Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Historiographies étrangères de la Première Guerre mondiale

Coordination : Robert Boyce, Sabine Jansen, Pierre Purseigle, Marie Scot

La Grande Guerre : un angle mort de l’histoire allemande ?

Nicolas Patin
Résumé :

En Allemagne, la mémoire du Second conflit mondial et de la « Solution finale » a rejeté la Grande Guerre (...)

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« Le paradoxe de l’attention légitime [envers le IIIe Reich et ses crimes] a abouti à ce que les citoyens [allemands] soient séparés des précédentes périodes passées, des bonnes comme des mauvaises. » C’est par cet argument que le journaliste Thomas Schmid, dans le journal Die Welt, répond à la question : « Pourquoi l’Allemagne a oublié la Première Guerre mondiale [1]  ? »

À la veille des commémorations de 2014, il serait difficile de lui donner tort, tant l’attention portée au régime hitlérien est importante en Allemagne. Les grands débats publics des dernières années ont tous concerné le IIIe Reich et la Seconde Guerre mondiale, quels que soient leur ampleur et leur degré de scientificité : l’exposition sur les crimes de la Wehrmacht [2] , qui a mis fin à la dichotomie trop simpliste entre une armée vertueuse et un appareil nazi et SS criminel ; la polémique [3] entre Christopher Browning et Daniel Goldhagen sur le poids respectif de l’antisémitisme et des conditions conjoncturelles dans l’explication de la « Solution finale » ; le débat sur le film La Chute (2004) [4]  ; les révélations sur le passé nazi de personnalités allemandes, dont celle de Günter Grass [5] qui fut la plus marquante ; l’énorme succès, enfin, du livre de Timur Vermes [6] , mettant en scène le retour d’Adolf Hitler revenu dans la période contemporaine. La violence et l’ampleur de la Seconde Guerre mondiale ont conduit à une confiscation presque entière de l’attention de l’opinion publique. Mais même sans cela, y aurait-il eu, à la manière si spécifique de la France, une possibilité de fonder une véritable mythologie nationale sur une guerre qui s’est terminée, en Allemagne, sur une défaite ? Avec raison, l’historien Arndt Weinrich conclut sa comparaison entre la mort du dernier poilu français, un événement national, et celle du dernier poilu allemand, un non-événement, par cette phrase [7]  :

« Pour la République fédérale et dans la culture politique allemande dans son ensemble, la Première Guerre mondiale ne joue presque aucun rôle, en terme de symbolique et de conscience de soi. »

Ce constat semble difficile à contredire en termes de culture et de mémoire populaires, même si les travaux sur la question sont peu nombreux [8]  ; il s’applique aussi, dans une certaine mesure, à la science historique [9] . Il ne faut cependant pas oublier deux choses : la Grande Guerre – son déroulement, ses enjeux, sa mémoire – a été étudiée de manière intensive dans l’historiographie allemande. Par ailleurs, l’appropriation de la question s’est faite avant la Seconde Guerre mondiale, dans une trajectoire qui débute dès 1918 – dès 1914, devrait-on dire – et qui permet, en s’intéressant à la question de la mémoire de la Guerre sous la République de Weimar et sous le IIIReich, de redonner une autonomie historique à l’événement.

La morphologie du débat historien sur la Grande Guerre a été particulièrement influencée en Allemagne par la polémique liée aux publications de l’historien Fritz Fischer sur la politique impérialiste du Reich durant la Première Guerre mondiale. Que ce débat ait largement orienté l’historiographie vers l’histoire politique et diplomatique ne doit pas cacher des dynamiques récentes qui évoluent vers l’histoire sociale et culturelle. Essayer d’établir un bilan de ces logiques est l’objectif de cet article, à l’orée du centenaire.

