Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Les socialistes français face au réformisme

Coordination : Mathieu Fulla et Emmanuel Jousse

Du conseil municipal à la Chambre des députés : la tentation réformiste des élus socialistes français dans l’entre-deux-guerres

Aude Chamouard
Résumé :

La gestion par des socialistes d’un grand nombre de mairies, et métropoles régionales particulièrement, est une donnée fondamentale de l’histoire urbaine de la IIIe République. Visant à améliorer (...)

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« Si nous avions eu ce fatalisme, ce messianisme dont on nous accuse souvent, si nous avions pensé que, pour assurer l'application de telle doctrine, ou de tel dogme, auxquels nous sommes et restons profondément attachés, parce qu'il contient en lui tous les espoirs de justice sociale, il fallait rebâtir une société nouvelle sur les ruines de l'ancienne, notre rôle était facile : nous n'avions qu'à laisser l'économie nationale et je puis dire, l'économie européenne, se détruire elles-mêmes, comme elles n'y manquaient pas d'ailleurs » (applaudissements à l'extrême gauche). « Pourquoi aurions-nous eu la préoccupation d'indiquer la route de la rénovation ou de dresser les plans de reconstruction ? Ce n'était pas à nous de le faire et si nous l'avons fait, ce n'est que devant la carence des conservateurs » (applaudissements à l'extrême gauche, interruptions à droite [1]  ).

Interpellant, au nom du groupe socialiste, le gouvernement sur sa politique financière, Albert Bedouce, député de Haute-Garonne et ancien maire de Toulouse, définit ici une ligne de conduite des socialistes au Parlement. Membre de la commission des Finances, l’élu socialiste s’insère dans les rouages du gouvernement parlementaire de la Troisième République [2] . Loin d’une simple opposition de principe au pouvoir dit capitaliste, Albert Bedouce jette les bases d’un cadre d’action plus nuancé pour les élus d’un parti socialiste doctrinalement arc-bouté sur son refus théorique du pouvoir. S’appuyant sur une forme de collaboration avec les pouvoirs dits bourgeois, l’action des élus socialistes vise à venir en aide à la classe ouvrière et existe au niveau local comme au niveau national. Il émane d’une expérience à la fois nationale et locale du pouvoir par les élus socialistes, à l’image d’Albert Bedouce. Conseiller municipal de Toulouse dès 1896, il en est devenu maire en 1906, avant d’être élu député quelques mois plus tard et de renoncer alors à sa fonction mayorale, tout en restant conseiller municipal de 1912 à 1919, puis de  1925 à 1939.

Ainsi, tels de nombreux autres députés-maires, l’expérience du pouvoir par les socialistes s’exerce au niveau national au Parlement, autant qu’au niveau local dans les mairies et départements [3] . Les conseillers municipaux, généraux et les députés du parti socialiste – une fraction de ceux-ci du moins – entendent transformer l’État capitaliste de l’intérieur afin d’améliorer les conditions de vie des ouvriers. En ce sens, ils contribuent à l’application des lois sociales dans les conseils municipaux – dont ils font une interprétation maximaliste – ainsi qu’à leur élaboration au sein des commissions et des séances des deux Chambres. Les différents espaces de l’exercice du pouvoir par les socialistes sont intrinsèquement liés par des relations de personnes et des liens institutionnels. L’expérience municipale du pouvoir, commune à de nombreux élus socialistes, a ainsi influencé les expériences nationales des parlementaires socialistes, dont la majorité exerçait aussi des mandats locaux.

Cet article a pour ambition d’explorer la nébuleuse réformiste qui existe au sein du parti socialiste SFIO dans l’entre-deux-guerres [4] . Sans prétendre qu’elle ait été majoritaire, ni même que le parti ait réussi à sortir du « long remord du pouvoir [5]  », cette tendance, portée par un groupe d’élus favorables à une révision du rapport du parti socialiste au pouvoir, a joué un rôle important dans les institutions républicaines, locales comme nationales, préparant ainsi un exercice du pouvoir par les socialistes en 1936 [6] .

