Histoire@Politique : Politique, culture et société

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« Une tribune pour l’Europe. » Pratiques et usages du discours européen au Collège d’Europe

Philippe Perchoc
Résumé :

Le Collège d’Europe a été fondé en 1949 dans l’élan européen du congrès de La Haye. Très rapidement, des professeurs (...)

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« La Communauté européenne est une manifestation de l’identité européenne. Ca n’est pas la seule. » Voilà l’une des affirmations marquantes de l’une des interventions les plus célèbres de Margareth Thatcher concernant l’Europe. Ce discours décisif connu sous le nom de « Brugge Speech » dans lequel la « dame de fer » développa sa vision de ce que devait être le futur de l’Europe a même donné naissance à un groupe d’influence eurosceptique dénommé « the Brugge Group ». Le Premier ministre britannique soulignait elle-même en ouverture de son discours que le recteur Lukaszewski avait été audacieux de l’inviter à prononcer l’allocution d’ouverture de l’année académique au Collège d’Europe. C’était, selon elle, un peu comme « d’inviter Gengis Khan à prononcer un discours sur les vertus de la coexistence pacifique [1]  ». On apprend aujourd’hui que Downing Street avait au départ imaginé une intervention beaucoup plus favorable à l’intégration européenne, mais que son propos avait été réécrit comme une réponse à plusieurs discours très fédéralistes de Jacques Delors dans les semaines précédentes [2] . Les archives déclassifiées du ministère britannique des Affaires étrangères et mises à disposition du public par la « Margaret Foundation » permettent d’ailleurs de mieux comprendre comment la tenue de ce discours a été encouragée par la représentation permanente du Royaume-Uni auprès des Communautés européennes et comment le ministère des Affaires étrangères de Sa Majesté tenta jusqu’au bout d’adoucir le propos du Premier ministre, sans grand succès. [3] Le représentant permanent du Royaume-Uni, David Hannay, souligne [4] alors que d’autres grandes personnalités européennes ont déjà répondu favorablement à l’invitation du Collège d’Europe, dont François Mitterrand l’année précédente [5] . L’allocution du Premier ministre se situe donc dans une suite et se positionne comme une réponse à d’autres visions de l’Europe exprimées à Bruges par des acteurs politiques de premier plan [6] . Pour cette raison, il convient probablement de revenir sur cette série de discours exprimant un programme pour l’Europe autant qu’un commentaire sur l’actualité européenne. On pourra aussi dans le prolongement se poser la question de l’existence d’une tribune européenne spécifique à Bruges, peut-être unique pour l’Union européenne en dehors de Bruxelles, et de sa place dans un hypothétique espace public européen. Il apparaît, en effet, évident que les responsables européens et nationaux s’expriment sur les enjeux européens dans leur capitale nationale à destination de leurs concitoyens ou à Bruxelles à destination de leurs pairs et des Européens. Il apparaît moins évident que certains lieux européens apparaissent comme privilégiés pour délivrer un message directement à destination des Européens et Bruges occupe peut-être cette fonction.

La nature de ces discours est en soi problématique. La manière la plus simple de la définir serait de dire que c’est « un discours sur l’Europe tenu par une personnalité politique européenne devant les étudiants et le corps professoral du Collège d’Europe à Bruges ou à Varsovie (depuis 1994), en présence de la presse ». C’est à la fois sur cette nature et sur l’usage de la tribune offerte par le Collège d’Europe qu’il convient ici de se pencher afin de démontrer l’intérêt de cette série de visions de l’Europe. Quand on connaît le rôle qu’à joué le Collège d’Europe – appelé le plus souvent « Collège de Bruges » avant la création d’un second campus à Natolin (Varsovie) en 1992 –, il est étonnant de noter à quel point il a peu suscité d’intérêt chez les historiens ou les politistes de la construction européenne [7] . Les archives de l’institution ont été peu exploitées jusqu’à présent. Il faut dire qu’il n’en existe pas de véritable inventaire. Cet état de fait est largement dû au caractère spontané de la naissance du Collège d’Europe, une institution qui est issue de la persévérance d’un comité de citoyens brugeois et de la disponibilité du Mouvement européen [8] . Les archives, conservées à Bruges dans le bâtiment historique du Collège, comprennent principalement les papiers des deux premiers recteurs Brugmans et Lukaszewski, les comptes rendus du conseil d’enseignement composé des directeurs de départements, les sommaires de la majorité des cours donnés par les professeurs-visitants, les dossiers des étudiants ainsi que celles des comités nationaux de sélection. En outre, on peut y trouver quelques études et ouvrages publiés par le Collège ou ayant celui-ci pour sujet. Les archives du Collège font aujourd’hui l’objet d’un projet de numérisation et ont donc été temporairement déplacées de Bruges à Bruxelles. Les archives du Mouvement européen international, qui a joué un rôle pivot dans la création du Collège, ont été déplacées au dépôt central des archives de l’Union européenne à l’Institut universitaire européen de Florence en 1990 [9] .

En ce qui concerne les discours inauguraux, certains ont été rendu accessibles sur le site internet de l’institution par le service communication du Collège [10] mais sont parfois illisibles en raison d’une numérisation défectueuse, d’autres discours ont été reproduits dans une publication interne du Collège intitulée Informations [11] mais n’ont pas été mis en ligne, les derniers sont introuvables dans les archives du Collège [12] . Notre analyse se base donc sur la lecture de cinquante-six discours retrouvés dans les archives.

Tenter de cerner au mieux la nature de ces discours et l’importance de la tribune brugeoise dans l’espace public européen nécessite de se pencher d’abord sur l’origine de cette série de discours, puis sur leurs auteurs et leur contenu avant de finir par en considérer la portée.

L’origine de la tribune de Bruges

Le Collège de Bruges reste une petite institution universitaire qui compte encore aujourd’hui moins de quatre cent cinquante étudiants (dont cent vingt à Natolin) [13] . La scolarité y dure une seule année, qualifiée de « post-universitaire ». La majorité des étudiants est déjà titulaire d’un diplôme de master. C’est au moment du congrès de La Haye en 1948 que l’idée d’un « centre européen de la culture » est évoquée pour la première fois par Denis de Rougemont [14] . Au même moment, Salvador de Madariaga, ancien ambassadeur espagnol en exil et universitaire à Oxford, est sensible à l’idée de créer une institution universitaire européenne sur le modèle des colleges britanniques d’Oxford et de Cambridge. Il est contacté par le Père Verleye, un religieux de Bruges engagé dans les questions d’enseignement populaire, afin d’attirer une antenne du centre européen de la culture en Flandre occidentale et d’y joindre l’idée d’une institution universitaire consacrée à l’Europe. En l’absence d’une réponse claire de Denis de Rougemont, Salvador de Madariaga va alors se servir de sa position au sein de la Commission culturelle du Mouvement européen pour convaincre ce dernier de participer à l’aventure [15] . Le Père Verleye obtient au même moment le soutien de la ville de Bruges qui ne possède pas d’institution universitaire et il est décidé d’ouvrir une « session préparatoire » d’été dès 1949. Salvador de Madariaga s’adresse à elle dans les salons de l’Hôtel de Ville et il lui demande de penser la forme définitive que devra prendre le Collège ainsi que d’analyser ensemble les déficits européens de leur formation antérieure [16] .