Fritz Fischer et le débat sur les causes du déclenchement de la guerre

Les deux spécialistes de la Grande Guerre en Allemagne, Gerd Krumeich et Gerhard Hirschfeld, le soulignent dans leurs analyses de l’historiographie concernant le conflit [10]  : on ne peut comprendre la centralité et la violence de la « controverse Fischer » – cette « affaire Dreyfus » allemande, selon Jacques Droz [11]  – qu’en la ramenant à la continuité éclatante de l’écriture historique entre 1918 et la publication des premières œuvres de Fischer, en 1959.

En effet, le débat politique qui a conditionné l’ensemble de l’écriture historienne allemande après guerre fut le débat sur « le mensonge de la culpabilité allemande » dans le déclenchement de la guerre (Kriegsschuldlüge). Le 12 mai 1919, une fois que les hommes politiques allemands eurent découvert les conditions du traité de Versailles, Philipp Scheidemann déclara : « Quelle main ne se dessécherait-elle pas qui se mettrait et nous mettrait ces chaînes [12]  ? » L’un des articles, notamment, constituait l’affront symbolique le plus dur. Cet article, le 231, déclarait en effet, que « l’Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toute les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements alliés (…) en conséquence de la guerre, qui leur a été imposée par l’agression de l’Allemagne et de ses alliés. » Cette « question de la culpabilité allemande » fut très rapidement au centre du débat. Scheidemann déclara : « Qu’est censé faire un peuple, à qui l’on impose l’obligation de reconnaître : "l’Allemagne est responsable (…) pour toutes les pertes et toutes les destructions"  [13]  ? »

La dénonciation de l’article 231 devint très rapidement un point de consensus large au sein des élites allemandes, y compris à gauche, quel que soit le vocabulaire adopté : entre le « mensonge de la culpabilité allemande » ou « la question de la culpabilité allemande » (Kriegschuldfrage), chaque parti dénonçait, avec son vocabulaire, ce que certains percevaient comme l’unique fondement moral des réparations [14] . C’est ce que l’historien Gerhard Hirschfeld appelle « le mythe de l’innocence allemande » dans le déclenchement de la guerre (Kriegsunschuldlegende) [15] . Ce mythe persista, dans l’écriture historique, bien après le IIIe Reich. Les premières œuvres écrites en Allemagne de l’Ouest – celle de Gerhard Ritter ou de Friedrich Meinecke – ne revinrent pas de manière décisive sur les idées dominantes qui accompagnaient la lutte contre « le mensonge » : l’Allemagne était encerclée par les autres puissances européennes avant la guerre, le mot « encerclement » étant l’un des plus populaires à l’époque [16] , et sa diplomatie avait été prise dans des filets [17] . En somme, et alors que d’autres historiens européens montraient la responsabilité spécifique de l’Empire de Guillaume II dans le déclenchement de la guerre, les historiens allemands continuaient, dans une remarquable continuité idéologique et morale, à défendre l’idée que l’Allemagne avait « dérapé » dans la guerre.

La thèse de Fritz Fischer, qui marquait une rupture ferme avec cette doxa, constitua une véritable révolution. À partir de ses premières publications en 1959 et surtout de son livre [18] de 1961, Les buts de guerre de l’Allemagne impériale 1914-1918, dont le titre allemand est plus explicite (« À la conquête du pouvoir mondial », littéralement), Fischer défendit une thèse simple : l’Allemagne de Guillaume II avait des buts impérialistes et les hommes de la Grande Guerre étaient dans une éclatante continuité avec ceux-ci. Il y avait bien une responsabilité spécifique de l’Allemagne dans le déclenchement de la guerre. L’historien, confronté à un débat d’une rare violence, radicalisa peu à peu ses thèses, les rendant de plus en plus explicites [19]  : il publia ainsi en 1983, Juillet 1914 : Nous n’avons pas dérapé. Démenti cinglant apporté, par exemple, au mémoire d’un haut responsable libéral de droite, qui écrivait dans ses mémoires, en 1954 : « L’Allemagne a dérapé (hineingeschlittern) en 1914, contre sa volonté, dans une guerre de défense pour la protection de l’indépendance de son existence nationale [20] . »

Ce débat, s’il s’est relativement apaisé au tournant des années 1970, ne s’est pour autant jamais vraiment refermé et continue, à l’échelle européenne, à aboutir à des publications qui tentent de réviser certains paradigmes de Fischer [21] , et ceci jusqu’à tout récemment. Le livre de Stefan Schmidt [22] sur la politique extérieure de la France dans la crise de juillet 1914, celui de Ernst-Albert Seils sur le Reichstag durant la guerre [23] , ou le numéro spécial du Journal of Contemporary History [24] consacré à la polémique Fischer « cinquante ans après », en sont des exemples.

