Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Gaullistes, femmes et réseaux

Coordination : Yves Denéchère

Yvonne de Gaulle, Geneviève de Gaulle, deux gaullistes de l'intimité

Frédérique Neau-Dufour
Résumé :

Yvonne de Gaulle et Geneviève de Gaulle Anthonioz ont laissé dans la mémoire deux images radicalement opposées. La première, épouse (...)

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Yvonne de Gaulle et Geneviève de Gaulle Anthonioz ont laissé dans la mémoire deux images radicalement opposées. La première continue d’incarner à tort ou à raison une certaine tradition féminine, faite de soumission et d’effacement, alors que la seconde apparaît comme une personnalité engagée, indépendante dans ses choix, qu’il s’agisse de résister au nazisme durant la Seconde Guerre mondiale ou de lutter contre le désintérêt de la société vis-à-vis du Quart Monde dès le début des Trente Glorieuses. Tandis que la première a poussé l’effacement jusqu’à décliner par avance toute proposition de décoration, la seconde a été distinguée par la grand-croix de la Légion d’honneur en 1997, distinction qu’elle est la première femme à recevoir depuis la création de la Légion d’honneur.

Les cas d’Yvonne de Gaulle et de Geneviève de Gaulle Anthonioz posent la question de l’engagement gaulliste de deux femmes intimement liées à son fondateur, par des liens familiaux et de surcroît personnels. Le premier écueil à éviter dans une telle analyse est celui de la compétition entre deux légitimités. En termes de proximité avec le général de Gaulle, il serait vain de disputer quelque supériorité : Yvonne est l’épouse de Charles de Gaulle et a partagé quotidiennement avec lui une existence longue de presque cinquante années. Mais Geneviève depuis sa plus tendre enfance entretient avec son oncle les liens du sang et surtout une complicité spirituelle et intellectuelle sans équivalent dans la famille de Gaulle.

Une fois posé ce principe d’équilibre, se pose la question de la façon dont chacune des deux femmes envisage le gaullisme et, le cas échéant, s’y implique. Répondre à cette question n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît et ne se réduit pas à l’étude croisée de deux biographies. En effet, s’interroger sur le gaullisme chez Geneviève et Yvonne renvoie à d’autres questionnements, notamment sur l’ensemble de la famille : y a-t-il eu, femmes et hommes confondus, une sensibilité gaulliste particulière au sein de la famille de Gaulle ? Il faut également en revenir à la spécificité du gaullisme et à son impact sur la population féminine : les Françaises dans leur ensemble se sont-elles reconnues dans ce mouvement ? Y avaient-elles leur place ? Se reconnaissaient-elles dans les thématiques développées au sein du mouvement ?

C’est donc au croisement du général et du particulier, de l’intime et du politique, que se situe le propos. Pour plus de clarté, il convient d’étudier en préalable ce qui a constitué chez les deux femmes les bases et les prémices d’une conscience politique, car c’est à partir de cette base que peut se comprendre leur gaullisme ultérieur.

Deux rapports antagonistes au monde extérieur

Il est fondamental de rappeler qu’Yvonne et Geneviève ont une génération d’écart. Yvonne est née en 1900, Geneviève en 1920, ce qui lui donne approximativement le même âge que les enfants d’Yvonne et de Charles de Gaulle. Cet écart a plus de conséquences qu’il n’y paraît : une guerre mondiale sépare l’éducation qu’ont reçue les deux petites filles.

Yvonne, née Vendroux, appartient à une famille de grands industriels calaisiens très fortunés. Les fondements de son éducation sont encore ceux du XIXe siècle : la petite fille doit être protégée à l’extrême du monde extérieur dont il faut lui cacher la dureté. Le principal objectif de son éducation est de la préparer à son métier d’épouse et de mère, et non pas de l’ouvrir sur le monde ou sur le savoir. C’est donc à la maison qu’une institutrice vient lui donner quelques leçons. Yvonne ne passe pas le baccalauréat, ni même le certificat d’études.