Cette promotion préparatoire regroupe vingt-deux étudiants de dix nationalités et elle débouche sur une série de propositions concernant l’organisation de la future institution. Parmi les suggestions faites par les étudiants aux autorités du Collège, figure celle d’inviter lors de « la séance d’ouverture, la séance de clôture, la première conférence, une personnalité de premier plan à venir ouvrir l’année académique ou une conférence occasionnelle d’un maître connu, [qui] pourraient être l’occasion de réunions publiques qui s’adresseraient à des milieux plus larges que les seuls étudiants du Collège [17]  ». Cette idée n’est pourtant pas suivie immédiatement d’effet puisque c’est le recteur du Collège, Henri Brugmans, qui accueille systématiquement les étudiants dans une cérémonie ayant lieu dans les salons du vieil Hôtel de Ville de Bruges, en compagnie du maire, du gouverneur de Flandre occidentale et parfois d’autorités nationales belges ou de membres du conseil d’administration du Collège d’Europe [18] . L’habitude est prise, lors de cette cérémonie, par le recteur Brugmans de dévoiler aux étudiants le nom de leur promotion. Pendant des mois, il gardait un secret absolu sur le choix du patron de la promotion. Comme le rappelle Jean-Paul Lory dans sa préface du recueil des éloges du recteur Brugmans, il « a toujours considéré comme l’un de ses privilèges, au sens britannique du terme, le choix du patron de la promotion nouvelle [19]  » et ses successeurs firent de même [20] . Il s’adressait tout d’abord aux autorités locales et nationales en néerlandais [21] pour les remercier, puis il opérait un tour d’horizon de l’actualité européenne en anglais. Henri Brugmans prononçait ensuite l’éloge patiemment composé depuis plusieurs mois de la personnalité dont la promotion allait porter le nom [22] . Le recteur passait plusieurs mois à écrire aux quatre coins de l’Europe pour se renseigner sur cette personnalité, sur ses écrits et sa biographie. Dans une seule circonstance, il fut pris au dépourvu par la mort inattendue de De Gasperi (1954).

Si certaines personnalités sont alors invitées à s’exprimer, c’est surtout parce qu’elles représentent les autorités belges qui forment le principal soutien du Collège ou parce qu’elles sont membres des instances du Collège et singulièrement de son conseil d’administration [23] . C’est à partir de 1971, c’est-à-dire dans la dernière année de rectorat d’Henri Brugmans, que l’on voit pour la première fois intervenir une personnalité qui sort de ce cadre, en la personne d’Altiero Spinelli. Il faut dire que Brugmans et Spinelli se connaissaient de longue date et qu’ils avaient eu à s’affronter au sein de l’Union européenne des Fédéralistes. À partir de 1972, l’invitation de personnalités européennes devient systématique. Il y a probablement deux explications à cette innovation. La première est la nomination d’un nouveau recteur, Jerzy Lukaszewski, qui défendait une autre vision du Collège. Henri Brugmans n’avait jamais voulu accroître significativement les effectifs du Collège [24] . « Régulièrement, on nous demande si le Collège va bien et s’il accroît ses effectifs. Je réponds à chaque fois que nous résistons systématiquement à la tentation du gigantisme et que, si le nombre d’Européens spécialisés devait augmenter, nous créerions un deuxième Collège plutôt que de doubler le nôtre, déjà existant. » À l’inverse, le nouveau recteur estime qu’il est nécessaire d’augmenter rapidement le nombre des étudiants et de renforcer la spécialisation des programmes amorcée dans les trois dernières années du rectorat d’Henri Brugmans [25] . Jerzy Lukaszewski marque une certaine volonté de rompre avec la gestion de son prédécesseur, ce que ce dernier expliquait comprendre tant cette institution avait été liée à sa personne pendant vingt-trois ans [26] . Cette invitation systématique de personnalités extérieures peut apparaître comme l’un des instruments de cette rupture, tout comme une manière de renforcer la notoriété du Collège afin d’y attirer plus d’étudiants. Une autre raison pourrait être invoquée, celle du contexte difficile de la création de l’Institut universitaire européen de Florence. En effet, les États-membres, soutenus par le Parlement européen, décident de fonder par traité international ce qui doit devenir une grande université européenne [27] . Comme le montrent les archives du recteur Lukaszewski [28] , cette fondation apparaît dangereuse aux autorités du Collège car l’Institut de Florence risquait d’attirer tous les financements disponibles pour ce type de projet. Il faut dire que malgré l’appui des autorités européennes et particulièrement de l’Europe des six à travers la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), le Collège n’a jamais réussi à obtenir la base juridique qui a été conférée à l’Institut universitaire européen de Florence dans les traités [29] . La stratégie des autorités du Collège a donc été de souligner systématiquement la complémentarité entre les deux institutions en insistant sur le fait que Florence allait se dédier à la recherche à travers la délivrance de doctorats quand Bruges offrirait une formation plus spécialisée en droit, en économie et en sciences politiques. Dans ce contexte, l’installation de la tradition des discours inauguraux invitant des personnalités de premier plan des États membres ou des institutions européennes qui financent le Collège, soit structurellement, soit par l’octroi de bourses aux étudiants, peut apparaître comme une manière supplémentaire de renforcer la légitimité alors fragilisée de l’institution.

Qui prend la parole à Bruges ?

Qui sont les cinquante-six orateurs du Collège d’Europe depuis 1972 [30]  ? Tout d’abord, ce qui frappe, c’est la grande diversité nationale des intervenants issus de dix-neuf pays différents. La Belgique reste le pays le mieux représenté (12 orateurs), non seulement parce qu’elle accueille le premier campus du Collège à Bruges, mais aussi parce que les Belges sont nombreux dans les hautes fonctions politiques européennes dont les titulaires prennent régulièrement la parole au Collège. Les Français forment le second contingent avec 9 orateurs, puis les Allemands (7), les Polonais (6) et les Espagnols (5). Il faut noter que les Polonais sont, comme les Belges, surreprésentés en raison de l’accueil par la Pologne d’un campus du Collège à Varsovie. Dans les premières années après la fondation du campus de Natolin, les invités sont surtout polonais comme ils avaient été belges à Bruges dans les premières années du Collège. Mis à part cette spécificité liée au lieu, les invités proviennent principalement des grands pays européens, même si le Luxembourg compte quatre orateurs [31] quand l’Italie n’en compte que trois, parce que des ressortissants du Grand-Duché occupent aussi d’éminentes fonctions européennes. On compte aussi des personnalités venant de pays qui ne sont ni membres des Communautés ni candidats comme le Président ukrainien Victor Yushchenko (Natolin, 2005) ou l’opposant au régime biélorusse Aliaksandr Milinkevich (Natolin, 2006). Au-delà de leur nationalité, on peut regrouper les invités en quatre catégories principales depuis la création du Collège : personnalités invitées au titre de leurs fonctions politiques nationales [32] (42), européennes (19), de leurs fonctions dans l’administration du Collège (3) ou de fonctionnaire éminent (1). Cette répartition est bien entendu sujette à débat compte tenu des hautes fonctions nationales exercées dans un premier temps par la plupart des responsables européens. Néanmoins, on pourra conclure de ces chiffres que la tribune de Bruges est principalement ouverte à des responsables politiques nationaux de premier plan issus des grands États membres.