On pouvait tout de même croire que ce débat était devenu plus marginal : le succès du livre de Christopher Clark, en Grande-Bretagne [25] et surtout en Allemagne [26] , à l’automne 2013, témoigne, à l’inverse, du fait que la question de la responsabilité des différents pays européens dans le déclenchement de la guerre est toujours centrale. Force est de constater que la remise en cause du paradigme Fischer semble avoir le vent en poupe à la veille du centenaire [27] et que l’exonération relative qu’opère l’historien australien rencontre un écho important outre-Rhin. Christopher Clark conclut ainsi son livre : « Des études récentes sur la controverse autour de Fritz Fischer ont montré le lien entre les termes du débat et le processus compliqué par lesquels les intellectuels allemands ont dépassé l’héritage moral contaminant de l’ère nazie, et les arguments de Fischer ont été soumis à des critiques sur de nombreux points [28] . » Le livre s’est vendu à plus de 70 000 exemplaires en Allemagne en deux mois [29] , ce qui est rare pour un ouvrage concernant la Première Guerre mondiale, et il a rouvert un débat d’ampleur nationale, voire européenne, sur la question de l’entrée en guerre. Il émerge ainsi, face au déluge éditorial concernant la guerre comme un premier best-seller de la commémoration : il s’est par exemple vendu en France à 7 000 exemplaires [30] en deux mois, malgré son nombre important de pages. Gerd Krumeich a lui aussi publié, au mois de novembre 2013, un livre intitulé Juillet 1914 : un bilan [31] , dans lequel il revient, de manière mesurée, sur un certain nombre des thèses de l’historien australien : Gerd Krumeich juge par exemple que Christopher Clark « n’arrive pas à prouver » réellement l’implication du gouvernement serbe, et pas seulement des militaires, dans l’attentat de Sarajevo [32] .

Cette focalisation sur la controverse Fischer et la manière dont elle a systématiquement orienté l’intérêt des historiens et du grand public sur la question des causes de la guerre ont eu plusieurs impacts majeurs sur l’historiographie.

Le premier est la focalisation sur une histoire politico-diplomatique. Dans leur livre où ils tentent de donner une vision globale de l’historiographie européenne de la Grande Guerre, Antoine Prost et Jay Winter identifiaient trois périodes [33]  : une histoire militaire, politique et diplomatique dans les premiers temps ; à partir des années 1960, une histoire sociale ; et enfin, à partir des années 1990, une histoire culturelle. Il semble que dans le cas allemand, même s’il est possible de percevoir des cycles beaucoup plus courts [34] , l’histoire politique et diplomatique, du fait de la « légende de l’innocence allemande » et de la polémique Fischer, ait eu une importance encore plus forte.

L’itinéraire des débats sur le plan Schlieffen est, à ce titre, intéressant : Gerhard Ritter s’était saisi du sujet [35] dès 1956 ; l’ensemble des documents disponibles sur lesquels il se fondait resta peu ou prou le même jusqu’à la chute du communisme en Europe [36] . Mais avec l’ouverture des archives à l’Est et un nouveau contexte historiographique, le débat sur le plan Schlieffen s’est internationalisé, débordant largement les frontières de l’Allemagne. L’historien et militaire américain Terence Zuber a initié une polémique en révisant en profondeur les acquis de Ritter : dans un article [37] de 1999 et dans son livre de 2002, Inventing the Schlieffen Plan, il explique que l’existence même du plan est fantasmatique [38] . Comme le plan Schlieffen servait d’une certaine manière de métonymie de l’impérialisme allemand, le remettre en cause, c’est finalement réévaluer toute la responsabilité de l’Allemagne dans les tensions diplomatiques de l’avant-guerre et dans le déclenchement de la guerre elle-même. Un colloque international organisé à Potsdam [39] et les travaux de Annika Mombauer [40] , entre autres, sont venus réviser une partie des conclusions de Zuber. Certains auteurs n’hésitent pas à comparer la vague de publications autour de cette controverse à celle de la controverse Fischer [41] . Dans un cas comme dans l’autre, les méthodes historiennes se sont focalisées sur une analyse politique, militaire et diplomatique.