Cependant, une nuance s’impose. Les Vendroux, très proches des milieux d’affaires britanniques, ont des vues plutôt avant-gardistes en matière hygiéniste et sportive : Yvonne pratique par exemple l’alpinisme. Par ailleurs, Marguerite Vendroux, la mère, n’a rien de la bourgeoise compassée et repliée sur elle-même : elle est au contraire, pour son époque, une femme moderne, l’une des premières par exemple à avoir le permis de conduire. Son engagement social, très lié au devoir de charité chrétienne qui s’impose à toutes les femmes de son rang, change nettement de nature au cours de la guerre : dans Calais bombardé, elle est une infirmière-major hors pair, présente jour et nuit aux côtés des blessés, c’est-à-dire bien plus que n’exigerait son statut. Décorée de la Croix de guerre en même temps que son fils Jacques-Philippe blessé au combat, Marguerite Vendroux offre l’image d’une femme volontaire et engagée, qui aurait pu servir de référence à sa fille Yvonne. 

Du côté de Geneviève, les choses se présentent fort différemment. Sa famille est plus isolée socialement. Son père, Xavier de Gaulle, frère aîné du Général, est ingénieur des mines, ce qui le conduit à des déménagements fréquents. Au terroir calaisien d’Yvonne s’opposent les déracinements successifs de Geneviève, qui naît à Saint-Jean-de-Valeriscle dans le Gard, avant de déménager dans la Sarre et enfin en Bretagne.

En revanche le modèle féminin fait dans son cas largement défaut, puisqu’elle perd sa mère à l’âge de cinq ans. Faute d’une bonne relation avec la seconde épouse de son père, elle va puiser dans l’enseignement et dans la lecture les bases de son savoir. Le XIXe siècle est loin désormais. Dans les pensionnats où elle étudie avec sa sœur Jacqueline, Geneviève s’ouvre à d’autres univers et passe le baccalauréat. Xavier de Gaulle, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, n’hésite pas à éveiller sa fille aux problèmes de l’actualité : c’est ainsi qu’il lui fait lire Mein Kampf dans les années 1930 [1] , afin de lui montrer les dangers qui menacent l’Europe. Le fait que Geneviève décide en 1940 d’entrer à la faculté d’histoire de Rennes découle en partie de cette éducation. Ce faisant, elle s’inscrit dans la lignée des hommes de la famille : son arrière-grand-père Julien de Gaulle était chartiste, son grand-père Henri de Gaulle professeur d’histoire.

Dès leur enfance, Yvonne et Geneviève sont donc éduquées selon des normes très différentes, la première dans un moule traditionnel peu propice à l’émancipation intellectuelle, l’autre dans une démarche plus stimulante pour la construction individuelle. Leur rapport à la politique en sera bien entendu très influencé.

Une même vision de l’humain, inspirée du catholicisme

On notera cependant des points communs qui ne sont pas étrangers au gaullisme ultérieur : le catholicisme est pour les deux jeunes filles un élément constitutif. Il s’exprime chez Yvonne de Gaulle par une piété fervente, par la pratique de la charité individuelle et, à partir de 1946, par la création de ce qui ressemble fort à une bonne œuvre, la Fondation Anne de Gaulle. Chez Geneviève, la foi catholique est tout aussi intense, quoique vécue sur un mode spirituel plus accompli, comme le montre la correspondance qu’elle entretient toute sa vie avec la sœur Hélène de Berg [2] . Elle comporte également un ferment révolutionnaire qui appelle au changement social. Quelles que soient leurs différences de pratique et de sensibilité, Yvonne et Geneviève se retrouvent dans l’Église.

Surtout, un commun respect envers l’être humain les imprègne : Marguerite Vendroux l’inculque à sa fille lors de ses visites de charité puis pendant la guerre avec la préparation de colis ou de pansements pour les blessés. Xavier y éveille la sienne par des lectures, mais aussi par une exigence d’attention envers les autres. « Je n’ai jamais vu mon père autrement que respectueux et attentif envers qui que ce soit » indique Geneviève [3] .

D’autres points de rencontre existent, plus nombreux qu’il n’y paraît. Le principal est bien sûr Charles de Gaulle, personnage avec lequel elles entretiennent, chacune à leur façon, une relation d’affection et d’intimité.