La question du choix des orateurs est complexe. Les archives montrent que les invitations faites par le Collège peuvent être parfois reportées pour des raisons de calendrier ou d’opportunité. Ainsi le représentant permanent du Royaume-Uni auprès des Communautés européennes souligne que « le Professeur Lukaszewski demande à recevoir une réponse avant la fin du mois d’avril car, si la réponse devait être négative, il devrait chercher un nouvel orateur. Il demande aussi que l’on garde cette invitation strictement confidentielle car d’autres orateurs n’apprécieraient pas de découvrir qu’ils sont un second choix [33] . » À d’autres occasions, il semble que différents services diplomatiques envoient des signaux discrets à Bruges faisant valoir l’opportunité d’une invitation. Ces aléas expliquent qu’il est parfois compliqué de faire correspondre le choix de l’invité et la nationalité du patron. On retrouve cette concordance dans environ un quart des cas (16/56), le plus souvent dans les années 1970.

Autre cas de figure, une opportunité se présente d’inviter au Collège une personnalité de premier plan en dehors de l’ouverture de l’année académique, comme ce fut le cas pour Herman van Rompuy, le nouveau président du Conseil européen, le 25 février 2010. Il bénéficia alors du même dispositif (salle, public) qu’un invité à l’ouverture de l’année académique. Tout cela semble indiquer que s’est développée chez les dirigeants européens l’idée que le Collège d’Europe offrait une tribune spécifique.

Quels usages de la tribune de Bruges ?

Si l’on constate l’importance de cette tribune pour l’institution de Bruges et le profil très prestigieux d’orateurs ayant de hautes fonctions politiques dans leur pays, il convient de se pencher sur le message délivré à Bruges. Celui-ci est ambigu parce que cela sous-entendrait que l’ensemble des cinquante-six discours prononcés à Bruges et à Natolin forment un corpus que l’on pourrait étudier en tant que tel, quand bien même la succession des orateurs est souvent le fruit du hasard.

Même si les thèmes sont forcément conduits à se recouper, trois grands enjeux sont généralement traités dans cette série de discours au Collège d’Europe : situation de l’Europe dans les relations internationales [34] , bilan des enjeux de l’adhésion par de nouveaux États-membres [35] ou discours sur le système institutionnel européen [36] . Quelques discours se détachent vraiment de la masse, en ce qu’ils ne correspondent à aucune catégorie, comme l’adresse de Simone Veil à la jeunesse en 1980, un an après avoir été élue première présidente du Parlement européen élu au suffrage universel direct.

L’élargissement des Communautés européennes puis de l’Union européenne a été l’un des thèmes privilégiés. Ainsi, l’entrée de nouveaux pays dans la communauté a toujours fait l’objet d’un discours à Bruges, si on met de côté l’adhésion de la Grèce [37] . Le grand élargissement de 2004 [38] n’a pas non plus donné lieu à un discours spécifique, mais on peut considérer que presque tous les discours prononcés à Natolin depuis l’ouverture du campus polonais en 1994 ont touché à cette problématique de près ou de loin. Dans presque tous les cas, c’est la question de l’élargissement ou de ses conséquences qui a été abordée à Natolin. À Bruges, seul le Président polonais, Alexandre Kwasniewski, est venu s’exprimer en 2001 sur le sujet. La même année, le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, prenait la parole à Natolin. D’une certaine manière, il apparaît clairement que le campus de Natolin, à travers le choix de ses orateurs, s’est spécialisé dans les questions relatives à l’élargissement et plus globalement à l’Europe centrale et orientale, ce qui est confirmé par l’orientation des cours qui y sont donnés [39] .

Dans la plupart de ces discours consacrés à l’élargissement, les différentes personnalités politiques invitées décrivent les raisons de leur décision d’adhérer à l’Union européenne. Il s’agit pour les orateurs de rassurer les auditeurs sur la viabilité d’une Europe élargie. Felipe Gonzales insiste longuement en 1985 : « L'élargissement a l'avantage de faire affleurer les problèmes existants et de faire apparaître la nécessité́ d'un saut qualitatif dans la construction européenne. Comme je l'ai déjà̀ dit à plusieurs reprises, l'Espagne n'est pas et ne sera pas un obstacle sur le chemin de l'intégration communautaire. L'Espagne est disposée à avancer, en se fixant l'union européenne pour but, non comme simple chimère, mais comme objectif nécessaire à notre propre avenir, celui de chacun des États membres.

Dans la mesure où la plupart des discours consacrés à l’élargissement font une place importante à cette dimension, il est difficile de ne pas prendre en compte les discours sur l’élargissement dans la catégorie des discours sur le fonctionnement de l’Union européenne tant les conséquences de l’élargissement peuvent être grandes. D’autant que ces élargissements sont généralement précédés ou suivis de réformes institutionnelles importantes. Ainsi en 1986 au moment de l’adhésion du Portugal, l’Acte unique européen est tout juste signé. En 1995, le traité de Maastricht (1992) est récemment entré en vigueur et les débats sur le futur traité d’Amsterdam commencent à poindre. Par exemple, Toomas Hendrik Ilves consacre son discours aux conséquences de l’élargissement de 2004. Ce dernier porte ironiquement le nom « Pas de nouveaux États-membres (ceci n’est pas un discours sur l’élargissement) ». Il y souligne que le terme « nouveaux États-membres » appliqués aux douze États ayant adhéré en 2004 et en 2007 recrée une sorte de partage persistant de l’Europe. « Lors des derniers élargissements, le statut de nouveaux États-membres n’a pas eu cette longévité, ni dans le cas de l’élargissement nord-ouest (Royaume-Uni, Irlande, Danemark), méditerranéen (Espagne, Portugal Grèce), pas plus que pour l’élargissement aux « neutres » (Autriche, Suède, Finlande). » Le Président estonien utilise la tribune de Natolin pour délivrer un discours très politique dans lequel il dénonce la sous-représentation des « nouveaux États membres » (environ 100 millions d’habitants) dans les instances européennes. Il énonce les chiffres : un chef de Représentation de l’Union européenne (UE) dans les pays tiers est issu des douze et pas un seul des directeurs généraux au moment du discours en 2009. « Comme point de comparaison, quand l’Espagne (45 millions d’habitants) rejoignit l’UE, trois Espagnols devinrent directeurs généraux dès le départ. »

Cette remarque nous conduit à considérer la seconde thématique développée à Bruges, celle des transformations du système politique européen. C’est probablement le sujet le plus disputé, on y trouve notamment les discours de François Mitterrand (1987), Margareth Thatcher (1988), Jacques Delors (1989), David Miliband (2007), Angela Merkel (2010) ou Georgio Napolitano (2011).

