Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Sonia Combe (dir.), Archives et histoire dans les sociétés post-communistes

Ouvrages | 20.01.2010 | Guillaume Mouralis

© La DécouverteCet ouvrage, issu d’un colloque organisé par la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) à Nanterre, propose un bilan critique de l’historiographie des pays communistes européens, profondément renouvelée depuis une vingtaine d’années par l’ouverture – au moins partielle – des archives de la période soviétique.


« Traits d'architecture : Hanoi à l'heure française »

Expositions | 20.01.2010 | Amaury Lorin

Solennellement inaugurée le 1er octobre 2009 à l’Espace-centre culturel français de Hanoi par Nguyên Tiên Dinh, vice-ministre vietnamien de l’Intérieur, et Michel Flesch, conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France à Hanoi, l’exposition « Traits d’architecture : Hanoi à l’heure française » marque une étape importante dans la complexe histoire au long cours des relations bilatérales franco-vietnamiennes.


La Guerre sans dentelles

Expositions | 15.01.2010 | Nicolas Offenstadt

La Guerre sans dentelles est une exposition montrée au Château de Versailles, dans la galerie des batailles, entre le 11 mai et le 7 septembre 2009. Elle s’est accompagnée d’un fort beau catalogue présenté par Laurent Gervereau et Frédéric Lacaille. Le principe de l’exposition, que suit le catalogue, tient dans la confrontation entre les fameuses peintures de la galerie qui déroulent des combats emblématiques, depuis Tolbiac (v. 496) jusqu’à Wagram (1809) et des images des conflits contemporains. Il s’inscrit dans une volonté de renouveau du Musée de l’histoire de France – dont la galerie fait partie – fondé par Louis-Philippe pour situer le régime dans la longue continuité des temps monarchiques et impériaux et montrer aussi le lien du roi et du peuple, comme en témoigne la place centrale de Jeanne d’Arc au milieu de la galerie – sans compter les autres représentations de la Sainte – ou le tableau de Louis XIV en « roi prolétaire » avec sa troupe dans la prise d’assaut de Valenciennes. Les récents débats sur la place de l’histoire nationale et le projet de musée lancé par le président de la République et ses conseillers, ont redonné, en outre, une actualité aux « musées d’histoire de France », posant par là la question de leurs mutations possibles au XXIe siècle.


Landry Charrier, La Revue de Genève. Les relations franco-allemandes et l'idée d'Europe unie (1920-1925)

Ouvrages | 15.01.2010 | Jean-Michel Guieu

© Slatkine EruditionDans le champ déjà bien labouré des revues littéraires de l’entre-deux-guerres, Landry Charrier choisit dans cet ouvrage, issu d’une thèse de doctorat en études germaniques, de s’intéresser à une revue suisse dont le titre est certes bien connu, mais qui n’avait jusqu’à présent pas éveillé chez les chercheurs le même intérêt que ses consœurs françaises ou allemandes. La Revue de Genève constitue pourtant, durant la première moitié des années 1920, un intéressant laboratoire du rapprochement franco-allemand à une époque marquée par les haines réciproques des deux côtés du Rhin.


« August Sander. Voir, Observer, Penser »

Expositions | 15.01.2010 | Marie-Bénédicte Vinvent

Anton Raderscheidt par August Sander, 1925 © DRAprès l’exposition l’an dernier sur Erich Salomon (1886-1944) à l’hôtel de Sully, la photographie allemande du premier XXe siècle est décidément à l’honneur à Paris. La Fondation Cartier Bresson, installée depuis 2003 dans un atelier d’artiste du quartier de Montparnasse, organisait en effet, du 9 septembre au 20 décembre 2009, une exposition sur August Sander (1876-1964), en collaboration avec Die Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur de Cologne. Les tirages exposés sont des épreuves gélatino-argentiques d’époque réalisées par Sander. Cet artiste réaliste voulait « voir les choses comme elles sont et non comme elles devraient ou pourraient être ». De fait, ses photographies, outre leur valeur esthétique, sont aujourd’hui de véritables documents historiques.