En 1921, Yvonne épouse le capitaine de Gaulle, encore inconnu du grand public. Bien que le couple fasse preuve d’une grande retenue en matière d’exposition des sentiments, il est possible d’affirmer qu’un profond amour l’unit. Yvonne l’exprime dès le premier jour par une formule lapidaire qui est restée célèbre dans la famille et qui traduit finalement assez bien son gaullisme de cœur : « Ce sera lui ou personne [4] . »

Geneviève, de son côté, aurait pu être une nièce parmi tant d’autres, choyée comme il se doit dans cette grande famille où le cousinage est une institution. Mais sa petite enfance est marquée par un drame peu commun qui amène son oncle Charles à veiller sur elle plus que sur une autre : en 1925, la mère de Geneviève meurt brutalement. La famille réside à ce moment-là en Sarre. Charles de Gaulle, alors en garnison à Trêves, prend en affection la petite Geneviève et l’accueille régulièrement avec son frère et sa sœur pendant les vacances scolaires. La proximité géographique aide à l’établissement de ces liens, mais il est à noter qu’elle se double bientôt d’une proximité intellectuelle. La curiosité de Geneviève, l’intérêt qu’elle porte à la lecture et surtout à l’histoire, le souci qu’elle a du monde extérieur contribuent à renforcer son entente avec le colonel de Gaulle.

À partir de ces origines différentes mais aussi de ces valeurs communes, comment les deux femmes ont-elles appréhendé le gaullisme ? Lesquelles de ses idées maîtresses avaient-elles à cœur ? Jusqu’où est allée leur volonté de les défendre ? Ont-elles contesté certains de ses choix ? Leur gaullisme est-il, en définitive, de même nature ? Répondre à ces questions dans le cadre d’un simple article exige une stricte concision. Aussi ciblerons-nous trois moments phares de l’engagement gaulliste, à savoir la France libre, le RPF et la Ve République.

Deux femmes gaulliennes face au 18 juin

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Yvonne et Geneviève de Gaulle ont un même degré de conscience des événements qui menacent la paix en Europe. En tant qu’épouse du colonel de Gaulle, Yvonne bénéficie d’une connaissance assez précise du contexte international et de l’état des forces militaires en présence. Elle a relu et corrigé les articles et les ouvrages de son mari, elle a assisté à la plupart de ses conversations avec le colonel Meyer, avec Jean Auburtin ou Lucien Nachin [5] . De Gaulle a l’habitude de partager ses idées avec son entourage et évoque largement, dès les années 1920, la probabilité d’un nouveau conflit. Une même sensibilisation est à l’œuvre du côté de Geneviève de Gaulle, par le biais de son père, comme nous l’avons dit, mais également par son intérêt personnel pour l’histoire. Au-delà de leur cas personnel, les deux femmes appartiennent à une famille que l’actualité des années 1930 unit plus que jamais : l’ensemble de la fratrie de Gaulle condamne par exemple en 1938 la signature des accords de Munich [6] .

La lucidité de Geneviève et d’Yvonne est donc supérieure à celle de bien des Français quand éclate la guerre. Pourtant, leur attitude dans ce moment extrême s’oppose presque radicalement. Il n’est pas faux de dire, de manière un peu abrupte, que l’engagement spontané de Geneviève de Gaulle fait contraste avec la passivité d’Yvonne de Gaulle. Mais, comme bien souvent, cette présentation caricaturale réserve des nuances.

Le 17 juin 1940, les deux femmes se trouvent en Bretagne. Geneviève est venue de Rennes à Locminé rejoindre sa grand-mère Jeanne de Gaulle qui s’y est exilée. Yvonne vient d’arriver à Carantec après un long périple depuis Colombey-les-Deux-Églises. À partir de là, leurs itinéraires se séparent radicalement. Alors que Geneviève de Gaulle entre en résistance dès le 17 juin 1940 en réaction au message radiodiffusé du maréchal Pétain qu’elle juge inacceptable, Yvonne de Gaulle continue son exode jusqu’en Grande-Bretagne. Son objectif n’est pas de poursuivre la guerre, ni de répondre à l’appel du 18 juin dont elle n’a pas alors connaissance : son seul but est de mettre à l’abri ses trois enfants, notamment la petite Anne handicapée mentale. Elle choisit pour cela l’Angleterre, comme ses propres parents l’avaient fait pour elle-même lors de la Première Guerre mondiale, et sans savoir que son époux s’y trouve [7] .

