Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Les entourages des chefs de l'Etat de Mac-Mahon à Valéry Giscard d'Estaing

Coordination : Gilles Le Béguec et Christine Manigand

Jacques Foccart et le secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches

Frédéric Turpin
Résumé :

Le titre XII de la Constitution de 1958 crée une Communauté organique entre la France et ses anciens territoires d’outre-mer. Le président de la Communauté – de droit (...)

  • imprimer
  • version pdf
  • réduire la taille du texte
  • augmenter la taille du texte

Lorsque sonne l’heure des indépendances en Afrique subsaharienne francophone, la politique africaine de la France se décline désormais sur le mode de la « coopération ». Pour les contemporains, l’organisation gouvernementale française en rapport avec la politique de Coopération ainsi que les modalités du processus décisionnel ne manquent pas de complexité. Elles relèvent à la fois du puzzle tant les acteurs institutionnels sont nombreux et du maquis tant les responsabilités des uns et des autres paraissent difficiles à délimiter.

Cette grande diversité des acteurs institutionnels pouvant revendiquer tout ou partie de la charge de la coopération trouve d’abord son origine dans le poids des héritages historiques. En effet, elle traduit la rapidité de la transition du régime colonial [1] puis communautaire [2] à celui de l’indépendance et les difficultés successives du gouvernement français à s’adapter aux nouvelles donnes tant sur le fond (quelle politique de coopération ? à vocation mondiale ou à destination des anciennes colonies françaises ?) que sur la forme (quelles structures de gestion ?). Mais une telle évolution s’opère suivant le respect d’un impératif : le maintien de liens privilégiés entre la France et ses anciennes colonies africaines. La politique de coopération, voulue par le général de Gaulle, est ainsi assurément fille de la Communauté, du moins dans son esprit et dans une partie de ses structures, à commencer par l’emblématique secrétariat général pour les affaires africaines et malgaches dirigé par Jacques Foccart.

La gestion des affaires africaines et malgaches : la « suprématie présidentielle [3]  »

Le cas du président de la République illustre parfaitement cette continuité des structures au service de la permanence d’un dessein géostratégique. En effet, l’article 80 de la Constitution du 4 octobre 1958 confie de droit au président de la République française la présidence de la Communauté et la représentation de celle-ci. À ce titre, il préside les conseils exécutifs de la Communauté qui organisent la coopération entre ses membres (article 82). Le président français constitue donc la clé de voûte de l’édifice communautaire, à plus forte raison lorsque la charge est occupée par le charismatique général de Gaulle. Son interprétation présidentialiste de la Constitution ne fait d’ailleurs que renforcer sa prééminence organisée par les textes. La Communauté disparue, la suprématie présidentielle en matière de politique de coopération ne trouve désormais pas tant son fondement dans les textes constitutionnels que dans la pratique héritée de la défunte Communauté et dans la personnalité même de Charles de Gaulle.

La suprématie présidentielle s’appuie ainsi, pour un temps, à la suite de l’échec de la Communauté contractuelle, sur le Conseil pour les affaires africaines et malgaches. Créée en mai 1961, cette structure est chargée de décider des grandes orientations de la politique africaine de la France en complément du Conseil des ministres. Présidé par le président de la République, cet outil témoigne donc non seulement « de l’intérêt particulier du président de la République [4]  » pour ces questions, mais aussi de la continuité de la suprématie présidentielle en cette matière. Toutefois, ce Conseil disparaît bientôt et n’est plus réuni à partir de 1964. Il est vrai qu’il perd progressivement de son utilité tant l’essentiel de la gestion quotidienne de cette politique est assuré par les rencontres hebdomadaires dites « tripartites » entre le secrétaire général pour la Communauté et les Affaires africaines et malgaches, le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Coopération (puis le secrétaire d’État aux Affaires étrangères chargé de la Coopération). La suprématie présidentielle n’en est pas pour autant entamée puisque le président de la République continue d’arbitrer tous les différends entre les acteurs français de la coopération. Il demeure ainsi le chef d’orchestre incontesté de cette politique que se chargent de mettre en œuvre les ministères concernés sous l’étroite surveillance du secrétariat général pour la Communauté et les Affaires africaines et malgaches.

La présidence de Georges Pompidou (1969-1974) ne change pas fondamentalement le système même si la formule du conseil restreint – Georges Pompidou ne dispose pas de la même autorité sur ses ministres que le général de Gaulle – est ponctuellement réactualisée. Les « principes » et les « directives » de la politique de Coopération sont ainsi « arrêtés » lors de ces conseils réunis sous sa présidence [5] . Toutefois, comme le souligne Jacques Foccart, il y en a moins consacrés à l’Afrique comparativement à d’autres domaines, précisément parce que le sujet s’y prête peu. En effet, la coopération, une fois le cadre général des relations franco-africaines posé, constitue une politique qui relève surtout de la gestion quotidienne. Elle ne nécessite donc pas de développements particuliers justifiés par le lancement de grands programmes [6] ou d’initiatives spectaculaires. Au cours de ces conseils, le Président fait toujours valoir ses arbitrages. Les affaires africaines et malgaches demeurent ainsi, tant sous de Gaulle que sous Pompidou, l’apanage du président de la République. Plus encore que pour d’autres « domaines réservés » – l’expression n’ayant pas de fondement juridique –, la prééminence présidentielle trouve peut-être vraiment son origine dans le poids des héritages historiques, ce que souligne également la permanence du secrétariat général pour la Communauté, puis à la présidence de la République pour la Communauté et les Affaires africaines et malgaches [7] et enfin pour les Affaires africaines et malgaches auprès du président de la République.