Le réformisme et les élus socialistes

La SFIO reconstruite après la scission de Tours entend rester fidèle à la synthèse jaurésienne définie au congrès d’unité de 1905 et parachevée au congrès de Toulouse de 1908. Jean Jaurès a élaboré, au cours de ce dernier, une théorie de l’État qui permet aux socialistes d’utiliser les institutions républicaines au profit de la classe ouvrière [7] . La citadelle de l’État peut, selon lui, être conquise de l’intérieur autant que de l’extérieur. De plus, une révolution de type insurrectionnelle ne suffirait pas à changer sa nature, si celle-ci n’a pas été préparée par une lente évolution des structures sociales. Jean Jaurès justifie ainsi au congrès de Toulouse l’évolution révolutionnaire qu’il appelle de ses vœux pour la classe ouvrière [8] . Les réformes préparent ainsi le prolétariat à un « Grand Soir » repoussé à un avenir lointain. À l’issue de la scission de 1920, le parti socialiste SFIO commémore son disparu, Jean Jaurès, mais la refondation se fait sur des bases plus guesdistes que jaurésiennes. Comme le remarque Tony Judt, la « Vieille Maison » regroupe en son sein des socialistes de tendances toujours très différentes, depuis un Pierre Renaudel à droite jusqu’à Jean Zyromski à gauche, d’où la nécessité de maintenir une discipline stricte, autour du refus de l’exercice du pouvoir national [9] et la réaffirmation fréquente du statut limité de la réforme.

La doctrine officielle du parti socialiste attribue peu de valeur à la réforme et fait de la participation ministérielle au pouvoir un tabou socialiste [10] . Une partie des élus socialistes développe cependant un discours réformiste qui tend à réhabiliter la synthèse jaurésienne. Henri Sellier et Antonin Poggioli, deux maires de la banlieue parisienne [11] , et auteurs du programme municipal pour les élections de 1935, rappellent leur double identité de révolutionnaires mais aussi de réformistes, car les réformes par petites étapes rapprochent, selon eux, le socialisme de son issue finale, la révolution. Ils appellent à investir l’État de l’intérieur pour le rendre plus démocratique et préparer ainsi une révolution moins violente [12] . Les deux élus locaux conçoivent une évolution vers la société socialiste qui pourrait presque éviter la dictature du prolétariat, l’action syndicale étant, selon eux, propre à faire « céder » l’organisation économique capitaliste [13] .

Henri Sellier et Antonin Poggioli s’inscrivent dans l’évolution remarquable d’une partie des élus socialistes vers un réformisme jaurésien. Ce réformisme jaurésien s’exprime de manière très nette dans les documents électoraux publiés dans les communes socialistes. Les comptes rendus de mandats présentent l’action « réalisatrice » des élus, dans une volonté de transparence qui témoigne de leur respect pour l’institution municipale autant que de leur intériorisation des règles de la politique locale. Comme l’affirme le maire de Toulouse en novembre 1927 dans la presse socialiste départementale, « rien ne se fait en cachette, ce qui se fait se voit, ce qui va se faire, se verra [14]  ». La publication de bulletins municipaux en grand nombre dans l’entre-deux-guerres témoigne d’un rapport nouveau des élus municipaux au pouvoir ; ils présentent dans ces bulletins l’ampleur de leurs réalisations et défendent leurs méthodes face aux électeurs [15] . Il s’agit de justifier une action de protection de la classe ouvrière qui s’inscrit dans l’horizon limité d’une commune et d’un mandat de quatre ans puis de six ans [16] . Le socialisme local s’affirme ainsi comme un socialisme réalisateur, pour reprendre les termes Léon Betoulle, maire de Limoges, « dans les mairies, nous ne sommes pas dans la lune [17]  ».

Indéniablement, le discours guesdiste persiste chez certains élus, tel André Morizet, maire de Boulogne qui écrit dans Le Populaire : « ce ne sera pas la Révolution ? Sans doute il n’appartient pas aux municipalités de la faire [18]  ». De plus, un Jean-Baptiste Lebas, archétype de l’élu guesdiste, n’a jamais prétendu, à Roubaix, préparer la révolution sociale par des avancées municipales [19] . Cependant, dans une majorité de cas, le réformisme jaurésien domine le discours socialiste sur l’action locale. Ainsi, le maire socialiste de la petite commune de Balleray et député de la Nièvre, Jean Locquin, rappelle la valeur de l’évolution révolutionnaire qu’il définit comme un rapprochement par gradations successives de la classe ouvrière vers la révolution, tout en restant fidèle à la tradition démocratique [20] .