Geneviève le reconnaît : avoir des enfants change profondément la donne lorsqu’il s’agit de risquer sa vie. Pour elle, célibataire et sans charge de famille, le choix de la résistance est sans doute plus aisé que pour Yvonne. Il se traduit d’abord par des initiatives individuelles avant que Geneviève choisisse la clandestinité et rejoigne Défense de la France. C’est assurément sous l’étendard gaulliste qu’elle combat, à tel point qu’une grande partie de son activité résistante consiste à faire mieux connaître aux autres résistants la personnalité et la pensée du Général, souvent mal connu sur le terrain. Le témoignage de Philippe Viannay est à cet égard sans ambiguïté : « Au cours de conversations animées, elle s’employa avec beaucoup d’habileté et de conviction à me faire modifier mon attitude profonde vis-à-vis du Général. […] Et elle me procura également ses textes essentiels, principalement ses discours et déclarations. Il peut paraître stupéfiant que je ne les aie pas connus avant et que même je n’en ai pas su l’existence. C’est ainsi. La Résistance n’appartenait à personne en particulier et je n’avais éprouvé jusqu’alors aucun besoin de ralliement [8] . » Dans le journal publié clandestinement par Défense de la France, elle écrit deux articles : le premier, daté du 20 juin 1943, est une présentation biographique de Charles de Gaulle, le second est intitulé « De Gaulle et l’indépendance française ».

Arrêtée en juillet 1943, déportée à Ravensbrück, Geneviève de Gaulle subit la terrible épreuve du camp avec un cran qui n’est pas sans rappeler celui de son oncle annonçant le 18 juin sur les ondes de la BBC que la flamme de la résistance ne s’éteindrait pas. Á divers titres, l’expérience concentrationnaire est fondatrice pour la suite de son parcours. En raison de son nom de famille mais aussi de son attachement à la pensée de son oncle, Geneviève est surnommée par les autres déportées françaises « le petit de Gaulle ». À l’occasion d’une conférence clandestine qu’elle prononce trois semaines après son arrivée au camp dans le Waschraum du block 36, elle explique à ses codétenues ce qui constitue le fondement de la résistance. « Comme son oncle, elle avait un don pour parler. Plus encore que lui, même », se souvient ultérieurement Anise Postel-Vinay, déportée avec elle, « Elle se concentrait, réfléchissait, n’écrivait rien. Tous deux parlaient la même langue [9] . » Germaine Tillion souligne l’apport de la nièce du général de Gaulle aux déportées : « Ce n’est qu’en captivité que j’ai connu au sujet du général de Gaulle des détails vivants ; je les ai accueillis avec une gratitude infinie [10] . » Lorsque Geneviève de Gaulle apprend la libération de Paris – moment du triomphe gaullien – par Wlasta Stachova, déportée tchèque qui travaille au secrétariat du camp, elle fabrique une cocarde tricolore qu’elle accroche à ses guenilles et parcourt les blocks pour annoncer la nouvelle. Enfin, si elle sort vivante de l’enfer, c’est à son nom de famille qu’elle le doit. Himmler, pressentant l’issue de la guerre et soucieux de préserver ses arrières, décide d’épargner cette proche du général de Gaulle. Il la fait donc placer au Bunker, loin de la violence meurtrière des baraques et des kommandos [11] .

Le contraste est donc saisissant entre une Geneviève qui devient à la faveur de la guerre un « petit soldat de la France libre », selon les termes de la dédicace que Charles de Gaulle lui écrit sur son exemplaire des Mémoires de guerre [12] , un ambassadeur quasi officiel du gaullisme dans sa fibre résistante, un combattant qui risque sa vie et qui serait sans doute devenue un Compagnon de la Libération si elle n’avait pas été si proche d’un Général qui se méfiait du népotisme, et une Yvonne qui s’efface au fur et à mesure que le conflit gagne en intensité.

