Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Jeune Europe, jeunes d'Europe

Coordination : Ludivine Bantigny et Arnaud Baubérot

Genèses de l'Europe, jeunesses d'Europe. Entre enchantement et détachement

Ludivine Bantigny
Résumé :

Jeunesse et Europe ont de longue date été associées comme métaphore d’une régénération et d’un rajeunissement nécessaire pour le « Vieux Continent ». Mais, au-delà de l’image, cet article se (...)

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L’adresse à la jeunesse n’est souvent qu’une posture rhétorique. L’interpeller, lui prêter maintes qualités, l’associer à la cause qu’on entend plaider : autant de moyens agissants pour se donner à soi-même une nouvelle jeunesse. Mais ces artifices discursifs ne permettent, la plupart du temps, qu’un simple ravalement : c’est une cure de jouvence faite à bon compte. Bertrand de Jouvenel le remarquait en 1930 : « Faire les États-Unis d’Europe », ce peut n’être qu’« une de ces formules vides par lesquelles les politiciens vieillis rajeuniront leur vocabulaire sans changer leurs actes [1]  ». Plus frappantes sont les périodes où des jeunes deviennent eux-mêmes des militants et se distinguent ainsi par leurs engagements.

Les années qui suivent la Première Guerre mondiale sont imprégnées par ce dessein européen. L’entre-deux-guerres est marqué, tout à la fois, par une « célébration de la jeunesse [2]  », par « la volonté de puissance des nouvelles générations [3]  » et par le souci de faire l’Europe. L’enchantement qu’inspire l’idée européenne est palpable dans les nombreuses professions de foi qui voient dans son unité le seul moyen de la sauver. Les écarts idéologiques y sont évidemment gigantesques, qui opposent les États-Unis socialistes d’Europe, défendus par certains courants communistes, aux États-Unis d’Europe, soutenus par une partie du patronat pour raffermir le capitalisme européen et contrer les effets de la lutte de classes. Quoi qu’il en soit, une fraction de la jeunesse est impliquée dans ce combat, au point qu’on peut parler à son sujet de « conscience européenne », entendue comme le « sentiment, socialement partagé, de nécessité vitale de construire l’Europe [4]  ». Cette conscience d’une urgence puise sa vigueur dans les horreurs de la guerre. Dans une certaine mesure, il en va de même après le second conflit mondial. Cette fois, cependant, l’enthousiasme s’est atténué et institutionnalisé. Les jeunes sont bien moins à l’avant-scène de ce combat ; ils ne donnent plus le ton. Il s’agit de les former sur l’Europe, de les façonner à son identité, mais cette pratique, à bien des égards volontariste, se mène de manière extérieure, au sein de mouvements et de commissions spécialement diligentés à cet effet. La rhétorique accoutumée est alors de rigueur. En 1962, René Mayer peut s’exclamer : « L’Europe a en ce moment le vent en poupe car la mode est à la jeunesse et la jeunesse est européenne [5] . » Les résultats toutefois sont mitigés. S’ouvre alors une troisième période, bouleversée par la crise économique, à compter des années 1970. Les jeunes deviennent une ligne de mire pour les instances européennes, surtout comme main-d’œuvre à former sur le marché du travail et de la compétitivité. Ils sont désormais objets de politique, mais comme sujets européens, leur détachement se montre sans cesse plus flagrant.

Ce sont ces trois moments que l’on va suivre ici, en examinant l’alliance, pour partie désirée, pour partie fabriquée, entre jeunesse(s) et Europe. Trois moments qui sont comme trois relances de l’idée puis de la construction européennes – d’une Europe, donc, toujours recommencée.

« Au matin d’un monde » : un rajeunissement pour le vieux continent ?

« La guerre éducatrice »

La guerre a-t-elle fait vieillir l’Europe ? Par la saignée démographique qu’elle lui a infligée, c’est l’évidence. Mais pourrait-il s’agir aussi d’un vieillissement géopolitique et d’un déclin éthique ? Au sortir du conflit, pareille hypothèse est courante, qui entend décrire une Europe décatie, trop affaiblie pour postuler au faîte de la puissance mondiale. Sauf à se régénérer. Parmi les promoteurs de cette conception anthropomorphique figure, notamment, le comte Hermann de Keyserling, dont la pensée vitaliste assimile continents et civilisations à des organismes ayant atteint des stades variés de développement. L’Europe a été touchée dans sa chair et, comme pour tout être vivant, ses plaies doivent être cautérisées pour échapper à l’infection et à la corruption. Il lui faut se rajeunir, « grâce à la transformation interne de ses composants [6]  », mais « se rajeunir sans renoncer au passé », en construisant « un nouveau cosmos sur les ruines semées par cette éruption volcanique qui a tout emporté » [7] . On songe aussi à Valéry – par ailleurs préfacier de Keyserling [8] –, penseur non seulement des civilisations mortelles, mais encore d’un « avenir sans la moindre figure [9]  », tout entier à redessiner.

Or c’est aux jeunes générations que l’on confie le soin de cette ré-génération. Seule la jeunesse peut arrêter la gangrène, assimilable ici à une déchéance. Les jeunes seront l’onguent qui soignera l’Europe et la sortira de sa pente décadente. Voilà résumée l’une des thèses en vogue tout au long des années d’après-guerre : un « juvénilisme [10]  » est à l’œuvre qui attribue aux cadets la tâche d’un redressement, d’un « raffermissement », comme l’écrivent, par exemple, Giovanni Agnelli et Attilio Cabiati, soucieux de briser avec cette « vieille Europe aigrie, épuisée, rendue impuissante par un bain de sang » et à laquelle seul ce rajeunissement pourra redonner son « sceptre de (…) supériorité morale et culturale » [11] . Beaucoup se sentent « au matin d’un monde [12]  », à rebâtir de fond en comble.

De ce point de vue, le conflit a jeté comme une lueur fulgurante sur les consciences, déchirant le voile des aveuglements. La guerre a été « éducatrice », condamnant tout « retour au passé » : ainsi parle Jean Luchaire, dont on sait combien il revendique d’abondance l’appartenance générationnelle et lui confère une fonction déterminante dans la distribution des rôles qu’il s’agit de jouer désormais [13] . C’est à la construction de l’Europe que ces jeunes, dont Luchaire s’érige en représentant, souhaitent à présent s’atteler.