La municipalité socialiste, un espace de la réforme intégré nationalement

Les modalités de l’action réformiste municipale s’inscrivent dans le cadre défini par le réformisme jaurésien. Il s’agit pour les élus socialistes de préparer la révolution par l’amélioration des conditions de vie des ouvriers, ainsi que par leur éducation politique. Persiste, de surcroît, l’idée broussiste [21] selon laquelle la commune est un embryon de la société future, où les élus entendent développer des cités idéales du socialisme. Les édiles de la SFIO mènent ainsi d’ambitieuses politiques de la ville, qui entendent n’exclure aucun citoyen. L’étude de leurs pratiques révèle une profonde intériorisation des règles républicaines en matière de gestion urbaine, ainsi qu’un pragmatisme assumé. Dans les années 1920, les édiles de la SFIO ont compris l’inutilité d’une opposition de principe aux autorités préfectorales, ainsi que l’échec systématique de mesures illégales au regard du droit administratif. La gestion des mairies socialistes se fait donc en accord avec les lois déterminant les attributions des conseils municipaux.

Cependant, les socialistes entendent se démarquer politiquement des autres municipalités. Au-delà des vœux politiques le plus souvent cassés par les autorités de tutelle, ils mènent des politiques volontaristes de transformation du cadre urbain, par la lutte contre les taudis et la construction de bâtiments symboles de leurs politiques sociales. Chaque inauguration de crèche, école, dispensaire ou hôpital fait l’objet de discours solennels sur l’esprit réalisateur du socialisme. Laissant leur empreinte physique par ces bâtiments mais aussi par des hôtels de ville aux symboles socialistes [22] , ils veulent transformer de l’intérieur le système capitaliste à l’échelle de leur cité. Ils interfèrent dans les relations du travail en créant des bureaux de placements gratuits, luttent contre les lotisseurs peu scrupuleux en émettant des règlements d’hygiène [23] , apportent une aide sociale aussi étendue que possible, en respectant, toutefois, les lois d’assistance malgré leurs limitations. Contrairement aux municipalités socialistes de l’avant-guerre [24] , celles de l’entre-deux-guerres respectent pleinement les lois d’une République qu’ils entendent aussi défendre et transformer de l’intérieur.

Les élus socialistes contribuent à cette transformation par plusieurs vecteurs qui lient expériences locales et nationales. La municipalité ne constitue, en effet, en rien un espace isolé dans le système administratif français. Si les vœux politiques [25] sont théoriquement interdits aux conseils municipaux, ces derniers ne manquent cependant pas d’énoncer récriminations et adresses aux gouvernements dans l’espoir de modifier certaines lois qui ne leur conviennent guère. La loi municipale de 1884 fait par exemple l’objet d’un grand nombre de plaintes de la part des édiles socialistes qui y voient une limitation fondamentale à leur interventionnisme. Le conseil municipal de Lens célèbre dignement le cinquantième anniversaire en 1934, puis conclut la délibération municipale en demandant que « cette loi soit modifiée et qu’elle soit mise en harmonie avec les nécessités de l’heure et avec les droits acquis par les municipalités [26]  ». Dans un autre domaine, celui des politiques sociales, les municipalités socialistes utilisent le vote des listes d’assistance pour émettre des vœux se plaignant des insuffisances des lois sociales en France. Le refus par la préfecture d’inscrire certains indigents choisis par la municipalité peut entraîner un vœu du conseil municipal en faveur de l’augmentation du taux de l’assistance. La commune de Toulouse systématise même l’inscription de citoyens sur les listes d’assistance, quand bien même leurs ressources se situent au-dessus du seuil autorisé par la loi, et ce en forme de protestation et dans l’espoir de faire changer les seuils [27] . En ce sens, les municipalités socialistes contribuent à la création d’un État social à la française, sans que cela constitue une exclusivité socialiste [28] . L’historien américain Timothy Smith a démontré qu’à Lyon la politique volontariste du radical Édouard Herriot (qui votait des dépenses sociales très élevées puis faisait appel à l’État pour les financer) a contribué à l’approfondissement des lois sociales au niveau national [29] .

Malgré une doctrine qui leur interdit théoriquement d’exercer le pouvoir, les élus locaux entendent influencer les gouvernements par leur action municipale. Au-delà des vœux, ils utilisent des réseaux nationaux. La figure du député-maire, personnage paradigmatique de l’entre-deux-guerres (un parlementaire sur deux environ est aussi maire) [30] , est remarquable au sein du mouvement socialiste français. Le parlementaire-maire joue un rôle de relais des politiques municipales à la Chambre. Il permet d’obtenir les financements nécessaires pour mener à bien les grands travaux prévus par les municipalités, ce qui crée d’ailleurs des inégalités. La petite commune socialiste de Balleray (Nièvre) obtient, sans doute parce qu’elle a un député-maire, Jean Locquin, une subvention pour la réalisation d’un projet d’adduction en eau dans les communes avoisinantes [31] . Les offices d’Habitations à Bon Marché (HBM) des villes dont le maire est aussi le député sont mieux dotées que les autres, selon Lucien Voilin, ancien maire de Puteaux [32] .

