Histoire@Politique : Politique, culture et société

Portraits & témoignages Comme l'indique le titre de cette rubrique destinée à mettre en lumière des personnalités politiques ou universitaires, « Portraits et témoignages », aucun cadre formel strict n'a été fixé pour rendre compte des trajectoires individuelles proposées à chaque numéro. Le ou les entretiens pourront être restitués en tant que tels, comme un témoignage brut ayant valeur de source ; ils pourront aussi être croisés avec des publications ou d'autres interventions pour fournir la matière d'un portrait. En revanche, un fil rouge européen donnera sa cohérence aux premières livraisons, rassemblant spécialistes, techniciens, élus et militants de l'Europe.

Entretien avec Gaëtane Ricard-Nihoul

Secrétaire générale du think tank Notre Europe

Anne Dulphy, Christine Manigand
Résumé :

Gaëtane Ricard-Nihoul occupe les fonctions de secrétaire générale de Notre Europe. Ce laboratoire d’analyse et de proposition politique consacré à « penser l’Unité européenne » a été fondé en 1996 (...)

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Gaëtane Ricard-Nihoul occupe les fonctions de secrétaire générale de « Notre Europe ». Ce laboratoire d’analyse et de proposition politique consacré à « penser l’Unité européenne » a été fondé en 1996 par Jacques Delors. Ce think tank a été successivement présidé par Jacques Delors (1996-2004), Pascal Lamy (2004-2005) et, depuis novembre 2005, par Tommaso Padoa-Schioppa. Toutes les analyses et propositions de « Notre Europe » sont disponibles systématiquement en français et en anglais sur son site, www.notre-europe.eu

- Pouvez-vous nous éclairer sur votre parcours personnel ? Nous savons que vous avez eu de 1999 à 2002 des responsabilités au sein du gouvernement belge, qu’ensuite vous avez intégré la Commission en vous occupant plus particulièrement des questions d’éducation, de culture, d’audiovisuel, puis que vous avez rejoint comme conseiller et aujourd’hui comme secrétaire générale le mouvement « Notre Europe ». Nous aimerions connaître ce que vous retenez de ce parcours, de chacune des étapes, et savoir comment on arrive à « Notre Europe ».

Gaëtane Ricard-Nihoul : Sur mon parcours, vous en savez déjà beaucoup ! J’ai d’abord fait un doctorat en sciences politiques européennes, m’intéressant à la politique d’éducation de l’Union européenne. En général, le premier réflexe était : il y a en une ? Dans ma thèse, intitulée Policy formation in the UE : the case of education policy, je me suis attachée à dégager les choix qu’avait faits la Commission pour lancer cette politique d’éducation : pour qu’elle puisse intervenir dans ce domaine, ils devaient être très économiques, relevant d’un point de vue « marché intérieur », et cette optique a fortement pesé sur la manière dont les institutions européennes ont conçu la politique d’éducation. Sur le plan des idées, j’ai donc démontré à quel point celles qu’on utilise au départ pour faire avancer le politique sont très pesantes sur la manière dont ce dernier est conçu dans l’UE ; c’est pourquoi la perspective du marché intérieur a dominé beaucoup de politiques entreprises, même celles qui sont censées toucher aux questions citoyennes. L’autre volet de ma recherche était institutionnel. En effet, la politique d’éducation n’avait pas de base juridique dans les traités. Il me fallait donc montrer comment une politique naît dans ces conditions de vide juridique et comment elle finit par le combler en se créant son propre acquis communautaire qui, in fine, est entériné dans un traité.

Ensuite, je suis entrée dans un des cabinets du gouvernement belge qui se mettait en place en 1999. Je travaillais pour une des vice-premiers ministres – Ecolo en l’occurrence. Il faut savoir qu’en Belgique les vice-premiers ministres ont à la fois un portefeuille – il s’agissait des Transports – et la mission de représenter leur parti au sein de l’exécutif : ils ont donc ce qu’on appelle un « cabinet belle-mère » qui suit ce que les autres font ; je le faisais pour les questions européennes. Or cela a coïncidé avec la présidence belge du Conseil de l’Union en 2001 et j’ai coordonné une équipe qui s’est chargée de la préparation de cette présidence pour ma ministre.