Le deuxième impact de ces orientations historiographiques a été la surreprésentation des débats ouest-allemands, au détriment de l’étude de l’écriture historienne en Allemagne de l’Est. L’historiographie s’y fondait largement sur les postulats de l’œuvre de Lénine concernant L’impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916) ; contrairement aux débats de l’Ouest, l’intérêt se tournait avant tout vers les questions économiques et vers l’impact du capitalisme monopolistique sur l’entrée en guerre, mais se portait aussi sur les questions sociales. Ces orientations thématiques ne pouvaient pas, cependant,  faire oublier les présupposés idéologiques de la plupart des publications [42] .

La troisième conséquence du débat a été le type de chronologie utilisée : même si Fischer a essayé de montrer la continuité impérialiste des élites allemandes de l’Empire au IIIe Reich – thèse qui fut la plus critiquée –, la « question de la culpabilité allemande » et la polémique Fischer tendaient à insérer la période 1914-1918 au sein de la période impériale [43] , voire à faire régresser le débat sur l’impérialisme encore plus en amont [44] . Cela a fini par nuire à une autonomisation de la Grande Guerre en termes chronologiques [45] , tout comme à une interrogation de fond sur le lien consubstantiel entre le conflit et ses conséquences, non plus en termes diplomatiques au sujet de la continuité avec le IIIReich, mais en termes économiques et sociaux, avec la République de Weimar, souvent absente. L’historiographie anglo-saxonne s’est, elle, intéressée à cette question de la période 1914-1933 et à l’impact social et culturel de la guerre sur la société weimarienne, comme en témoignent les œuvres de Richard Bessel [46] , Robert Whalen [47] et bien sûr George Mosse [48] .

La polémique Fischer et les questions politico-diplomatiques ont-elles épuisé l’ensemble de la production historiographique ? Loin s’en faut. À partir des années 1970, l’historiographie s’est diversifiée. Les ouvrages de Jürgen Kocka [49] et de Gerald D. Feldman [50] ont constitué des tournants, vers une histoire sociale et économique de la guerre. Surtout, à la faveur du débat de plus grande ampleur, dans les années 1980, sur « l’histoire du quotidien » (Alltagsgeschichte), un certain nombre de chercheurs décidèrent de se tourner vers une histoire « par en bas » de la guerre. La revendication en était explicite dans les ouvrages d’histoire militaire, comme celui de Wolfram Wette, qui dans l’introduction à son ouvrage collectif classique de 1992, intitulée « L’histoire militaire par en bas. La perspective des "petites gens" », défendait l’idée qu’on savait trop peu de choses sur la vie quotidienne des simples soldats, de leur vie à la caserne ou à la guerre, au front ou à l’étape [51] .

Ce renouveau des études allemandes sur la Grande Guerre intervenait aussi après la chute du mur de Berlin : la période 1914-1991 se refermant, put être désignée par Eric Hobsbawm sous le nom de « court XXe siècle [52]  » ; cet achèvement invitait à repenser les différents aspects de la guerre comme catastrophe originelle du siècle. L’ensemble de ces changements historiques, méthodologiques, couplés au dynamisme de l’histoire culturelle à l’échelle européenne, a eu pour conséquences de diversifier les approches, de multiplier les thématiques, rendant d’autant plus compliqué un panorama complet et exhaustif de l’actualité de la recherche. Trois thématiques, cependant, semblent avoir émergé dans les vingt dernières années : l’expérience de guerre, la violence et la mémoire.