Les parlementaires maires socialistes utilisent leur expérience locale pour fonder des interventions plus générales dans les Chambres. En mars 1930, à l’occasion des inondations qui touchent le Midi, le rapporteur du budget des travaux publics, Albert Bedouce, lie cet événement précis à la nécessité de créer un fonds spécifique pour la réparation des dommages liés aux inondations [33] . L’expérience locale est utilisée comme argument légitimant en séance de la Chambre des députés. Lucien Voilin, conseiller municipal de Puteaux, appelle ainsi à la lutte contre les taudis au nom de son expérience en banlieue parisienne, qui lui a démontré que la salubrité des logements constituait un « très gros progrès pour la classe ouvrière [34]  ». L’espace municipal constitue ainsi un lieu de rencontre entre projets locaux et questions nationales grâce à l’existence de personnalités relais entre le local et le national. L’expérience réformiste du pouvoir dans les communes socialistes a, de plus, des répercussions nationales puisque les édiles entendent, par leur action, influencer les Chambres et le gouvernement.

De l’expérience locale à l’expérience nationale du pouvoir

Le réformisme municipal, qui fait de la commune un champ d’expérimentation socialiste, autant qu’un lieu de transformation de l’État dit bourgeois, se prolonge dans une expérience nationale du pouvoir, au sein des Chambres et des commissions parlementaires [35] . Selon les statuts de 1905, le groupe parlementaire socialiste « est distinct de toutes les fractions politiques bourgeoises » et doit entretenir une « opposition fondamentale à tous les partis bourgeois [36]  ». Cette distinction socialiste se traduit essentiellement par l’unité de vote ainsi que par le refus du vote du budget. Une exception est possible pour cette dernière condition si le groupe socialiste menace, par ce vote, de faire chuter un gouvernement de gauche. Dans les faits, la majorité des députés socialistes (et la plupart sont aussi élus locaux) participe au pouvoir parlementaire par leurs interventions en séance et par leur travail en commission. Si la doctrine socialiste limite l’exercice du pouvoir, aux seules responsabilités ministérielles, les élus socialistes participent au gouvernement parlementaire de la Troisième République, ce qui s’apparente à une forme d’exercice de ce pouvoir [37] .

La volonté de collaborer à la transformation de l’État s’exprime de manière nette dans l’implication des socialistes dans le travail des commissions parlementaires. Ces commissions deviennent dès les années 1920 des institutions centrales du gouvernement parlementaire dans la France de l’entre-deux-guerres [38] . Composées de députés élus à la proportionnelle des groupes politiques des Chambres, les commissions élisent ensuite leur bureau. Or les socialistes président certaines des grandes commissions, ce qui, pour Léon Blum, constitue une forme de compromission avec le pouvoir [39] . Elles sont chargées de préparer le travail parlementaire en auditionnant à la fois les ministres et les représentants des groupes concernés par les projets et propositions de lois. La commission s’affirme donc comme un espace de collaboration et de réforme, qui remet en cause le principe théorique d’une séparation stricte des députés socialistes des autres groupes politiques. Des socialistes s’illustrent à la tête de commissions de la Chambre des députés : Charles Baron pour les Mines, Édouard Barthe pour la commission des Boissons, Eugène Fiancette à l’Administration générale, Louis Gros au Travail, Arsène Fié à la commission d’Assurance et de Prévoyance sociales [40] . Faisant parfois référence à leur expérience mayorale, ils contribuent ainsi à la construction des lois, celles sur les assurances sociales de 1928 et 1930 ou la loi Loucheur de 1928 par exemple [41] . Ainsi, le député guesdiste de Roubaix, Jean-Baptiste Lebas évoque, son expérience locale à l’appui, et en présence du ministre radical du Travail, Antoine Durafour, la nécessité d’une réforme du financement des offices publics d’Habitations à Bon Marché. S’ils ne sont pas à l’origine des grandes lois sociales de la fin des années 1920, des députés socialistes ont contribué à leur conception et à leur mise en œuvre, grâce à une implantation locale qui leur permettait une connaissance réelle du terrain.