Sans aucun doute, Yvonne de Gaulle considère le gaullisme comme intrinsèquement lié au 18 juin. D’une certaine façon, c’est même le seul gaullisme qu’elle considère digne d’intérêt. Pour le restant de ses jours, ce gaullisme originel demeure une référence indépassable qui affadit les initiatives politiques ultérieures de son mari. C’est ainsi qu’au moment où Charles de Gaulle prend ses fonctions de président de la République, en janvier 1959, elle écrit à l’une de ses cousines : « La situation actuelle n’est qu’un moyen. Rien n’égalera jamais les gloires de 1940-1945 [13]  ! »

Pour autant, durant le conflit, cette vision ne pousse jamais Yvonne de Gaulle à s’engager dans l’action. Durant les premières années de la France libre en Grande-Bretagne, elle n’apporte pas son aide aux infirmières françaises qui s’organisent à Londres, ne rend pas visite aux blessés français, ne fait pas de déplacement connu sur l’une des dizaines de bases que comptent les Forces françaises libres sur le sol britannique, même lorsqu’elle habite près de la base aérienne de Bigghin Hill d’où s’envolent quelques pilotes français… Elle qui a vu sa propre mère en 1914-1918 se dépenser corps et âme en faveur des blessés dans des conditions extrêmement difficiles, choisit littéralement de se retirer du conflit. Ses seules préoccupations sont pour le petit noyau familial qui gravite autour d’elle – son mari et ses enfants.

Alors que Geneviève naît d’une certaine façon en 1940, Yvonne s’efface jusqu’à disparaître. Le Blitz qui terrorise Anne la conduit à s’éloigner de Londres et à gagner le fin fond du pays de Galles. Cantonnée à une existence purement domestique, elle vit dans la terreur de perdre son mari qui incarne la France et son fils qui navigue pour les Forces navales françaises libres (FNFL). Tandis que Charles de Gaulle s’affirme en chef de la France libre, elle refuse de jouer la première dame et s’efforce de limiter ses apparitions officielles. Son unique fait d’arme consiste à offrir à son mari une base arrière et une stabilité familiale dans un monde qui se délite. C’est un apport important, mais qui n’a rien à voir avec l’engagement de Geneviève qui lutte en poste avancé contre ce que l’enfer comporte de pire.

En conséquence, la guerre constitue un facteur d’éloignement entre Yvonne et Charles de Gaulle, alors qu’elle rapproche l’oncle et la nièce. Si l’on en croit Claude Guy, toujours peu amène il est vrai à l’égard de l’épouse du Général, le couple aurait bien failli se séparer au cours du conflit et ne serait resté uni qu’au nom d’Anne. Si l’information est invérifiable, d’autres sources confirment le mal-être d’Yvonne de Gaulle en 1941-1942. Exclue des grandes dates de l’épopée gaullienne (elle est encore à Alger le 25 août 1944), elle assiste en spectateur lointain au dénouement de la guerre.

Geneviève, quant à elle, libérée de Ravensbrück, y participe pleinement à distance. Dès sa libération et son transfert en Suisse par la Croix-Rouge, elle n’a qu’une idée en tête : en dépit de son épuisement, rejoindre son oncle Charles à Paris. Hébergée dans la villa que les de Gaulle occupent près du jardin de Bagatelle, elle livre longuement son témoignage de l’enfer concentrationnaire : « Je lui ai énormément parlé. C’est à peu près la seule personne à qui j’en ai parlé comme ça. Il y avait pour moi des choses qui étaient pratiquement indicibles, que je n’ai pas dites à mon père, mais que j’ai dites à oncle Charles. […] On a eu vraiment, je dois dire, des moments de très grande intimité [14] . » Le récit permet au chef du gouvernement provisoire de découvrir de l’intérieur le système concentrationnaire, ce qui l’émeut jusqu’aux larmes, ainsi que le confirme Philippe de Gaulle : « D’entendre Geneviève conter les détails de sa détention dans l’horrible camp de la mort plongeait chaque fois mon père dans une tristesse dont, me confia ma mère après coup, il avait bien du mal à émerger [15] . » En dépit de son emploi du temps très chargé, de Gaulle converse avec elle des grands problèmes du moment – la réconciliation avec l’Allemagne, les procès de la collaboration… Sous le même toit, en ce mois de mai 1945, Yvonne et Geneviève se retrouvent. Mais la distance qui les sépare est à la mesure de ce que chacune a vécu au cours de la guerre.

