positions opposées, éprouver en soi leur tension, c’est aussi savoir les dépasser, avait dû conclure Daniel Rivet dans un article particulièrement stimulant paru en 1992. L’ouvrage La Construction du discours colonial : l’Empire français aux XIXe et XXe siècles co-dirigé par Oissila Saaïdia et Laurick Zerbini rappelle ainsi, fort justement, que l’histoire « d’inspiration coloniale » n’a, jusqu’à un passé somme toute très récent, guère été pratiquée par des historiens de métier mais, bien plutôt, avec plus ou moins de bonheur, par des « opérateurs » (diplomates, militaires, fonctionnaires coloniaux, etc.) s’improvisant « historiens du dimanche », à partir d’un savoir tiré de leurs expériences de terrain, sans toujours maîtriser les techniques de la profession. Il revenait alors à cette « histoire coloniale », académiquement en marge, d’exalter la colonisation dans la plupart des cas.


Armelle Mabon, Prisonniers de guerre « indigènes ». Visages oubliés de la France occupée

Ouvrages | 22.07.2010 | Fabien Théofilakis

© La DécouverteLe travail de synthèse sur les prisonniers de guerre « indigènes » pendant la Seconde Guerre mondiale produit par Armelle Mabon s’inscrit résolument dans la tendance historiographique qui cherche à redonner une voix aux « oubliés » de l’histoire. À partir d’un carton d’archives remis en 1987 par une ancienne assistante sociale au service social colonial de Bordeaux pendant la guerre et à la suite d’un documentaire, Oubliés et trahis, réalisé en 2003 sur ces captifs pas comme les autres, l’auteure, consciente de l’existence d’un riche matériau archivistique et d’une réelle demande sociale, a voulu approfondir ce sujet.


Jacques Frémeaux, De quoi fut fait l'empire : les guerres coloniales au XIXe siècle

Ouvrages | 22.07.2010 | Amaury Lorin

© CNRS EditionsDans un article ô combien stimulant paru en 1992, Daniel Rivet relevait, parmi les nombreux objets négligés par la recherche historique dans ce champ si particulier que constitue l’histoire contemporaine des colonisations, les « guerres oubliées de la conquête ». Avec le nouvel ouvrage de Jacques Frémeaux, De quoi fut fait l’empire : les guerres coloniales au XIXe siècle, première histoire totale des politiques de conquête menées par (toutes) les puissances coloniales au XIXe siècle, voilà une importante lacune fort utilement comblée, à la soudure entre histoire militaire « classique » et histoire coloniale « renouvelée », plus rarement explorée qu’on pourrait le penser. Une histoire que l’auteur de La France et l’Algérie en guerre (1830-1870, 1954-1962) (Paris, Economica, 2002) fait, dans cette fresque de grand style, débuter en 1830 : les Français débarquent en Algérie, les Anglais sont engagés aux Indes, les Russes se battent au Caucase et songent à l’Asie centrale, les Américains se lancent dans l’occupation des Grandes Plaines, où ils vont affronter les tribus indiennes. Jusqu’en 1914, l’histoire des empires coloniaux occidentaux sera ainsi celle d’une immense expansion. Par faits d’arme, on l’oublie parfois.


Julian Mischi, Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF

Ouvrages | 22.07.2010 | Danielle Tartakowsky

© Presses universitaires de RennesCet ouvrage de Julian Mischi constitue la version remaniée et attendue de la thèse de science politique qu’il a soutenue en 2002 à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il s’assigne pour objectif d’explorer le travail concret de mobilisation politique du Parti communiste français (PCF) pour en évaluer l’efficacité (ou l’inefficacité) dans des contextes sociaux particuliers. Selon l’auteur, la forte structuration organisationnelle du PCF avec ses ramifications associatives et syndicales ne peut être considérée seulement comme un instrument bureaucratique. Elle constitue aussi un support de mobilisation collective et de participation politique pour des catégories populaires qui ne s’en remettent pas totalement au parti, susceptible d’introduire de la disparité.


Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, L'Affaire Guy Môquet. Enquête sur une mystification officielle

Ouvrages | 20.07.2010 | Virginie Sansico

© LarousseLe 16 mai 2007, jour de son investiture présidentielle, Nicolas Sarkozy prononçait à la Cascade du bois de Boulogne un discours en hommage aux trente-cinq résistants fusillés en ces lieux par les Allemands, dans la nuit du 16 au 17 août 1944. Et, doublant cet acte symbolique d’un geste politique fort, il annonçait dans la foulée que serait désormais lue dans les lycées, à chaque date anniversaire de l’événement, l’émouvante dernière lettre écrite à ses parents par Guy Môquet, jeune communiste fusillé comme otage le 22 octobre 1941 à l’âge de dix-sept ans et présenté dans les directives officielles de l’Éducation nationale comme un « formidable exemple » de tous ceux « qui firent le choix de la résistance ».


imprimer

Newsletter

  • Consultez fréquemment les rubriques dynamiques de cette colonne. Elles sont régulièrement mises à jour.

Champ libre

  • • Pétition : Les archives ne sont pas des stocks à réduire ! Elles sont la mémoire de la Nation
  • Lien vers la pétition : http://chn.ge/2zVYTeJ (...)
  • lire la suite
  • Histoire@Politique est également disponible sur CAIRN
  • lire la suite

Partager

  • ISSN 1954-3670