A la fin de la présidence belge, j’ai quitté le cabinet pour entrer à la direction générale Education et culture de la Commission européenne, que je connaissais bien du fait de ma thèse. J’ai été affectée au secteur audiovisuel, plus particulièrement à l’unité qui s’occupe des politiques audiovisuelles européennes sous l’angle des relations extérieures : à l’époque il s’agissait essentiellement des négociations d’élargissement avec les dix pays candidats sur le chapitre audiovisuel, mais aussi du début des accords d’association avec les Balkans occidentaux ; je travaillais également sur le dialogue interculturel dont le concept naissait à la Commission après le 11 septembre, concept devenu central puisque 2008 est l’« année du dialogue interculturel ».

Ensuite, pour des raisons personnelles mais aussi par envie professionnelle, j’ai cherché à venir à Paris. Je souhaitais travailler dans le monde des think tanks, rêvant de combiner recherches et activité opérationnelle. On souffre quand on est trop dans l’opérationnel de ne pas prendre assez de recul et, à l’inverse, la recherche peut être synonyme de tour d’ivoire. « Notre Europe » représentait à ce titre un idéal en raison de la personnalité de Jacques Delors. J’ai eu durant quatre mois le titre de conseillère, travaillant en binôme avec le secrétaire général partant, avant de le remplacer.

- Pourriez-vous justement éclairer les lecteurs de cet entretien sur ce qu’est « Notre Europe », sa fonction et, plus largement, le rôle des think tanks ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : « Notre Europe » existe depuis plus de dix ans, fondée en 1996 par Jacques Delors avec le soutien du Conseil européen – notamment Helmut Kohl, Felipe Gonzalez… – qui avait envie que l’ancien président de la Commission puisse poursuivre son action. Cela a d’abord été une petite équipe autour de lui, avant de devenir une organisation à part entière que l’on peut mettre dans la catégorie think tank, pont entre le monde de la recherche et celui des décideurs, avec la caractéristique originale d’avoir un volet militant important : le cadre de référence est la pensée de Jacques Delors, son héritage intellectuel et moral, sa vision de l’Europe, que nous essayons à la fois de préserver et de prolonger avec les deux présidents qui lui ont succédé, Pascal Lamy et Tommaso Padoa-Schioppa. Nous sommes des militants de l’unité européenne – comme l’indique notre devise « penser l’unité européenne » –, avec une certaine vision qui guide nos choix d’études, nos recommandations, nos politiques publiques européennes. Le conseil d’administration a adopté à l’occasion des dix ans de « Notre Europe » une charte qui exprime son identité, le projet porté [1] .

- Vous pourriez nous en résumer les grands axes ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : D’abord, il y a des domaines d’investissement primordiaux parce que chers à Jacques Delors. En ce qui concerne le volet institutionnel, il s’agit d’inscrire le développement des institutions de l’Union européenne dans la vision que Jacques Delors a défendue, la « fédération d’Etats-nations », c’est-à-dire, d’une part, pour ce qui ne peut plus se mener qu’au niveau européen, faire converger les forces collectives vers un centre fort dont les mécanismes de décision soient démocratiques, clairs et compréhensibles pour le citoyen, et, d’autre part, comme dans tout système fédéral, respecter l’Etat-nation comme un niveau de compétence qui conserve toute sa justification pour un certain nombre de politiques et toute sa légitimité démocratique. Le principe directeur de ce projet, exprimé dans le jargon européen, est celui de la subsidiarité : agir au plus près du citoyen, y compris au niveau régional et local si c’est plus justifié. Tel est le système politique vers lequel « Notre Europe » estime que l’Union européenne devrait tendre.

Au-delà de ce cadre de référence institutionnel, le volet économique et social fait également figure de priorité : comment faire que l’UEM ne soit pas seulement une union monétaire, mais aussi économique ? comment faire en sorte que l’idée de solidarité reste très présente, entre Etats-membres par une politique de cohésion, entre régions prospères et régions pauvres ? comment avoir le sentiment d’appartenir à une famille qui partage les mêmes valeurs, le même attachement à un modèle social qui doit être porté sur la scène internationale plutôt que d’entrer dans une course à la compétitivité destructrice ?

Parmi les autres axes de réflexion, figurent le rôle de l’UE dans le monde et les enseignements à tirer de cette expérience pour la gouvernance mondiale, l’enjeu démocratique devant le constat de la distance croissance entre les citoyens européens et les élites et devant la nécessité de la combler, puisqu’un projet européen porté par ces dernières seulement n’est plus viable.