Missions et actions du secrétariat général de Jacques Foccart

Dans l’accomplissement des pouvoirs qui lui sont confiés ou qu’il s’arroge, le président de la Communauté est assisté par le secrétariat général de la Communauté. Créé en 1959 [8] , ce secrétariat constitue l’administration présidentielle en charge de la Communauté en ce sens qu’il est au président de la Communauté ce qu’est le secrétariat général au président de la République, voire plus. Ses fonctions, qui sont précisées dans l’article 9 de l’ordonnance du 19 décembre 1958 portant loi organique sur le conseil exécutif de la Communauté, consistent à tenir informé le Président des affaires relatives à la Communauté et à veiller à la bonne transmission de ses directives. Il organise et tient le secrétariat des différentes réunions communautaires comme par exemple les conseils exécutifs. Surtout, il assure les rapports personnels entre le président de la Communauté et les chefs d’État et de Gouvernement africains. Ce secrétariat général joue donc un rôle central dès la Communauté car il constitue les yeux et les oreilles du Président tout en servant d’intermédiaire privilégié entre lui et ses homologues africains et ce d’autant plus que le Président n’est autre que le très charismatique Charles de Gaulle, clé de voûte du dispositif communautaire. Le secrétaire général devient ainsi un personnage important dans la hiérarchie politico-administrative française même si son premier titulaire, le conseiller d’État Raymond Janot, ne paraît pas avoir trouvé le « ton » juste avec les partenaires africains de la France [9] . En revanche, son successeur (février 1960-juin 1974), Jacques Foccart, s’impose pleinement à ce poste au point de donner à penser aux contemporains et à l’historien que le poste fut taillé à sa mesure.

La fin de la Communauté institutionnelle, suivie de l’échec de la Communauté contractuelle, ne conduit pas en 1961-1962 à la suppression d’un secrétariat à vocation strictement communautaire. Il est vrai que le maintien d’un secrétariat général de ce type – même en réduisant ses effectifs – trouve sa raison d’être dans le fait qu’il a encore, et peut-être plus que jamais, son utilité dans la pérennisation de relations privilégiées entre la France et les États africains et malgache. Il souligne donc la permanence de la « suprématie présidentielle » dans la gestion des rapports franco-africains car, outre sa fonction d’organiser les réunions interétatiques et d’assurer leur secrétariat ainsi que celui du conseil pour les affaires africaines et malgaches, il continue surtout à gérer les rapports personnels du président français avec ses homologues africains. Or cette prérogative s’avère cruciale au moment où les liens organiques liés à l’édifice communautaire disparaissent et où les « relations spécifiques [10]  » entre la France et ses anciennes colonies reposent désormais très largement sur le réseau de relations personnelles tissées autour de la haute figure du général de Gaulle. Le secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches joue ainsi pendant quatorze ans un rôle décisif dans la politique africaine de la France puisqu’il constitue plus que jamais les yeux et les oreilles du chef de l’État tout en assurant la coordination de l’action des différents départements ministériels dans l’exécution de cette politique.

L’influence considérable exercée par cet organisme présidentiel dans la définition et la gestion des rapports franco-africains lui vaut de nombreuses et croissantes inimitiés. D’autant plus que son inamovible secrétaire général n’est autre que Jacques Foccart, un gaulliste « fidèle, inconditionnel et dévoué » au Général [11] , nanti d’une double réputation de « mentor vigilant des Africains comme des compagnons musclés de l’Hexagone [12]  ». C’est d’abord sa qualité de « technicien des services secrets » qui le fait considérer par Pierre Viansson-Ponté – et bien d’autres – comme « l’un de ceux qui a le plus contribué à imprégner le compagnonnage de ce climat de société secrète, à lui donner cette allure policière, ce goût de la clandestinité, cette atmosphère "barbouze" [13]  ». Ce grand journaliste du Monde n’évoque d’ailleurs pas encore en 1963 la casquette de « Monsieur Afrique » de Jacques Foccart. Ce n’est que très progressivement que ce volet de son activité l’emporte durablement dans sa « légende noire ».

Or Jacques Foccart symbolise, au moins en partie, la politique africaine de la France en particulier parce qu’il constitue tout au long de son office « un soutien tenace et efficace de la spécificité du traitement des affaires africaines et malgaches [14]  ». Son action s’avère d’autant plus efficace qu’il bénéficie de la pleine confiance du Général. Il est l’un des rares hommes à s’entretenir quasi quotidiennement avec de Gaulle et au moins deux fois par semaine avec son successeur à l’Élysée qui ne lui ménage pas non plus sa confiance. Foccart se distingue tout particulièrement par sa capacité à interpréter au plus juste et même à anticiper les réactions de son « patron ». Loin d’être le deus ex machina de la politique africaine de la France, son rôle doit être fondamentalement appréhendé « au sens d’un pointillisme quotidien fait de réponses apportées aux défis sans cesse renouvelés. L’intéressant est que ces réponses étaient toujours concordantes et cohérentes car elles traduisaient une certaine conception du rôle de la France dans la continuité africaine [15] . » Comme le souligne Pierre Messmer à la lecture du Journal de l’Élysée, ce que confirme la consultation des archives du secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches, Foccart « n’exprime une vue de politique générale à aucun moment. Tout simplement parce que sa politique générale, c’est celle du chef de l'État ou de Gouvernement auprès duquel il se trouve [16] . » Jacques Foccart et son secrétariat général constituent aussi un outil extrêmement précieux pour le Général puis Georges Pompidou afin d’« expliquer la pensée des Africains » selon la formule du président Senghor [17] . Ayant un accès direct et quotidien au Général, il devient de fait l’interlocuteur privilégié des chefs d’État et de Gouvernement africains, ce qui renforce d’autant son rôle dans la définition et le suivi de la politique africaine de la France ainsi que la « suprématie présidentielle ». Cette « position stratégique » fait également de lui un interlocuteur incontournable pour le ministre de la Coopération puis secrétaire d’État aux Affaires étrangères (chargé de la Coopération) qui apprennent le plus souvent de sa bouche les interrogations et critiques du Général et des chefs d’État africains [18] .