Dans ces allocutions, au moins trois visions de l’Europe sont proposées par les orateurs. Margareth Thatcher défend une vision de l’Europe des États, une Europe économique qui ne doit ni s’éloigner géopolitiquement des États-Unis, ni contraindre les politiques nationales. Elle affirme ainsi que « la Grande-Bretagne ne rêve pas d’une alternative à la Communauté européenne, ou à une existence isolée et douillette sur ses marges. Notre destinée est en Europe, comme membre de la Communauté européenne. Cela ne veut pas dire qu’elle ne réside que dans la Communauté européenne, pas plus que celle de la France, de l’Espagne ou de tout autre État-membre. La Communauté n’est pas une fin en soi. Elle n’est pas un mécanisme institutionnel qui doive être constamment modifié en raison d’une même théorie abstraite, pas plus qu’elle ne doit se rigidifier par une régulation sans fin [40]  ». Pour aller plus loin, elle compare la CEE à l’Union soviétique : « Il est ironique que quand des États comme l’Union soviétique, qui ont essayé de tout diriger du centre, apprennent que le succès est dans la décentralisation et les décisions prises ailleurs qu’au centre, la Communauté évolue dans la direction opposée. » Cette vision est reprise et nuancée en 2007 par David Miliband, alors ministre britannique des Affaires étrangères du gouvernement Brown. Il profite de la proposition de Nicolas Sarkozy d’instituer un Groupe des Sages pour l’avenir de l’Europe pour donner quelques éléments de la position britannique : ne pas céder au protectionnisme, continuer le développement du marché intérieur, rester ouvert sur son voisinage. Il revient sur le discours de Thatcher en soulignant que l’idée d’un Royaume-Uni « menacé par un super-État européen » n’est plus d’actualité depuis le traité de Maastricht, sauf chez quelques conservateurs. Pourtant, une bonne partie de son discours est consacrée au fait que « l’Union européenne ne deviendra jamais une superpuissance » et qu’elle doit se consacrer à des politiques concrètes comme la lutte contre le terrorisme, la protection de l’environnement ou l’amélioration de la compétitivité dans l’espace européen.

À côté de ces discours euro-critiques, on trouve une vision de l’Europe défendue par François Mitterrand ou Angela Merkel et qui tente d’allier centralité des États-nations européens et nécessaire transformation démocratique de l’Union. Le Président Mitterrand rappelle qu’il était présent au congrès de La Haye en 1948 et qu’il suit depuis longtemps les activités du Collège. Il revient sur le rôle joué par le congrès [41] et sur l’action de Spinelli qui est en 1987 le patron de la promotion, pour critiquer l’idée d’une percée institutionnelle fédéraliste. « Je pense que sa vue a été plus institutionnelle que nature. Or, si l’on ne crée pas l’Europe, de même on ne crée aucune communauté humaine, au travers de structures économiques et d’intérêts matériels communs, on ne la crée pas non plus simplement par des institutions juridiques [42] . » Il prend l’exemple de la Communauté européenne de défense, à laquelle il était défavorable, pour démontrer que ce sont les échanges et la culture qui permettront aux avancées institutionnelles de s’appuyer sur une véritable communauté politique. Certes, le discours du Président français est éminemment européen, mais il dérive d’une vision dans laquelle les États européens restent au cœur de la construction européenne. D’ailleurs, seul le Parlement européen est évoqué comme institution sans que l’orateur ne consacre beaucoup de développements à la Commission européenne. Angela Merkel [43] s’est retrouvée dans une position un peu similaire, même si elle a plus directement consacré son intervention aux institutions [44] . Comme François Mitterrand, elle rappelle que son histoire personnelle est liée à celle de l’Europe. Revenant sur la crise financière et les mesures prises par l’UE pour en sortir, elle en vient à admettre qu’il sera probablement nécessaire de signer un nouveau traité européen, ce qui est une annonce capitale pour la diplomatie allemande. Mais surtout, Angela Merkel défend une position peu commune depuis l’après-guerre à la chancellerie allemande : elle remet partiellement en cause la « méthode communautaire ». « […] c’est ainsi que deux camps s’affrontent, d’un côté les intergouvernementalistes et de l’autre les dépositaires et protecteurs de la méthode communautaire. Cette présentation des choses me laisse quelque peu sceptique et je suis souvent tentée de la réfuter puisque elle ne me semble pas correspondre à la façon dont nous coopérons réellement au sein de l’Europe. » Elle défend la légitimité de la méthode intergouvernementale : « Autrement dit, une position coordonnée de l’Europe n’est pas nécessairement le résultat de l’application de la méthode communautaire. Cette position commune est parfois aussi le fruit de la méthode intergouvernementale. Et ce qui est fondamental ici, c’est tout simplement le fait d’avoir une position commune. »

Ici, on comprend combien le discours de Bruges agit comme un moyen de développer une vision de l’Europe pour un public bien plus large que celui des étudiants et des professeurs du Collège d’Europe. C’est pour cette raison que d’autres personnalités ont utilisé cette tribune pour se faire les avocats d’une Europe plus intégrée.

C’est notamment le cas d’Altiero Spinelli (dont le discours est malheureusement perdu puisque prononcé à partir de quelques notes manuscrites [45] ), mais aussi de personnalités venues des institutions communautaires comme Jacques Delors, Jose Manuel Barroso ou du président de la République italienne en 2011. En 1989, Jacques Delors évoque la nécessaire avancée de l’Europe dans les domaines sociaux pour proposer un modèle viable à une Europe qui se libère alors des régimes imposés à l’Est par la Seconde Guerre mondiale. Il évoque le rôle central de la Commission européenne tout en soulignant sa volonté de faire respecter la subsidiarité. Ce dernier point est une réponse au discours de la « dame de Fer » : « La Commission ne doit jamais succomber à l’ivresse de ses pouvoirs. Elle applique rigoureusement le principe de subsidiarité [46] . » Il continue ensuite sur le même thème : « La réussite de cette communauté de droit n’a cependant pas pour autant fait cesser les querelles sur la souveraineté. Il faut donc s’en expliquer franchement. » Le président de la Commission souligne alors qu’aucun pays de la Communauté ne peut prétendre peser seul dans les affaires du monde et que les États doivent agir de bonne foi envers cette construction institutionnelle qu’ils ont rejointe volontairement. « Si pour trouver des solutions valables, je fais appel aux principes du fédéralisme, c’est précisément parce qu’il offre toutes les garanties souhaitables pour le respect du pluralisme comme pour l’efficacité de l’ensemble institutionnel en voie de se faire. » Le Président italien Napolitano va plus loin, il profite de la tribune de Bruges pour citer Angela Merkel et appeler l’Allemagne et la France à s’engager résolument dans le fédéralisme. « Nous exprimons amicalement notre préoccupation pour ce qui apparaît une réticence à accepter d'autres transferts, désormais inévitables, de souveraineté – et donc de décisions à la majorité – au niveau européen [47] . » Il appelle ainsi à lutter contre la « dérive intergouvernementale » qui découle du mode de fonctionnement du Conseil européen dominé par la France et l’Allemagne dans la crise. « L'essentiel est de ne pas mortifier la fonction des institutions plus proprement supranationales, la Commission et le Parlement. » C’est ainsi un discours très profondément fédéraliste qui est prononcé à Bruges par le président d’une République italienne dans la tourmente et qui cherche alors à trouver un successeur à Silvio Berlusconi.