- Vous avez évoqué les trois présidents successifs de « Notre Europe ». Ont-ils imprimé chacun leur marque, alors que dans votre discours Jacques Delors est omniprésent ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Personne ne contestera le fait que Jacques Delors a fondé « Notre Europe », l’a présidé pendant dix ans, y reste actif, l’incarne en somme. « Notre Europe » reste le lieu où on essaie de faire vivre sa pensée : les membres du conseil d’administration se sont initialement rassemblés autour de lui, les présidents qui lui ont succédé se sont insérés dans cette vision tout en imprimant leur marque ; c’est ainsi que Pascal Lamy a lancé un travail de réflexion sur la gouvernance mondiale, sur l’identité européenne. La pensée de Jacques Delors est donc pour « Notre Europe » une force, une vision partagée, ce n’est pas un carcan. Au bout de dix ans, la charte a permis de la prolonger, de redéfinir le lien commun.

- Les impulsions se donnent également par des publications, qui sont nombreuses…

Gaëtane Ricard-Nihoul : Pont avec la recherche, notre métier principal est effectivement de publier soit des études, qui rendent la recherche approfondie et utilisable par les décideurs comme par le grand public, soit des policy papers plus courts orientés vers les recommandations concrètes, soit des notes en phase avec l’actualité brûlante, sans compter les colloques, les séminaires… dont sont tirés des comptes rendus, des recommandations. Depuis quelques années, des expériences de délibération citoyennes sur les questions européennes ont été engagées : en octobre dernier, le sondage délibératif européen a été une expérimentation à visée scientifique mais aussi concrète ; c’est la première fois qu’on utilisait la technique de la démocratie participative à l’échelle européenne, pour associer le citoyen à la construction européenne.

- Un de vos buts est d’essayer de réduire le fossé entre opinions et élites ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Notre cible principale, ce sont les décideurs : faire vivre la dimension européenne en France, où nous sommes ancrés, ce qui est essentiel pour nous, et faire mieux comprendre l’évolution des positions françaises à nos partenaires européens. A cet axe prioritaire, s’ajoute la volonté que les citoyens s’emparent du projet européen, sinon il va mourir dans un cercle trop restreint... Nous visons donc aussi le grand public, principalement par notre site web où tout est téléchargeable gratuitement [2] – ce qui devient rare ! Nous nous engageons aussi de plus en plus dans des événements grand public, qu’ils soient de type expérimental comme le sondage délibératif européen ou concernent la société civile comme les deuxièmes Etats généraux de l’Europe en juin 2008 à Lyon [3] .

- Vous avez aiguisé notre curiosité, avec ce sondage participatif…

Gaëtane Ricard-Nihoul : C’est un instrument de démocratie participative mis au point par des professeurs américains. Il associe un sondage classique sur un échantillon de la population, et ce qui est spécifique c’est qu’il s’agissait de plusieurs milliers d’Européens issus des 27 Etats membres, et une délibération : on demande en effet à 400 citoyens sélectionnés aléatoirement – cela peut être un plombier polonais comme un médecin suédois ! – de venir délibérer pendant un week-end, en l’occurrence à Bruxelles en octobre dernier, sur les sujets pour lesquels ils ont été sondés ; ils le sont à nouveau après les débats, et il est intéressant de mesurer comment les opinions évoluent grâce à l’information neutre qui est fournie, grâce à l’échange, à l’occasion qui est donnée d’interroger des experts et des politiques, de participer à des groupes de travail… L’objectif est de voir l’effet d’une délibération entre citoyens européens. L’analyse de cette évolution des opinions est à l’évidence plus riche qu’un sondage classique, photographique comme l’Eurobaromètre.

- Et les thématiques en était variées ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Il y avait deux grands thèmes : les aspects économiques et sociaux, en particulier les retraites ; la politique étrangère, le rôle de l’UE dans le monde. Ces deux sujets étaient certes très différents mais offraient l’intérêt de concerner des domaines où l’Union n’a pas les mêmes compétences, le même degré d’intervention. Ils permettaient donc de faire comprendre que l’Union ne fait pas tout, que la décision est prise à différents niveaux. Une expérience enrichissante a beaucoup d’égards, donc.

- Qui a fait l’objet d’une publication ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Il y a une analyse disponible sur notre site web, qui permet par ailleurs d’accéder à un site dédié, Tomorrow’s Europe [4] .