Mais, le personnage de Jacques Foccart brille également par « le goût de la discrétion poussé jusqu’au culte du mystère [19]  ». Entre critiques de la politique africaine de la France et critiques de la personnalité et des agissements du secrétaire général pour les Affaires africaines et malgaches (SGAM), la « légende noire » de Foccart s’impose progressivement. Tout le monde y trouve d’ailleurs son compte puisque les opposants au général de Gaulle en s’attaquant à son secrétaire général s’en prennent au président de la République mais, dans le même temps, Jacques Foccart en concentrant sur lui le tir sert de « bouclier » – toujours silencieux – à son « patron » et à sa politique africaine dont il constitue certes un acteur décisif mais pas le concepteur. « D’esprit secret et calculateur, excellent manœuvrier », l’homme met ainsi « ses qualités de tacticien au service des stratégies du Général [20]  ». La discrétion volontaire du personnage, trait de caractère probablement renforcé par les combats de la clandestinité pendant la Seconde Guerre mondiale, et sa grande prudence font de lui un interlocuteur pas toujours facile à « déchiffrer ». « Ses silences – souligne en ce sens l’ancien gouverneur Paul Masson – étaient sans doute plus éloquents que ses propos [21] . »

En tout cas, tant le rôle attribué au SGAM que la figure emblématique – et aisément caricaturable – de son secrétaire général conduisent, au moment de l’élection présidentielle de 1969, les partis d’opposition à exiger sa suppression. Il est vrai que le départ du pouvoir du Général en avril 1969 doit permettre, pour ces partis, de tourner la page du gaullisme, en particulier de sa politique africaine. Le SGAM devient ainsi un enjeu dans la campagne électorale tandis que Jacques Foccart est érigé en grand ordonnateur des basses œuvres d’un régime que l’opposition espère définitivement révolu. Ces attaques ne sont pourtant pas une nouveauté mais jusqu’ici le Général les avait ignorées. Il s’était d’ailleurs toujours refusé à transformer le secrétariat général en un véritable ministère sous peine de voir cette politique lui échapper [22] et, surtout, parce que cela aurait probablement desserré le dense réseau de relations personnelles tissées autour de sa personne.

La conviction du nouveau président de la République ne semble pas avoir été initialement aussi ferme que celle de son prédécesseur quant au maintien du SGAM. Il est vrai que, dans le cadre de sa politique d’ouverture, Georges Pompidou doit désormais compter dans sa majorité avec les centristes qui ont fait du SGAM et de son chef un symbole des errements de la République gaullienne. Il n’entend donc pas maintenir en l’état les modalités de gestion des relations franco-africaines, ce qui implique notamment de faire sensiblement évoluer le système existant depuis les indépendances qui ne lui paraît pas « logique ». La nouvelle architecture qu’envisage alors Pompidou consisterait à supprimer le secrétariat général pour la Communauté et les Affaires africaines et malgaches, ne conservant auprès de lui qu’un ou deux conseillers techniques et deux chargés de mission, sans pour autant se priver des compétences de Jacques Foccart qui aurait dû prendre la direction d’un grand ministère de la Coopération. Toutefois, la véhémente campagne de presse contre ce dernier, notamment relayée par les partisans du candidat centriste Alain Poher, rend impossible un tel projet. D’autant que Pompidou comprend qu’il ne peut pas en quelques jours bouleverser la donne dans les relations franco-africaines, pas plus qu’il ne peut se passer de Jacques Foccart, tant sur le plan de l’Afrique que du point de vue de la politique intérieure. « Que ce soit ce secteur ou les départements et territoires d’outre-mer – explique Georges Pompidou à Jacques Foccart, le 25 juin 1969 –, ou encore le secrétariat général, tout cela n’existe que par vous, avec tout ce que vous représentez, avec le passé gaulliste que vous avez, et votre connaissance des hommes et des problèmes [23] . » De manière très pragmatique, le nouveau Président prend donc acte de la situation, espérant toutefois reprendre son projet de transformer l’organisation héritée du Général dans un délai d’un an ou dix-huit mois, lorsque les esprits se seraient apaisés [24] .