La tentation réformiste

En intitulant cet article la « tentation réformiste » des élus socialistes français, nous avons voulu suggérer qu’une partie des élus socialistes locaux et nationaux revendiquent un rapport au pouvoir différent de celui imposé par la doctrine socialiste. Ils sont, en effet, tentés par une expérience réformiste du pouvoir et ils la mettent en pratique au sein des conseils municipaux et des commissions parlementaires. Or, cette expérience fondatrice en termes de pratiques politiques n’influence que très peu la doctrine de la SFIO.

Face aux crises qui secouent le parti sur la question de la participation ministérielle, une partie des élus socialistes est favorable à une expérience ministérielle du pouvoir. Des députés de province prennent ainsi position dès 1924 en faveur de la participation proposée par Édouard Herriot à l’issue de la victoire du Cartel. Dans le Pas-de-Calais, le sénateur-maire Henri Cadot affirme dans le débat qui divise la fédération sur le sujet, « qu’il faut réaliser avant tout et le plus vite possible ce qui est réalisable. Le reste viendra par la suite [42]  » et il soutient la participation. Après une nouvelle offre de participation en 1926, le débat reprend et un certain nombre d’élus se positionnent à nouveau en faveur de la participation, notamment Vincent Auriol en Haute-Garonne, à la condition que ce soit une participation avec un gouvernement favorable aux conceptions du parti et sur un programme précis [43] . Dans les fédérations de province, les élus locaux sont généralement favorables à celle-ci et présentent dans certains cas des « motions des élus ». La France socialiste se divise en deux camps antagonistes sur cette question. La carte de la répartition des mandats pour ou contre la participation en 1929 [44] suggère une nette opposition entre une France provinciale participationniste et un pôle anti-participationniste regroupant Paris et des fédérations guesdistes (le Nord et la Haute-Vienne). La France participationniste se situe largement dans une France méridionale, à l’image de la Haute-Garonne qui devient, en 1936, le premier département socialiste en termes de suffrages exprimés.

Les Fédérations SFIO et la participation en 1929. Source : "Le Midi socialiste", 14/11/1929, n° 11125

Une partie des élus socialistes, locaux et nationaux, est ainsi touchée par une forme de tentation réformiste, qui se caractérise, dans les années 1920, par la volonté d’accepter des responsabilités ministérielles. Cependant, la crise néo-socialiste de 1933 révèle que la plupart de ces élus ne sont pas prêts à rompre avec le parti. Ces élus qui pratiquent et revendiquent localement une forme de réformisme ne choisissent en général pas la rupture en 1933. Si la fédération de Haute-Garonne se prononce en mai 1932 à 97 voix contre 4 en faveur de la participation au pouvoir sur un programme bien défini [45] et si Albert Bedouce est pressenti comme ministre, aucun élu important ne quitte le parti à l’issue de la scission néo-socialiste. Tel Vincent Auriol qui a mis ses convictions participationnistes en sourdine afin de préserver la SFIO, de nombreux élus font preuve au sein des instances partisanes d’une forme d’autocensure de leurs convictions réformistes. Ainsi, si les questions du réformisme et de la participation divisent élus et militants, la mystique de l’unité l’emporte, le plus souvent, dans l’esprit de personnalités socialistes qui ont contribué à fonder la SFIO. Le discours et les pratiques réformistes des élus socialistes français, essentiels dans l’évolution du socialisme démocratique, n’ont que partiellement réussi à transformer la doctrine socialiste ; la seule évolution notable étant la synthèse blumienne de l’exercice du pouvoir en gouvernement socialiste.

Conclusion : vers le gouvernement de Front populaire

La SFIO a inclus dans ses militants des personnalités locales qui ont grandement contribué à l’implantation et à la survie locale du parti socialiste. Exerçant quotidiennement le pouvoir dans les conseils municipaux, ils ont développé un socialisme original, teinté de réformisme républicain. Projetés dans les arènes nationales en tant que députés ou sénateurs-maires, ils ont exporté cette expérience locale dans les Chambres et les commissions, au sein desquelles ils collaborent à l’élaboration des grandes lois sociales de l’entre-deux-guerres. Ils développent ainsi une forme d’expertise au sein du groupe socialiste, expertise valorisée par la nomination, dans le premier gouvernement de Front populaire, d’une partie des présidents et vice-présidents des commissions parlementaires à des postes ministériels. Albert Bedouce qui avait rapporté à de nombreuses reprises le budget des travaux publics pour la commission des Finances devient ministre des Travaux publics, Vincent Auriol qui avait présidé pendant le Cartel des gauches cette même commission est nommé aux Finances, Jean-Baptiste Lebas qui avait appartenu à la commission du Travail reçoit le portefeuille du Travail. Les ministres du Front populaire sont ainsi avant tout des spécialistes du domaine qui leur est confié, préparés par leur expérience locale et parlementaire à l’exercice du pouvoir en gouvernement socialiste. À bien des égards, l’expérience du gouvernement socialiste du Front populaire semble être bien plus un aboutissement qu’une rupture avec la pratique du pouvoir par les socialistes.