« L’appel de l’Europe » au cœur des relèves

Le « tropisme européen [14]  » apparaît bien alors tel un réflexe vital, comme si l’« appel de l’Europe [15]  » s’imposait par nécessité, avec la clarté d’une fonction essentielle à la survie. Relativisons cependant d’emblée. Il ne s’agit ici que de quelques groupes militants, très minoritaires, mais qui comptent dans le paysage politique, de catégories aisées et installées, jeunes avocats, essayistes ou journalistes, bref d’une « élite » déterminée à devenir la relève de l’Europe. Internationalistes, certes, mais d’un internationalisme sans rapport avec celui qui se construit dans les rangs socialistes et communistes, où l’Europe n’est pas un thème majeur – même si le mot d’ordre d’« États-Unis d’Europe » y fait l’objet de débats virulents [16] . Vitupérant, à la manière du Manifeste de Jeune Europe en novembre 1921, le « mysticisme d’extrême droite ou d’extrême gauche », les membres de ces nouvelles relèves ne comptent pas sur un renversement du système mais misent sur une amélioration du capitalisme : révolutionnaires ils se disent bien souvent, mais leur pensée s’adosse davantage à une rénovation qu’à une révolution. Le « réalisme » qu’ils revendiquent s’en accommode et recommande des « modifications plus ou moins amples des systèmes de production, de circulation, de répartition [17]  ». D’aucuns, tout aussi ardents européistes, leur reprochent d’ailleurs leur manque d’idéalisme. Telle est la critique qu’adresse Gaston Riou à un Jean Luchaire pêchant, à ses yeux, par défaut d’idéal, accusé d’être « un jeune jacobin énergique, mais un jacobin sans Rousseau et le culte de l’immortalité, un jacobin froid, très informé, implacable » mais sans « tendresse fraternelle », un « bon européen », certes, mais « sans mystique » [18] .

Pacifistes avant tout, leur attention se tourne vers les planches de salut à même de garantir cette paix qu’ils appellent de leurs vœux. La Société des Nations (SDN) tout d’abord : on le sait, c’est dans les rangs des militants de la SDN que l’on trouve les plus fervents soutiens de l’Europe [19] . La réconciliation franco-allemande également. L’une comme l’autre subissent néanmoins, au fil de l’entre-deux-guerres, une érosion des espérances – Bertrand de Jouvenel estime, en 1928, que la SDN a été « châtrée [20]  » – ou l’empreinte d’une fondamentale ambiguïté – avec quelle Allemagne se réconcilier [21]  ?

Il ne s’agit pas de revenir sur les multiples tentatives de regroupements européens qui se sont égrenées tout au long de ces années si denses d’expériences à cet égard : Ligue latine de la jeunesse (mars 1916), revue La Jeune Europe (novembre 1921), Groupement universitaire pour la Société des Nations (hiver 1922-1923), congrès paneuropéen de Vienne (octobre 1926), plaidoyer de Notre Temps pour « L’Europe ô ma patrie » (février 1928), rencontre de Sohlberg (juillet-août 1930) puis de Rethel (été 1931) [22] , Union Jeune Europe fondée en Belgique en 1932 [23] . Il y a lieu, bien plutôt, de souligner l’effervescence qui est la marque de cette période et la cohésion générationnelle qui en est le ferment. La liste établie au cours de l’année 1929 par Gaston Riou en porte témoignage, qui énumère pas moins de dix-huit jeunes auteurs français présentés comme les bâtisseurs d’un nouveau monde, parmi lesquels Guy-Félix Fontenaille (né en 1892), Pierre Drieu La Rochelle (1893), André Chamson (1900), Jean Prévost (1901), Jean Luchaire (1901) et Bertrand de Jouvenel (1903) : en somme, « toute la jeune élite démocratique », elle-même pointe avancée d’un « faisceau de volontés juvéniles » d’où surgira le « grand héros de nos temps » pour réaliser la « démocratie européenne » [24] . Édouard Herriot l’allègue à son tour, lorsqu’il évoque, un an plus tard, « toute une élite de la jeunesse » prête à accomplir le « haut enseignement de Kant », une paix perpétuelle et européenne [25] . Autant de militants de l’Europe à qui la nation semble, sinon périmée, du moins dépassée, quoi qu’il ne s’agisse guère de l’abandonner. Une pensée fédéraliste se forge ; elle trouve son fondement théorique dans la nécessité d’une union après les déchirements mortels qui fracassèrent le continent. Nombre de ces militants sont animés par la volonté de « se grouper exclusivement entre jeunes [26]  ». L’époque est à cette aune, premier acmé d’une visibilité de la jeunesse de mieux en mieux organisée.

« Que dit notre jeunesse ? »

« Se tourner vers les éphèbes » serait donc un trait de l’époque, l’un de ses passages obligés logé dans la question : « Que dit notre jeunesse ? » [27] . Une certaine jeunesse s’entend, qui compte désormais pour mesurer des attitudes et entrevoir des certitudes. On l’interroge donc, on enquête à son sujet. L’ouvrage d’Agathon [28] en a été le modèle, parangon pour tenter de trouver ce qu’on cherche en interrogeant qui de droit : en l’occurrence, une fois de plus, la jeune élite de la nation, naguère pour la sentir patriote ardente et prête à la guerre – telle était la quête, telle fut aussi la conclusion des Jeunes Gens d’aujourd’hui –, dorénavant, pour la trouver européenne et heureuse d’avoir dépassé le « stade “chauvin” [29]  ».

Interrogé en 1926 par Roger Giron et Robert de Saint-Jean pour l’enquête « La jeunesse devant la politique », Pierre Drieu la Rochelle réclame que l’armée française soit placée « à la disposition de la Société des Nations, dévouée aux intérêts prochains des États-Unis d’Europe [30]  ». En 1930, Bertrand de Jouvenel s’inspire lui aussi des États-Unis pour concevoir son modèle européen, marqué par la « dissociation complète du gouvernement international et des États [31]  ». En novembre 1931, recommandant d’« observer et [de] suivre avec beaucoup d’attention » les signes qui se manifestent « dans toute la jeunesse d’Europe », Curzio Malaparte y insiste : « Le mot de patrie, dans le sens ancien, ne suffit plus aux générations actuelles [32] . » Selon une affirmation que l’on retrouvera lors d’un autre après-guerre, ces jeunes apparaissent, tout à la fois, désabusés devant la faillite de leurs aînés et désireux de bâtir à neuf, loin de « la teneur propre des idées abstraites [qui] ne leur dit absolument rien [33]  ». Il leur faut des faits, des actions, des réalisations.