Dans l’immédiat, Jacques Foccart reprend donc du service – le 26 juin 1969 – à la tête d’un secrétariat général désormais intitulé « pour les Affaires africaines et malgaches auprès du président de la République ». Le terme « pour la Communauté » disparaît, ce qui constitue, au final, l’unique témoignage des velléités présidentielles de réforme. Une fois Jacques Foccart réinstallé à la droite du président de la République, les consignes que lui adresse Georges Pompidou sont sans équivoque quant au rôle du SGAM. « Il faut que vous fassiez exactement comme vous faisiez avant ; il n’y a rien de changé ». « Vous voyez les choses qui sont susceptibles de m’intéresser. Les autres, ce n’est pas la peine, je me repose entièrement sur vous [25] . » Foccart et ses collaborateurs continuent donc à fournir au Président un dossier quotidien sur les problèmes africains pendants, des fiches d’audience et à recevoir tous les ambassadeurs et personnalités touchant aux questions africaines. Le système donne finalement « satisfaction » à Pompidou [26] pour qui, les mois passants, il n’est plus question des réformes institutionnelles de juin 1969. Le SGAM demeure ainsi l’indispensable lieutenant du Président dans « sa » politique africaine, ce qui n’empêche nullement Pompidou de songer à l’avenir. « Ce qui m’inquiète – explique-t-il à Jacques Foccart le 30 juin 1971 –, c’est que vous êtes vraiment irremplaçable dans ce secteur (…) Bien entendu, les relations avec les pays africains continueraient et continueront après votre départ, mais ce ne sera pas la même chose. Il y a entre vous et les présidents des relations qui font que les problèmes se posent d’une façon tout à fait différente. D’ailleurs je crois qu’il faut que l’évolution se fasse petit à petit pour éviter qu’avec votre départ, lorsqu’un jour il se produira, il n’y ait un changement trop brutal [27] . »

L’élection à la présidence de la République du libéral Valéry Giscard d’Estaing sonne la fin du gaullisme au pouvoir, du moins au sommet de l’Etat. La politique de coopération franco-africaine perdure néanmoins mais selon des modalités propres à en assurer le contrôle par le nouveau Président et son équipe. Le très gaulliste Jacques Foccart est « remercié » et le secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches est dissous. Le décret n° 74-598 du 21 juin 1974 abroge le décret n° 61-491 du 18 mai 1961 qui créait un Conseil pour les Affaires africaines et malgaches et précisait – et justifiait - les missions du SGAM chargé de l’assister. Il est ainsi supprimé de facto. Ses attributions passent au ministère de la Coopération qui est, pour sa part, recréé en tant que tel et non plus comme un appendice du Quai d’Orsay.

Les hommes du secrétariat général

De 1959 à février 1970, le secrétariat général pour la Communauté puis le secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches est installé à l’hôtel de Noirmoutier, au 138 rue de Grenelle (Paris). Jacques Foccart conserve toujours, pour sa part, un bureau à l’Elysée. Pour des raisons pratiques et d’efficacité, le secrétariat général est transféré au plus près du président de la République au 2 rue de l’Élysée à partir de 1970. Il dispose tout au long de son existence d’un budget conséquent [28] qui sert notamment à rétribuer un personnel initialement nombreux composé de contractuels, la ressource de départ provenant de l’ancien ministère de la France d’Outre-mer se révélant rapidement insuffisante.

La fin de la Communauté institutionnelle entraîne une réorganisation des services qui se traduit fort logiquement par une baisse sensible des effectifs. Par la décision du président de la Communauté n° 60-16 du 1er mars 1960, le secrétariat général pour la Communauté doit passer de cent cinquante membres à cinquante-neuf [29] . Cette décision n’est toutefois appliquée que très progressivement en fonction des évolutions de la Communauté contractuelle que le Gouvernement français tente de mettre en place. En avril-mai 1961, l’échec de cette ultime avatar de Communauté sonne le glas des formules organiques unissant la France et ses anciennes colonies devenues indépendantes. Toute l’architecture politico-institutionnelle de la Communauté disparaît et les organes communautaires sont définitivement mis en sommeil.

Seul le secrétariat général, pourtant à vocation strictement communautaire, échappe à cette lame de fond. Il perdure même s’il change de dénomination afin de l’adapter à la nouvelle donne. Le secrétariat général pour la Communauté est ainsi rebaptisé secrétariat général à la présidence de la République pour la Communauté et les Affaires africaines et malgaches. Il subit néanmoins, dès 1961, une forte déflation de ses effectifs qui ne s’élèvent plus qu’à quatre-vingt-seize membres (dont sept emplois vacants) [30] . La baisse est ensuite continue puisqu’en 1966, le secrétariat général compte soixante-quinze personnes (quatre-vingt-six en 1963, soixante-dix-neuf en 1965). En juin 1974, au moment de sa liquidation, il compte encore soixante et une personnes [31] .

Si les effectifs généraux déclinent tout au long de la période, le « cabinet » (secrétaire général, conseillers techniques et chargés de mission) brille plutôt par une relative stabilité à partir de la fin de la Communauté, une fois la bonne formule trouvée. Cette stabilité de l’équipe dirigeante se manifeste d’abord par son chef puisque Jacques Foccart demeure de 1960 à 1974 à la tête du secrétariat général. De même, on ne compte que deux conseillers techniques pendant quatorze ans : Alain Plantey (qui quitte le secrétariat général pour devenir ambassadeur de France à Tananarive), puis René Journiac. La structure dirigeante change donc fort peu sous les présidences de Gaulle et Pompidou. La continuité des hommes est encore de mise sous Valéry Giscard d’Estaing puisque, malgré la disparition du secrétariat général, c’est René Journiac qui prend la suite de Jacques Foccart à l’Élysée dans une configuration plus classique [32]  : il est conseiller technique et est assisté par deux chargés de mission. À sa mort en 1980, il est remplacé par un autre « ancien » du secrétariat général, Martin Kirsch, qui officie jusqu’à l’élection de François Mitterrand en 1981.

