Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Olivier Dard et Daniel Leufeuvre (dir.), L'Europe face à son passé colonial

Ouvrages | 19.02.2010 | Amaury Lorin

© Riveneuve EditionsUn projet de loi visant à criminaliser le colonialisme français en Algérie (1830-1962) vient d’être déposé auprès de la chambre basse du Parlement algérien. En vertu de celle-ci, les responsables de crimes coloniaux définis au regard du droit international pourraient désormais être justiciables non seulement sur le sol algérien mais aussi devant des tribunaux internationaux. Signé par 125 députés algériens issus de l’Alliance présidentielle et constitué d’une vingtaine d’articles, le texte insiste sur la nécessité d’exiger de la France la présentation d’excuses officielles à l’Algérie et l’indemnisation des victimes de 132 années de colonisation. Aux historiens français qui, avant le « moment 2005», tenaient encore l’histoire coloniale pour dépourvue d’avenir, l’ouvrage L’Europe face à son passé colonial récemment dirigé par Olivier Dard et Daniel Lefeuvre dans la collection « Actes académiques » des éditions Riveneuve  apporte – s’il en était besoin – une preuve supplémentaire de la vitalité scientifique de ce champ d’études stratégique, nourrie par l’acuité d’une mémoire qui est loin d’être apaisée.


Rachel P. Maines, Technologies de l'orgasme. Le vibromasseur, l'« hystérie » et la satisfaction sexuelle des femmes

Ouvrages | 20.01.2010 | Fabienne Giuliani

© PayotAprès avoir surmonté de nombreux obstacles, au premier rang desquels la suppression de son poste d’enseignante à l’université ou la critique par certains historiens de la validité scientifique de ses recherches, Rachel P. Maines et son histoire des vibromasseurs parviennent enfin en France, dix ans après la parution de l’étude originale aux États-Unis. Pourtant à la lisière de plusieurs domaines de recherche majeurs qui croisent l’histoire de la médecine, des techniques et de la sexualité, cet ouvrage montre combien il est encore difficile, aujourd’hui, pour l’historien qui décide de s’attaquer à l’histoire de la mécanisation de l’orgasme féminin, d’être pris au sérieux par la communauté scientifique. On ne saurait donc, de prime abord, manquer de saluer Rachel P. Maines pour la persévérance dont elle fait preuve pour mener à son terme une étude qui, loin d’être marginale, représente au contraire un apport majeur dans le domaine des sciences sociales.


« Berlin : l'effacement des traces, 1989-2009 »

Expositions | 20.01.2010 | Martine Floch

Il y a plusieurs manières de parcourir une exposition. La première consiste à suivre rapidement le parcours balisé. Elle obéit à une curiosité qu’il s’agit de satisfaire au plus vite, ainsi qu’à l’exigence d’avoir un Überblick, une vue d’ensemble et une impression immédiate. La seconde, consécutive à la première, ramène les pas au début de l’itinéraire dont il s’agit de comprendre l’enchaînement et de s’absorber dans chacun des différents parcours qui le constituent.


« Migrations culturelles en Europe à vingt-sept. Quand l'Est rencontre l'Ouest, vingt ans après »

Colloques | 20.01.2010 | Sophie Kienlen

L’effondrement du communisme a joué un rôle central dans l’évolution des migrations européennes, entraînant l’exil de nombreuses populations de l’Est vers l’Ouest. Vingt ans après, il s’agit de faire le bilan de la rencontre entre l’Est et l’Ouest de l’Europe. Les 28 et 29 mai 2009, la nouvelle École doctorale des études anglophones, germanophones et européennes (EDEAGE) de Paris 3, créée en mai 2009, et le programme Europe centrale et orientale de la Sorbonne nouvelle, dirigé depuis 1999 à Paris 3 par Svetla Moussakova, ont organisé ensemble un colloque sur « Les migrations culturelles en Europe à vingt-sept ». Quatre axes ont été retenus. Les discussions ont d’abord porté sur les migrations culturelles et les identités nationales, puis sur les représentations et pratiques des migrations culturelles. Le lien entre migrations et politiques culturelles a ensuite été discuté et le colloque s’est clos sur la question des nouvelles frontières culturelles de l’Europe. L’originalité de ce projet, coordonné par Svetla Moussakova, tient en ce qu’il lie plusieurs écoles doctorales à Paris 3 résolument tournées vers l’international et qu’il s’inscrit dans la continuité des liens que cette faculté nourrit avec les études est-européennes – l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) ayant été rattaché à l’université jusqu’en 1984. Les actes du colloque seront publiés aux Cahiers européens de la Sorbonne nouvelle en 2010.


« Le Louvre pendant la guerre. Regards photographiques 1938-1947 »

Expositions | 20.01.2010 | Florent Le Bot

Une exposition qui s’est tenue au Louvre du 7 mai au 31 août 2009 est venue rappeler la vie du musée et de ses œuvres durant la période de la Seconde Guerre mondiale, les années qui y conduisent, ainsi que celles de la Libération et de la reconstitution. Celle-ci a présenté 56 photographies (associées à deux imprimés et deux films d’actualités), dont les plus originales provenaient du fonds du photographe Pierre Jahan (1909-2003), couvrant la période de réouverture du Louvre en 1945, ainsi que des clichés réunis par Sarah Gensburger, montrant l’utilisation du Louvre comme dépôt pour les œuvres d’art pillées dans les appartements des juifs déportés. Des photographies, allant de 1938, date du premier départ des œuvres, à 1947, année de la réouverture de la Grande Galerie et du retour à un fonctionnement normal du musée, complétaient l’ensemble. L’exposition se tenait dans une salle grise béton à proximité du Louvre médiéval ; les clichés s’en trouvaient littéralement écrasés par la hauteur sous plafond, tandis que l’on aurait rêvé du même type de muséographie intimiste que celle mise en œuvre pour les peintres de portrait au XVIe siècle (aile Richelieu, 2e étage, salle 8). Fort heureusement, il nous reste le catalogue, de bonne facture, complet et riche en informations.