Expérience vécue, expérience de guerre

Walter Benjamin, dans deux textes écrits en 1933 et en 1936, s’interrogeait sur le vécu des soldats de la Grande Guerre :

“Non, une chose est claire : le cours de l’expérience a chuté, et ce dans une génération qui fit en 1914-1918 l’une des expériences les plus effroyables de l’histoire universelle. (…) N’a-t-on pas alors constaté que les gens revenaient muets du champ de bataille ? Non pas plus riches, mais plus pauvres en expérience communicable [53]  ?”

En se fondant sur la distinction propre à la langue allemande entre l’expérience vécue (Erlebnis) et l’expérience transmissible, cumulable (Erfahrung), déjà étudiée par Wilhelm Dilthey [54] , Walter Benjamin réfléchissait à la possibilité des soldats du front de communiquer leur expérience personnelle. Ernst Jünger avait d’ailleurs donné à l’un de ses livres les plus connus, après Orages d’acier, le titre évocateur : La guerre comme expérience intérieure [55] .

La question de l’expérience concrète des soldats ne fut pourtant pas étudiée de manière systématique avant la fin des années 1980. La nouvelle histoire militaire se saisit de cette question ; plus largement, la notion d’expérience de guerre devint un centre d’attention spécifique à partir de la publication de l’ouvrage collectif de Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich et Irina Renz sur Expérience et portée de la Première Guerre mondiale [56] . Gerd Krumeich se montre relativement critique envers la plasticité du concept, qui permettait surtout à beaucoup de faire une histoire des mentalités pleine de passions romantiques, en rejetant l’histoire structurelle comme « un cheval de Troie » du marxisme [57] . Ces réflexions conduisirent tout de même à des publications qui permettaient d’élargir les questionnements sociaux et culturels [58] , aux questions des liens entre le front et l’arrière, à l’analyse du genre [59] , de l’histoire urbaine, de la diversité des fronts, voire à celles des perspectives comparatives avec la Seconde Guerre mondiale [60] . L’Université de Tübingen a ainsi intitulé l’un de ces programmes de recherches Expérience de guerre. Guerre et société aux époques modernes et contemporaines, donnant lieu à la publication de nombreux ouvrages collectifs et de monographies [61] . Le concept de « seconde guerre de trente ans », qui lie le premier et le second conflit mondial autour d’une continuité de parcours et d’expériences a, à travers toutes ces recherches, connu un renouveau. Utilisé par de Gaulle [62] pour la première fois en 1941, puis repris par Churchill [63] et par les nazis eux-mêmes [64] , il permet aujourd’hui de penser la période 1914-1945 dans un seul souffle, même si les présupposés de cette expression sont critiqués par certains chercheurs [65] .

L’ouvrage de Klaus Latzel est un bon exemple de ces nouvelles recherches : son étude quantitative de 39 correspondances et de 4 802 lettres pour la Première et la Seconde Guerres mondiales a donné des résultats très intéressants et concrets sur la hiérarchie des thématiques évoquées par les soldats dans leurs correspondances [66] . L’un des historiens dont les recherches ont le plus contribué à rendre à l’expérience de guerre sa complexité est Benjamin Ziemann : dans sa thèse sur l’expérience de guerre des soldats provenant des zones rurales [67] , il a montré comment la réalité concrète des soldats était totalement éloignée des mythes construits, a posteriori, par le régime nazi sur l’héroïsme, la camaraderie des tranchées et certaines formes de légitimation de la violence.

