Histoire@Politique : Politique, culture et société

Sources

Le Centre d’archives socialistes de la Fondation Jean-Jaurès. Nouvelles sources d’archives et perspectives de recherche sur le parti socialiste

Emmanuelle Jouineau
Résumé :

Depuis 1999, la Fondation Jean-Jaurès met à la disposition des chercheurs des fonds très riches des organisations socialistes françaises, (...)

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Depuis près de onze ans, la Fondation Jean-Jaurès œuvre au rassemblement et à la consultation des sources sur l’histoire du mouvement socialiste en général et du parti socialiste en particulier. Elle a inauguré en 1999 le Centre d’archives socialistes (CAS), ouvert au public et animé par deux archivistes professionnels qui ont pu réunir dans des locaux agrandis en 2004, 2006 et 2010 plus d’1,2 km linéaire de fonds déposés par le parti socialiste lui-même (depuis sa refondation au congrès d’Épinay en 1971 jusqu’aux années 2000), ainsi que des papiers privés donnés par des élus, des anciens dirigeants du parti, des anciens membres de cabinets ministériels et des militants du PS. Le CAS a également constitué des collections de presse interne et de revues socialistes, de brochures, d’affiches et de tracts, des fonds photographiques et un fonds de documents audiovisuels.

Mais cette action en faveur du patrimoine socialiste ne s’arrête pas là, puisque la Fondation a lancé depuis 2001 un vaste plan de numérisation sur les débats des congrès et des comités directeurs du PS de 1939 à 1997 et sur certains titres de la presse interne du PS, comme L’Unité et Le Poing et la Rose, programme qui a donné naissance à des bases de données électroniques librement accessibles sur le site Internet de la Fondation [1] et qui permettent d’exploiter plus facilement et à distance ce type de sources.

D’autre part, la Fondation soutient les travaux des historiens et des politistes sur le mouvement socialiste, par une activité de publication et d’organisation de séminaires et de colloques, en partenariat avec d’autres fondations et centres de recherche. Elle a également créé en 2000 le Prix de la Fondation Jean-Jaurès, qui récompense chaque année un mémoire de niveau universitaire en histoire politique, sociologie ou science politique [2] .

La Fondation Jean-Jaurès

Née de la volonté de Pierre Mauroy, ancien Premier ministre de François Mitterrand, et à l’époque premier secrétaire du parti socialiste et maire de Lille, la Fondation Jean-Jaurès (FJJ) a toujours eu comme objectif d’être un lieu d’échanges et de débats pour toutes les tendances du mouvement socialiste et de la gauche en général. De fait et statutairement, elle se place en dehors de l’« appareil » du parti socialiste. Conçue d’après le modèle des fondations politiques allemandes, comme la Friedrich Ebert Stiftung créée en 1925 par les sociaux-démocrates, la Fondation Jean-Jaurès, organiquement et financièrement indépendante du PS, accompagne les socialistes dans les combats politiques de notre époque. Le but affiché de cette fondation est de permettre le dialogue entre la sphère politique de gauche et les milieux intellectuels et d’expertise sur les grandes questions de société et de politique internationale, et d’œuvrer à la production d’idées nouvelles. La Fondation Jean-Jaurès, qui porte le nom d’un des plus illustres socialistes, se veut un outil de réflexion et d’analyse sur les changements survenus au tournant des XXe et XXIe siècles, et sur le besoin (ou pas ?) de réformes.

Reconnue d’utilité publique en 1992, la FJJ a été la toute première fondation politique instituée en France. D’autres ont suivi, telle la Fondation Robert Schuman chez les centristes pro-européens, ou plus récemment la Fondation Gabriel Péri côté communiste ou la Fondation pour l’innovation politique à droite. À ce jour, la Fondation Jean-Jaurès est la seule fondation politique française à avoir créé son propre centre d’archives dédié à l’histoire et la mémoire d’une organisation militante [3] .

Le Centre d’archives socialistes (CAS)

Cette structure était inscrite dans les gènes de la Fondation Jean-Jaurès puisque les statuts de la Fondation en 1992 projettent la création d’un centre d’archives et de documentation dédié à l’histoire du mouvement ouvrier et socialiste. Mais un tel projet demandait avant tout de passer un accord avec le parti socialiste lui-même pour lancer les opérations de collecte d’archives produites depuis sa (re)création en juin 1971 au congrès d’Épinay [4] . Ce fut chose faite en juillet 1997 par une convention sur la conservation et la valorisation des archives socialistes, signée entre le PS dirigé par François Hollande, la Fondation Jean-Jaurès et l’Office universitaire de recherche socialiste (OURS, créé en 1969 par Guy Mollet). Cette convention, renouvelée en mars 2006, a posé les fondements d’un véritable centre d’archives ouvert à un public de chercheurs, de militants et de citoyens intéressés par l’évolution du socialisme en France, mais ouvert aussi au monde de l’édition et de la production audiovisuelle en quête d’iconographie ou de films et sons pour des documentaires.