Enfin, les discours de Bruges ont laissé une large place, aux côtés des discours concernant les élargissements et ceux concernant le mode de fonctionnement de l’UE, aux allocutions consacrées à la place de l’Europe dans le monde. Cette fonction de la tribune de Bruges est probablement la moins connue. Parmi ces discours, on note une intervention du chancelier fédéral autrichien Kreisky en 1981 consacrée aux relations entre l’Europe et les États-Unis [48] . Il y souligne le lien fort entre l’Europe de l’Ouest et Washington, mais aussi le nécessaire rôle modérateur que les Européens jouent dans la politique américaine. « En définitive, il faut comprendre que les habitants de Vienne, de Copenhague ou même de Berlin ne sauraient avoir la même idée de ce processus de détente que ceux qui vivent à des milliers de kilomètres des zones de tension de la politique mondiale. » L’année suivante en 1982, Gaston Thorn, président de la Commission, revient lui aussi sur les relations euro-américaines, mais sous l’angle des rivalités commerciales.

Bruges, unique tribune européenne ?

La succession et le prestige des orateurs ouvrant l’année académique à Bruges poussent à poser la question de l’existence d’une tribune européenne originale. Mis à part le cas spécifique du campus du Collège d’Europe à Natolin qui semble jouer le rôle d’une tribune européenne spécifiquement dédiée aux élargissements et aux relations de l’UE avec son voisinage oriental, on peut noter que pendant longtemps aucun autre lieu que Bruges ne semble avoir joué ce rôle de lieu de prise de parole européenne pour les grands acteurs européens en dehors des contextes communautaires et nationaux.

Aujourd’hui, au moins une autre tribune du même type semble concurrencer celle offerte par le Collège d’Europe. Le grand discours de Joschka Fischer en 2000 sur le fédéralisme européen au Walter Hallstein Institut de l’université Humboldt de Berlin [49] a marqué le débat politique européen. Depuis, l’université berlinoise a reçu chaque année plusieurs grandes personnalités européennes pour y prononcer un discours sur l’avenir de l’Europe. Il est difficile à ce stade de trouver toutes les informations sur cette série de discours, leur contexte et leur organisation [50] . On peut noter ici que le fondateur de l’Institut Hallstein, Ingolf Pernice, est lui-même un ancien étudiant du Collège d’Europe (1975, promotion Adam Jerzy Czartoryski) et qu’il a été un des spectateurs de l’institutionnalisation du discours de Bruges et de l’allocution d’Edgar Faure. Dans la même optique, la « Fondation Collège européen de Parme » a lancé en 2003 une série de leçons inaugurales données par de grandes personnalités européennes [51] . On notera que, dans le cas de Parme, on ne retrouve pas le même accent mis sur l’invitation de personnalités politiques nationales.

Il semble donc bien que l’on puisse parler d’une véritable pratique du discours européen qui trouve son origine à Bruges et qui s’est ensuite diffusée dans d’autres contextes universitaires, liés au Collège d’Europe officiellement (Natolin) ou fondés par des personnalités ayant des liens forts avec le Collège d’Europe. Le contexte universitaire semble être peu à peu investi comme permettant de tenir de grands discours programmatiques en Europe et semble ainsi devoir tenir une place importante comme lieu de la parole européenne en dehors de la scène politique nationale ou du contexte des institutions communautaires

Annexe : liste des discours inauguraux du Collège d’Europe

2011-2012

M. Giorgio Napolitano, président de la République italienne (Bruges)

M. José Manuel Barroso, président de la Commission européenne (Natolin [Varsovie])

2010-2011

Mme Angela Merkel, chancelière de la République fédérale d'Allemagne (Bruges)

M. Štefan Füle, Commissaire européen chargé d’Élargissement et politique européenne de voisinage (Natolin [Varsovie])

2009-2010

Monsieur Jerzy Buzek, président du Parlement européen (Bruges)

Président Toomas Hendrik Ilves, président de la République d'Estonie (Natolin [Varsovie])

2008-2009

Monsieur Yves Leterme, Premier ministre de Belgique (Bruges)

Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen (Natolin [Varsovie])

2007-2008

S.E.M. David Miliband, ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni (Bruges)

Carl Bildt, ministre des Affaires étrangères de la Suède (Natolin [Varsovie])

2006-2007

Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg, ministre d'État, et ministre des Finances (Bruges)

Aliaksandr Milinkevich, figure emblématique de l'opposition biélorusse (Natolin [Varsovie])

2005-2006

Javier Solana, haut représentant de la Politique étrangère et de la Sécurité Commune et secrétaire général du Conseil de l'Union européenne (Bruges)

Victor Yushchenko, Président d'Ukraine

2004-2005

José Manuel Barrosso, président de la Commission européenne (Bruges)

Josep Borrell Fontelles, président du Parlement européen (Natolin [Varsovie])

2003 -2004

Joschka Ficher, ministre fédéral des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne (Bruges)

Danuta Hübner, ministre polonaise des Affaires européennes (Natolin [Varsovie])

2002-2003

Valéry Giscard d’Estaing, président de la Convention européenne (Bruges)

Erhard Busek, coordinateur spécial de l’Union européenne du Pacte de Stabilité pour l’Europe du Sud-Est (Natolin [Varsovie])

2001-2002

Aleksander Kwasniewski, président de la République de Pologne (Bruges)

Guy Verhofstadt, Premier ministre de Belgique (Natolin [Varsovie])

2000-2001

Georges Papandreou, ministre des Affaires étrangères de Grèce (Bruges)

Jan Kulakowski, ministre plénipotentiaire pour les négociations d’adhésion de la Pologne à l’Union européenne (Natolin [Varsovie])

1999-2000

Jacques Delors, président du Conseil d’administration du Collège d’Europe

Jean-Luc Dehaene, Premier ministre de Belgique (Natolin [Varsovie])

1998-1999

Jean-Luc Dehaene, Premier ministre de Belgique (Bruges)

HRH Prince Philippe (Natolin [Varsovie])

1997-1998

Antonio Guterres, Premier ministre du Portugal (Bruges)

Ursula Stenzel, membre du Parlement européen (Natolin [Varsovie])

1996-1997

Wim Kok, Premier ministre des Pays-Bas (Bruges)