En 1961, le « cabinet » se compose de vingt membres : le secrétaire général, un conseiller technique et dix-huit chargés de mission (dont douze métropolitains). Ils ne sont plus que onze en 1966, dont neuf chargés de mission (cinq d’entre eux le sont encore au titre des États africains, six ans après les indépendances). Malgré une légère remontée en 1967 (treize) et 1968 (douze), l’effectif se stabilise en 1969 autour de dix membres officiels. Il y a toutefois des membres « officieux », en particulier parmi les « anciens » qui repassent fréquemment rue de Grenelle puis rue de l’Elysée voir Jacques Foccart et ses collaborateurs. Certains y sont même détachés pour une durée courte (un contrat de quelques mois) afin de mener à bien une mission particulière [33] . Il est d’ailleurs difficile d’établir les dates d’entrée et de sortie de certains chargés de mission tant les annuaires officiels présentent des erreurs et des oublis.

En fait, le secrétariat général du temps du général de Gaulle se cherche une configuration idéale à l’image de la structure gouvernementale ayant en charge la politique de coopération. Il connaît ainsi des évolutions de structure en son sein même, comme en témoigne la persistance tardive de chargés de mission au titre des États africains et malgache (onze titulaires au total) jusqu’en 1967. Il s’agit là d’une survivance de la Communauté qui s’estompe progressivement à une exception près, celle de Paul Bouteiller, administrateur civil au ministère de l’Intérieur [34] , qui passe chez les chargés de mission métropolitains. Le nombre des chargés de mission métropolitains ne progresse à nouveau légèrement qu’avec la disparition des chargés de mission des États africains.

C’est sous la présidence de Georges Pompidou que le secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches trouve sa formule définitive. L’effectif du « cabinet » se fixe à dix membres : le secrétaire général, un conseiller technique et huit chargés de mission. Cette structure correspond au terme de l’évolution engagée sous Charles de Gaulle et témoigne parallèlement de la stabilité de la structure gouvernementale traitant de la coopération. Cette politique paraît alors avoir trouvé son rythme de croisière. Quant à l’« épuration » antifoccartienne menée lors de l’éphémère passage (avril-juin 1969) du conseiller d’État Daniel Pépy à la tête du secrétariat général pendant l’intérim d’Alain Poher, elle n’a finalement rien bouleversé et ne constitue somme toute qu’une courte parenthèse dans l’histoire de cet organe et de ses hommes.  

Les conseillers techniques et les chargés de mission présentent, sans surprise, des profils qui correspondent globalement aux affaires traitées par le secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches. Les questions africaines et outre-mer (DOM-TOM) étant l’essentiel de son activité, la majorité des collaborateurs de Jacques Foccart sont brevetés de l’École nationale de la France d’Outre-mer (sections administration et magistrature). Le conseiller technique René Journiac et au moins seize des chargés de mission qui ont officié rue de Grenelle et/ou rue de l’Élysée sont ainsi passés par l’ENFOM. En outre, presque tous ont servi dans l’empire ou dans les services parisiens en charge de la France d’Outre-mer. Le conseiller technique Alain Plantey, énarque et conseiller d’État, a été conseiller technique auprès du ministre de la France d’Outre-mer Bernard Cornut-Gentile (juin 1958-janvier 1959) avant d’entrer au secrétariat général. Le chargé de mission Maurice Perrier, qui ne sort pas de l’ENFOM, est ingénieur en chef de l’agriculture d’outre-mer. Les anciens de l’ENA sont aussi bien présents au secrétariat général comme, par exemple, Jean Cerez [35] , Jean Mialet [36] , Maurice Ligot [37] ou encore Jean-Pierre Hadengue [38] . Quelques membres du « cabinet » relèvent de la double appartenance puisqu’ils sont à la fois brevetés de l’ENFOM et de l’ENA : Pierre Angeli [39] et Jacques Thibau [40] . Enfin, il ne faut pas oublier que le secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches s’occupe également, du temps du Général, des affaires électorales, des relations avec le parti gaulliste et certains de ses appendices (notamment le SAC). Certains sous-préfets peuvent y faire valoir leurs connaissances du terrain.

Le personnel du secrétariat général paraît très attaché à une maison que l’on ne quitte pas vraiment, bien au contraire. Les membres du « cabinet » se montrent ainsi particulièrement fidèles à leur « patron » Jacques Foccart qui le leur rend bien en termes de carrière. L’effet « jump » – accélération de carrière – est manifeste en particulier pour les magistrats et les énarques, même s’il se conjugue parfois avec le passage dans un ou plusieurs cabinets ministériels. Les cadres de la préfectorale accèdent ainsi à des préfectures plus ou moins prestigieuses. Par exemple, Jean-Pierre Hadengue devient préfet de Savoie en 1967, Paul Bouteiller préfet de la Guyane en 1967 et Jean Cerez préfet de Haute-Saône en 1970. Un constat identique peut être fait pour les carrières diplomatiques : Claude Rostain [41] devient ambassadeur de France au Togo puis au Niger tandis que Jean Ribo est ambassadeur de France au Gabon [42] .   

En guise de conclusion, l’histoire du secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches est celle d’un paradoxe. Créé pour servir le président de la Communauté, il a survécu à sa mise en sommeil définitive. Pis son rôle s’est renforcé avec la politique de coopération largement fondée sur la personnalisation des rapports entre dirigeants français et africains. La présidentialisation de cette politique a fait de cet organe un maillon incontournable de la coopération franco-africaine qui a exercé une influence qui va bien au-delà de ses missions originelles. Cela tient à la personnalité de Jacques Foccart et à ses liens étroits avec le général de Gaulle, au contexte historique de la fin de la période coloniale ainsi qu’aux hommes du secrétariat général. En effet, Jacques Foccart ne dédaigne pas placer des anciens membres du secrétariat général dans les cabinets des ministres s’occupant de la coopération, voire bien au-delà de la seule sphère des relations franco-africaines. Le directeur de cabinet de Jean Charbonnel, secrétaire d’État aux Affaires étrangères chargé de la Coopération en 1966, n’est autre que l’ancien chargé de mission Jean-Pierre Hadengue [43] . René Journiac officie comme conseiller technique au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou de 1962 à 1966 avant de revenir au secrétariat général comme adjoint de Jacques Foccart. Yves Jouhaud [44] lui succède et sert également auprès de Maurice Couve de Murville puis de Jacques Chaban-Delmas. 