D’abord installé en 1999 dans les bureaux de la Fondation Jean-Jaurès, à Paris au n° 12 de la cité Malesherbes – immeuble qui fut de 1937 à 1975 le siège de la SFIO puis du parti socialiste après Épinay – le CAS a rapidement connu la saturation de ses espaces de stockage et de consultation. Le hasard a voulu que des locaux plus vastes et dotés de caves étaient disponibles à quelques mètres de là, au n° 6 de la cité Malesherbes. Rénovés et équipés de salles de conservation et de lecture, ils accueillent depuis octobre 2004 le centre d’archives de la Fondation, dans le cadre d’un projet plus ambitieux d’une « maison des archives socialistes », dont le but, inspiré de la convention de 1997 et de 2006, est de réunir en un seul lieu de conservation et de consultation le patrimoine archivistique issu de la SFIO et du PS. Une nouvelle étape a été franchie dans ce sens en décembre 2006 avec le transfert de l’OURS de la rue de l’Université à la cité Malesherbes. L’OURS a confié une riche bibliothèque et de nombreux fonds d’archives et sources documentaires qui retracent plus d’un siècle de socialisme en France. Enfin, au premier semestre 2010, de nouveaux équipements pour la conservation sont aménagés pour l’accroissement des collections.

Dix ans après le lancement du Centre d’archives socialistes, un premier bilan peut être établi : 1,2 km linéaire de fonds d’archives et documentaires, plusieurs centaines de séances de consultation par an [5] , des publications, des bases de données numériques, des partenariats par le biais du Collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale (CODHOS) [6] et avec différents centres de recherche…

Les fonds d’archives du parti socialiste depuis 1971

Les premiers ensembles collectés par le CAS sont venus du siège national du parti socialiste, précisément des dossiers de travail produits par les secrétariats aux Relations internationales et ceux des Élections et des Fédérations, durant les années 1970-1980. Ces morceaux de l’histoire contemporaine du parti socialiste ont permis d’amorcer très rapidement, après un inventaire sommaire, la mise en consultation auprès des chercheurs. Beaucoup des sujets de recherche pendant cette première période du CAS, du moins jusqu’en 2004-2005, ont été consacrés à la réaction du parti socialiste aux régimes militaires en Amérique latine, au Proche et Moyen-Orient. Mais les guest stars du centre d’archives sont incontestablement les fonds sur la construction européenne qui ont fait l’objet de près d’une quinzaine de mémoires universitaires en dix ans et les dossiers sur les campagnes électorales socialistes. Depuis 2003, le volume et la diversité des sources provenant directement de la direction nationale du PS ont considérablement augmenté et ont été mis à la disposition du public différents fonds d’archives produits des années 1970 aux années 2000

Parmi les plus importants :

Premier secrétariat : dossiers de François Mitterrand et de son secrétariat particulier (1971-1981) et dossiers de Lionel Jospin (1981-1988) ;

Colloques organisés par le parti socialiste (1972-1982) : notamment ceux sur les questions économiques, la politique industrielle, les nationalisations. À distinguer des colloques organisés par l’ISER (Institut socialiste d’études et de recherches) ;

Relations internationales du parti socialiste (1971-1999) : relations du PS avec les mouvements politiques étrangers, la construction européenne, les relations avec l’Internationale socialiste, les questions de défense et de désarmement dans les années 1970-1980, la coopération entre les pays du Nord et les pays du Sud ;

Élections (1973-2007) : campagnes pour les municipales, cantonales, régionales, législatives, présidentielles, européennes, et les référendums ;

Fédérations socialistes (classées par département, 1958-1998) : liens avec la direction nationale du PS, campagnes électorales locales, union de la gauche sur le terrain, évolution des instances fédérales et luttes internes entre les courants [7]  ;

Relations extérieures du PS (1971-2001) : relations avec d’autres formations politiques (gauche, extrême gauche, centre, droite), les syndicats et les associations ;

Secrétariat aux Études (1972-1988) : rédaction des programmes politiques du parti socialiste (1980 et 1991) et des campagnes présidentielles (1974 et 1988), groupes de travail sur l’économie, la politique industrielle, les nationalisations, la recherche, les énergies, l’agriculture, la santé, les libertés, la défense et l’armée, l’aménagement du territoire… Groupe des Experts réactivé par Dominique Strauss-Kahn entre 1985 et 1988 ;