« Extrême Asie : le trésor indochinois d'Alençon »

Expositions | 20.01.2010 | Amaury Lorin

L’association entre la lointaine Indochine, révolue, et la paisible préfecture de l’Orne est loin d’être évidente spontanément. Pourtant, n’en déplaisent aux Parisiens, l’éblouissante et miraculée « collection indochinoise d’Alençon » se situe aujourd’hui à la troisième place nationale après celles du musée Guimet, du Musée national des arts asiatiques et des archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence. Au-delà de l’heureuse surprise de cette « Asie en Normandie », l’exposition « Extrême Asie : le trésor indochinois d’Alençon », visible du 13 juin au 15 novembre 2009 au musée des Beaux-Arts d’Alençon et à la médiathèque Aveline toute proche (hall d’accueil et église des Jésuites), constitue un événement, n’ayons pas peur des mots, dont l’intérêt et l’importance scientifiques dépassent de loin le cadre normand.


« Actualité de l'affaire Dreyfus en 2009 ». Journée d'étude du 20 octobre 2009

Journées d'études | 20.01.2010 | Romain Dupré

Il n’y a toujours « pas de fin en vue pour la recherche sur l’Affaire ». La journée d’étude du 10 octobre sur l’« actualité de l’affaire Dreyfus en 2009 » en témoigne parfaitement. Fruit d’un partenariat, elle a été organisée au siège national de la Ligue des Droits de l’homme (LDH), à l’occasion du 150ème anniversaire de la naissance d’Alfred Dreyfus et de Jean Jaurès et de l’inauguration, par le maire de Paris, de la salle Alfred Dreyfus au siège de la LDH. Cette journée entendait également poursuivre et élargir une partie des discussions initiées lors du colloque de 2006 « Être dreyfusard, hier et aujourd’hui », dont les actes étaient présentés par Emmanuel Naquet et Gilles Manceron.


« Écrire sous l'Occupation. Du non-consentement à la Résistance : France, Belgique, Pologne (1940-1945) »

Colloques | 20.01.2010 | Cécile Vast

Depuis 1981, année au cours de laquelle l’université de Reims accueillait le colloque « La littérature française sous l’Occupation », aucune manifestation scientifique d’ampleur n’avait été entièrement consacrée, en France, aux formes et fonctions de l’écriture sous l’Occupation nazie. Conçu par Bruno Curatolo et François Marcot, professeurs de littérature et d’histoire contemporaine à l’université de Besançon, et organisé par le musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon (Centre d’histoire et de recherche sur la Résistance), l’université de Franche-Comté et la Fondation de la Résistance, le colloque international, « Écrire sous l’Occupation. Du non-consentement à la Résistance », entendait interroger les statuts, le rôle et le sens de l’écriture dans des situations contraintes par l’occupation allemande. Il s’agissait, notamment, de confronter des registres d’écriture spécifiques, publics ou privés – journaux intimes, presse clandestine, théâtre, poésie, romans, lettres de fusillés, poésie populaire et chants de maquis (Bruno Leroux à propos des « Jeux littéraires et chants du maquis »), épigraphie murale de Fresnes (Michel Schmitt sur « Les murs de Fresnes d’Henri Calet : une épigraphie tragique »), etc. – et de revenir sur la diversité des conduites face à la défaite de 1940, à la présence allemande, à Vichy, à la répression et aux persécutions. En quoi les attitudes de « non-consentement » ou les formes de résistance ont-elles influé sur les modes d’écritures ?


« Tarzan ! Ou Rousseau chez les Waziri »

Expositions | 20.01.2010 | Amaury Lorin

Le vif succès estival rencontré par l’exposition « Tarzan ! Ou Rousseau chez les Waziri », présentée au jeune Musée du quai Branly (Paris) du 16 juin au 29 septembre 2009, est à la hauteur de la popularité et de la vitalité du mythe auquel elle n’a pas craint de s’attaquer, l’un des plus forts du XXe siècle. Son commissaire, Roger Boulay, anthropologue et spécialiste de l’art océanien – déjà commissaire des expositions « L’aristocrate et ses cannibales : le voyage en Océanie du comte Festetics de Tolna (1893-1896) » présentée en 2007 au même Musée du quai Branly ; et « Kannibals et vahinés » au musée des Arts d’Afrique et d’Océanie en 2001 – prévient d’emblée : « Tarzan incarne la fragilité de la frontière entre le primitif et le civilisé », autrement dit, l’homme et l’animal, ou les fameuses « culture » et « nature » rousseauistes. Une frontière à la croisée de deux mondes rêvés unique, dont la porosité est conçue comme le fil conducteur de l’exposition.


Le mémorial Charles de Gaulle de Colombey-les-Deux-Églises. Incarner de Gaulle et son environnement

Musées | 20.01.2010 | Jérôme Pozzi

En 1954, au cours d’un entretien qu’il accordait à un journaliste, le général de Gaulle aurait dit : « Voyez cette colline. C’est la plus élevée. On y édifiera une croix de Lorraine quand je serai mort et de partout on pourra la voir. » Quelques années plus tard, il aurait confié à André Malraux : « Personne n’y viendra, sauf les lapins pour faire de la Résistance ». Inaugurée par Georges Pompidou le 18 juin 1972, la croix de Lorraine, composée de blocs de granit rose de Bretagne, mesure plus de 40 mètres de haut et, depuis cette date, force est de constater qu’elle n’a pas eu que des lagomorphes comme visiteurs.


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  • ISSN 1954-3670