Annexes

 Annexe 1 : Décision du président de la Communauté n° 60-16 du 1er mars 1960

Emplois au SGAM

Effectifs anciens

Effectifs nouveaux

Conseiller technique

4

Charles-Henri Bonfils ; gouverneur)

(Jean Rossard ; administrateur civil au ministère des Finances)

(Jean-Pierre Dannaud ; ENS agrégé-conseiller du général de Lattre en Indochine)

(Alain Plantey ; conseiller d’Etat)

1

(Alain Plantey)

Chargé de mission

54

23

Personnel administratif

92

35

Total

150

59

 Source : AN, 5AG3/1170.

 

Annexe 2 : État des effectifs budgétaires et des effectifs réellement en fonction au 1er avril 1961

SGAM

Effectif budgétaire

Effectif réel

Vacances

Secrétaire général

1

1

 

Conseiller technique

1

1

 

Chargé de mission

31

23

8

Chef de service administratif et financier

1

1

 

Assistant principal

1

1

 

Assistant

6

6

 

Secrétaire rédacteur

3

5

2 (excédent)

Secrétaire principal

5

5

 

Secrétaire

12

4

8

Secrétaire adjoint

15

22

7 (excédent)

Agent spécialisé

20

35

 

Total

96

89

7 (vacances)

Source : AN, 5AG3/1171

Annexe 3 : État des effectifs en fonction au moment de sa liquidation (13 juin 1974)

SGAM

Effectif réel

Secrétaire général

1

Conseiller technique

1

Chargé de mission

12

Chef de service administratif et financier

1

Assistant principal et assistant

5

Secrétaire rédacteur et secrétaire principal

7

Secrétaire et secrétaire adjoint

18

Agent spécialisé

16

Total

61

Source : AN, 5AG3/1171.

Pour citer cet article : Frédéric Turpin, "Jacques Foccart et le secrétariat général pour les affaires africaines et malgaches", Histoire@Politique. Politique, culture, société, N°8, mai-août 2009.

Notes :

[1] Le titre VIII (« De l’Union française ») de la Constitution de 1946 organise les relations organiques entre la métropole et ses prolongements outre-mer.

[2] Le titre XII (« De la Communauté ») de la Constitution 1958 organise les relations entre la République française et les Etats membres de la Communauté.

[3] Nous empruntons cette expression au titre du chapitre 1 du doctorat de sciences politiques de Brigitte Nouaille-Degorce, La politique française de coopération avec les États africains et malgaches au sud du Sahara. 1958-1978, université de Bordeaux/Centre d’étude d’Afrique noire, 1982.

[4] Brigitte Nouaille-Degorce, op. cit., p. 231. Voir aussi Marc Michel, « La France et l’Afrique au temps du gouvernement Debré », dans Serge Berstein, Pierre Milza, Jean-François Sirinelli (dir.), Michel Debré Premier ministre. 1959-1962, Paris, PUF, 2005, p. 642-643.

[5] Bilan de la politique africaine de Georges Pompidou par René Journiac, note de synthèse rédigée après la mort du président Georges Pompidou en 1974 (Archives nationales, fonds de la présidence de la République de Valéry Giscard d’Estaing, 5AG3/1171).

[6] Entretien de Jacques Foccart réalisé par Jean-Pierre Williot, 10 février 1994 (AN/Association Georges Pompidou, 1AV87).

[7] Les services de Jacques Foccart n’utilisent plus, à partir du 19 mai 1961, que du papier à en-tête de la présidence de la République. L’en-tête « président de la Communauté » disparaît définitivement (Note du secrétaire général à l’attention des chargés de mission, Paris, 19 mai 1961 ; AN, FPR 321).

[8] Journaux officiels des 9 janvier, 17 mars, 18 avril et 30 septembre 1959.

[9] Marc Michel, op. cit. (Michel Debré), p. 626.

[10] Note du secrétariat général pour la Communauté et les Affaires africaines et malgaches pour le secrétaire général, Paris, 30 septembre 1965 (AN, fonds privé Jacques Foccart, FPR320).

[11] Alain Plantey, « Jacques Foccart et la politique africaine du général de Gaulle », dans Espoir (Paris), n° 114, janvier 1998, p. 97.

[12] Louis Terrenoire, De Gaulle. 1946-1954. Pourquoi l’échec ? Du RPF à la traversée du désert, Paris, Plon, 1981, p. 205. Issu pour l’essentiel des rangs de l’ancien service d’ordre du Rassemblement du peuple français, le service d’action civique (SAC) voit le jour en 1959 et a pour mission d’assurer le bon déroulement des manifestations des formations gaullistes. Jacques Foccart constitue tout au long des  présidences gaullienne et pompidolienne le chef hors hiérarchie du SAC (Sur le SAC, nous renvoyons à l’étude de François Audigier, Histoire du SAC. La part d’ombre du gaullisme, Paris, Stock, 2003.) 

[13] Pierre Viansson-Ponté, Les gaullistes. Rituel et annuaire, Paris, Seuil, 1963, p. 116 et 118.