Secrétariat Éducation : programme du PS pour l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur, projets de réformes, relations avec les syndicats d’enseignants (1969-1987) ;

Secrétariat à l’Action culturelle : programme du PS pour la culture en France, rencontres avec les professionnels de l’édition, de l’architecture, du théâtre, du cinéma et les réseaux de lecture publique et d’éducation populaire (1973-1979). Ce fonds révèle également les dissensions qui existaient entre ses responsables et François Mitterrand qui après le congrès de Metz en avril 1979 supprima ce secrétariat ;

Droits des femmes : action du PS pour la place des femmes en politique, l’emploi et la formation professionnelle des femmes, le statut des mères de famille, les allocations familiales, la garde d’enfants, l’homosexualité, la contraception et l’IVG, la lutte contre les violences, la prostitution et le sexisme (1971-2003).

Ce que le CAS ne conserve pas...

Il faut rappeler encore et toujours que les archives provenant de la direction nationale du PS, révèlent d’inévitables lacunes : devant reconstituer la mémoire et l’évolution de ce parti, le centre d’archives doit jusqu’à présent s’accommoder de ce que le parti a pu garder à son siège depuis 1971. Et par la force des choses, tout son travail d’action et de réflexion n’est pas disponible. En réalité, comme la plupart des formations politiques françaises, le PS n’a pu sauvegarder toute sa production intellectuelle et documentaire depuis 1971.

Comment l’expliquer ? Au congrès d’Épinay en 1971, le PS fait face au choix entre se maintenir aux confins du paysage politique, héritier d’une structure partisane vieillie et délaissée électoralement, ou adapter son offre idéologique et son discours à une société ébranlée par Mai 68 et bientôt touchée par les effets de la crise économique des années soixante-dix. Le choix de juin 1971 sera de rompre avec une SFIO dépassée – bien que le Nouveau PS d’Alain Savary ait tenté, entre 1969 et 1971, de rénover le mouvement – pour recréer un parti socialiste résolument tourné vers la conquête du pouvoir et construit autour de François Mitterrand. Dans ce contexte, seule l’action militante, électorale et médiatique compte ! Rares sont les militants et dirigeants du PS qui ont à l’esprit la protection de leur « œuvre » politique, édifiée jour après jour, scrutin après scrutin… Pour eux, seuls les combats et élections à venir sont décisifs ; plus que les discours, les courriers, les documents de campagne électorale produits la veille, le mois ou l’année précédents.

Enfin, les déménagements du siège national du PS, en 1975 et 1980 [8] , suivis de plusieurs opérations de rénovation des bureaux, ont été propices à la dispersion ou à la destruction accidentelle de dossiers et autres documents de travail produits par tel ou tel secteur de réflexion du parti. Et aujourd’hui encore il n’est pas aisé de convaincre certains militants de conserver leur travail afin de protéger la mémoire et le patrimoine de ce mouvement politique centenaire [9] . Enfin, au PS comme ailleurs, l’engagement partisan peut avoir comme conséquence de « faire table rase du passé » et en cas de changement d’équipe dirigeante, on procède parfois à la mise au rebut, voire à l’élimination des documents de travail constitués par de précédents responsables.

Autant prévenir d’emblée les chercheurs en quête de sensations fortes que le CAS ne dispose, par exemple, d’aucun dossier de travail provenant du premier secrétariat, pour la période 1988-1997… Seul l’examen approfondi des archives de Pierre Mauroy, qui ont été déposées au CAS, permet de reconstituer approximativement un ensemble de dossiers sur son mandat à la tête du parti socialiste. Mais aucun des premiers secrétaires qui lui ont succédé n’ont finalement laissé leurs papiers à la rue de Solférino : rien sur le premier secrétariat Laurent Fabius (1992-1993), rien pour celui de Michel Rocard (1993-1994), ni pour celui d’Henri Emmanuelli (1994-1995) ; et moins d’une dizaine de boîtes pour la deuxième période Lionel Jospin (1995-1997). De même, on ne trouve quasiment rien sur les questions sociales entre 1971 et le début des années 1990, seulement quelques documents sur l’immigration vue du PS ; une seule boîte d’archives concernant le point de vue du parti socialiste sur le monde agricole [10]  ; aucun dossier provenant du Mouvement de la Jeunesse socialiste entre 1971 et 1987, ni sur les Étudiants socialistes, dont il ne reste à ce jour que deux ou trois affiches. On constate d’importantes lacunes du secteur Formation pour les années 1970 et 1980 (le fonds est plus équilibré à partir de la fin des années 1990). Il serait également vain de penser trouver des archives sur les relations avec la Fédération nationale des élus socialistes et républicains, structure née dans les années 1930, et qui durant les années 1970 fut un véritable laboratoire pour le projet socialiste de décentralisation, ou encore des dossiers provenant du secrétariat national Tiers Monde, dirigé entre autres par Lionel Jospin dans les années 1970.