- Dans cette volonté de donner plus de démocratie, d’associer la société civile, vous avez publié une étude sur la nécessaire reprise de la méthode de la Convention qui prendrait le relais des conférences intergouvernementales [5] . Pouvez-vous nous parler de cette attente de démocratisation telle que vous la concevez ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Le constat est ancien, notamment pour ceux qui regardent l’indicateur clair que sont les Eurobaromètres [6] : depuis le début des années 1990, on observe un recul du soutien à l’intégration européenne, qui aujourd’hui est autour de 50% ; et il ne s’agit pas de 50% qui pensent que telle ou telle politique convient mais d’une adhésion de principe. Je trouve perturbant qu’à l’heure actuelle un citoyen sur deux seulement soutienne l’idée même d’appartenance à l’Europe. La pente a diminué tendanciellement depuis Maastricht, puis s’est stabilisée autour de 50%, et on est même sous ce seuil dans certains anciens Etats membres. Ce problème nous inquiète depuis longtemps, et les « non » français et néerlandais n’ont donc pas été pour nous complètement une surprise, quelles que puissent être les explications conjoncturelles, contextuelles, indiscutables ; les résultats à propos du traité de Maastricht étaient déjà très serrés ! On a beaucoup dit que l’Europe s’était construite par consensus permissif, c’est-à-dire que les citoyens était finalement d’accord avec les objectifs globaux de l’intégration européenne et lui apportaient un soutien implicite…

- … mais passif…

Gaëtane Ricard-Nihoul : Exactement. Or l’intégration européenne a non seulement des objectifs plus flous aujourd’hui mais intervient dans un beaucoup plus grand nombre de domaines. La conjonction de cette complexité croissante de l’intervention européenne et d’objectifs plus flous fait que les citoyens sont effectivement un peu perdus. Nous réfléchissons donc aux meilleurs moyens de diminuer cette distance croissante : la démocratisation est bien sûr essentielle, tout ce qui peut aider à ce que les citoyens identifient les vecteurs démocratiques par lesquels ils peuvent influencer la décision européenne.

Parmi plusieurs pistes, émerge celle de les associer au moment le plus fondamental, la révision des traités qui forment la base de l’intégration. Il y a eu deux expériences de conventions, qui ont abouti d’une part à la Charte des droits fondamentaux, d’autre part au Traité constitutionnel rejeté. Ce mécanisme de révision des traités européens a été assez révolutionnaire puisqu’on a toujours eu recours à des conférences intergouvernementales classiques, où des représentants des gouvernements siègent à huis clos comme on l’a encore vu pour le traité de Lisbonne. Au contraire, la convention, c’est ouvrir les fenêtres, inviter aussi bien des représentants gouvernementaux que des députés européens et nationaux ; la délibération y est beaucoup plus riche parce que les clivages sont plus variés que le seul heurt des intérêts nationaux, plus ouverte au grand public – s’il y a eu des frustrations, par rapport à une CIG le pas accompli a été énorme ! On oublie aussi qu’elle a été efficace, puisque depuis Maastricht, avec la perspective du grand élargissement, les Etats membres essayaient de se mettre d’accord sur un nouveau dispositif institutionnel, compromis entre fédéralistes et intergouvernementalistes, grands et petits Etats, et ils n’y arrivaient pas ; Nice a été une déception pour beaucoup, alors que la Convention est parvenue à un compromis institutionnel, sur lequel les avis peuvent certes diverger, mais qui a été repris par les Etats membres dans le traité de Lisbonne. Le message que nous voulions faire passer avec cette étude menée par le groupe de travail créé par « Notre Europe » était que le rejet du traité constitutionnel n’impliquait pas celui de la méthode qui a permis sa réalisation, que nous jugeons très intéressante et efficace. Si le traité de Lisbonne est ratifié, la convention deviendra la procédure ordinaire pour réviser les traités mais elle restera dépendante du Conseil européen qui devra décider de la convoquer ; or il n’est pas certain que ce soit le cas dans l’état actuel de l’UE. Préservons donc la Convention, mais essayons de la repenser pour améliorer son fonctionnement en termes de démocratie, d’efficacité, afin de tenir compte des critiques parfois fondées qu’elle a essuyées ; les propositions concrètes que nous formulons ne nécessitent pas de revoir les traités mais relèvent des mécanismes la décision au sein de la Convention, des modes de désignation de ses participants...