Sous ces plumes incisives, on trouve ce qui a été, est et sera le discours coutumier associé à la jeunesse, fait d’enthousiasme et d’exaltation pour sa vigueur et son ardeur, sa fougue et son empressement, son impatience et son espérance. « Jamais la vitalité des jeunes n’a été plus splendide » : enthousiasme, joie, optimisme paraissent se manifester partout en Europe et, notamment, « en Russie, en Allemagne, en Turquie, en Italie, bref dans tous les pays où les jeunes jouent un rôle comparable » [34] . Dans cet allant pour son élan, la jeunesse s’affirme révolutionnaire par excellence et par essence. Elle a été « contrainte », par la guerre, « à la réflexion, à l’examen de conscience total » [35] . Dès lors, elle trace la route, montre la voie, et cette voie ne saurait être qu’européenne, comme s’il y avait là, plus qu’une mission, une « vocation [36]  ». On n’est pas loin, ici, d’un nouveau messianisme. Il vient se perdre, pour certains, dans une exaltation de l’« Europe nouvelle » hitlérienne, comme seule « réalisation concrète de l’unité continentale », « illusion tragique » mais logique pour ces « européens de foi » face aux échecs répétés d’une Europe à unifier [37] .

Une Europe préceptrice : politique européenne et propagande européiste

« La vieille Europe n’est pas encore si vieille ». Autour de la Lorelei

D’un après-guerre à l’autre, la même inquiétude s’observe quant à l’avenir dont la jeunesse est porteuse, la même sollicitude se tourne vers les jeunes qui incarneront la relève d’un monde en ruines. Mais à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le désarroi est bien plus marqué en Europe qu’il ne l’était après la Grande Guerre. La confiance placée dans les jeunes générations, qui avait caractérisé les années post-1918, cède la place à l’angoisse face à la « crise de la jeunesse », l’une des antiennes de l’époque. Les observateurs du temps redoutent ce désenchantement de la jeune génération qu’ils contribuent à alimenter en le commentant. Ils se lamentent devant la perte de tout idéal, voire de toute morale chez les jeunes gens dont ils scrutent tous azimuts les opinions et les comportements. Le « mal du siècle » redevient un thème porteur.

C’est dans cette conjoncture que le fédéraliste Alexandre Marc lance ce qui s’apparente à un cri de ralliement : « La vieille Europe n’est pas encore si vieille [38]  ». Récapitulant la teneur des débats qui se sont tenus durant les semaines précédentes au camp de la Lorelei (Rhénanie-Palatinat), du 20 juillet au 6 septembre 1951, Marc les sur-interprète aussi selon ses vues – ce qu’il concède à mi-mots : certes, « la jeunesse » manque par trop d’esprit civique, elle n’est guère préparée à la mission citoyenne qui l’attend et son éducation sera nécessaire ; certes, au sein de la jeunesse et, tout particulièrement, de la jeunesse allemande, « un grand vide, à la fois intellectuel et moral », s’est creusé, qui invite au « scepticisme désabusé » ; certes encore, l’on assiste à une crise de civilisation, une « crise totale » qui remet tout en cause, « notre être et nos raisons d’être ». Mais il y a de l’attente, de l’espoir, une « soif », laquelle ne peut s’étancher qu’à la source européenne [39] .

Ces « rencontres européennes de la jeunesse », à la Lorelei, ont été organisées par le Haut Commissariat français en Allemagne et par le Bundesjugendring – la Fédération des mouvements de jeunesse allemands [40] . Elles ont réuni environ 35 000 jeunes, dont une forte majorité d’Allemands (près de 60%), des Français (20%) et des Britanniques (10%). Leur objectif affiché était de former les jeunes à la nécessité d’une construction européenne fédéraliste. Les différentes décades ont alterné conférences et débats, mais aussi pratique du chant, du théâtre et des danses folkloriques afin de mieux souder les participants dans un milieu commun et fraternel. Une fois encore, l’audace et l’enthousiasme ont été vénérés comme des vertus cardinales propres à la jeunesse, et sur lesquelles il y a lieu de compter pour bâtir une Europe fédérale.

À nouveau se pose donc la lancinante question : que souhaite la jeunesse d’Europe ? – question à laquelle toute réponse ne saurait être que réductrice et péremptoire. Alexandre Marc n’hésite pourtant pas à voir dans les participants à la Lorelei « un tableau de la jeunesse telle qu’elle est [41]  ». Pour sa part, le dirigeant socialiste belge, Paul-Henri Spaak, martèle aux sons de l’anaphore ce que « veut » « la jeunesse », en une série d’attendus au final assez convenus :

« La jeunesse d’Europe veut que triomphe, dans nos vieux pays, une véritable justice sociale. La jeunesse d’Europe veut que les problèmes économiques et sociaux, échappant aux traditions périmées et aux préjugés stupides, soient résolus demain selon les règles de la raison et de la sagesse. La jeunesse d’Europe souhaite que notre continent s’unisse, que tous les jeunes puissent y vivre fraternellement et que l’Europe unie, par la force qu’elle représentera demain, devienne un puissant ferment de paix [42] . »

Le trait saillant, parmi les qualités prêtées intrinsèquement à la jeunesse, réside dans sa disponibilité. Disponible, la jeunesse l’est parce qu’elle est en formation, vierge encore de toute empreinte politico-idéologique. Or il y a là un enjeu majeur dans un contexte marqué au sceau de la guerre froide.

L’Europe en campagne : une mission civilisatrice ?

Le sentiment d’urgence qui étreint les organisateurs de « la Lorelei », répétant à l’envi qu’il ne « faut pas perdre de temps », que cette jeunesse ne sera, précisément, pas toujours disponible, doit être resitué dans le cadre de la concurrence que se livrent l’Est et l’Ouest, le « communisme » à la mode stalinienne et le libéralisme capitaliste, dans la conquête respective de leurs partisans, parmi lesquels les jeunes représentent un morceau de choix [43] . Au cours de cette période, la compétition géopolitique qui se joue à l’échelle planétaire trouve son décalque organisationnel dans la rivalité qu’entretiennent les mouvements de jeunesse affiliés à l’une ou l’autre obédience idéologique : Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD) d’une part, World Assembly of Youth (WAY) de l’autre.