Les sources « miraculeusement » sauvegardées

Les cas les plus emblématiques sont les fonds du premier secrétariat, qui nous sont parvenus dans des caisses non identifiées et qui faute de temps avaient été reléguées sur des rayonnages éloignés. C’était en fait les dossiers de François Mitterrand et de Lionel Jospin, produits entre 1971 et 1988. La pêche était donc miraculeuse.

Le fonds François Mitterrand est en réalité le fruit d’un sauvetage et d’un déménagement hâtif de ses dossiers [11] et n’est que la reconstitution a posteriori d’un ensemble de toute évidence lacunaire. Les dossiers les plus intéressants concernent les deux campagnes présidentielles en 1974 et 1981, ainsi que le fonctionnement interne du parti socialiste dans les années 1970. Le fonds comporte aussi des sources sur certaines conférences de presse du premier secrétaire du PS qui peuvent être complétées par un autre fonds, strictement documentaire celui-ci, qui compile toutes les déclarations et prises de parole publiques de François Mitterrand entre juin 1971 et le 10 mai 1981. Cet ensemble donne surtout accès à un ensemble de correspondance plutôt rare, daté de la fin 1980 : plusieurs dossiers, classés par département, se rapportent au choix fait par les militants et les élus socialistes, entre François Mitterrand et Michel Rocard lors de la bataille interne pour la désignation à la présidentielle. Peut-être les archives personnelles de Michel Rocard, qui, dès septembre 1978, affronta François Mitterrand dans un combat des chefs, ont-elles également gardé la trace d’une telle correspondance ?

Le fonds Lionel Jospin, qui court de janvier 1981 à mai 1988, c’est-à-dire la période complète durant laquelle il dirigea pour la première fois le parti socialiste [12] (avec quelques dossiers entamés en 1979 et poursuivis en 1981), est infiniment plus riche et volumineux que celui qui se rapporte à son prédécesseur : inventorié au printemps 2008 [13] , il offre à la recherche 586 dossiers, dont 73 cartons de correspondance générale, et 51 cartons de dossiers nominatifs d’interventions. Les « zones » qui ressortent de cet inventaire sont multiples, et donnent une image plutôt saisissante du premier secrétaire et de sa capacité de travail : relations systématiques avec les secrétaires et délégués nationaux, relations avec les ministres du gouvernement, avec François Mitterrand à l’Élysée, ainsi qu’avec Matignon où se succèdent Pierre Mauroy et Laurent Fabius entre 1981 et 1986 ; réunions de tous les comités directeurs entre 1981 et 1987 ; dossiers préparatoires de débats politiques à la télévision et à la radio dont il était le principal invité ; dossiers sur la préparation de toutes les campagnes électorales entre 1981 et 1988 (dont les deux présidentielles), etc. On remarque aussi dans ce fonds que la plupart des papiers, courriers, notes, projet de discours, portent des annotations significatives de la main de Lionel Jospin lui-même [14] et brossent le portrait d’un dirigeant véritablement graphomane : tout ce qui lui est transmis et qui est ensuite conservé dans ses dossiers est lu attentivement par Lionel Jospin, analysé par lui, avant d’être renvoyé à tel ou tel secrétaire national, ministre, ou élu local.

Il existe d’autres pépites : certaines sont peu volumineuses, mais peut-être uniques en leur genre si l’on considère le déficit de conservation/préservation de la mémoire militante au sein même du parti socialiste :

Dossiers de Lionel Jospin sur le Programme commun de gouvernement négocié entre le PS, le PCF et les Radicaux de gauche (période 1974-1977) : littéralement découverts par hasard, ces dossiers réunissent une grande quantité de notes manuscrites prises par Lionel Jospin lors des réunions du groupe interne au PS chargé d’observer le PCF et de riposter à ses attaques ;

Cahiers manuscrits sur les réunions des comités directeurs et des bureaux exécutifs du PS : comptes rendus effectués par Marie-Josèphe Pontillon [15] entre le premier comité directeur qui suit le congrès d’Épinay en juin 1971 et 1977. Ces cahiers sont absolument uniques, car à ce jour il ne reste aucune trace des réunions du comité directeur à cette période ! ;