- Dans ce souci de démocratisation, pensez-vous qu’il faille faire porter un effort particulier vers les jeunes ? Faut-il, selon vous, changer le langage pour parler d’Europe ? L’Europe, qui personnifie la paix, a-t-elle encore un sens pour les jeunes générations ? D’après les sondages d’opinion, les jeunes ne semblent pas plus acquis – peut-être même moins – à la cause européenne que leurs aînés ; dans ces conditions, ne doit-on pas envisager qu’ils représentent une catégorie d’âge qu’il faut tout particulièrement sensibiliser ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Le rôle de l’éducation est fondamental ; l’apprentissage à l’école sur les questions européennes serait un minimum qui n’est même pas, dans certains cas, à l’ordre du jour puisque les Etats membres ont toujours préservé leurs prérogatives en matière de contenu éducatif. Il y a donc beaucoup à faire sur la façon de parler aux jeunes d’aujourd’hui : toutefois, il faut veiller à ne pas affirmer que l’objectif de paix est acquis, qu’il faut l’oublier et passer à autre chose ; il s’agit d’un héritage fabuleux à préserver, jamais acquis comme le montre le renouvellement des pages tragiques de l’histoire ! Les Pères fondateurs ont, grâce à l’intégration institutionnelle et politique des Etats membres, créé un système qui fait que la guerre entre eux n’est plus envisageable. Il faut donc faire comprendre le saut révolutionnaire extraordinaire de la réconciliation franco-allemande, de l’intégration à six, des élargissements impressionnants et notamment du dernier en date, consécutif à la chute du mur de Berlin, moment historique passé beaucoup trop inaperçu.

- La génération la plus ancienne perçoit bien ces évolutions comme révolutionnaires, mais les plus jeunes, ne prennent-ils pas tout cela pour un acquis ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : J’essaie de rappeler tout cela lorsque je parle aux plus jeunes. Regardons, par exemple, ce qui se passe dans les Balkans occidentaux et au Kosovo : on se trouve dans des situations connues après 1945 en termes de tensions entre individus et communautés. Soyons donc vigilants sur cet héritage des générations précédentes et ne le laissons pas de côté.

Toutefois, cela ne peut pas représenter l’objectif qui motive tous les étages de la construction européenne ; aujourd’hui la paix est là et il faut réfléchir à ce qui doit conduire l’intégration européenne de demain. Or si la paix est très facile à représenter et à expliquer, il en va autrement du projet pour demain car il est multidimensionnel. L’objectif que pourrait se fixer l’Union européenne consisterait à apporter une valeur ajoutée dans la globalisation, c’est-à-dire à permettre à l’Europe de transmettre son modèle, ses valeurs sur la scène internationale de demain de la manière la plus percutante et la plus influente possible. Il s’agirait donc d’un vrai projet pour le XXIe siècle, mais plus difficile à expliquer car comportant des volets relevant de l’économique, du social, du politique, et créant des perdants et des gagnants. Ce projet implique des politiques publiques de redistribution, des choix idéologiques qui ne plaisent pas à tout le monde ; alors que la paix bénéficie à tous, ces décisions vont engendrer des contents et des mécontents, et il sera plus difficile alors d’expliquer le bénéfice commun retiré de l’intégration européenne. Il existe pourtant, à condition que l’Union européenne soit prospère sur le plan économique et prête à défendre son modèle et ses valeurs : lorsqu’on la regarde de l’extérieur, on voit à quel point elle garde une identité et une spécificité toujours susceptibles d’être menacées, car elles ne sont pas représentatives du reste du monde.

- Ne pâtissons-nous pas non plus de l’absence de personnages qui, comme les Pères fondateurs, peuvent personnifier cet objectif ? Le message sur la modernisation qui pouvait laisser des perdants de côté existait en fait déjà dans le discours du 9 mai.

Gaëtane Ricard-Nihoul : J’ai deux interprétations possibles sur ce sujet. La première optimiste : la génération actuelle de leaders se situe « entre deux ». Ils n’ont pas connu la guerre, à l’instar d’un François Mitterrand ou d’Helmut Kohl, ni l’Europe dans sa réalité quotidienne, ils se situent donc entre ce que j’ai appelé l’ « Europe de l’idéal » et l’ « Europe de l’évidence », celle d’Erasmus. Il existe donc l’espoir d’une nouvelle génération, d’une nouvelle relève européenne qui aura connu l’Europe sans avoir pour autant l’idéal d’un Monnet ou d’un Schuman ; cela n’est peut-être plus possible en Grande-Bretagne où les aficionados de Gordon Brown considèrent déjà que le niveau européen n’est plus pertinent dans la globalisation. La deuxième interprétation, pessimiste, a une part de vrai également : la génération de leaders qui vit dans le monde de communication change la fonction de leadership ; le leader ne sera donc plus celui des années 60, on peut imaginer qu’à la suite de l’instantanéité de l’information et des dérives d’une démocratie de l’opinion publique, on se trouve en présence de moins de femmes et d’hommes politiques courageux. Mais ces leaders plus opportunistes peuvent incarner des projets séduisant les populations, ce qui pourrait aboutir au fait que l’intégration ne serait plus portée uniquement par les élites mais aussi par les peuples, la société civile.

