Histoire@Politique : Politique, culture et société

Sources

Le fonds Cécile Brunschvicg

Cécile Formaglio
Résumé :

Le fonds Cécile Brunschvicg, pillé par les Allemands en juin 1940, récupéré par les Soviétiques en 1945, revenu de Russie en 2000 est aujourd’hui conservé au Centre des (...)

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Cécile Brunschvicg enregistrant une émission de radio vers 1937, Centre des Archives du féminisme, AngersLe fonds Cécile Brunschvicg (1877-1946)[1], conservé au Centre des archives du féminisme (CAF) d’Angers[2] constitue, à bien des égards, un fonds exceptionnel. Tout se conjugue pour en faire une source irremplaçable pour les historiens du féminisme : son histoire, la variété de son contenu et la personnalité de sa productrice.

L’histoire inhabituelle de ce fonds convient d’être soulignée en premier lieu. En effet, son existence est passée « de l’ombre à la lumière[3] » suite à la signature, le 12 novembre 1992, entre le Gouvernement français et le Gouvernement russe, d’un accord ayant pour but de procéder au rapatriement des fonds d’archives publics et privés français qui se trouvaient à Moscou. Il fait partie de ces fonds, « deux fois pillés et deux fois sauvés[4] », saisis par les Allemands dès juin-juillet 1940, et transférés à Berlin où ils ont été utilisés par les services allemands et la propagande raciale, puis récupérés par les Soviétiques dès février-mars 1945, et dirigés en majorité vers les Archives spéciales centrales d’État ouvertes en 1946. On peut expliquer l’intérêt des Allemands pour les archives de Cécile et Léon Brunschvicg[5] pour plusieurs raisons : le pillage de leur hôtel particulier en juin 1940 s’inscrit dans le droit fil de celui des bibliothèques des hommes politiques juifs, particulièrement visés par ces spoliations, comme Léon Blum, Jean Zay, Jules Moch, et s’explique par les origines juives de Cécile Brunschvicg, sa participation au Front populaire et à des mouvements anti-fascistes[6]. La négociation du retour de ces fonds a été un processus long et difficile car au fur et à mesure des années, ils ont été l’objet d’une « véritable construction politique et mémorielle fondée sur l’histoire originelle d’un “sauvetage d’archives” par l’armée soviétique[7] ».

Plus précisément, le retour en France du fonds Brunschvicg lui-même a donné lieu à la création, en octobre 2000, d’un Centre des archives du féminisme à la bibliothèque universitaire d’Angers, par une convention entre l’association Archives du féminisme et l’université d’Angers. Ce centre, qui s’est constitué autour du fonds Cécile Brunschvicg et a depuis accueilli de nombreux autres fonds d’archives, est destiné à pallier le manque de structures pouvant accueillir les archives des associations et militantes féministes comme le faisait déjà la bibliothèque Marguerite Durand, qui ne peut seule suffire à la tâche.

Le fonds Cécile Brunschvicg, qui représente 10,50 mètres linéaires dont 2,90 mètres de documentation n’a pas connu, par son histoire particulière, les aléas habituels des archives privées : il se révèle presque exempt de toute élimination exercée soit volontairement par le producteur, soit à la suite de changements de propriétaires.

Les domaines dans lesquels s’est exercée l’activité militante de Cécile Brunschvicg sont innombrables tant dans les associations féministes que sur le terrain politique ou journalistique. Elle est secrétaire générale de l’Union française pour le suffrage des femmes (UFSF) à partir de 1910 puis présidente de 1924 à sa mort. Elle est aussi présidente de la section « Travail » du Conseil national des femmes françaises (CNFF) à partir de 1915 où elle milite pour l’égalité des salaires. Elle participe également aux congrès d’associations internationales comme le Conseil international des femmes (CIF) et l’Alliance internationale pour le suffrage des femmes (AISF). Membre du parti radical à partir de 1924, elle devient sous-secrétaire d’État à l’Éducation nationale dans le premier gouvernement Blum en 1936. Rédactrice en chef de l’hebdomadaire féministe La Française à partir de 1926, co-fondatrice et vice-présidente de l’Association des surintendantes d’usine, son activité se déploie dans beaucoup d’autres associations. Ses méthodes de travail aussi la poussent à réunir la documentation la plus exhaustive possible, qu’elle collecte systématiquement lors de ses voyages à l’étranger, considérant que son action doit toujours s’appuyer sur une connaissance précise des problèmes. Et ce sont bien la totalité de ses engagements qui nous sont accessibles aujourd’hui.