Aleksander Kwasniewski, président de la République de Pologne (Natolin [Varsovie])

1995-1996

Klaus Hänsch, président du Parlement européen (Bruges)

Jacques Santer, président de la Commission européenne (Natolin ([Varsovie])

1994-1995

Juan Carlos, roi d’Espagne (Bruges)

Andrzej Olechowski, ministre des Affaires étrangères de la République de Pologne (Natolin [Varsovie])

1993-1994

Thomas Klestil, président de la République d’Autriche

1992-1993

Jacques Santer, Premier ministre du Grand-Duché de Luxembourg

1991-1992

Flavio Cotti, président de la Confédération Suisse

1990-1991

Richard von Weizsäcker, président de la République fédérale d’Allemagne

1989-1990

Jacques Delors, président de la Commission des Communautés européennes

1988-1989

Margaret Thatcher, Premier ministre de Grande-Bretagne

1987-1988

François Mitterand, président de la République française

1986-1987

Ruud F.M. Lubber, Premier ministre des Pays-Bas

1985-1986

Felipe Gonzalez, président du Gouvernement espagnol

1984-1985

Altiero Spinelli, président de la Commission institutionnelle du Parlement européen

1983-1984

Garret Fitzgerald, Premier ministre de la République d’Irlande

1982-1983

Gaston E. Thorn, président de la Commission des communautés européennes

1981-1982

Bruno Kreisky, Chancelier fédéral de la République d’Autriche

1980-1981

Simone Veil, président du Parlement européen

1979-1980

Andries Van Agt, Premier ministre des Pays-Bas

1978-1979

Guy Spitaels, ministre de l’Emploi et du Travail de Belgique

1977-1978

Mario Soares, Premier ministre du Portugal

1976-1977

Leo Tindemans, Premier ministre de la Belgique

1975-1976

Edgar Faure, président de l'Assemblée nationale française

1974-1975

Herman De Croo, ministre belge de l'Éducation nationale (flamande)

François-Xavier Ortoli, président de la Commission des Communautés européennes

1973-1974 

Karl Otto Pöhl, secrétaire d’État au ministère des Finances de la République fédérale d’Allemagne

1972-1973

Lord George-Brown, ancien ministre britannique des Affaires étrangères

1971-1972

Altiero Spinelli, membre de la Commission des Communautés européennes

1970-1971

Jean Rey, président du conseil d’administration du Collège d'Europe

1969-1970

S.A.R. Albert, Prince de Belgique

1968-1969

Robert van Schendel, secrétaire général du Mouvement européen et Administrateur-délégué du Collège d'Europe

1967-1968

A. de Vreese, professeur ; conseiller à la Cour de Cassation de Belgique

1966-1967

Jean Rey, Membre de la Commission des Communautés européennes, président du Conseil d'administration du Collège d'Europe

J. Robert Schaetzel, ambassadeur des États-Unis auprès des Communautés européennes

1964-1965

don Salvador de Madariaga, président du Conseil d’administration du Collège d’Europe

1962-1963

Pierre Harmel, ancien ministre belge

1961-1962

Hugo Geiger, président de la Commission de la Recherche et de la Culture de l’Assemblée parlementaire européenne

1949

J. van Hoestenberghe

don Salvador de Madariaga

Pour citer cet article : Philippe Perchoc, « "Une tribune pour l’Europe." Pratiques et usages du discours européen au Collège d’Europe », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 17, mai-août 2012, www.histoire-politique.fr.

Notes :

[1] Margaret Thatcher, « Discours d’ouverture de l’année académique 1988 au Collège d’Europe », 20 septembre 1988, http://www.coleurope.eu/file/content/news/Speeches/1988-1989.pdf. Dernière consultation le 17 janvier 2012. Dans les premières versions du document fournies par la Margaret Thatcher Foundation, on évoque plutôt « inviter le roi Hérode à parler des vertus de l’éducation des jeunes enfants ».

[2] Jonathan Collet, un ancien directeur du « Brugge Group » a ainsi écrit à Peter Oborne, éditorialiste du Telegraph, pour lui apprendre que le discours eurosceptique du Premier ministre avait bien un rapport avec les prises de positions de Jacques Delors. Selon Jonathan Collet, Margaret Thatcher avait été particulièrement agacée par un discours du président de la Commission européenne au Parlement européen le 6 juillet 1988 où il avait affirmé qu’en dix ans, 80 % de la législation économique des États membres seraient d’origine européenne. cf Peter Oborne, « The truth about Maggie Thatcher’s Bruges speech », The Telegraph, 25 avril 2011, http://blogs.telegraph.co.uk/news/peteroborne/100084944/the-truth-about-maggie-thatcher%E2%80%99s-bruges-speech/ [consulté le 4 juin 2012].

[3] Les échanges de correspondance entre le ministère des Affaires étrangères et Downing Street montrent à quel point deux visions de l’Europe pouvaient s’affronter chez les conservateurs d’alors, entre Geoffrey Howe pour qui le parti devait rester celui de l’Europe et le tournant pris par Margaret Thatcher qui inaugura l’entrée du parti du côté de l’euroscepticisme, mot inventé à cette occasion.

[4] David Hannay, « David Hannay to John Kerr (invitation for MT to address College of Europe in Bruges) », 29 mars 1988, http://www.margaretthatcher.org/document/111772.

[5] Pour une liste des personnalités invitées à prononcer le discours d’ouverture, on peut consulter le site internet du Collège d’Europe, http://www.coleurope.eu/template.asp?pagename=histopening, dernière consultation le 12 janvier 2012.

[6] À ce propos, on notera que c’est justement Jacques Delors qui est invité l’année suivante et qui se voit offrir l’opportunité de répondre au discours de Margaret Thatcher. Jacques Delors, « Discours d’ouverture de l’année académique 1989 au Collège d’Europe », 17 octobre 1989, http://www.coleurope.eu/file/content/news/Speeches/1989-1990.pdf.

[7] Parmi les travaux consacrés spécifiquement au Collège d’Europe, on retiendra une étude historique et un article d’anthropologie politique. Pour le premier : Caroline Vermeulen, Le collège d’Europe à l’ère des pionniers, 1950-1960, Bruxelles, Euroclio. 2000. Pour le second : Virginie Schnabel, « Élites européennes en formation. Les étudiants du "Collège de Bruges" et leurs études », Politix 11, no 43, 1998, p. 33-52. Une publication du Collège lui-même fait le bilan sur son histoire : Léonce Bekemans, Dieter Mahncke et Robert Picht, The College of Europe, Fifty Years of Service to Europe, 1999

[8] À propos de la genèse du Collège d’Europe, on pourra consulter les mémoires d’Henri Brugmans, premier recteur de l’institution, À travers le siècle. Mémoires d’Europe, Bruxelles, Presses interuniversitaires européennes, 1993, mais aussi une brochure de 1957 publiée d’abord anonymement par le Père Verleye, un des principaux animateurs du comité local qui soutint la création du Collège (Le Collège d’Europe, ses origines, 1957). Caroline Vermelen est l’auteur d’un des seuls travaux universitaires consacrés à la question jusqu’à présent : Le Collège d’Europe : à l’ère des pionniers, 1950-1960, Louvain-la-Neuve, UCL, 1995.