- Pensez-vous qu’il y a une plus grande difficulté de nos jours à concilier intérêt national et projet européen ? Si l’on revient aux temps des Pères fondateurs, l’idéal était conciliable avec la définition de l’intérêt de chacun des Etats, la puissance pour la France par exemple, l’identité pour les petits pays… ; est-ce que maintenant avec cette Europe plus complexe, plus visible, plus perceptible, le modèle national ne risque-t-il pas d’être mis à mal et cette articulation ne pose-t-elle pas de plus en plus de problèmes ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Cette articulation pose, en effet, problème, car les choix au niveau européen vont avoir des conséquences au niveau national, les choix de politique publique sont d’ordre plutôt idéologique, plutôt à gauche, plutôt à droite, même si ces catégories deviennent floues. Le problème s’est posé en France à l’occasion du référendum de 2005 : les Français ont eu l’impression que l’Europe était une « boîte noire » avec un groupe d’élites à sa tête, unanime et qui avançait ; ils ont alors dit qu’ils ne voulaient plus suivre. Il faut dans ces circonstances être de plus en plus clair, expliquer que l’Union européenne va développer un système où il y aura un débat d’idées, et dire aux citoyens à quel point ils peuvent influencer ce débat. Il ne faut pas non plus hésiter à leur dire que le Parlement européen est plutôt à droite, de même que la Commission, et que s’ils souhaitent que cela change, il faut aller voter en 2009.

- On sait pourtant à quel point l’abstention est importante lors des élections européennes…

Gaëtane Ricard-Nihoul : C’est pour cela que nous travaillons, avec les Etats Généraux de l’Europe sur la citoyenneté européenne, pour faire en sorte que les populations comprennent qu’elles peuvent participer et non seulement subir. Ces élections européennes représentent un vecteur, mais le vrai problème réside dans la mauvaise articulation entre la démocratie européenne, qui fonctionne, et les démocraties nationales. Les deux niveaux ne communiquent pas : les principaux responsables politiques disent une chose à Bruxelles, et une autre quand ils rentrent chez eux ; or ils devraient expliquer et assumer leur décision, le lendemain, au Parlement ou dans leur circonscription.

- Il est plus facile de se défausser et de trouver un bouc émissaire !

Gaëtane Ricard-Nihoul : Ces comportements ont tué le soutien des citoyens entre Maastricht et le référendum. En outre, les leaders ne cessent de dire que « c’est la faute de l’Europe »…

- Est-ce un péché français ou européen ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Cela existe partout. Mais dans certains pays, comme le Danemark, il existe un mécanisme de contrôle parlementaire de l’activité gouvernementale plus important ; le Parlement possède un rôle de contrôle avant comme après chaque décision européenne. Il est vrai que le peuple danois n’est pas pour autant le plus europhile, même si les mentalités semblent évoluer à l’heure actuelle !

- Les Danois se rendent aussi compte des bénéfices que leur pays a engrangés.

Gaëtane Ricard-Nihoul : Si l’on revient sur le leadership actuel, on peut se demander si ce fonctionnement est intrinsèque aux démocraties d’opinion publique : l’Europe se vend mal, les effets se faisant ressentir seulement sur le moyen ou le long terme, le processus lent de décision ne sert pas une carrière politique, le fait de soutenir telle ou telle décision européenne ne provoque pas d’effet concret…