Gaullisme politique : deux engagements contrastés

C’est dans le droit fil de ce contraste entre engagement spontané et approbation passive qu’il faut lire leur attitude vis-à-vis du RPF : cette partie de la geste gaullienne constitue une ligne de fracture très nette entre les deux femmes. Pour Geneviève qui a combattu au nom des valeurs de liberté et de rénovation de la République, le RPF est le lieu de tous les espoirs. Aux côtés de l’homme qu’elle a épousé en 1946, Bernard Anthonioz, proche d’André Malraux, mais aussi de son beau-frère Pierre Anthonioz, elle s’engage dans le soutien au mouvement et en devient le seul orateur national de sexe féminin.

Du côté d’Yvonne, en revanche, le ton est à la réprobation la plus stricte. C’est qu’au contraire de Geneviève qui voit dans le RPF la continuation des valeurs de la résistance, Yvonne de Gaulle considère, non sans une certaine grandeur, qu’il en est la négation. Parlant de son mari, elle dit : « Qu’il descende dans cette boue, pour former ce Rassemblement, moi, voyez-vous, ça me dégoûte, car de cette boue, il sera inévitablement éclaboussé [16] . » Cette volonté de préserver la « pureté » du gaullisme de guerre prouve à quel point Yvonne a saisi sa dimension légendaire. Son attitude, qui a été souvent interprétée comme une étroitesse d’esprit (elle refuse le RPF car elle veut garder son mari à la maison), est en réalité un acte de dévouement au gaullisme du 18 juin.

Il semble finalement que seul le gaullisme présidentiel, porté par une Constitution adaptée à ses ambitions et donnant au Général les moyens de sa politique, parvienne à réconcilier la tante et la nièce. Peu enthousiaste à l’idée de voir son mari revenir au pouvoir, Yvonne de Gaulle choisit à partir de mai 1958 de « faire avec ». Son gaullisme, cependant, n’est pas seulement d’acceptation. En tant que première dame, elle soutient avec une vraie conviction l’œuvre de son époux, comme en témoignent les lettres qui constituent son abondante correspondance ou la part qu’elle prend dans la définition de la politique sociale et familiale de la Ve République naissante.

Parce que son mari est aux affaires, Yvonne développe même une forme d’optimisme vis-à-vis de la France des Trente Glorieuses dont les visites officielles lui dévoilent les infrastructures modernisées. Pour autant, elle reste aussi en prise quotidienne avec la profonde injustice qui sévit encore dans le pays, tout simplement parce que de nombreux Français désespérés s’adressent à elle, la femme du chef de l’État, en dernier recours. Fidèle à la charité chrétienne dans laquelle elle a été élevée, elle fait envoyer des sommes d’argent aux plus nécessiteux, après étude de leur cas par l’assistante sociale : « Je dois aussi vous remercier de nous avoir, par l’intermédiaire de l’Assistance sociale de la République fait don d’une somme de 150 francs », note une personne reconnaissante [17] .

Cette fibre sociale constitutive du gaullisme anime également Geneviève, mais de façon radicalement différente. L’ancienne déportée découvre en 1958 la réalité tragique qui sévit au bidonville de Noisy-le-Grand. Son engagement contre la misère commence là, sous la présidence de son oncle Charles de Gaulle, et prend sans tarder un tour politique : parce qu’elle nie ceux qui en sont victimes, la pauvreté est une atteinte aux droits de l’homme. Elle demande à être traitée dans sa globalité, et non au cas par cas. Nommée en 1964 présidente d’ATD Quart Monde, Geneviève de Gaulle se battra pendant des décennies en ce sens, avec patience et détermination.