Désireuse d’être avant tout une administratrice efficace[8], Cécile Brunschvicg ne pouvait méconnaître l’utilité d’une bonne conservation de ses archives. Comme bon nombre de militantes, elle avait aussi conscience de la nécessité de conserver la mémoire des luttes féministes. Elle a ainsi soutenu les bibliothèques féministes en leur fournissant des collections de La Française. Elle s’est enthousiasmée pour la création de la bibliothèque Marguerite Durand en 1931 puis, à partir de 1936, elle a pris la présidence d’honneur de la société des amis de la bibliothèque Marie-Louise Bouglé. Louise Weiss ne disait-elle pas qu’elle était « une archive vivante du mouvement féministe, connaissant toutes les mesures prises, les conditions dans lesquelles elles ont été prises, les noms des personnes qui s’en sont occupées depuis 25 ans[9] » ?

Une rapide typologie des archives que l’on trouve dans le fonds Brunschvicg suffit à démontrer cette richesse. On y trouve des archives personnelles : ce sont celles réunies par Cécile Brunschvicg dans le cadre de ses activités de simple militante, de membre d’associations (documents comptables, correspondance, documentation, coupures de presse). Étant donnée l’importance de son rôle d’animatrice dans des associations comme l’UFSF ou le CNFF, ses archives peuvent être considérées comme des archives associatives. Et ce d’autant plus que le fonds Brunschvicg conserve aussi, partiellement, les archives des présidentes qui l’ont précédée, sans doutes transmises lors de la passation des pouvoirs (archives Pégard, De Witt-Schlumberger). On trouve ainsi dans les sous-fonds de l’UFSF et du CNFF, des comptes rendus de réunions, des publications qui consignent la vie de ces associations, les statuts successifs, des pièces de comptabilité, la correspondance entre les membres des bureaux, du comité, des dossiers de documentation, des dossiers d’information à usage interne des adhérents contenant des bulletins, des circulaires et, enfin, des dossiers rassemblant tout ce qui a trait à la propagande, tracts, affiches, textes de conférence, ainsi qu’une très nombreuse correspondance avec les autorités. Les archives d’associations du fonds Brunschvicg ne peuvent cependant pas être considérées comme exhaustives car Cécile Brunschvicg ne conservait pas de manière systématique les bulletins, les comptes rendus de réunion. Il est vrai aussi qu’il lui arrivait de déléguer des tâches à d’autres membres ou aux secrétaires de l’association dont les archives n’ont pas été jointes aux siennes.

Enfin, le fonds Brunschvicg contient des archives publiques liées à sa fonction de sous-secrétaire d’État à l’Éducation nationale. Ceci n’a rien de surprenant car il n’est pas rare pour des ministres de conserver par devers eux les papiers produits en fonction. Ces archives méritent qu’on s’y attarde un peu car, jusqu’à présent, le travail effectué par Cécile Brunschvicg au Gouvernement n’était connu que par des sources très partielles. En effet, les archives du ministère de l’Éducation Nationale, presque inexistantes sur la question[10], rendent difficile la connaissance précise de l’expérience inédite qu’avait constituée la présence de trois femmes au Gouvernement pour la première fois dans l’histoire politique française[11]. Les archives Brunschvicg nous révèlent ainsi qu’en réalité, l’action de Cécile Brunschvicg au sein du pouvoir exécutif a perduré au-delà de la chute du gouvernement Blum[12]. Elles permettent surtout d’infirmer un certain nombre d’idées reçues qui ont longtemps été véhiculées par une certaine historiographie : la fonction purement ornementale des femmes au gouvernement Blum, que contredit la variété des actions menées par Cécile Brunschvicg, la rupture complète de cette dernière avec le mouvement féministe, l’abandon de ses revendications sous la pression de Léon Blum[13].