- L’Europe, en outre, n’est pas télégénique, ne se vend pas bien dans les médias. Certaines chaînes n’ont même pas de correspondant permanent à Bruxelles ; ne faut-il pas mener une réflexion dans ce domaine ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Lorsque l’Union européenne s’implique dans des domaines plus citoyens à dimension culturelle, elle le fait avec une vision de marché intérieur, en l’occurrence en mettant l’accent sur les directives télévision sans frontière, la circulation des œuvres audiovisuelles, mais ne fait pas porter de réflexion sur le contenu. L’implication des médias est à la fois fondamentale et délicate en démocratie, elle ressemble « au serpent qui se mord la queue » : les journalistes déclarent que les citoyens ne sont pas intéressés par l’Europe, mais n’en parlent pas ! Le seul moyen, pour faire vivre l’Europe dans les médias, est qu’elle devienne le lieu de controverses, que le débat d’idées soit plus visible, plus clair, que des positions contradictoires soient défendues comme cela aurait dû être le cas lors du débat sur la directive Bolkestein. Une politisation du débat européen s’avère donc nécessaire, même s’il faut évidemment préserver le consensus et le compromis qui demeurent les façons d’avancer au niveau européen. Le problème se pose de façon plus vive dans des pays comme la France ou la Grande-Bretagne, dans ces démocraties très majoritaires où la notion de compromis n’est pas valorisée, qu’en Belgique, par exemple, où règnent la culture du compromis et le respect des minorités. Les analyses les plus nuancées de l’opinion publique démontrent bien que le problème est plus aigu dans des pays à tradition majoritaire tandis qu’en Allemagne on comprend plus facilement les différents niveaux de pouvoir, les gouvernements de coalition...

- Parmi les sujets qui auraient pu donner lieu à débat, on peut évoquer les différents élargissements, et notamment le dernier. Or les Français étaient parmi les plus réticents à cet élargissement : est-ce un élément à prendre en compte pour expliquer le vote de mai 2005 ? Et quelles sont vos positions sur les futurs élargissements ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Si l’on songe à l’élargissement de 2004, j’ai été stupéfaite de constater à quel point cet événement historique est passé inaperçu. Il s’agit vraiment d’une occasion manquée de donner du sens au projet européen, de valoriser la réunification du continent. Je suis choquée de voir qu’il n’en reste que les aspects négatifs - le coût, le projet politique dilué…

- L’occasion a été manquée également par les partisans de l’Europe ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Il y a eu sans doute des erreurs à l’époque, par le choix d’une option « bulldozer », aussi la jeune génération n’a pas compris à quel point il était fabuleux d’être témoin de la chute du Mur ! Ensuite, l’élargissement n’a pas joué dans le vote de 2005 un rôle moteur, mais a ajouté à la confusion du citoyen qui ne percevait plus la valeur ajoutée de l’Europe dans un monde globalisé. Les cartes ont été brouillées, et le citoyen n’a plus compris ce qui se passait, ni dans son club initial, ni dans le monde. Les Eurobaromètres démontrent, en effet, que l’élargissement est particulièrement impopulaire dans les pays fondateurs qui redoutent une perte d’influence et de devenir un pays parmi d’autres.

Concernant les futurs élargissements, la question des Balkans occidentaux ne se pose pas pour moi : il s’agit pour l’Union européenne d’un devoir moral, comme lors de la réunification ; ce sont des pays au bord du déchirement qui ont vocation à devenir membres de l’UE, cela fait bien partie de la stratégie majeure que l’Europe doit avoir vis-à-vis de ces pays-là. Au-delà des Balkans occidentaux et à titre personnel, il me semble que le débat sur les frontières est simpliste. Pourquoi dire que l’on a besoin de frontière, c’est simpliste et dangereux ! Pour paraphraser Jacques Delors, on peut dire que l’Europe ne s’est grandie que lorsqu’elle a pu faire face aux défis de l’histoire. Or, si l’on proclame que les frontières ne bougeront plus, on se coupe de cette capacité de l’UE à surmonter de nouveaux défis. Je ne partage pas la position de ceux qui disent « non » à l’entrée de la Turquie. Les coûts de ce « non » seront beaucoup plus grands que ceux d’un éventuel cafouillage dans plusieurs années. Fermer les portes à ce pays qui veut intégrer l’Union serait un signal politique dangereux et inutile, ce serait nier le long terme, l’évolution d’un pays, d’une société. On leur a accordé la candidature, on ne peut revenir là-dessus.

Au-delà, je ne suis pas effrayée par les perspectives d’intégrer à terme l’Ukraine, etc. L’Europe sera forcément différenciée : on ne peut pas tout faire ensemble tout le temps ; il y aura une intégration plus approfondie qui se recréera de l’intérieur et qui recommencera à diffuser, comme de la CEE à l’UE. De même, on peut envisager l’évolution par le biais de noyaux durs ou de coopérations renforcées qui, à leur tour, engendreront un mouvement d’intégration ; il me semble plus intéressant de penser l’élargissement de cette façon que de dire qu’il faut nécessairement fermer les frontières pour réaliser l’intégration politique. Il est, en outre, inutile de déterminer maintenant les frontières pour concevoir cette intégration politique. Par ailleurs, on peut tout à fait avoir un projet politique ambitieux pour une Europe élargie, tout dépend du système institutionnel mis en place. Si l’on vote à la majorité, le nombre n’est plus aussi gênant que si l’on vote à l’unanimité.