[14] Alain Plantey, op. cit., p. 107. 

[15] Alain Plantey, op. cit., p. 104.

[16] Allocution d’ouverture de Pierre Messmer dans Cahier du centre de recherches historiques (Paris), n° 30, octobre 2002, consacré à « Foccart entre France et Afrique » (sous la direction de Florence Hachez-Leroy), p. 14.

[17] Témoignage écrit de Léopold Sédar Senghor (Association Georges Pompidou).

[18] Jean Charbonnel, À la gauche du Général, Paris, Plon, 1996, p. 159.

[19] Alain Plantey, op. cit., p. 106.

[20] Alain Plantey, op. cit., p. 106.

[21] Entretien de Paul Masson réalisé par Frédéric Turpin et Emilie Willaert, 8 janvier 2004 (AN/AGP, 1AV891).

[22] Entretien de Jacques Foccart, réalisé par Jean-Pierre Williot, 10 février 1994 (AN/AGP, 1AV86).  

[23] Jacques Foccart, Journal de l’Elysée. Tome 3. 1969-1970 : Dans les bottes du Général, Paris, Fayard/Jeune Afrique, 1999, p. 70.

[24] Jacques Foccart, op. cit. (t. 3), p. 60-62 et 70-71.

[25] Jacques Foccart, op. cit.(t. 3), p. 71 et 77. 

[26] Entretien de Jacques Foccart, op. cit.

[27] Jacques Foccart, op. cit. (t. 3), p. 762.

[28] 1964 : 3 361 619 francs ; 1967 : 4 210 594 francs et 1974 : 3 730 046 francs.

[29] Note du SGAM pour le secrétaire général, Paris, 29 avril 1961 (AN, 5AG3/1171). Sur ce point, voir le tableau de l’annexe 1.

[30] Note du SGC, Paris, 10 avril 1961 (AN, 5AG3/1171). Voir le tableau de l’annexe 2.

[31] Note du SGAM, Paris, 13 juin 1974 (AN, 5AG3/1171). Voir le tableau de l’annexe 3.

[32] Jacques Foccart lui-même, avant de devenir secrétaire général, a été chargé de mission puis conseiller technique auprès du président du Conseil (1958) puis du président de la République (1959-1960) Charles de Gaulle et s’occupait notamment des questions africaines.

[33] Information aimablement communiquée par Pascal Geneste, responsable des Fonds Jacques Foccart aux Archives nationales.

[34] Né en 1921, Paul Bouteiller présente un profil très atypique. Diplômé de l’École nationale des Chartes, il officie d’abord comme archiviste aux Archives nationales en 1943. Enarque (1951-1953), il est administrateur civil au ministère de l’Intérieur. Chargé de mission au cabinet de Nafissa Sid-Cara, secrétaire d’État auprès du Premier ministre Michel Debré, il entre au secrétariat génal pour la Communauté et les Affaires africaines et malgaches en 1962.  

[35] Né en 1914, Jean Cerez entre à l’ENA en 1952 et mène par la suite une carrière dans la préfectorale. Conseiller technique dans le cabinet du ministre de l’Information Alain Peyrefitte (1964-1965), il est parallèlement administrateur de l’Office de coopération radiophonique. Spécialiste des questions d’information, il officie comme chargé de mission au secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches entre 1967 et 1969 avant d’entrer au secrétariat général à la présidence de la République.

[36] Né en 1920, Jean Mialet entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1942 puis sert dans l’armée. En 1953, il intègre l’ENA et devient en 1955 administrateur civil au ministère des Finances. Il est détaché auprès du secrétariat général à la Communauté de 1959 à 1962.

[37] Né en 1927, Maurice Ligot est docteur en droit et énarque. Administrateur civil au ministère de l’Intérieur, il est détaché auprès du ministère des Finances en 1958. Il officie comme chargé de mission au secrétariat général à la Communauté de 1959 à 1963. En 1964-1965, il est chef de cabinet du ministre de l’Intérieur. En 1965, il est élu maire de Cholet et entame une carrière politique nationale.

[38] Né en 1928, Jean-Pierre Hadengue est énarque. Il officie à la Cour des Comptes avant de devenir, de 1960 à 1966, chargé de mission au secrétariat général pour la Communauté et les Affaires africaines et malgaches.

[39] Né en 1921, Pierre Angeli est breveté ENFOM et sert outre-mer jusqu’à son entrée à l’ENA en 1950. Il officie dans la préfectorale avant d’entrer au secrétariat général à la Communauté en 1959. Maître des requêtes au Conseil d’État, il est de 1966 à 1969 directeur de cabinet des ministres successifs des DOM-TOM (Pierre Billotte, Joël Le Theule puis Michel Inchaupsé). Il est gouverneur de la Polynésie française de 1969 à 1973.  

[40] Né en 1928, Jacques Thibau est breveté ENFOM et sert au Cambodge. Entré à l’ENA en 1955, il opte pour le ministère des Affaires étrangères. Chargé de mission au secrétariat général à la Communauté en 1959-1960, il est par la suite chef de cabinet du ministre de l’Information Alain Peyrefitte (1962-1965) avant de devenir directeur adjoint Télévision à l’ORTF.

[41] Né en 1916, Claude Rostain est breveté ENFOM. Administrateur des services civils de l’Indochine, il chef du bureau des Affaires internationales au ministère de la France d’Outre-Mer (1955-1958) et plusieurs fois membre de la Délégation française à l’ONU. Chargé de mission au secrétariat général à la Communauté puis au secrétariat général à la Communauté et aux Affaires africaines et malgaches (1958-1964), il est ambassadeur de France au Togo (1964-1969) puis au Niger (1970-1972).