Colloques organisés par l’ISER (Institut socialiste d’études et de recherches) entre 1976 et 1984 : dossiers préparatoires, et parfois transcription des débats de ces colloques, sur « L’unité de la gauche et le renouveau socialiste » (1976), « Les socialistes et le débat idéologique » (1976), « Science et pouvoir » (1977), « L’expérience suédoise » (1977), « Le stalinisme » (1979), etc. ;

Dossiers de la commission Défense animée par Charles Hernu (période 1972-1980) : Convention pour l’Armée nouvelle et le « syndicalisme » au sein des forces armées, montée des revendications des officiers dans les années 1970, réforme du service national ;

Archives des secrétariats Propagande et Communication (années 1970-1990) : élaboration des campagnes de communication du parti socialiste, pour les élections, ou sur des thèmes divers (emploi et chômage, entreprises, etc.), avec maquettes de tracts et d’affiches, mais aussi les documents finis et des indications sur leur diffusion ;

États généraux du PS en 1993, organisés par Michel Rocard : dossiers préparatoires, contributions au projet par les militants, les élus et les membres du secrétariat national du PS ;

Circulaires du Nouveau Parti socialiste, dirigé par Alain Savary entre 1969 et 1971 ;

Dossiers de Christiane Mora, secrétaire nationale à l’Environnement et au Cadre de vie puis à l’Énergie (période 1975-1981) : enquête auprès des fédérations sur les questions d’environnement et d’énergie nucléaire ;

Dossiers du secrétariat national Entreprises (période 1969-1979) : relations de la direction nationale du PS avec les fédérations départementales, création et évolution des sections et groupes socialistes d’entreprise (GSE), dans le secteur privé et dans le secteur public ;

Dossiers sur la décentralisation et les collectivités territoriales (période 1973-1979) : position du PS sur la décentralisation et la politique régionale, l’aménagement du territoire.

Les archives privées

Depuis 1999 a été collectée une vingtaine de fonds provenant d’anciens dirigeants socialistes ou de militants qui ouvrent eux aussi de nombreuses pistes aux chercheurs : archives de Pierre Mauroy, de Claude Estier, de Robert Pontillon, de Françoise Carle, de Jean-Marcel Bichat et d’Henri Fiszbin, ainsi que les archives historiques de la fédération socialiste des Ardennes, celles du GSE Postes et Télécommunications, ou les derniers fonds arrivés de Robert Buron et de Claude Bernet.

Dans les archives de Pierre Mauroy

Extrêmement volumineux, ce fonds exceptionnel retrace près de soixante ans d’engagement politique à la SFIO puis au PS de celui qui fut de 1981 à 1984 le Premier ministre de François Mitterrand : archives sur la fédération des Clubs Léo-Lagrange qu’il a fondés en 1951, sur la SFIO dans les années 1960 (lorsqu’il était secrétaire général adjoint), ou le Nouveau Parti socialiste d’Alain Savary entre 1969 et 1971, sur le parti socialiste de 1971 à 1981, puis de 1988 à 1992, dossiers sur les campagnes électorales du PS entre 1967 et 1993… Mais aussi des dossiers sur les relations internationales du PS dans les années 1970, sur l’union de la gauche et le Programme commun de gouvernement entre 1972 et 1977, ou sur son club, le CEDEP, puis son propre courant au sein du PS, le courant « B ».

Le fonds Robert Pontillon (1921-1992)

Décédé en 1992, l’ancien maire socialiste de Suresnes et sénateur des Hauts-de-Seine a également laissé un volume d’archives considérable, couvrant une grande partie de sa carrière politique et professionnelle. Les papiers qui se rapportent au secrétariat des Relations internationales de la SFIO, puis du PS jusqu’en 1979, sont très riches, avec des documents importants sur les relations Est/Ouest dans les années 1960 (les voyages de Guy Mollet en URSS ou en Yougoslavie), les relations avec Israël ou les États-Unis, sur l’Internationale socialiste, sur l’Afrique lors de la décolonisation, mais aussi la construction européenne [16] .