Cet exercice du pouvoir constitue, néanmoins, une révolution dans la doctrine socialiste, selon laquelle le parti ne devait pas exercer le pouvoir en régime capitaliste. Si Léon Blum avait préparé cette évolution grâce à sa célèbre distinction entre exercice et conquête du pouvoir (définie essentiellement pour éviter l’implosion du parti en 1926), il n’avait cependant pas convaincu l’ensemble des militants. À cet égard, on ne peut que s’étonner du faible rayonnement doctrinal de cette minorité agissante que sont les élus, qui, par fidélité à l’unité du parti, taisent, dans les cénacles du parti, des convictions réformistes qui nuiraient à son unité.

Pour citer cet article : Aude Chamouard, « Du conseil municipal à la Chambre des députés : la tentation réformiste des élus socialistes français dans l’entre-deux-guerres », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 13, janvier-avril 2011, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Journal officiel de la Chambre des députés, 24 janvier 1928, p. 242.

[2] Cette citation s’inscrit dans le contexte des difficultés financières de la fin de l’année 1927. Raymond Poincaré avait en effet demandé l’ajournement du débat de politique financière afin d’obtenir à la fin de 1927 le vote du budget 1928. Le débat s’ouvre finalement le 24 janvier 1928. Albert Bedouce intervient pour présenter le projet socialiste. Voir Édouard Bonnefous, Histoire politique de la Troisième République, tome 4 : Cartel des gauches et union nationale : 1924-1929, Paris, PUF, 1960, p. 240-242.

 [3] Si le nombre exact des municipalités dirigées par des socialistes ne s’élève qu’à environ 840 mairies en 1929 et 1 375 en 1935 (et les sources divergent sur la question), la SFIO détient néanmoins des mairies d’importance, un grand nombre, par exemple, de métropoles régionales, telles Lille, Strasbourg, Marseille, Bordeaux ou Toulouse.

[4] Nous reprenons ici le titre d’un ouvrage dirigé par Christian Topalov, en le déformant, Laboratoires du nouveau siècle : la nébuleuse réformatrice et ses réseaux en France, 1880-1914, Paris, Editions de l’EHESS, 1999, 574 p.

[5] Cette expression est tirée du titre des deux ouvrages d’Alain Bergounioux et Gérard Grunberg, L'Ambition et le Remords. Les socialistes français et le pouvoir (1905-2005), Paris, Hachette Littérature, 2007, 658 p., version remaniée du Long remords du pouvoir : le parti socialiste français, 1905-1992, Paris, Fayard, 1992, 554 p. Les deux auteurs avancent l’idée que le parti socialiste français, s’il a eu l’ambition du pouvoir, a toujours regretté un exercice du pouvoir court et infructueux, qui questionnait, de plus, son identité partisane de parti révolutionnaire.

[6] Cet article s’appuie sur notre travail de thèse soutenu le 9 septembre 2010 et qui porte sur la comparaison de quatre terrains socialistes : Toulouse, Lens, Puteaux et des communes rurales de la Nièvre. 

[7] Sur la question de Jaurès et de l’État, voir « Jaurès et l'État », colloque international, Castres, 1999, Jean Jaurès, Cahiers trimestriels, n° 150, octobre-décembre 1998, notamment Christophe Charle, « La question de l’État de Jaurès à Blum », p. 44-56. Voir aussi Madeleine Rebérioux « Préface », dans Jean Jaurès, Préface aux discours parlementaires, Paris, Ressources, 1980, 178 p.

[8] Voir 5e congrès national de la SFIO, tenu à Toulouse les 15, 16, 17 et 18 octobre 1908, compte rendu sténographique, Paris, 1908, p. 314-320.

[9] Tony Judt, La Reconstruction du parti socialiste (1921-1926), 1976, Paris, FNSP, 231 p., chapitre 4.