Pour l’essentiel, le fonds reste composé de correspondances : correspondance passive avec des féministes de province[14], des féministes étrangères, des parlementaires, des particuliers mais, surtout, une importante correspondance active, dont Cécile Brunschvicg conserve souvent une copie, ce qui permet un accès inédit à sa parole et à ses idées.

Certes, le féminisme réformiste[15] dont Cécile Brunschvicg est une des représentantes les plus importantes est aujourd’hui bien connu[16]. En s’institutionnalisant et en se dotant d’associations pourvues de statuts, de programmes, de périodiques, il a produit des archives, des comptes rendus de congrès, des photographies. Mais un fonds d’archives privées comme celui de Cécile Brunschvicg permet de donner un autre éclairage plus intime et plus profond à cette histoire.

Avant tout, ces archives permettent un accès privilégié à ses idées et ses prises de position, lesquelles ne sont pas toujours évidentes à saisir en raison des contraintes qui pèsent sur la parole publique féminine à l’époque. Ainsi, les articles qu’elle publie dans La Française[17], qui a adopté le même principe de neutralité que l’UFSF, dans lesquels elle s’efforce d’éviter les sujets sensibles susceptibles de diviser les féministes, de tous bords politiques et de toute confession, ne donnent forcément qu’un aperçu partiel et partial de ses positionnements. Sa correspondance avec les abonné(e)s de La Française nous le confirme lorsqu’elle y justifie sa ligne éditoriale et le contenu de ses articles. Parmi toutes les situations d’énonciation représentées dans la correspondance de Cécile Brunschvicg, c’est la correspondance adressée à ses amies féministes, sur un ton plus familier, qui est, à cet égard, sans doute la plus intéressante. Elle y mentionne les événements politiques de son temps, les personnalités du parti radical comme ses chefs qu’elle côtoie, n’hésitant pas à livrer son opinion. Loin de sa prudence habituelle, destinée avant tout à préserver les intérêts du mouvement féministe, elle y évoque des sujets délicats et sources de discorde entre les féministes, comme la religion, l’avortement, la question démographique…

Au-delà même de la personnalité de Cécile Brunschvicg, ce fonds intéresse évidemment tou(te)s les historien(ne)s du féminisme. Il donne à voir le féminisme français dans son expression provinciale[18], dans sa diversité partisane ‑ puisque Cécile Brunschvicg était aussi en contact avec les associations féministes « concurrentes » ‑ mais aussi dans son expression internationale. Et dans ce dernier cas, à un niveau institutionnel mais aussi personnel, puisque Cécile Brunschvicg, du fait de son activité éditoriale, était en contact avec des correspondantes étrangères dans de très nombreux pays. Beaucoup de personnalités féministes du mouvement réformiste (Cécile Brunschvicg correspondait très peu avec les féministes plus radicales) de premier plan y sont représentées : Adrienne Avril de Sainte-Croix, Marguerite de Witt-Schlumberger, Germaine Malaterre-Sellier, Gabrielle Duchêne du côté français, Marguerite Thibert du Bureau international du travail ou la féministe suisse Émilie Gourd, du côté francophone.

Les archives de Cécile Brunschvicg intéressent aussi les études sur le genre. Le discours qu’elle tient sur l’identité féminine et sur les rôles sociaux des femmes permet de mesurer les distances qu’elle prend avec les conventions de son époque, mais aussi ce qu’il comporte de convenu et de traditionnel. À l’inverse, ses archives nous révèlent aussi comment était perçue la présence d’une femme dans les sphères de pouvoir politiques historiquement masculines. Alors que Cécile Brunschvicg ne semble pas s’être heurtée à des difficultés de cet ordre lors de son passage au Gouvernement, sa correspondance avec des membres du parti radical montre, en revanche, qu’il n’en était pas de même au sein de son parti, il est vrai, notoirement antiféministe.