- Vous ne fixez donc pas de limites ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Je ne vois pas l’intérêt politique et intellectuel de dire : voici les frontières de l’Europe. Je me mets dans la position du pays qui veut y accéder, qui est dans une période de transition démocratique, qui est dans un marasme économique et social, qui regarde l’UE comme un espoir, et je n’imagine pas que l’on puisse leur répondre : « désolé, on ferme notre club ». Si c’est uniquement pour recréer du lien entre les citoyens européens, il y a bien d’autres moyens pour le faire.

- Certains avanceraient qu’il peut y avoir une réponse géographique ?

Gaëtane Ricard-Nihoul : Tout regard sur l’histoire ne peut qu’être très nuancé sur le plan des critères géographiques. Les frontières sont avant tout mouvantes. Je pense à l’exemple du Conseil de l’Europe : la Turquie en est l’un des pays fondateurs. Or, jamais la question ne s’est posé de savoir si elle devait ou non en faire partie. La réflexion menée par le Conseil de l’Europe sur les frontières, qui s’arrêteraient aux pays du Caucase, peut en outre constituer un point de référence intéressant.

Il faut être franc, on se trouve dans le temps long, dans le moyen et le long terme de l’histoire, et l’on sous-estime l’effet de levier démocratique, de déclenchement de mécanismes économiques et sociaux liés aux perspectives de rejoindre l’UE. Je ressens un malaise à penser l’Europe comme un club privé et fermé de riches.

Lorsque j’éprouve des doutes, je relis les Pères fondateurs, leur philosophie de l’intégration, la philosophie de la main tendue : on pardonne et on avance. À cet effet, Jacques Delors cite souvent Hannah Arendt sur l’idée du « pardon et de la promesse » qui est le cœur, selon lui, de l’intégration européenne. Une approche dépassée de frontières trop figées ne correspond donc plus au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Notes :

[3] Les 1ers Etats généraux de l’Europe ont été organisés à Lille, le 25 mars 2007, par "Notre Europe" avec Europanova et le Mouvement européen, afin d’effectuer un bilan des 50 années de l’Union et de dégager des propositions citoyennes pour l’avenir.

Anne Dulphy

Ancienne élève de l'ENS Sèvres-Ulm, agrégée et docteur en histoire, Anne Dulphy est maître de conférences à l'Ecole polytechnique et chercheur rattaché au Centre d'histoire de Sciences Po. Ses travaux portent sur les interactions entre questions internationales, politique intérieure et société. Elle s'intéresse plus spécifiquement à la politique extérieure de la France, en particulier ses relations avec l'Espagne et le bassin méditerranéen, et sa position face à l'Europe communautaire. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont La politique de la France à l’égard de l’Espagne de 1945 à 1955 (Paris, ministère des Affaires étrangères, coll. « Diplomatie et histoire », 2002) et, en codirection avec Yves Léonard, De la dictature à la démocratie : voies ibériques (Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2004). Avec Christine Manigand, elle a codirigé Les opinions publiques face à l'Europe communautaire (Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2004) et publié La France au risque de l'Europe (Paris, Armand Colin, 2007). Elle vient de publier un Dictionnaire critique de l'Union européenne chez Armand Colin (en codirection avec Christine Manigand, Yves Bertoncini, Thierry Chopin et Sylvain Kahn).

Christine Manigand

Christine Manigand est professeur en histoire contemporaine à l'université de Poitiers et chercheur rattaché au Centre d'histoire de Sciences Po. Ses recherches portent sur l'interface entre l'histoire politique française, l'aventure européenne et les relations internationales. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont Les Français au service de la Société des Nations (Berne, Peter Lang SA, 2003) et, en codirection avec Elisabeth du Réau, Vers la réunification de l'Europe. Apports et limites du processus d'Helsinki de 1975 à nos jours (Paris, L'Harmattan, 2005). Avec Anne Dulphy, elle a codirigé Les opinions publiques face à l'Europe communautaire (Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2004) et publié La France au risque de l'Europe (Paris, Armand Colin, 2007). Elle vient de publier un Dictionnaire critique de l'Union européenne chez Armand Colin, en codirection avec Anne Dulphy, Yves Bertoncini, Thierry Chopin et Sylvain Kahn.


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  • ISSN 1954-3670