[9] Renseignement donné par le secrétariat du Mouvement européen international à Bruxelles.

[10] Ce qui semble indiquer l’importance que le Collège attribue lui-même à cette tribune offerte à des personnalités européennes. Une bonne partie des discours sont disponibles sur le site internet du Collège d’Europe http://www.coleurope.eu/template.asp?pagename=histopening (dernière consultation le 5 janvier 2012).

[11] Publication trimestrielle relatant les grands événements de la vie universitaire dont le Collège conserve un certain nombre des numéros bien qu’il n’y ait pas eu de politique systématique de conservation.

[12] À ce sujet, il convient de noter qu’il n’a pas été possible pour le moment de vérifier si les archives des discours inauguraux prononcés les premières années sur le campus de Natolin sont disponibles dans les archives du campus. Un travail plus approfondi, notamment auprès des autorités polonaises, devrait permettre dans le futur de retrouver ces discours souvent prononcés par des personnalités politiques polonaises de premier plan.

[13] Les étudiants de la première promotion préparatoire étaient 22, puis 35 pour la première promotion de 1950, 92 en 1973, 200 en 1989, 375 en 2000.

[14] Le Collège d’Europe, ses origines, op. cit., 1957, p. 10. On sait que le Père Verleye est l’auteur de cet opuscule anonyme conservé à la bibliothèque du Collège d’Europe. Denis de Rougemont ne fut pas totalement convaincu du choix de Bruges par la suite et continua à travailler à la création d’une grande université européenne comme le rappelle Daniel Thérond dans son étude sur la naissance de l’Institut universitaire européen de Florence. Daniel Thérond, L’Université européenne, vicissitudes et perspectives, Lyon, Éditions de l’Hermès, 1975, p. 66. Denis de Rougemont fut néanmoins présent lors de la rentrée académique de la première promotion en 1950.

[15] Henri Brugmans, À travers le siècle, op. cit., p. 296.

[16] Par la suite, les cérémonies d’ouverture eurent lieu à l’Hôtel de Ville jusqu’à ce que ce dernier devienne trop petit pour permettre aux étudiants, aux enseignants, aux membres du Comité local et aux personnalités invitées de prendre place. Il est difficile de donner des chiffres précis du nombre de ces personnalités. Ainsi en 1968, le trimestriel Informations, revue interne du Collège (n° 4, 1968, p. 2), précise que le ministre du Logement et de la Famille (G. Breyne), l’évêque de Bruges (Mgr. De Smet), l’ambassadeur d’Irlande (G. Wood) et le premier échevin, par ailleurs député, (G. Eneman) étaient présents. La cérémonie s’est longtemps déroulée à l’Hôtel de Ville, en certaines occasions au palais provincial, au Walburga kerk (une église) et depuis le milieu des années 2000 au Concertgebouw Brugge (la salle de concerts de la ville de Bruges).

[17] Caroline Vermeulen, Le Collège d’Europe à l’ère des pionniers 1950-1960, mémoire de licence sous la direction de Michel Dumoulin, université catholique de Louvain, 1995, tome 2, Annexe III. Rappelons à cette occasion que pendant les premières années du Collège, des cycles de conférences ouvertes au public brugeois ont tenté de resserrer les liens entre la nouvelle institution universitaire et sa ville d’accueil.

[18] Selon le compte rendu publié dans le Carillon, la brochure des anciens du Collège, pour la première ouverture de l’année académique, le 12 octobre 1950, les personnalités étaient nombreuses. « Autour de Don Salvador de Madariaga, Président de la section culturelle internationale du Mouvement de l’Europe, l’on reconnaît messieurs Harmel, ministre de l’Intérieur, Dautry, président de la Fondation internationale de la Cité universitaire de Paris, Roy Harrod, professeur d’économie à Oxford, Denis de Rougemont, directeur du Centre européen de la Culture à Genève, Drapier, rapporteur général du Conseil national belge du Mouvement européen, le Comte Lippens, ministre d’État, Blanquaert, professeur à l’université de Gand, Hendrik Brugmans, recteur du Collège d’Europe… » Carillon, numéro spécial de l’Association des anciens du Collège d’Europe publié à l’occasion du Xe anniversaire du Collège d’Europe, 1960, p. 14. Cette description reprend un article du Journal de Bruges dont la source n’est pas indiquée clairement.

[19] Henri Brugmans, M.J. Lory, Prophètes et fondateurs de l’Europe : Virgile, Dante, Henri Le Navigateur, Erasme, More, Vivès, Guillaume Le Taciturne, Sully Comenius, Leibniz, Paine, Saint-Simon, Massaryk, Nansen, Vermeylen, Churchill, Adenauer, Dautry, Marshall, De Gasperi, Schuman, Saint-Exupéry : vingt-deux études, Bruges, College of Europe, “Studies in Contemporary European Issues”, special issue, 1974, p. 7. Un certain nombre des discours du recteur Lukaszewski retrouvés dans ses archives au Collège montrent une habitude inverse : un tour d’horizon de l’actualité politique en français et l’éloge du patron de promotion en anglais.

[20] Otto von der Gablentz, diplomate allemand et ancien étudiant du Collège d’Europe (promotion Érasme, 1953), devient recteur du Collège en 1996 (jusqu’en 2001) après avoir été ambassadeur de l’Allemagne réunifiée à Moscou (1993-1995). Dans une brochure reprenant ses éloges des patrons de promotion, il rappelle : « Il appartient au recteur d’exprimer chaque année sa vision du Collège d’Europe à travers le choix d’un patron de promotion. » Otto von der Gablentz, L’œil européen, Cinq patrons du Collège d’Europe, Bruges, Collège d’Europe, 2001, p. 7.

[21] Henri Brugmans parlait le néerlandais puisqu’il était lui-même originaire d’Amsterdam. Très tôt engagé dans le socialisme, mais aussi dans la lutte pour la reconnaissance de la culture flamande, il passa la majorité de sa vie à Bruges plus qu’à Amsterdam. Son autobiographie, À travers le siècle, rappelle combien son engagement pour la cause flamande a été un élément fondamental de son parcours.

[22] Un indice était néanmoins donné par son habitude d’alterner un Ancien et un Moderne. Il semble que la tradition de donner un nom aux promotions soit venue de France où elle remontait au moins à 1830 et à l’habitude des Saint-Cyriens de nommer leur promotion, tradition reprise à l’École nationale d’administration après la guerre.

[23] C’est ce qu’atteste la liste des personnalités invitées disponible sur le site internet du Collège d’Europe. http://www.coleurope.eu/template.asp?pagename=histopening [dernière consultation le 12 janvier 2012].

[24] Henri Brugmans, « Le Collège d’Europe, ses buts, ses méthodes », dans L’Europe naissante, décembre 1958.