En dépit des lenteurs de la République à s’émouvoir de l’exclusion, en dépit de l’inconfort dans laquelle la place la guerre en Algérie (elle sert d’intermédiaire entre son oncle président et son amie de déportation Germaine Tillion qui milite pour le dialogue), elle demeure fidèle à Charles de Gaulle et se range comme sa tante Yvonne dans le camp de ceux que Mai 1968 exaspère. De ses enfants qui manifestent aux côtés des étudiants, Geneviève de Gaulle Anthonioz dit en soupirant : « Ils pensaient qu’ils recommençaient à leur façon la Résistance [18] ... »

Le départ du pouvoir en avril 1969 est un choc pour les deux femmes et marque le début d’une ère nouvelle dans leur rapport au gaullisme. Yvonne, qui survit dix ans à son mari, apprécie Georges Pompidou qui fut le trésorier de la Fondation Anne de Gaulle pendant de longues années. En 1974, elle vote avec enthousiasme pour Chaban-Delmas au premier tour, et nul au second : c’est qu’entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand – qu’elle surnomme « le diable » dans ses courriers –, elle refuse de choisir.

Les fonctions officielles de Geneviève à ATD l’amène à travailler avec les présidents de la République successifs. Les relations avec Giscard sont bonnes, de même que celles qui se nouent avec le président Chirac : le 15 avril 1997, Geneviève de Gaulle peut au nom du Conseil économique et social s’adresser aux députés avant la discussion du projet de loi de cohésion sociale qu’elle porte depuis des décennies. Dans son allocution, elle inscrit la lutte contre la pauvreté dans une double perspective gaulliste, celle du « pacte républicain » qu’a re-souscrit la France en 1945 et celle du Conseil national de la Résistance (CNR). Las, une semaine plus tard, la dissolution de l’Assemblée nationale fait avorter le processus législatif et plonge la vieille dame dans une grande colère [19] ; le changement de majorité qui s’ensuit l’oblige à reprendre son travail auprès du nouveau gouvernement de cohabitation. La loi est finalement votée en 1998 par la majorité socialiste mais sans l’appui des députés gaullistes [20] , ce qui suscite l’indignation de Geneviève : « Que des hommes politiques qui se réclament du gaullisme réagissent ainsi me fait particulièrement mal au cœur [21] . »

Un dernier point commun, plus inattendu peut-être, réunit la tante et la nièce. Dans un univers gaulliste essentiellement masculin, voire machiste, elles défendent l’égalité des femmes et des hommes. L’obtention du droit de vote par les femmes en 1944 est un début, mais à la même époque, leurs revendications égalitaristes vont plus loin : en 1945, Geneviève n’hésite pas à reprocher à son oncle Charles, chef du gouvernement provisoire, de gracier par principe les femmes qui ont été condamnées à mort pour fait de trahison ou de collaboration : « Vous avez joliment tort ! Les femmes, nous nous sommes battues quand il le fallait comme les hommes, alors il ne faut pas avoir [une attitude particulière]. » Sur le même sujet, Yvonne a exactement la même réaction : « Les femmes ont une conscience comme les hommes. Elles sont donc tout aussi responsables de leurs actes. » Selon sa propre belle-fille, Yvonne serait donc « assez féministe », ce qui signifie qu’elle prend « la défense de ses compagnes en toute occasion [22]  ». Tandis que Geneviève de Gaulle aide les femmes du Quart Monde à retrouver leur dignité et leur féminité en organisant par exemple pour elles des séances de coiffure, Yvonne offre un soutien déterminant à l’adoption de la loi sur la pilule contraceptive [23]  : « Peu de Français savent sans doute que l’une des étapes de notre longue marche, la plus décisive peut-être, une dame très pieuse et secrète [...] aiderait à la franchir. La dame, c’est Yvonne de Gaulle [24] . »

La palette gaulliste va du conservatisme au progressisme, elle a pour couleur principale une vision de la France indépendante et mère des droits, et pour tonalité de base un fort engagement en faveur de l’humain. Geneviève et Yvonne incarnent deux façons d’être gaullistes. L’épouse du Général l’est par intimité, par rejaillissement de lumière et par conviction intérieure. Geneviève de Gaulle Anthonioz l’est par combat. Leur fidélité à l’homme et à ses valeurs les rapproche, de même que le dialogue intime qu’elles ont avec lui. À cet égard, Geneviève et Yvonne sont l’une comme l’autre des gaullistes de l’intérieur.