Toutes ces recherches ont eu pour conséquence de pondérer largement l’idée d’une expérience commune à tous les soldats, comme le conclut Wolfgang Mommsen dans son ouvrage de synthèse de 2004 : « Dans ces conditions, rien ne s’approcha de près ou de loin d’une expérience de guerre unique. Bien plus, chacun avait sa propre expérience de guerre. » L’idée n’est évidemment pas d’en arriver à une aporie, mais de dénoncer « le cliché du "soldat du front" comme une fabrication idéologique des années de l’après-guerre [68] ». L’ensemble conduit à revaloriser, à travers la notion d’expérience, l’importance des analyses d’histoire sociale et culturelle, dans la mesure où les logiques de la « société de classe » furent peut-être moins modifiées par la guerre que cela l’avait été auparavant postulé. « Les profondes différences entre les officiers et les soldats reflétaient des distinctions de classes absolument familières », concluait Hans-Ulrich Wehler [69] .

Violence et brutalisation

Les travaux de Benjamin Ziemann sur l’expérience de guerre avaient cette particularité d’être intimement liés au deuxième thème de recherche qui a focalisé l’attention des chercheurs : celui de la violence de guerre, de sa continuité après-guerre et de son utilisation politique sous la République de Weimar [70] .

En France, la question de la violence de guerre a largement été étudiée : à partir du programmatique 14-18 : retrouver la guerre [71] et de l’importante réception de l’ouvrage de George Mosse [72] sur la « brutalisation des sociétés européennes », les historiens Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, entre autres, se sont penchés sur les logiques anthropologiques et culturelles de la violence, pour sortir d’une image dominante de la mort de masse, toujours reçue mais jamais infligée. Un certain nombre d’ouvrages collectifs [73] et de recherches monographiques – par exemple de Sophie Delaporte sur les sociétés de chirurgie [74]  – ont abouti à de nombreux résultats, montrant la juxtaposition de la mort de masse et de la mort individuelle, de la mort reçue et de la mort donnée [75] , de la mécanisation et de la cruauté. Ces recherches sur la violence et sur une certaine « culture de guerre » ont conduit à interroger, en élargissant la chronologie, l’idée de « sortie de guerre [76]  » et de « démobilisation culturelle [77]  ».

En Allemagne, la réception des travaux de Mosse, peut-être parce que son travail concernait avant tout ce pays, contrairement à ce que le titre français laisse croire, fut plus compliquée. La question de la violence de guerre était intimement liée à une autre, celle de la violence politique, dans les deux séquences de 1918-1923 et de 1929-1933 : la longue sortie de guerre allemande et la « guerre civile » entre nazis et communistes de la fin du régime. C’est sur cette chronologie que se sont focalisées la majorité des études, ne s’intéressant, bien souvent, pas directement à la guerre, ce qui a eu pour tendance de favoriser les thèmes d’histoire sociale et politique [78] , au détriment de l’histoire culturelle, et de discuter assez largement la théorie de la brutalisation.

Richard Bessel, dans les années 1980, avait déjà écrit un ouvrage fondamental sur la question [79]  : il y montrait comment, à la fin de la République, la violence des Sections d’assaut nazies s’apparentait à une forme d’activité en soi, proche du hooliganisme [80] , sans grand rapport avec la Grande Guerre. Et pour cause : une grande majorité des membres de ses unités étaient trop jeunes pour avoir été au front. L’ouvrage de Mosse, lui, postulait qu’au contraire, une grande partie de la violence politique de la première République allemande était liée à l’héritage de la guerre, ce que l’on pouvait discerner dans la lente militarisation de la société, d’une part, dans le lexique guerrier de l’autre, mais surtout dans cette brutalisation qu’il définissait comme une « continuation en temps de paix des attitudes agressives de la guerre [81]  ». Bernd Weisbrod a proposé une interprétation plus politique, montrant que le seuil d’acceptation de la violence des élites conservatrices de la République de Weimar avait diminué peu à peu [82] . Cela ne remettait pas profondément en cause l’idée d’une « militarisation de l’habitus politique [83]  », telle que le définissait Mosse, qui, avant de décrire des pratiques sociales réelles, parlait, dans sa théorie de la brutalisation, avant tout d’un « lexique guerrier » ; on n’aurait du mal à ne pas le détecter chez un Julius Curtius [84] , par exemple, l’homme qui succéda à Gustav Stresemann, et plus largement dans l’ensemble de la langue politique weimarienne.