[42] Né en 1924, Jean Ribo est breveté ENFOM et sert outre-mer comme administrateur sous la IVe République. En 1958, il est intégré au ministère des Affaires étrangères. Il est détaché au ministère de la Coopération (1960-1964) puis officie au Quai à la direction d’Afrique-Levant (1965-1967). Il est chargé de mission au secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches (1970-1972) avant de devenir ambassadeur de France au Gabon.

[43] André Leuwin : « Les acteurs de la politique africaine de la France », dans Géopolitique africaine (Paris), n° 4, novembre 2001, p. 242.

[44] Né en 1926, Yves Jouhaud est breveté ENFOM et sert en Afrique. Chargé de mission au secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches de 1960 à 1966, il officie ensuite, de 1967 à 1972, comme conseiller technique au cabinet du Premier ministre. Il est nommé procureur général près la cour d’appel de Saint-Denis de La Réunion en 1972. Consulter l’entretien d’Yves Jouhaud réalisé par Sarah Mohammed-Gaillard et Frédéric Turpin, 20 avril 2005 (AN/AGP, 1AV891).

Frédéric Turpin

Frédéric Turpin est maître de conférences habilité à diriger les recherches en histoire contemporaine à l’université d’Artois. Il est l’auteur de nombreux travaux consacrés au gaullisme, à la vie politique française et aux relations internationales : André Diethelm (1896-1954) : de Georges Mandel à Charles de Gaulle (Paris, Les Indes savantes, 2004) ; De Gaulle, les gaullistes et l’Indochine (1940-1956) (Paris, les Indes savantes, 2005) ; De Gaulle, Pompidou et l’Afrique : décoloniser et coopérer (1958-1974) (Paris, Les Indes savantes, 2010).

 

Mots clefs : France ; Afrique subsaharienne ; Ve République ; Communauté ; Coopération ; gaullisme ; Charles de Gaulle ; Georges Pompidou ; Jacques Foccart.

imprimer

Newsletter

  • Consultez fréquemment les rubriques dynamiques de cette colonne. Elles sont régulièrement mises à jour.

Champ libre

  • • Vidéo de la table ronde « À l'Est, rien de nouveau ? Pour une histoire visuelle de la nouvelle Europe » aux Rendez-Vous de Blois (13 octobre 2018)
  • Si vous n’avez pas pu assister à la table ronde, « À l'Est, rien (...)
  • lire la suite
  • Histoire@Politique est également disponible sur CAIRN
  • lire la suite

Comptes rendus

  • • François Dosse, La Saga des intellectuels français,
  • L’histoire des intellectuels est entrée dans l’heure des bilans (...)
  • lire la suite
  • • Élise Petit, Musique et politique en Allemagne, du IIIe Reich à l’aube de la guerre froide,
  • Avec Musique et politique en Allemagne, réécriture de sa (...)
  • lire la suite
  • • Nicolas Patin, Krüger : un bourreau ordinaire,
  • Friedrich Wilhelm Krüger, chef suprême de la SS et de la (...)
  • lire la suite
  • • Nicole Edelman, L’impossible consentement : l’affaire Joséphine Hugues,
  • En 1865, Timothée Castellan, un mendiant de 25 ans, est déclaré (...)
  • lire la suite
  • • Pierre Rosanvallon, Notre histoire intellectuelle et politique, 1968-2018,
  • Patiemment, obstinément, rigoureusement, Pierre Rosanvallon trace son sillon intellectuel (...)
  • lire la suite
  • • Audrey Kichelewski, Les Survivants. Les Juifs de Pologne depuis la Shoah,
  • Faire l’histoire des juifs en Pologne après la Seconde (...)
  • lire la suite
  • • Sarah Gensburger et Sandrine Lefranc, À quoi servent les politiques de mémoire ?,
  • Auteures de nombreux travaux sur la mémoire et la justice (...)
  • lire la suite
  • • Gilles Richard, Histoire des droites en France de 1815 à nos jours,
  • L’ouvrage de Gilles Richard se place délibérément dans une (...)
  • lire la suite
  • • « Mémoire des massacres du XXe siècle »
  • Le Mémorial de Caen a accueilli du 22 au 24 novembre 2017 (...)
  • lire la suite
  • • Raoul Hausmann (1886-1971) et sa production photographique dans les tourments de l’histoire
  • Après avoir été présentée au Point du Jour de (...)
  • lire la suite
  • • Emmanuel Saint-Fuscien, Célestin Freinet, un pédagogue en guerres, 1914-1945,
  • C’est avec une certaine délectation que nous nous sommes (...)
  • lire la suite
  • • Raffaella Perin, La radio del papa. Propaganda e diplomazia nella seconda guerra mondiale,
  • L’ouvrage de Raffaella Perin sur Radio Vatican est la (...)
  • lire la suite
  • Transit, film réalisé par Christian Petzold (2018)
  • Dans les années 1930, des centaines d’Allemands, juifs ou opposants (...)
  • lire la suite
  • • Alexis Vrignon, La naissance de l’écologie politique en France. Une nébuleuse au cœur des années 68,
  • Dans le champ de l’écologie politique, la catégorie du (...)
  • lire la suite
  • Après la guerre, film réalisé par Annarita Zambrano (2017)
  • Verres de lunettes opaques ou presque, silhouette épaisse, barbe (...)
  • lire la suite

Partager

  • ISSN 1954-3670