Pour citer cet article : Frédérique Neau-Dufour, « Yvonne de Gaulle, Geneviève de Gaulle, deux gaullistes de l’intimité », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 17, mai-août 2012, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Caroline Glorion, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Paris, Plon, 1997, p. 16.

[2] Cette correspondance a été publiée : Lettres à une amie. Correspondance spirituelle, Saint-Maur, Parole et silence, 2005.

[3] Témoignage recueilli par Maïa Wechsler, rush du film Sisters in Resistance, Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC), cassette 16, KV 1348.

[4] Jacques-Philippe Vendroux, Yvonne ma sœur, Paris, Plon, 1980, p. 77.

[5] Voir notamment Jean Auburtin, Le colonel de Gaulle, Paris, Plon, 1965, p. 9.

[6] C’est dans une lettre à son épouse que Charles de Gaulle commente ainsi les accords de Munich : « Ma chère petite femme chérie, [...] Comme d’habitude, nous capitulons sans combat devant les insolentes exigences des Allemands et nous livrons à l’ennemi commun nos alliés tchèques. [...] La série des humiliations se poursuit. » Lettre de Charles de Gaulle à Yvonne de Gaulle, septembre 1938, Lettres, notes et carnets, Paris, Plon, 1980, p. 474.

[7] Voir Frédérique Neau-Dufour, Yvonne de Gaulle, Paris, Fayard, 2010.

[8] Cité dans Olivier Wieviorka, Une certaine idée de la Résistance, Défense de la France, 1940-1949, Paris, Éditions du Seuil, 1995, p. 207.

[9] Anise Postel-Vinay, « Arrivée de Geneviève à Ravensbrück », Voix et Visages, n° 279, p. 8.

[10] Germaine Tillion, « Première résistance en zone occupée », Revue d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, 1958.

[11] Sur cet épisode, Sisters in Resistance, cassette 20.

[12] Actuellement visible au mémorial Charles de Gaulle de Colombey-les-Deux-Églises.

[13] Yvonne de Gaulle à Madame Christiane Bignier, 10 janvier 1959 (lettre mise en vente par Piasa en 2005).

[14] FCDG, cassette d’archives orales, 1997.

[15] Philippe de Gaulle, De Gaulle mon père, Entretiens avec Michel Tauriac, t. 1, Paris, Plon, 2003, p. 97.

[16] Claude Guy, En écoutant de Gaulle, journal 1944-1949, Paris, Grasset, 1996, p. 304.

[17] FCDG, carton AE 19, lettre anonyme et non datée.

[18] Citée par Caroline Glorion, op. cit., p. 118.

[19] Voir Frédérique Neau-Dufour, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Paris, Éditions du Cerf, 2005, p. 210-211.

[20] À l’exception de MM. Grimault et Warsmann.

[21] Le Figaro, 20 mai 1998.

[22] Ibid.

[23] Voir Frédérique Neau-Dufour, Yvonne de Gaulle, op. cit.

[24] Pierre Simon, De la vie avant toute chose, Paris, Mazarine, 1979, p. 139.

Frédérique Neau-Dufour

Frédérique Neau-Dufour est agrégée en histoire et docteur en histoire. Elle est notamment l'auteur de Geneviève de Gaulle (éditions du Cerf, 2004) et de Yvonne de Gaulle (Fayard, 2012). Elle dirige actuellement le Centre européen du résistant déporté situé sur le site de l'ancien camp de concentration du Struthof (Alsace).

Mots clefs : gaullisme ; Résistance ; Ravensbrück ; statuts de la femme ; première dame.

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  • ISSN 1954-3670