[10] En 1926, Léon Blum par sa définition de la distinction entre conquête et exercice du pouvoir ouvre la voie à un gouvernement socialiste ; mais il n’est pas suivi par toute la SFIO, dont une partie reste hostile à toute participation ministérielle.

[11] Henri Sellier est maire de Suresnes de 1919 à 1941, Antonin Poggioli maire du Bourget de 1925 à 1944. Sur Henri Sellier et sa pratique du pouvoir à Suresnes, voir Katherine Burlen (dir.), La banlieue oasis. Henri Sellier et les cités jardins, 1900-1940, Vincennes, Presses universitaires de Vincennes, 1984, 302 p. et Roger-Henri Guerrand et Christine Moissinac, Henri Sellier, urbaniste et réformateur social, Paris, La Découverte, 2005, 229 p.

[12] Henri Sellier et Antonin Poggioli, Le Programme municipal pour les élections de 1935, texte et commentaires adoptés par la conférence nationale des élus municipaux et cantonaux socialistes de Lille le 28 octobre 1934, et par le conseil national du Pré-Saint-Gervais les 24 et 25 novembre 1934, Paris, 1935, p. 18.

[13] Les deux auteurs sont en ce sens pleinement jaurésiens et reprennent parfois ses termes, notamment avec l’idée d’une double identité révolutionnaire et réformiste. Ils avancent, de plus, dans le programme municipal de 1935, l’idée que c’est par l’éducation, l’amélioration concrète des conditions de vies ainsi que par l’organisation en syndicats, de la classe ouvrière que se prépare la révolution sociale attendue par les socialistes.

[14] Le Midi socialiste, n° 10 056, 12 novembre 1927.

[15] Les bulletins municipaux apparaissent à la fin des années 1920, d’abord dans les communes de la Seine, et marquent indéniablement une forme de modernisation de la politique municipale. Sur le sujet voir Renaud Payre, Une Science communale ? Réseaux réformateurs et municipalité providence, Paris, CNRS Editions, 2007, p. 250.

[16] Sur les débats concernant l’allongement du mandat municipal en 1929, voir Guillaume Marrel, et Renaud Payre, « Le Temps des maires : l'allongement du mandat en 1929, une redéfinition de l'espace politique municipal », Politix, 53, 2001, p. 59-86.

[17] Cité par Rémi Lefebvre, Le socialisme saisi par l'institution municipale (des années 1880 aux années 1980), jeux d'échelles, thèse pour le doctorat en science politique, sous la direction de Frédéric Sawicki, université de Lille 2, janvier 2001, p. 143.

[18] Cité par Pascal Guillot, André Morizet (1876-1942), thèse pour le doctorat en histoire, sous la direction de Jacques Girault, soutenue le 22 octobre 2004, université de Paris XIII, 3 volumes, p. 342.

[19] Pour Jean-Baptiste Lebas ainsi que l’histoire du socialisme à Roubaix, voir les nombreux travaux de Rémi Lefebvre en science politique.

[20] Jean Locquin, « Républicains quand même », dans Le Progrès social du Centre, organe de la fédération socialiste SFIO de la Nièvre, n° 55, 10 mars 1934.

[21] Le broussisme désigne un courant socialiste initié par le docteur Paul Brousse, qui considérait que la révolution pourrait se faire sans violence, par la simple généralisation des réformes municipales à l’ensemble du pays. Si ce courant disparaît dans les années 1890, des traces du discours qui le caractérisait persistent dans l’entre-deux-guerres. Sur Paul Brousse, voir David Stafford, From Anarchism to Reformism, a Study of the Political Activities of Paul Brousse within the First International and the French Socialist Movement, 1870-1890, Londres, Cox et Wyman, 1971, 367 p.

[22] À noter parmi les hôtels de ville célèbres construits à notre période celui de Boulogne-Billancourt et celui de Puteaux.

[23] Pour les règlements d’hygiène, celui de Suresnes est connu pour avoir figuré parmi les plus stricts de France.

[24] Sur l’attitude d’opposition des premières municipalités socialistes, guesdistes en particulier, voir Rémi Lefebvre, « Le conseil des buveurs de bière de Roubaix, 1892-1902 : subversion et apprentissage des règles du jeu institutionnel », Politix, vol. 14, 53, 2001, p. 87-115.

[25] Par vœux politiques, on entend des délibérations officielles des conseils municipaux en réaction à des événements politiques. En 1927, des conseils municipaux communistes et socialistes votent par exemple des vœux de protestation à l’exécution de Sacco et Vanzetti.