Enfin, par la diversité des engagements de Cécile Brunschvicg, ce fonds offre encore bien des pistes de réflexion aux historiens du travail social, du pacifisme, de l’émigration juive en France en 1933, de la prostitution… Ce sont là autant de thématiques que l’on retrouve dans ces archives. Par sa nature même, le féminisme se trouve à la jonction de plusieurs territoires historiens. Il peut contribuer à éclairer différemment les questions sociales, politiques et culturelles. En effet, les féministes ne visaient pas seulement à remettre en cause l’ordre des genres mais, en réclamant le suffrage pour exercer autant leurs devoirs que leurs droits, elles se livraient aussi à une large critique de la société et de ses institutions, au lieu de chercher sans réserve leur intégration à la vie publique.

Notes :

[1] Sur celle-ci voir Juliette Aubrun, « Cécile Brunschvicg (1877-1946). Itinéraire d’une femme en politique », mémoire de DEA, IEP Paris, 1992 ; Anne Cova,  « Cécile Brunschvicg (1877-1946) et la protection de la maternité », dans Colloque sur l’histoire de la Sécurité sociale, Actes du 113e Congrès national des sociétés savantes , Strasbourg, 1988. Paris, Association pour l’étude de l’histoire de la Sécurité sociale, 1990, p. 63-71 ; Cécile Formaglio, « Le féminisme de Cécile Brunschvicg (1877-1946) », thèse d’École des chartes, 2006 ;

Soizic Thuau, « Cécile Brunschvicg et la question de l’enfance scolarisée : l’œuvre d’une femme au cœur de l’État (1936-1939) », mémoire d’histoire, mention archives, sous la direction de Christine Bard, université d’Angers, 2002.

[2] L’inventaire du fonds Cécile Brunschvicg est disponible en ligne sur le site Internet du Centre des archives du féminisme (CAF) : http://bu.univ-angers.fr/EXTRANET/CAF/frame2.htm.

[3] Sophie Coeuré et Frédéric Monier, « De l’ombre à la lumière. Les archives françaises de retour de Moscou : 1940-2002 », dans Sébastien Laurent (dir.), Archives « secrètes », secrets d’archives ? Historiens et archivistes face aux archives sensibles, Paris, CNRS Éditions, 2003, p. 133-148.

[4] Patricia Kennedy Grimsted citée par Sophie Coeuré dans S. Coeuré et F. Monier, ibid., p. 133.

[5] Léon Brunschvicg (1869-1944), époux de Cécile Brunschvicg, ancien élève de l’École normale supérieure (ENS) a été successivement professeur dans des lycées de Lorient (1892), Tours (1893-1894), puis Rouen avant de revenir à Paris en 1900 pour enseigner au lycée Condorcet, puis au lycée Henri IV à partir de 1903. Maître de conférence à la faculté des lettres de l’université de Paris à partir de 1909, il en obtient la chaire de philosophie moderne, qu’il cumule bientôt avec un enseignement à l’ENS. Ses archives rapatriées en France en même temps que le fonds Cécile Brunschvicg se trouvent aujourd’hui conservées à l’Institut mémoires de l’édition contemporaine à Caen.

[6] Cf. Nicolas Reymes, « Le pillage des bibliothèques appartenant à des juifs pendant l’occupation, les livres dans la tourmente », Revue d’histoire de la Shoah, le Monde juif, janvier-avril 2000, n°168, p. 31-56.

[7] S. Coeuré, F. Monier, « De l’ombre à la lumière… », op. cit., p. 138.

[8] C’est en tout cas une des qualités qu’elle revendique auprès de ses correspondantes : « Comme vous le voyez, Chère Madame, je suis une femme pratique, trop pratique, mais c’est en travaillant avec méthode que j’ai pu constituer l’UFSF » Cf. CAF, Fonds Cécile Brunschvicg, 1AF58, Cécile Brunschvicg à destinataire non identifiée (membre du groupe UFSF de la Rochelle), 19 avril 1930.

[9] CAF, Fonds Cécile Brunschvicg, non coté, tapuscrit de Louise Weiss intitulé « Trois mois de campagne féministe », s.d.

[10] Pascal Ory, dans sa thèse qu’il soutient sur les politiques culturelles du Front populaire avant le retour du fonds Cécile Brunschvicg, n’a guère pu s’appuyer que sur des sources imprimées et les archives privées de Marcel Abraham, directeur de cabinet de Jean Zay (Archives nationales, 312 AP 2) pour documenter l’action de Cécile Brunschvicg au Gouvernement. Voir Pascal Ory, La belle illusion : culture et politique sous le signe du Front populaire, 1935-1938, Paris, Plon, 1994, p. 670-678.