Ce fonds comporte aussi d’importants dossiers sur les questions de défense et de sécurité [17] , notamment sur la réforme des armées dans les années 1970 et la Convention pour l’Armée nouvelle, ou sur la guerre froide et la question de l’arme nucléaire, la conférence d’Helsinki, et l’indépendance des vues géostratégiques de la France. Il est également remarquable par des documents rares sur les socialistes et Mai 68 et sur la FGDS, ou sur les relations PS/PCF à l’époque du Programme commun, que l’on ne retrouve ni dans les fonds des Relations extérieures du PS ni dans les dossiers de Lionel Jospin. Enfin, il rassemble quelques dossiers de Pontillon comme membre du cabinet de Gérard Jaquet, ministre de la France d’Outre-Mer de 1957 à 1958, et, surtout, des archives sur la SORAFOM [18] , qu’il dirigea de 1958 à 1964 : cette partie recèle de nombreux documents sur la radiodiffusion française en Afrique à cette époque.

Quelques mots sur les fonds Claude Bernet…

Militant socialiste, Claude Bernet est un ancien membre des groupes de travail formés par le secrétariat national aux Études dans les années 1970. Il participa ensuite à différents cabinets ministériels, dont ceux de l’Industrie et des Télécommunications. Le fonds d’archives qu’il a bien voulu confier revêt une importance particulière : d’abord en raison de la richesse d’informations et de la grande précision des dossiers, qui représentent l’ensemble des travaux du parti socialiste dans les années 1970 sur l’industrie en France, branche par branche (dossiers par thèmes, avec des études, analyses et propositions du PS pour une nouvelle politique industrielle) ; ensuite, parce que ce fonds vient en fait combler, même si c’est de façon partielle, une des plus importantes lacunes dans les archives du parti socialiste : il constitue en effet une partie des dossiers du secteur Études. Il est une parfaite illustration de ces archives produites pour le PS, par des membres du PS, mais en-dehors du siège du PS, et qui, de fait, n’ont jamais été conservées dans les bureaux de la rue de Solférino. Elles nous reviennent aujourd’hui sous le statut d’un fonds de papiers personnels.

… et Robert Buron (1910-1973)

Militant chrétien-démocrate avant la Seconde Guerre mondiale, il participa à la fondation du Mouvement républicain et populaire (MRP) à la Libération. Député de la Mayenne de 1945 à 1959, ministre de l’Outre-Mer du gouvernement de Pierre Mendès France (1954-1955), puis du Tourisme et des Transports du général de Gaulle (1958-1962), Robert Buron s’est orienté vers la gauche socialiste à partir de 1965, avec la fondation du mouvement « Objectif 72 », devenu « Objectif socialiste » en 1971. Il adhéra au PS après le congrès d’Épinay et fut maire socialiste de Laval de 1971 à 1973. Ce fonds d’archives personnelles a été donné par sa fille, Martine Buron, elle-même ancien membre de la direction nationale du parti socialiste, (elle fut secrétaire nationale à la Lutte des femmes au début des années 1980), ancien maire PS de Chateaubriant en Loire-Atlantique et députée européenne de 1988 à 1994. Ce fonds se distingue essentiellement par sa collection de journaux manuscrits, rédigés sur des cahiers d’écolier de 1939 à 1970 – il est peu commun de retrouver intact ce type de documents, sur une période quasi ininterrompue [19] . Surtout, il est constitué de dossiers sur « Objectif 72 » et son orientation chrétienne, sur sa naissance et ses premiers congrès, la préparation de travaux de réflexion sur la gauche et les questions économiques, et sur le monde de l’entreprise. Enfin, comme dans le fonds Robert Pontillon, le fonds Buron nous donne quelques notes intéressantes sur Mai 68, vu par un homme politique à la fois catholique et de gauche.

Contes et légendes du parti socialiste

Toutes ces sources ne prennent sens que lorsqu’elles sont croisées avec d’autres, comme tout historien le sait bien. C’est ici que le chercheur qui passe par le centre d’archives prend une dimension de conteur : car si le matériau est une chose, l’histoire d’une formation politique en est une autre et se transmet bien souvent sous la forme d’un récit. Les grands témoins socialistes, centristes, gaullistes ou ex-soixante-huitards, régulièrement sollicités par les médias pour des commémorations nationales, sont eux-mêmes d’habiles conteurs de l’histoire avec un grand H. Et le parti socialiste est un puits sans fonds d’histoires à raconter.

Certains jeunes chercheurs l’ont bien compris, et se sont dernièrement attaqués à des contes (et légendes ?) oubliés, faute jusqu’alors d’archives disponibles : comment les socialistes conçoivent-ils les échanges économiques depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, notamment dans les années 1970 lorsque la deuxième gauche interroge sur les discours de nationalisations et de planification [20]  ? Quel fut le véritable projet éducatif du PS avant 1981, et que reste-t-il du réseau des enseignants socialistes aujourd’hui [21]  ? Comment le parti socialiste a-t-il travaillé avec les intellectuels et les « experts » après le congrès d’Épinay, alors qu’il était urgent de reconstituer un pôle de réflexion à l’intérieur même du parti, et non plus à l’extérieur comme c’était le cas dans les années soixante par les clubs [22]  ?