C’est donc au cœur de la guerre froide que se déploie la Campagne européenne de la jeunesse (1951-1958). L’initiative est le fait du Mouvement européen, organisme fédéraliste fondé en 1947 et présidé par Paul-Henri Spaak. Le projet originel propose de donner la réplique aux grands festivals internationaux organisés sous l’égide de la FMJD dans les pays de l’Est. Mais c’est finalement un échelonnement des activités, privilégiant la formation, qui est retenu. En ces temps de guerre froide aiguisée, la campagne reçoit le soutien financier de l’American Committee for a United Europe et entraîne dans son sillage près de cinq cents mouvements de jeunesse à l’échelle européenne. Dès lors, ce sont 1,75 million de brochures qui sont imprimés et 1 900 sessions de formation organisées rien qu’en 1952 [44] .

Ces exposés, conférences et autres causeries entendent affirmer sans détour la supériorité absolue du modèle occidental, tout en brossant à grands traits la généalogie du « conflit Europe-Asie » : poussée des Perses versus campagnes d’Alexandre le Grand, invasions barbares versus défense militaire de l’Empire romain, progression de l’Islam versus Croisades, jusqu’à la domination de l’Asie par l’Europe aux XVIIIe et XIXe siècles. Le tableau s’assortit d’une mise en garde : « Souvent déjà la menace de l’Est a été considérée comme mortelle par nos peuples unanimes (menace mongole, par exemple). Aujourd’hui, une partie des Européens ne la considèrent pas ainsi, et pourtant elle est plus grave que jadis, parce qu’elle est organisée, dispose des mêmes armes que l’Occident, entretient sa propagande et a son parti chez nous [45] . » De surcroît, le danger ne vient pas seulement de l’Est, mais aussi du Sud – l’alliance des deux pôles le rendant explosif : car l’Europe s’est affaiblie en même temps qu’elle renforçait les colonies –, « Elle leur a donné des forces nouvelles, tant matérielles que physiques et idéologiques [46]  ». Aux jeunes Européens il y a donc lieu de faire comprendre que l’Europe est menacée et qu’il s’agit de la défendre, de protéger en elle une civilisation, « la plus créatrice de toute l’histoire humaine [47]  ». La lecture de telles causeries donne une impression de bord du gouffre : l’effondrement d’un continent guette, le « patrimoine de notre civilisation occidentale » est en péril ; c’est à la jeunesse de relever le gant car, « pour survivre, il faut revivre » [48]  ; or elle est tout particulièrement à même d’assurer cette renaissance.

Peu à peu, l’évolution de la campagne se calque terme à terme sur la progression des traités européens. Il ne s’agit plus dès lors, pour l’essentiel, que de les expliquer et de les promouvoir. En 1954, est prévu un dispositif d’information sur la Communauté européenne de Défense (CED) et sur la Communauté politique européenne (CPE), prolongé par des développements sur la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). En 1957-1958, ce sont les traités de Rome qui sont au cœur des sujets abordés. La Campagne européenne de la jeunesse prend fin en 1958, faute de financements suffisants. C’est dire que la jeunesse n’est pas encore la principale cible des politiques européennes. Il est bien envisagé, en 1965, de fonder un Office européen de la jeunesse sur le modèle de l’Office franco-allemand ; cependant, le projet tombe rapidement dans les oubliettes des commissions. Seules quelques réalisations ponctuelles peuvent être mentionnées, qui relèvent directement des institutions européennes, tels les Fonds Kreyssig de soutien aux organisations de jeunesse pour l’information européenne, en 1960, et les programmes d’échanges de jeunes travailleurs à travers l’Europe, qui débutent en 1964.

La jeunesse sur l’agenda européen

De fait, ce n’est qu’à la fin des années 1960 que les jeunes deviennent réellement une préoccupation pour les principales instances européennes et trouvent leur place dans l’agenda européen [49] . Réuni à La Haye en 1969, le sommet des chefs d’États et de gouvernements proclame que la « construction européenne ne se réalisera que si les jeunes y sont étroitement associés [50]  », tandis que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe affiche son souhait d’organiser désormais, avec régularité, des débats sur la place et le statut des jeunes en Europe. L’année suivante, le Conseil de l’Europe met sur pied un Centre européen de la jeunesse (CEJ) qui siège à Strasbourg, assorti, en 1972, d’un Fonds européen pour la jeunesse (FEJ) destiné à financer les diverses activités programmées. Celles-ci se concentrent principalement sur les échanges de jeunes d’un pays européen à l’autre et, plus encore, sur la propagande européenne – entendue au sens d’un déploiement informatif visant à justifier et consolider le marché unique européen.

Il faut voir dans ces initiatives la retombée directe des « événements » de 1968. L’Europe prendrait-elle peur de la jeunesse ? À cet égard, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, le 24 septembre 1968, s’inscrit pleinement dans le sillage des questionnements soulevés par la contestation d’une partie de la jeunesse du monde, toute une génération étant perçue comme victime d’un profond malaise [51] . L’expertise sur les jeunes bat alors son plein ; le Conseil de l’Europe n’est pas en reste pour solliciter les spécialistes reconnus afin de recueillir leurs avis et verdicts sur le sujet. Mais le tout demeure à un stade essentiellement discursif.

Car, malgré l’instauration de comités et de commissions, ce sont encore des années « de non-décision [52]  » qui s’écoulent, lors desquelles une véritable politique communautaire de la jeunesse peine à se mettre en place. Quant aux principales initiatives débouchant sur des réalisations concrètes, elles privilégient les adhérents des mouvements et associations de jeunesse, touchent surtout à l’information sur l’Europe et s’axent principalement dans le domaine de la formation.

Quel « rêve européen » ? Europe, jeunesse et compétitivité

« Citoyens du marché »

Le bouleversement survenu au tournant des années 1970 et 1980 trouve son origine dans la crise économique et son cortège de chômage, dont les jeunes comptent parmi les principales victimes. Une prise de conscience s’opère : il ne s’agit plus seulement de dire mais d’agir ou, du moins, de s’y essayer. Certes, les moments privilégiés et fortement médiatisés sont toujours prisés, telle la semaine européenne de la jeunesse, sorte d’université d’été réunissant à Strasbourg quelque six cents jeunes, elle-même organisée au cours d’une année internationale de la jeunesse, en 1995. Les échanges de jeunes figurent toujours au sommet des projets européens, à la manière du programme « Yes pour l’Europe » qui débute en 1987 et consiste en des séjours destinés aux 16-25 ans, d’une durée de trois semaines environ, dont l’objectif est de promouvoir la paix et la solidarité générationnelles à l’échelle de l’Europe.