Deux auteurs se sont intéressés à la question de la violence politique sur l’ensemble de la République, dans les liens qu’elle pouvait entretenir avec la guerre : Andreas Wirsching, dans une étude comparatiste avec la France [85] et Dirk Schumann, dans son ouvrage sur la violence politique sous Weimar [86] , les deux auteurs ayant publié conjointement un numéro du Journal of Modern European History [87] . Andreas Wirsching, se fondant sur le paradigme totalitaire, tend à renvoyer dos à dos les Sections d’assaut et les mouvements communistes ; Sven Reichardt, spécialiste de la violence politique en Italie et en Allemagne tend, lui, à les distinguer [88] . Les éléments les plus intéressants sont peut-être amenés par Dirk Schumann, qui montre que la violence des conflits de la sortie de guerre était avant tout liée à un enjeu de récupération, par l’État, d’un espace public occupé par les grèves et les mobilisations armées. L’impulsion première de la violence ne venait donc pas d’une réelle tentative de soulèvement, mais bien d’une escalade liée à l’action gouvernementale. Par ailleurs, il montre l’importante continuité dans les formes d’appropriation violente de l’espace public entre 1924 et 1929 ; il pondère assez fortement l’idée d’une brutalisation à travers l’expérience du front [89] .

L’idée d’une République totalement minée par la violence est, par ailleurs, en train d’être réévaluée, et ceci par plusieurs biais. L’historiographie concernant les mouvements paramilitaires, les associations d’anciens combattants ou les groupes pacifistes est loin d’être pléthorique concernant la République : les derniers ouvrages concernant les Corps francs [90] , la Reichsbanner [91] (l’association des anciens combattants républicains) ou le Stahlhelm [92] (anciens combattants conservateurs) sont des ouvrages très anciens. L’ouvrage de Bernhard Sauer [93] sur la Reichswehr noire et la thèse en préparation de Jan-Philipp Pomplun [94] sur les Corps francs devraient continuer à repenser le rôle des milices paramilitaires d’extrême droite dans les années de la sortie de guerre : d’ores et déjà, le nombre de combattants dans ces formations a été revu à la baisse [95] (de 400 000 à 250 000). La présence massive de la « génération des jeunes de la guerre » (Kriegsjugendgeneration), n’ayant pas fait la guerre, dans les rangs des milices paramilitaires invite à remettre en cause un lien trop essentialisé entre expérience du front et violence politique [96] .

Plus largement, et les travaux de Benjamin Ziemann sont ici encore fondamentaux [97] , l’importance de la « culture de paix » de Weimar est en train d’être revue à la hausse, malgré les difficultés posées par les lacunes archivistiques. L’auteur montre en effet que l’association de vétérans républicains qui compta jusqu’à presque un million de membres [98] – face au Stahlhelm qui en comptait entre 400 000 et 500 000 – a développé une vision différente de la guerre et de sa mémoire. Dans un champ de l’histoire du pacifisme déjà ancien mais en pleine expansion [99] , il y a fort à parier que le dernier ouvrage de l’auteur, Commémorations contestées. Les anciens combattants républicains et la culture politique de Weimar [100] , devrait établir pour la mémoire de la guerre ce qui a déjà été prouvé pour l’expérience de guerre elle-même : une image plus complexe, et surtout plus vraie que celle qui nous a été léguée par la transformation de l’histoire a posteriori par le régime nazi. Cette réinterprétation permet de montrer comment la victoire de la lecture nazie de la guerre ne fut pas une conquête pure et simple, mais bien un conflit permanent au sein de lectures concurrentes de la mémoire de la guerre. C’est l’une des conclusions de la thèse comparatiste d’Élise Julien qui, en analysant la mémoire de la Première Guerre mondiale au sein des espaces urbains de Paris et de Berlin, estime que pour le cas allemand, « on assiste à une lutte partisane pour s’approprier la guerre, son interprétation et la mémoire qui va avec [101]  ».