Mais il reste encore d’autres histoires à faire resurgir : les comités de soldats et la défense des libertés au sein de l’armée française entre 1973 et 1977 [23]  ; le parti socialiste de François Mitterrand face à l’« eurocommunisme » dans les années 1970 [24] , la réaction de l’Internationale socialiste à la signature du Programme commun en France entre le PS, le PCF et le MRG [25] , ou bien une nouvelle histoire du Programme commun, d’un point de vue national mais aussi local [26] , sur la base des archives enfin ouvertes du parti socialiste [27] , du PCF, et des radicaux.

Pour conclure, toutes ces archives ne reprennent vie que par la volonté des historiens, sociologues, politistes et spécialistes du fait politique, sans qui notre connaissance et interprétation (notre vécu ?) de l’évolution du mouvement socialiste en France, serait peut-être partielle ou confinée entre les bornes de notre subjectivité. On peut rappeler ici que parfois la sauvegarde d’archives est possible grâce à leur concours, lorsqu’ils nous signalent tel fonds ici précieusement conservé par un militant rencontré pour un entretien, là-bas tel autre qui se détériore lentement mais sûrement, dans une cave, un garage ou une maison de famille.

Pour citer cet article : Emmanuelle Jouineau, « Le Centre d’archives socialistes de la Fondation Jean-Jaurès. Nouvelles sources d’archives et perspectives de recherche sur le parti socialiste », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 13, janvier-avril 2011, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] http://www.jean-jaures.org [lien consulté le 20 janvier = 2011].

[2] Parmi ces mémoires publiés par la Fondation, on peut notamment citer La mémoire du mitterrandisme au sein du Parti socialiste par Rémi Darfeuil (Prix 2002), Le premier communisme français (1917-1925) par Romain Ducoulombier (Prix 2003), Réviser le marxisme d’Emmanuel Jousse (Prix 2006), et Un socialiste oranais dans la guerre d'Algérie : Joseph Begarra, de Claire Marynower (Prix 2007).

[3] On peut cependant citer le cas de la Fondation Charles de Gaulle et de l’Institut François Mitterrand, fondations reconnues d’utilité publique, mais celles-ci produisent un travail mémoriel et de collecte d’archives sur les deux anciens chefs d’État de la Ve République et n’ont pas le statut de fondation politique.

[4] Archives dont il est propriétaire, le statut des organisations militantes en France relevant du droit privé.

[5] La création au CAS a notamment permis l’ouverture des archives post-Épinay produites au sein même du PS, ce dont plusieurs historiens et politistes spécialistes de la gauche se sont réjouis, certains se désespérant qu’elles puissent resurgir un jour et être exploitées pour la recherche en histoire politique.

[6] La Fondation Jean-Jaurès est membre fondateur du CODHOS, créé en 2001 et qui rassemble aujourd’hui 36 institutions travaillant à la conservation et la communication au public d’archives, de fonds documentaires et d’ouvrages en histoire sociale : voir le site http://www.codhos.asso.fr/welcome/index.php [lien consulté le 20 janvier = 2011].

[7] Ces dossiers, très souvent consultés, ont fait l’objet en 2010 d’un inventaire détaillé : il s’agit précisément des dossiers sur les fédérations socialistes produits par Ernest Cazelles de 1958 à 1979 et ceux produits par les secrétariats nationaux aux Fédérations et aux Élections de 1971 à 1988.

[8] Le parti socialiste a d’abord été installé au n° 12 cité Malesherbes de 1937 à 1975 (cet immeuble abrite aujourd’hui la Fondation Jean-Jaurès). Puis il a pris ses quartiers place du Palais-Bourbon, tout près de l’Assemblée nationale, de 1975 à 1980. Depuis cette date il est situé 10 rue de Solférino dans le VIIe arrondissement.

[9] Certains militants socialistes pensent que le PS que nous connaissons aujourd’hui a véritablement vu le jour en 1971 et n’a plus aucun lien avec le parti socialiste né au congrès du Globe en avril 1905.

[10] Mais sur ces questions, les chercheurs peuvent heureusement se déplacer au Centre d’histoire du travail, à Nantes, où la famille de Bernard Thareau, qui fut secrétaire national à l’Agriculture du parti socialiste, a déposé ses archives. Décédé en 1995, Bernard Thareau, militant de Loire-Atlantique formé à l'école de la JAC (Jeunesse agricole catholique), syndicaliste et coopérateur, fut en charge des questions agricoles au parti socialiste.