Mais c’est désormais l’insertion professionnelle des jeunes qui devient capitale. Cette politique trouve son point de départ dans un constat pessimiste : les jeunes Européens sont insuffisamment préparés à la compétitivité dans laquelle l’Europe doit, plus que jamais, se battre et se débattre. Le marché du travail européen n’apparaît pas assez performant dans le cadre de cette concurrence économique. En 1986, l’Acte unique européen en fait l’un de ses enjeux stratégiques. Partant, divers programmes sont élaborés qui visent à améliorer, selon ces prémisses, la formation professionnelle des jeunes : EUROTECHNET, plan d’action « visant à promouvoir l’innovation dans le domaine de la formation professionnelle résultant du changement technologique dans la Communauté européenne [53]  » ; PETRA, autre programme pour la formation professionnelle des jeunes ; ou encore, Leonardo Da Vinci. Le traité de Maastricht accorde d’ailleurs une place importante à la formation professionnelle des jeunes, dans son Titre VIII relatif au Fonds social européen. Il promeut également (en son article 126) la mobilité des jeunes et, notamment, des étudiants, dans le but d’harmoniser et donc d’européaniser la formation de la jeunesse [54] . « Créativité–emploi », « formation–emploi », telles sont les thématiques abordées, en juillet 1993, lors de l’« Événement Jeunes » organisé par la Commission européenne et la présidence (alors belge) du Conseil de l’Europe. Le grand mot d’ordre en est la professionnalisation de la formation, devenu étendard des politiques européennes sur la question.

« Pour que l’Europe continue sa marche en avant, il est nécessaire qu’elle complète ses progrès économiques et politiques en offrant un “rêve européen” à sa jeunesse », affirme solennellement le groupe de réflexion sur l’éducation et la formation, sollicité en 1996 par la Commission européenne. Mais ce « rêve européen » s’édifie sur fond de postulats impérieux : « Nécessité de renforcer la compétitivité européenne » et « nécessité de prendre conscience de la dangerosité de la situation actuelle, des tensions sociales qu’elle occasionne », le tout dans un contexte démographique qui brime l’Europe – « La jeunesse européenne se réduit continuellement (les jeunes de moins de 25 ans représentent aujourd’hui 32% de la population totale européenne) alors que dans nombre de pays qui côtoient l’Europe elle représente près des deux tiers de la population » [55] . Au fil des politiques communautaires privilégiant leur adaptation à la compétition, les jeunes Européens deviennent des « citoyens du marché [56]  ».

Un « potentiel humain » à évaluer

L’Europe telle qu’elle se construit a donc « besoin de mobiliser tout son potentiel humain [57]  ». Et celui-ci, dans cette optique, doit lui-même être évalué tout comme, plus généralement, l’« offre d’éducation et de formation ». Ce n’est pas forcer le trait que d’évoquer la progressive transformation de l’éducation et de la formation des jeunes en un objet économique tiraillé entre offre et demande, selon une logique de marché. De fait, les recommandations européennes encouragent à penser l’« idée de “valeur ajoutée” » propre à un établissement ou à un cycle de formation ; et les « paramètres de l’évaluation » eux-mêmes doivent être conçus « clairement en termes de valeur ajoutée éducative et de coût/efficacité ».

L’autonomie des établissements est, dans cette traîne économique, vivement recommandée ; elle doit s’accompagner d’une évaluation systématique, tout à la fois des enseignants et des enseignés, même s’il s’agit de trouver une péréquation « entre incitations, voire pressions, et soutien ». Tout l’art de cette évaluation est censé consister dans un équilibre instable et fragile entre contrainte et exhortation, d’une part, et refus d’apparaître comme « un élément inhibant, voire une sanction », d’autre part [58] . Plus que jamais, les jeunes deviennent une ressource humaine à évaluer.

Les jeunes face à l’Europe : une indifférence polie ?

Quoique érigés de la sorte en « groupe cible [59]  » des politiques communautaires, les jeunes n’en sont pas pour autant devenus, semble-t-il, des militants fervents de la construction européenne [60] . Si les institutions européennes n’ont que progressivement instauré des politiques publiques tournées vers des pratiques socio-économiques spécifiques, elles ont en revanche, de longue date, considéré que la jeunesse devait être écoutée, sondée et scrutée, comme si son avis prévalait dans la mesure des convictions. Il y a là une tendance dont l’essor peut être daté des années 1950 et dont l’essentiel a reposé sur la multiplication d’enquêtes journalistiques et sociologiques menées auprès des jeunes [61] . Du point de vue communautaire, c’est à partir de 1973, c’est-à-dire lors de la création des Eurobaromètres, études menées deux fois par an à destination de la Commission, que les jeunes émergent comme une population privilégiée dans la façon de prendre le pouls de l’« opinion ». Jeunes adultes mais aussi adolescents ; en effet, non seulement ce sont les plus de 15 ans qui sont interrogés et non les plus de 18 ans comme c’est le cas traditionnellement, mais encore, par quatre fois, le service de l’information et de la communication de la Commission entreprend de mener des enquêtes Eurobaromètres auprès des seuls 15-24 ans [62] .

Or, si Ronald Inglehart avait pu souligner, en 1967, que les jeunes – du moins ceux qu’il étudiait, les 13-19 ans en Grande-Bretagne, en France, aux Pays-Bas et en RFA – se montraient plus intéressés que leurs aînés par la construction européenne, il faut y voir davantage un effet de cohorte et de période qu’un effet d’âge : les jeunes ne concevaient pas cet intérêt du fait même de leur jeunesse mais, bien plutôt, en raison de leur socialisation, au cœur d’un après-guerre marqué par la volonté de faire la paix [63] . Ces jeunes ont grandi au moment où l’Europe endossait les habits renouvelés d’une « actualité », s’accomplissant dans les premiers traités qui en faisaient peu à peu une entité. C’est aussi à cette époque que se sont développés les échanges au sein du continent, cette « expérience de l’étranger [64]  » propice au déploiement d’une conscience supranationale. Même alors, toutefois, « pour la jeune génération, l’Europe se présent[ait] comme un idéal universaliste ou comme un acquis, mais n’[était] pas une source d’implication [65]  ». Cependant, ce sentiment européen, un peu plus vif chez les jeunes que chez les aînés et qui connut son apogée à la fin des années 1980, est allé ensuite en s’étiolant d’année en année, à telle enseigne que Pierre Bréchon a pu affirmer, en 1995 : « Le fait d’être jeune n’a pas (ou du moins n’a plus) d’effet spécifique sur les attitudes européennes [66] . »

L’âge n’est donc plus, désormais, un critère majeur pour identifier une conscience « européenne » plus ou moins affirmée. L’« effet de diplôme » pèse davantage dans cette balance de sentiments – « Si les jeunes sont dans l’ensemble plus pro-européens, c’est qu’ils sont plus diplômés. À niveau de diplôme égal, les jeunes ne sont pas plus favorables à l’intégration européenne que le reste de la population [67] . » Elle suscite, en fait, une certaine indifférence –, 19% des jeunes interrogés à l’aube des années 2000 mentionnent l’Europe comme l’unité géographique à laquelle ils se sentent le moins appartenir [68] . De toute évidence, les jeunes ne peinent pas moins que leurs aînés à faire de l’Europe une réalité où s’identifier.