[11] Les deux autres femmes au Gouvernement étaient Suzanne Lacore, sous-secrétaire d’État à la Protection de l’enfance et Irène Joliot-Curie, sous-secrétaire d’État à la Recherche scientifique, qui n’a en réalité occupé ses fonctions que quelques semaines.Voir Siân Reynolds, “Women and the Popular front in France: the case of three woman ministers [Cécile Brunschvicg, Irène Joliot-Curie et Suzanne Lacore]”, dans French History, 1994, vol. 8, n°2, p. 196-224 ; Siân Reynolds, « Trois dames au gouvernement (1936) », dans Christine Bard (dir.), Un siècle d’antiféminisme, Paris, Fayard, 1999, p. 193-204 ; Claire A. Sanders, “Inauguration and closure: women, gender and golitics in France 1900-1937”, thèse, University of North Carolina at Chapel Hill, 1993.

[12] Officiellement sous-secrétaire d’État à l’Éducation nationale du 5 juin 1936 au 21 juin 1937, Cécile Brunschvicg continue en fait à suivre certains des dossiers qu’elle a initiés, en tant que vice-présidente du Conseil supérieur de la protection de l’enfance à partir du 30 septembre 1937, puis en tant que vice-présidente du Conseil supérieur d’hygiène sociale du 12 janvier 1938 jusqu’en juin 1940.

[13] Ses notes de travail et sa correspondance montrent ainsi qu’elle n’avait pas abandonné l’idée de faire mettre à l’ordre du jour la question du suffrage des femmes mais, surtout, qu’elle a participé de manière très concrète à la réalisation de certaines mesures réclamées par les féministes comme la suppression de l’incapacité de la femme mariée dans le Code civil.

[14] L’UFSF avait été créée en 1909 pour rompre avec la parisianisme du mouvement suffragiste : elle comprenait ainsi quelque 200 groupes locaux en province, constitués pour la plupart par Cécile Brunschvicg au cours de tournées de conférences. Voir Violaine Poubanne, « Les groupes locaux de l’Union française pour le suffrage des femmes (UFSF) (1909-1940) », mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine option archives, sous la direction de Christine Bard, université d’Angers, 2002.

[15] On désigne ainsi la tendance majoritaire du féminisme français qui militait pour l’amélioration progressive de la condition des femmes et concentrait ses efforts sur les réformes juridiques. Il vaudrait sans doute mieux parler de féminisme réformateur, car le terme « réformiste » n’est pas mentionné dans les sources de l’époque et est, de façon générale, plutôt employé de manière négative par des locuteurs/locutrices défendant des positions radicales ou révolutionnaires.

[16] Cf. Christine Bard, Les filles de Marianne. Histoire des féminismes : 1914-1940, Paris, Fayard, 1995 ; Steven C. Hause et Anne R. Kenney, Women’s Suffrage and Social Politics in the French Third Republic, Princeton, Princeton University Press, 1984 ; Laurence Klejman, Florence Rochefort, L’Égalité en marche. Le féminisme sous la Troisième République, Presses de la fondation nationale des sciences politiques et éditions Des Femmes, 1989 ; Paul Smith, Feminism and the Third Republic: Women’s Political and Civil Rights in France, 1918-1945, New York, Clarendon Press, Oxford University Press, 1996.

[17] Nous en avons recensé, publiés entre 1909 et 1946, 703 articles dont 269 ont été numérisés et sont consultables en ligne sur le site du CAF à l’adresse : http://bu.univ-angers.fr/EXTRANET/CAF/frame3.htm.

[18] Voir V. Poubanne, « Les groupes locaux… », op. cit.

Cécile Formaglio

Cécile Formaglio prépare un doctorat d’histoire sur le féminisme de Cécile Brunschvicg à l’université d’Angers, sous la direction de Christine Bard. Archiviste-paléographe, elle est aussi conservateur de bibliothèque-stagiaire.

Mots clefs : Cécile Brunschvicg (1877-1946), Histoire du féminisme, Sources

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