Christian Roche, Paul Vigné d'Octon (1859-1943) : les combats d'un esprit libre, de l'anticolonialisme au naturisme

Ouvrages | 13.01.2010 | Amaury Lorin

© L'HarmattanQui se souvient aujourd’hui de Paul Vigné d’Octon (1859-1943) ? Rares sont sans doute les lecteurs auxquels l’auteur de La Gloire du sabre (Paris, Flammarion, 1900) et La Sueur du bournous : les crimes coloniaux de la IIIe République (Paris, Guerre sociale, 1911, pamphlets politico-militaires anticolonialistes ayant tous les deux subi les foudres de la censure de la IIIe République impériale, évoquera quelque souvenir. Pourtant, ce personnage hors norme, semblant avoir passé sa vie à soulever de courageuses polémiques, gagne à être connu, tout autant que sa mémoire mérite d’être ravivée en 2009, alors que les débats historiographiques sur le passé colonial de la France sont encore loin d’être réglés.


Muriel Pichon, Les Français juifs, 1914-1950. Récit d'un désenchantement

Ouvrages | 13.01.2010 | Simon Perego

© Presses universitaires du Mirail« Heureux comme Dieu en France ». C’est par ce proverbe que les juifs yiddishophones, fraîchement immigrés en France à la fin du XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe siècle, saluaient le pays qui, croyaient-ils alors, leur offrait l’assurance d’une vie meilleure. Mais cet adage aurait également pu convenir un temps à leurs coreligionnaires établis depuis des siècles dans la « patrie des Droits de l’homme », ces Français « de confession israélite » dont Muriel Pichon a entrepris d’écrire l’histoire entre 1914 et 1950.


Nicolas Werth, L'Ivrogne et la marchande de fleurs. Autopsie d'un meurtre de masse 1937-1938

Ouvrages | 14.12.2009 | Sabine Dullin

© TallandierAvec L’Ivrogne et la marchande de fleurs. Autopsie d’un meurtre de masse 1937-1938, Nicolas Werth offre une belle synthèse sur un événement fondamental dans l’histoire des violences européennes du XXe siècle. Il clôt, ce faisant, une série de travaux qu’il avait engagés depuis l’ouverture des archives et qui contribuèrent de manière décisive à renouveler l’histoire sociale et politique de l’URSS de l’entre-deux-guerres. Nicolas Werth sait aussi communiquer son goût de l’archive en mettant à la disposition du lecteur français des documents saisissants. Il cite beaucoup et longuement, avec bonheur, et c’est un élément essentiel de son dispositif d’écriture. Passeur d’archives qui disent une époque, il est aussi le passeur, en France, des nombreux travaux russes et, notamment, de l’immense travail accompli pendant des années par l’équipe Mémorial pour nommer et compter les victimes et cela, très souvent, à l’échelle locale et régionale.


« Accessoires et objets, témoignages de vies de femmes à Paris, 1940-1944 »

Expositions | 14.12.2009 | Élodie Nowinski

Di Mauro, sandale en daim « Les Quatre Grands » décorée du drapeau des Alliés, 1944. © S. Piera / Galliera / Roger-Viollet. Tous droits réservés.Au très confidentiel et introuvable mémorial Leclerc – musée Jean Moulin se tenait, jusqu’au 15 novembre 2009, une exposition intitulée « Accessoires et objets, témoignages de vies de femmes à Paris 1940-1944 ». Organisée en collaboration avec le musée Galliera, l’exposition retrace, à travers une dizaine de vitrines, le quotidien des parisiennes, depuis les classes populaires jusqu’aux clientes des maisons restées en activité à une époque où la Kommandantur voulait déplacer la haute couture parisienne vers Vienne ou Berlin.


Nicolas Offenstadt, L'histoire bling-bling. Le retour du roman national

Ouvrages | 14.12.2009 | Sonia Combe

© Stock, 2009Écrit dans un style percutant, à la hauteur des enjeux, L’histoire bling-bling est, sans conteste, un essai d’actualité. Jamais le passé national n’a été autant instrumentalisé (« consommé ») dans les discours d’un chef d’État qu’aujourd’hui. Tous les présidents ont, certes, plus ou moins, mis à contribution l’histoire nationale, cela fait même partie de leur fonction, mais le « président bling-bling fait lui de l’histoire bling-bling, clinquante, voyante, pas bien profonde dans ce contexte de nouveaux rapports au passé ». « L’histoire bling-bling, dit encore Nicolas Offenstadt, c’est un grand mélange ou tout s’entrechoque, comme dans une boîte de nuit quand les néons tournent à plein […] ». Et enfin : « L’histoire bling-bling est, on s’en doute, une histoire pipole. » Voilà pour la définition dont on avait à peine besoin tant le bling-bling est devenu, sous nos yeux, plus qu’un mode de vie, un mode de gouverner.


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  • ISSN 1954-3670