Cette rétrospective sur l’Europe et la jeunesse n’a pu que confirmer le constat établi par Robert Frank : « Ce sont des stimuli négatifs (drames, menaces, échecs) qui donnent la force de construire et non des valeurs positives [69] . » En l’occurrence, ce sont bien les sorties de conflit qui furent à l’origine de l’impérieuse nécessité que l’on pourrait ainsi résumer : faites l’Europe ou bien faites la guerre. Le sens du tragique a forgé nombre de combats pro-européens, et les jeunes s’y sont parfois fortement distingués. De nos jours, en revanche, les études d’opinion viennent régulièrement déjouer les présupposés conçus à leur sujet : il n’y a pas d’essence de la jeunesse qui la rendrait plus favorable à l’Europe que toute autre catégorie d’âge. Bien des efforts sont menés pourtant, destinés à promouvoir cette appartenance, sur fond de culture commune compliquée. Les jeunes figurent, à ce titre, parmi les groupes les plus visés, dans la mesure où ils ont l’âge d’y être formés. L’engagement européen de la jeunesse a donc peu à peu laissé place aux politiques européennes de la jeunesse. Mais la période actuelle est peut-être trop empreinte d’une idéologie trempée de performance et de compétitivité pour susciter plus qu’un tiède consentement, plus qu’une « conscience sans sentiment [70]  ».

Notes :

[1] Bertrand de Jouvenel, Vers les États-Unis d’Europe, Paris, Libraire Valois, 1930, p. 191. 

[2] Olivier Dard, « Existe-t-il une “Jeune droite” dans l’Europe des années trente ? », in Olivier Dard et Étienne Deschamps (dir.), Les Relèves en Europe d’un après-guerre à l’autre. Racines, réseaux, projets et prospérités, Bruxelles, P.I.E.-Peter Lang, 2005, p. 36.

[3] Paul Gaultier, Les Mœurs du temps, Paris, Librairie académique Perrin, 1928, cité par Olivier Dard, in Le Rendez-vous manqué des relèves des années 30, Paris, PUF, 2002, p. 15.

[4] Robert Frank, « Changements identitaires et difficultés de “gouvernance” en Europe : une approche historique », in Robert Frank et Rosalind Greenstein (dir.), Gouvernance et identités en Europe, Bruxelles, Bruylant, Paris, LGDJ, 2004, p. 34.

[5] René Mayer (alors président de la section française du Mouvement européen), 1962, cité par Anne Dulphy et Christine Manigand, « Les jeunes Français et l’Europe », in Élisabeth du Réau et Robert Frank (dir.), Dynamiques européennes. Nouvel espace. Nouveaux acteurs 1969-1981, Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, p. 219.

[6] Hermann de Keyserling, Analyse spectrale de l’Europe, trad. fr., Paris, Stock, 1930, p. 356.

[7] Hermann de Keyserling, La Révolution mondiale et la Responsabilité de l’Esprit, trad. fr., Paris, Stock, 1934, p. 179.

[8] Pour la traduction française de La Révolution mondiale…, op cit.

[9] Paul Valéry, « Essais quasi-politiques », in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1957.

[10] Nicolas Lemoigne, « La “jeunesse ligueuse” (Bündische Jugend). Utopie et alternative politique dans l’Allemagne de Weimar », in O. Dard et É. Deschamps (dir.), Les Relèves en Europe…, op. cit., p. 249.

[11] Giovanni Agnelli et Attilio Cabiati, Fédération européenne ou ligue des nations, trad. fr., Paris, Giard et Brière, 1919, p. 112. Concrètement, Agnelli (l’industriel fondateur de FIAT) et Cabiati (alors professeur à l’École des Hautes Études commerciales de Gênes) proposent la constitution de l’Europe en Confédération, qui consisterait, sur le plan social et économique, en une sorte de nivellement par le haut : construction de routes, de chemins de fer, multiplication de banques, développement des systèmes d’instruction, instauration de pensions d’invalidité et de vieillesse, aptes à assurer une forme de cohésion sociale et à faire taire, par-là, toute lutte de classes.

[12] Gaston Riou, S’unir ou mourir, Paris, Librairie Valois, 1929, p. 43.

[13] « “Notre génération” (…) affirmation d’un sentiment qui est très profond en nous et dont s’inspire chacun de nos actes. », in Jean Luchaire, Une génération réaliste, Paris, Librairie Valois, 1929, p. 7. La formule « la guerre éducatrice » se trouve in J. Luchaire, Une génération…, op cit., p. 11. Cf. à ce propos O. Dard, Le Rendez-vous manqué…, op. cit., p. 17-19.

[14] Christine Manigand, « La Fédération universitaire internationale pour la Société des Nations. Un observatoire des jeunes relèves européennes », in O. Dard et É. Deschamps (dir.), Les Relèves en Europe…, op. cit., p. 368.

[15] C’est là le titre du troisième chapitre de J. Luchaire, Une génération…, op. cit., p. 54.

[16] Pendant la guerre, Trotski évoque les « États-Unis d’Europe » ; mais Lénine estime que « les États-Unis d’Europe sont, en régime capitaliste, ou bien impossibles, ou bien réactionnaires » (Lénine, « À propos du mot d’ordre des États-Unis d’Europe », Le Social-Démocrate, 23 août 1915, in Œuvres, t. 21, Paris, Éditions sociales, 1960, p. 352) ; il juge donc le mot d’ordre inopportun, même s’il est probable – comme le confirment ses textes postérieurs – qu’aux yeux de Trotski il ne puisse s’agir que d’États-Unis socialistes d’Europe (Léon Trotski, Europe et Amérique, trad. fr., Paris, Librairie de l’humanité, 1926). Le mot d’ordre est d’ailleurs repris par l’Internationale communiste en 1923. Cependant, à compter de cette date, il est mis sous le boisseau par Staline car contradictoire avec la construction du « socialisme dans un seul pays ». Les trotskistes continuent néanmoins de le défendre, jusqu’à nos jours.