[25] Paul Demaret, Les études juridiques au Collège d’Europe (Bruges), dans 30 ans d’études juridiques au Collège d’Europe, Liber Professorum 1973-1974/2003-2004, « Cahiers du Collège d’Europe », Bruxelles, Peter Lang, 2005, p. 15-29.

[26] Brugmans évoque ainsi son successeur dans ses mémoires : « Il a donné au Collège une orientation différente de la mienne : moins engagée au sens fédéraliste. Il a augmenté le nombre des étudiants, de même que le budget : performance insigne surtout dans une période de compression budgétaire. J’en aurais été incapable. Surtout, il a assuré au Collège sa pérennité. » Henri Brugmans, À travers le siècle, op. cit., p. 347.

[27] Daniel Thérond, L’Université européenne, vicissitudes et perspectives, Lyon, Éditions de l’Hermès, 1975. L’auteur rappelle les longues négociations (douze ans) ayant menées à la création de l’Institut universitaire européen de Florence.

[28] Dans un modèle de lettre à adresser aux parlementaires français au moment de la ratification par la France de la « Convention relative à l’Institut universitaire européen à Florence » en février 1974, le recteur Lukaszewski rappelle qu’il a œuvré depuis déjà deux ans au renforcement qualitatif et quantitatif du Collège. « Il est, toutefois, indispensable de maintenir ce développement dans les années à venir, pour que l’instauration de l’Institut de Florence, n’aboutisse pas à l’atrophie de celui de Bruges, mais conduise, au contraire, à une émulation fructueuse entre ces deux centres. » Projet de lettre, 15 février 1974.

[29] Cette inscription dans les traités implique que l’adhésion à l’IUE de Florence fait partie de « l’acquis communautaire » et doit être acceptée par tout nouvel État-membre, avec les obligations de financement qui y affèrent.

[30] 39 à Bruges et 17 à Natolin.

[31] Gaston Thorn (1982), Jacques Santer (1992 ; 1995), Jean-Claude Juncker (2006).

[32] Nous avons choisi de compter les orateurs issus de familles royales, espagnoles ou belges, dans cette catégorie et de reprendre le décompte des invités depuis la création du Collège et pas seulement depuis l’instauration du discours inaugural en 1972.

[33] Hannay David à Kerr John, « Invitation for MT to address College of Europe in Bruges », 29 mars 1988, http://www.margaretthatcher.org/document/111772. [dernière consultation le 15 février 2012].

[34] Le discours de Bruno Kreisky, chancelier fédéral de la République d’Autriche, en 1981 est représentatif de cette catégorie. Il est consacré aux rapports entre l’Europe et les États-Unis en pleine crise des euro-missiles et il réaffirme la nécessité du partenariat euro-atlantique. Cette catégorie représente environ la moitié des discours étudiés.

[35] C’est notamment le cas de personnalités politiques venues d’États en phase de négociation comme Mario Soares (1977) alors Premier ministre portugais, Felipe Gonzales (1985) Premier ministre espagnol, Thomas Klestil (1993) chancelier fédéral de la République d’Autriche, Danuta Hübner (2003 à Natolin), ministre polonaise des Affaires européennes. Cette catégorie est composée d’une demi-douzaine de discours.

[36] Cette catégorie représente environ la moitié des discours étudiés.

[37] Il faut attendre l’an 2000 pour que le premier orateur grec, Georges Papandreou alors Ministre des Affaires étrangères, soit invité.

[38] Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Malte et Chypre.

[39] La création du campus de Natolin devrait faire l’objet d’une recherche spécifique pour évaluer le rôle qu’il a pu jouer dans la préparation de l’élargissement de 2004 et de 2007.

[40] Discours de Margareth Thatcher au Collège d’Europe, 20 septembre 1988, http://coleurope.eu/file/content/news/Speeches/1988-1989.pdf [dernière consultation le 22 décembre 2011].

[41] Au passage, il reprend le mot que l’on sait apocryphe de Jean Monnet « si c’était à refaire, je recommencerais par la culture ».

[42] Discours de François Mitterrand au Collège d’Europe, 13 octobre 1987, http://coleurope.eu/file/content/news/Speeches/1987-1988.pdf [dernière consultation le 22 décembre 2011].

[43] La Chancelière rappelle à l’occasion qu’elle est heureuse de prendre la parole quand le patron de la promotion, Albert Einstein, est non seulement allemand comme elle, mais aussi physicien comme elle.

[44] Discours d’Angela Merkel au Collège d’Europe, 2 novembre 2010, http://www.coleurope.eu/file/content/news/Speeches/Speech.Merkel.French.pdf [dernière consultation le 22 décembre 2011].

[45] Seul reste le court compte rendu donné dans la revue Informations, 1971.

[46] Discours de Jacques Delors, 17 octobre 1989, http://coleurope.eu/file/content/news/Speeches/1989-1990.pdf [dernière consultation le 22 décembre 2011].

[47] Discours de Georgio Napolitano, 26 octobre 2011, http://www.coleurope.eu/file/content/news/Speeches/Discorso-fr.pdf [dernière consultation le 22 décembre 2011].

[48] Discours de Bruno Kreisky, 30 septembre 1981, http://coleurope.eu/file/content/news/Speeches/1981-1982.pdf [dernière consultation le 22 décembre 2011].

[50] On peut néanmoins en trouver la liste et les archives sur le site de l’Institut : http://www.whi-berlin.eu/humboldt-reden-zu-europa-archiv.html [dernière consultation le 19 janvier 2012].

[51] Il est assez difficile de trouver des informations sur la naissance du Collège européen de Parme. Il trouve son origine dans l’engagement d’Alfonso Mattera Ricigliano lui-même professeur visitant du département de droit du Collège d’Europe. La « fondation Collège européen de Parme » a repris le système des patrons de promotions et des cérémonies d’ouverture, bien que n’ayant aucune reconnaissance ni aucun lien juridique avec le Collège d’Europe à Bruges et à Natolin. 2003 : Romano Prodi (président de la Commission européenne) ; 2004 : Étienne Davignon (ancien membre de la Commission européenne) ; 2006 : Franco Frattini (ancien membre de la Commission européenne)  ; 2007 : José Manuel Durao Barroso (président de la Commission européenne)  ; 2008 : Giorgio Napolitano (président de la République italienne) ; 2009 : Pascal Lamy (directeur général de l’OMC) ; 2010 : Herman Van Rompuy (président du Conseil européen)  2011 : Jerzy Busek (président du Parlement européen). Dans ce cas, les discours ne sont pas disponibles sur le site internet de l’institution http://www.europeancollege.it [dernière consultation le 12 janvier 2012].

Philippe Perchoc

Philippe Perchoc a soutenu sa thèse de science politique à Sciences Po en 2010. Il est assistant académique au programme d’études européennes générales du Collège d’Europe (Bruges) et aux Facultés Universitaires Saint Louis (Bruxelles)

Mots clefs : Europe, Collège d’Europe, discours.

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  • ISSN 1954-3670