[11] Son bureau et celui de sa secrétaire Paulette Decraene au siège du PS ont été vidés en 1981 après l’élection présidentielle et une partie des dossiers qui s’y trouvaient a été remisée dans une autre aile du siège.

[12] Lionel Jospin a été deux fois Premier secrétaire du parti socialiste : de janvier 1981 à mai 1988, puis d’octobre 1995 à juin 1997, date à laquelle il fut nommé Premier ministre par Jacques Chirac après la victoire de la gauche plurielle aux législatives anticipées.

[13] Inventaire détaillé réalisé par Marion Letellier, archiviste diplômée de l’université d’Amiens, disponible sur demande auprès du CAS. Ce fonds d’archives n’est plus soumis au délai de communicabilité de 10 ans appliqué sur les fonds « organiques » du parti socialiste (c’est-à-dire issus de la direction et des instances nationales) et est donc communicable sans restriction.

[14] Par comparaison, le fonds François Mitterrand est bien plus pauvre dans ce domaine et incite à penser que le Premier secrétaire d’alors se préoccupait peu de l’appareil, abandonnant ces questions à Pierre Mauroy, numéro  2 du PS à cette époque dont les archives personnelles dépeignent des relations bien plus étroites avec les membres du secrétariat national et les fédérations socialistes.

[15] Marie-Josèphe Pontillon (1925-1985) était entrée dès 1945 à la SFIO, à la fois comme militante et comme permanente. Collaboratrice de Pierre Mauroy dans les années 1960, elle suivit ce dernier au PS d’Épinay où elle s’occupa notamment de diverses questions de coordination interne au parti socialiste. Elle était l’épouse de Robert Pontillon, responsable des relations internationales de la SFIO puis du PS jusqu’en 1979 et maire de Suresnes. À sa disparition en novembre 1985, le parti socialiste lui rendit un hommage unanime et donna son nom à la salle où se réunit le bureau national chaque semaine.

[16] Robert Pontillon a présidé l’Union des Partis socialistes de la Communauté européenne (UPSCE) de 1978 à 1981. L’UPSCE se transformera en novembre 1992 en Parti des socialistes européens, rebaptisé depuis 2001 Parti socialiste européen.

[17] Auditeur à l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), Robert Pontillon présida l’Assemblée de l’Union de l’Europe occidentale (UEO) de 1990 jusqu’à son décès en 1992.

[18] La Société de radiodiffusion de la France d’Outre-mer (SORAFOM) deviendra plus tard l’Office de coopération radiophonique (OCORA), important éditeur de musiques ethniques, puis enfin Radio France Internationale.

[19] Des extraits de ce journal ont été dactylographiés pour la période 1953-1957.

[20] Archives du secrétariat Études ; Commission Économie ; dossiers des colloques du PS et de l’ISER ; fonds privés de Claude Bernet et de Robert Buron

[21] Archives du secrétariat Éducation : fonds des Relations extérieures : dossiers Lionel Jospin au premier secrétariat

[22] Archives du secrétariat Études : rédaction des programmes politiques du PS ; collections de presse militante ; colloques ; archives du secrétariat Culture ; fonds documentaire François Mitterrand

[23] Archives de la commission Défense ; fonds Robert Pontillon ; dossiers des Relations internationales.

[24] Fonds Robert Pontillon ; presse interne du PS ; débats au comité directeur.

[25] Dossiers Internationale socialiste dans le fonds relations internationales ; fonds Robert Pontillon.

[26] Archives des secrétariats Fédérations et Élections.

[27] L’inventaire des archives sur les relations avec le PCF et les radicaux de gauche et sur le Programme commun de gouvernement, a été réalisé au printemps 2009 et est disponible au CAS sur demande. La totalité des dossiers de ce fonds est librement communicable, et peut être complété par les dossiers de Lionel Jospin (période 1974-1977), les fonds Robert Pontillon et Pierre Mauroy, et les dossiers du premier secrétariat (périodes 1971-1981 et 1981-1988).

Emmanuelle Jouineau

Archiviste diplômée de l’université d’Angers, Emmanuelle Jouineau est responsable du Centre d’archives socialistes à la Fondation Jean-Jaurès depuis 1999. Auparavant chargée de mission à la banque Morgan à Paris pour une enquête sur la spoliation durant la Seconde Guerre mondiale, effectuée dans le cadre des travaux de la commission Saint-Geours.

Mots clefs : Fondation Jean-Jaurès, archives socialistes, consultation des fonds, pistes de recherches.

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