[17] Manifeste de Jeune Europe, novembre 1921.

[18] G. Riou, S’unir ou mourir, op. cit., p. 36 et 38. Ce à quoi Luchaire rétorque implicitement, en ne cessant de faire appel aux mots « foi » et « conviction » : « Nous unissant pour faire œuvre de construction strictement rationnelle, nous nous étions aperçus qu’il fallait étayer ce travail réaliste sur une base spirituelle » (J. Luchaire, Une génération…, op. cit., p. 60).

[19] Jean-Michel Guieu, Le Rameau et le glaive. Les militants français pour la Société des nations, Paris, Presses de Sciences Po, 2008, notamment p. 163-177.

[20] Cité par Olivier Dard, Bertrand de Jouvenel, Paris, Perrin, 2008, p. 57. Bertrand de Jouvenel n’a de cesse de moquer une SDN velléitaire et in fine impuissante : « Il fait beau, il fait bleu. On a un peu l’âme d’un touriste qui a envie de tomber d’accord avec d’autres touristes. Sans doute j’exagère, mais enfin aucun de ceux qui vont au mois de septembre à Genève faire la cure de paix ne niera cet esprit de villégiature. » « Ce que [Briand] entreprend sur l’Europe, c’est une sorte de massages de points névralgiques. À aucun problème, il n’apporte de solution, il ne guérit aucun membre, mais il revient dix fois, vingt fois, glisse des doigts agiles sur la partie malade, donne au patient une impression de soulagement. » (B. de Jouvenel, Vers les États-Unis d’Europe, op. cit., p. 110 et 143).

[21] Cf. Barbara Lambauer, Otto Abetz et les Français ou l’envers de la Collaboration, Paris, Fayard, 2001, p. 24-37. L’auteure note à propos de la rencontre de Rethel (1931) que l’on évoquera plus loin : « Tout porte à croire qu’à Rethel une rupture a eu lieu entre [Ordre nouveau] et Plans d’une part, et le groupement de Jean Luchaire d’autre part, par suite de divergences sur l’attitude à adopter face au national-socialisme allemand, Luchaire se voyant accusé de ne pas rejeter clairement le mouvement de Hitler. Reproche qui peut aussi être valable dans le cas d’Abetz, qui adopte une attitude ambiguë à ce sujet. » (p. 35).

[22] Cf. la synthèse proposée par Olivier Dard, « Genèse de l’idée européenne », in Dominique Barjot (dir.), Penser et construire l’Europe, Paris, SEDES/CNED, 2007, p. 86-87.

[23] Cf. Geneviève Duchenne, « Les nouvelles relèves en Belgique francophone (1926-1936). Une source pour l’européisme ? », in O. Dard et É. Deschamps (dir.), Les Relèves en Europe…, op. cit., p. 352 ; Xavier Dehan, « Jeune Europe : des États-Unis d’Europe à l’Europe allemande (1930-1940) », in Michel Dumoulin (dir.), Penser l’Europe à l’aube des années trente. Quelques contributions belges, Louvain-la-Neuve/Bruxelles, Nauwelaerts, 1995, p. 178-179.

[24] G. Riou, S’unir ou mourir, op. cit., p. 136-138.

[25] Édouard Herriot, Europe, Paris, Les Éditions Rieder, 1930, p. 43.

[26] J. Luchaire, Une génération…, op. cit., p. 54.

[27] G. Riou, S’unir ou mourir, op. cit., p. 38.

[28] Agathon [pseudonyme d’Henri Massis et Alfred de Tarde], Les Jeunes Gens d’aujourd’hui, Paris, Plon, 1913.

[29] G. Riou, S’unir ou mourir, op. cit., p. 51.

[30] « La jeunesse devant la politique », Revue hebdomadaire, 1926, citée in J. Luchaire, Une génération…, op. cit., p. 75.

[31] O. Dard, Bertrand de Jouvenel, op. cit., p. 59.

[32] Intervention de Malaparte lors de la première leçon donnée, dans le cadre de la Nouvelle École de la Paix à l’Europe nouvelle, par Édouard Herriot sur le thème de « La naissance de l’Union européenne », le 12 novembre 1931. Brochure fonds Bibliothèque de Sciences Po, COLL FOL 28 (1931-1932-I). Quoi qu’il s’en prenne aux « bourgeois qui mènent le monde », Malaparte se dit aussi pleinement d’accord avec Édouard Herriot, qu’il va jusqu’à qualifier de « révolutionnaire ». Antonio Gramsci, depuis sa prison, ne manquera pas d’ironiser à ce sujet : « Ainsi pour Malaparte, même Herriot est un révolutionnaire, du moins à certains égards, et dès lors il devient difficile de comprendre ce que signifie “révolutionnaire” et pour Malaparte et en général (…). Pour Malaparte, il semble qu’on puisse comprendre que “révolutionnaire” est devenu un compliment, comme jadis “gentilhomme” ou “honnête homme” ou “homme de bien” etc. » (Antonio Gramsci, Cahier XXIII, § 22, 1934, in Cahiers de prison, Paris, Gallimard, 1991, p. 241).

[33] H. de Kayserling, La Révolution mondiale…, op. cit., p. 34.

[34] Ibid., p. 32.

[35] É. Herriot, Europe, op. cit., p. 44.

[36] Étienne Deschamps, « L’Esprit nouveau (1931-1936). De nouvelles relèves catholiques dans la Belgique francophone de l’entre-deux-guerres », in O. Dard et É. Deschamps (dir.), Les Relèves…, op. cit., p. 128.

[37] Voir les trajectoires, notamment, de Charles Albert, Pierre Drieu La Rochelle, Jean Luchaire, Pierre Dominique, José Germain, etc. Cf. Bernard Bruneteau, « L’Europe nouvelle » de Hitler. Une illusion des intellectuels de la France de Vichy, Paris, Éditions du Rocher, 2003, p. 11, 18 et 335.

[38] Alexandre Marc, « Jeunesse d’Europe », in Paul-Henri Spaak et Alexandre Marc, Jeunesse d’Europe, Paris, La Fédération, 1952, p. 22.

[39] Ibid., p. 8-11. « D’une manière plus instinctive que raisonnée, ajoute-t-il, la jeunesse approuve le fédéralisme qui n’hésite pas à dire tout haut ce que d’autres affectent de ne confier qu’au creux des oreilles complaisantes » (ibid., p. 14).