[26] Archives municipales de Lens (ACL), 22W4 : délibérations du conseil municipal, 5 avril 1934. La commune socialiste de Toulouse prend une délibération similaire, (Archives municipales de Toulouse (AMT), Bulletin municipal (mai 1934) : délibérations du conseil municipal du 5 avril 1934).

[27] AMT, Bulletin municipal (1925), Délibérations du Conseil municipal, 9 octobre 1925.

[28] Elles ne sont pas les seules cependant. Certaines municipalités radicales font de même.

[29] Voir Timothy B. Smith, Creating the Welfare State in France, 1880-1940, Mac Gill Queen's University Press, Londres, 2003, 241 p. et Timothy B. Smith, « The social Transformation of Hospitals and the Rise of Medical Insurance in France, 1914-1943 », The Historical Journal, vol. 41, n°4, décembre 1998, p. 1055-1087.

[30] Jocelyne George, Histoire des Maires (1789-1939), Paris, Plon, 1989, p. 260.

[31] Archives nationales (AN), 310AP 77 (Fond Jean Locquin), Lettre du ministre de l’Agriculture à Jean Locquin, 9 juin 1927.

[32] AN, C14768 : délibérations de la commission d’Assurance et de Prévoyance sociales, procès-verbaux des séances, 13ème législature, tome 1, 5 février 1926.

[33] Journal officiel de la Chambre des députés, séance du 24 mars 1930, p. 1217-1223.

[34] Journal officiel de la Chambre des députés, séance du 19 janvier 1926, p. 82-83.

[35] Entre le local et le national figure l’échelon départemental, qui ne sera pas étudié ici en tant que tel. Cependant, de nombreux élus exercent aussi des responsabilités dans les conseils généraux.

[36] Congrès de Paris (congrès d’Unité), tenu les 23, 24 et 25 avril 1905 à la salle du Globe, compte rendu analytique, p. 27.

[37] Sur les socialistes au Parlement, voir Gilles Morin, « Figures de parlementaires socialistes, 1905-1986 », dans Parlements, histoire et politique, 6, 2006, p. 108-121 ; Nicolas Roussellier, « Les Socialistes face à la forme parlementaire : l'intrusion de la discipline partisane, 1893-1940 », dans Parlements, Revue d’histoire politique, 6, 2006), p. 30-39 ; Noëlline Castagnez, « Discipline partisane et indisciplines parlementaires », dans Parlements. Revue d’histoire politique, 6, 2006, p. 40-56.

[38] Sur les commissions parlementaires, voir JosephBarthélemy, Essai sur le travail parlementaire et le système des commissions, Paris, Librairie Delagrave, 1934, 373 p.

[39] Ils sont légèrement sous-représentés dans l’ensemble des bureaux des commissions cependant. Léon Blum a ainsi toujours refusé d’appartenir au bureau d’une commission. Voir Joseph Barthélemy, op. cit., p. 53.

[40] Pour l’étude prosopographique des bureaux des commissions, nous avons utilisé les annuaires des députés, disponibles aux archives de l’Assemblée nationale. Nous avons limité notre étude à la Chambre des députés, le groupe socialiste du Sénat étant très peu nombreux, et dépouillé systématiquement les travaux des commissions des Mines et des Assurance et de la Prévoyance sociales.

[41] Bien qu’ils n’aient en général pas l’initiative de ces grandes lois sociales.

[42] L'Eclaireur du Pas-de-Calais, organe hebdomadaire de la fédération socialiste SFIO, n° 127, 25 mai 1924.

[43] Le Midi socialiste, 8 janvier 1926, n° 7 332.

[44] En 1929, Édouard Daladier propose devant le congrès radical de former un gouvernement avec quatre portefeuilles socialistes. Le groupe parlementaire SFIO se prononce d’abord pour la participation, puis décide d’attendre l’avis du conseil national. Le débat s’engage dans les fédérations. Pour la carte, voir Le Midi socialiste, n° 11 125, 14 novembre 1929.

[45] ADHG M1438 : note de renseignement sur le congrès fédération socialiste SFIO tenu à Toulouse, le 22 mai 1932.

Aude Chamouard

Aude Chamouard est agrégée d’histoire et docteure en histoire. Elle a récemment soutenu une thèse de doctorat en histoire portant sur les maires socialistes en France dans l’entre-deux-guerres.

Mots clefs : SFIO ; réformisme ; maires ; socialisme municipal.

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  • ISSN 1954-3670