[40] Cf. Corine Defrance, La Politique culturelle de la France sur la rive gauche du Rhin 1945-1955, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 1994, p. 291 et sq.

[41] A. Marc, « Jeunesse d’Europe », op. cit., p. 7.

[42] Discours de Paul-Henri Spaak, in P.-H. Spaak et A. Marc, Jeunesse d’Europe, op. cit., p. 29.

[43] Alexandre Marc conclut son discours par une diatribe à l’encontre des politiciens qui n’auraient pas compris l’importance d’un tel enjeu : « Aux hommes d’État – ou prétendus tels – qui, une fois de plus, feraient la sourde oreille, il importe d’adresser un ultime avertissement : les jeunes sont en train de vous tourner le dos. (…) Oui, les jeunes sont en train de s’écarter de vous. Ils n’accepteront encore de vous suivre un bout de chemin que si vous cessez de tergiverser, que si vous renoncez à vos préjugés, à votre conservatisme honteux, à vos fausses prudences et à vos habiletés illusoires. » (A. Marc, « Jeunesse d’Europe », op. cit., p. 22).

[44] Jean-Marie Palayret, « Éduquer les jeunes à l’union : la Campagne européenne de la jeunesse 1951-1958 », Journal of European History, 1995, vol. 1, n°2, p. 49-51.

[45] Campagne européenne de la jeunesse, L’Europe et son destin. Deux plans de causerie rédigés par le Centre européen de la culture, brochure, février 1955, n. p.

[46] Ibid.

[47] Ibid.

[48] Campagne européenne de la jeunesse, Ce qu’il faut savoir de l’Europe unie, brochure, s. d. [1954 ?], p. 29.

[49] Nous suivrons ici le travail de Laurence Eberhard Harribey, L’Europe et la jeunesse. Comprendre une politique européenne au regard de la dualité institutionnelle Conseil de l’Europe-Union européenne, Paris, L’Harmattan, 2002.

[50] Point 16 de la déclaration finale, ibid., p. 10.

[51] Débats du 24 septembre 1969 à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, ibid., p. 67.

[52] Ibid., p. 99.

[53] Ibid., p. 177.

[54] En témoigne le succès du programme Erasmus, lancé en 1987 et prolongé par les programmes Lingua et Socrates.

[55] Accomplir l’Europe par l’éducation et la formation, Rapport du groupe de réflexion sur l’éducation et la formation, Bruxelles, Commission européenne, 1997, p. 15 et 38.

[56] « En fait, j’ai l’impression qu’à l’origine de la politique européenne de jeunesse, il s’agissait de favoriser la citoyenneté tout court, aujourd’hui nous sommes plus proches d’une volonté de former des citoyens du marché » (propos d’un responsable européen, resté anonyme, interrogé par L. Eberhard Harribey, L’Europe et la jeunesse…, op. cit., p. 240).

[57] Accomplir l’Europe par l’éducation et la formation, op. cit., p. 45.

[58] « Développer à grande échelle l’évaluation », in Accomplir l’Europe par l’éducation et la formation, op. cit., p. 142-143.

[59] A. Dulphy et C. Manigand, « Les jeunes Français et l’Europe », art. cité, p. 226.

[60] C’est ce que montrent les travaux de Céline Belot, notamment sa thèse de doctorat en science politique, « L’Europe en citoyenneté. Jeunes Français et Britanniques dans le processus de légitimation de l’Union européenne », Institut d’Études politiques de Grenoble, 2000.

[61] Ludivine Bantigny, Le plus bel âge ? Jeunes et jeunesse en France de l’aube des Trente Glorieuses à la guerre d’Algérie, Paris, Fayard, 2007, p. 45 et sq.

[62] Céline Belot, « Les jeunes face à l’intégration européenne », Agora Débats Jeunesses, n°20, 2e trimestre 2000, p. 36.

[63] Ronald Inglehart, “An End of European Integration?”, American Political Science Review, n°61, 1967.

[64] C. Belot, « Les jeunes face à l’intégration européenne », art. cité, p. 39.

[65] A. Dulphy et C. Manigand, « Les jeunes Français et l’Europe », art. cit., p. 226.

[66] Pierre Bréchon, « Les jeunes et l’Europe. Enquête comparative internationale », Littérature et nation, hors-série, 1995, p. 80.

[67] C. Belot, « Les jeunes face à l’intégration européenne », art. cit., p. 42.

[68] Céline Belot, « Du local au mondial : les espaces d’appartenance des jeunes Européens », in Olivier Galland, Bernard Roudet (dir.), Les Jeunes européens et leurs valeurs. Europe occidentale, Europe centrale et orientale, Paris, La Découverte, 2005, p. 181. Dans cette enquête réalisée en 1999, les jeunes désignent comme unité géographique de premier choix, avant tout, la ville, la localité ou le canton où ils habitent (48%), puis leur pays (23%), ensuite, la région, la province ou le département (17%) ; viennent enfin le monde (9%) et, en queue de cortège, l’Europe (3%). Des distinctions s’opèrent selon les pays d’appartenance : les jeunes interrogés qui affirment se sentir avant tout « citoyens du monde » ou de l’Europe sont plus nombreux au Luxembourg (10 %), en France, aux Pays-Bas (7%) et en Belgique (6%) que, par exemple, en Finlande, au Danemark, en Lettonie et en Irlande et en Pologne (1%) (C. Belot, « Du local au mondial… », art. cit., p. 193).

[69] R. Frank, « Changements identitaires et difficultés de “gouvernance” en Europe : une approche historique », art. cité, p. 37.

[70] Ibidem.

Ludivine Bantigny

Ludivine Bantigny, ancienne élève de l’École normale supérieure, agrégée et docteur en histoire, est maître de conférences à l’université de Rouen et chercheuse au Centre d’histoire de Sciences Po. Elle travaille sur la jeunesse comme enjeu social et politique, sur la socialisation et les formes de transmission générationnelle. Elle a récemment publié Le plus bel âge ? Jeunes et jeunesse en France de l’aube des Trente Glorieuses à la guerre d’Algérie (Fayard, 2007) et, en codirection avec Ivan Jablonka, Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France XIXe-XXe siècle (PUF, 2009). Ses recherches en cours portent sur le rapport au temps et les régimes d’historicité dans la vie politique française durant les « années 1968 ».

Mots clefs : Jeunes ; Europe ; politiques de la jeunesse ; éducation ; opinion

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