Il reste toutefois à noter que les études sur la violence – politique ou non – sont restées cantonnées, chronologiquement, à l’après-guerre. Peu d’études existent sur les formes de violence pendant la guerre, et même si la diversification des approches géographiques [102] – essentielles pour l’Allemagne qui a combattu sur trois fronts – peut apporter des éléments sur cette question, il semble que l’étude des formes de violence guerrière soit l’apanage du second conflit mondial, lui qui en a été si prodigue.

Mémoires

La violence politique sous Weimar, quelle que soit la richesse du champ, est loin de couvrir l’ensemble des pratiques sociales et culturelles de l’après-guerre. Il est cependant intéressant de constater qu’à partir de postulats et d’objectifs de recherche différents, un certain nombre de travaux sur la mémoire de la guerre ont abouti, eux aussi, à remettre en cause une vision trop monolithique : il s’agit des études sur la mémoire spécifique de la guerre au sein des rangs nationaux-socialistes.

Les travaux de Gerd Krumeich, sous forme de publication individuelle [103] ou collective [104] , ainsi que la récente publication de la thèse d’Arndt Weinrich [105] , ont en effet apporté une lumière nouvelle sur le lien qu’entretenait le mouvement nazi avec la Grande Guerre, que ses membres en aient fait l’expérience directement ou aient simplement grandi dans l’ombre de son mythe. À partir des acquis de l’historiographie concernant la diversité de l’expérience de guerre, les auteurs ont été en mesure de mettre à jour un élément central : le national-socialisme, quelle que soit la militarisation de ses membres, l’importance de l’expérience de guerre dans le parcours des élites du mouvement – à commencer par son chef [106]  – ou la place fondamentale du « soldat du front » dans sa rhétorique, ne fut jamais en mesure d’exprimer une quelconque « réalité » de l’héritage de la guerre, pour la simple et bonne raison qu’il n’en donnait qu’une lecture extrêmement tronquée. Le terme fondamental, à ce titre, pour désigner la victoire nazie, y compris sur le front mémoriel, est le terme d’« usurpation [107]  ».

Le mythe du « soldat du front » (Frontkämpfer), qui se sacrifie pour la nation dans une mort héroïque, pouvait correspondre à une lecture de l’expérience des tranchées ; elle ne pouvait cependant prétendre à épuiser le sens de ces quatre ans d’expériences, surtout lorsque de très nombreux soldats étaient sortis de la guerre avec un idéal pacifiste. Ces derniers restaient dans une vision victimaire face à la mort de masse, et non sacrificielle [108] . Cette tentative de conquête, par les nazis, de la mémoire de la guerre à travers un mythe politique resta longtemps lettre morte : quand Gregor Strasser, dirigeant nazi, commence son discours au Reichstag par la phrase « Nous, les soldats du front… », les députés des autres groupes parlementaires, qui comptent tous une majorité de vétérans, lui rient au nez [109] . La tentative de captation ne fonctionne pas.

Mais, et c’est là l’un des acquis fondamentaux de la thèse de Arndt Weinrich sur les jeunesses organisées sous Weimar, lorsque l’on passe d’une logique d’analyse en termes de classe sociale – les partis weimariens étaient très largement des partis de classe [110]  – à une logique générationnelle, l’instrumentalisation de la mémoire de la guerre par le mythe du soldat héroïque a fonctionné sur les jeunes générations, qu’elles soient catholiques, socialistes ou conservatrices. En analysant les journaux des organisations de jeunesse, l’auteur montre ainsi qu’il y avait bien une vision concurrente de la mémoire de la guerre ; mais que chez les plus jeunes, alors que les nazis étaient de loin les plus tard venus dans la publicité faite au héros mort sacrifié, ils furent les seuls à transformer ce mythe en moyen d’émancipation, et plus en moyen de contrôle de la « génération des jeunes de la guerre » (Kriegsjugend-generation) par leurs aînés de la génération du front. En mettant sur le même plan la lutte des Sections d’assaut – qui n’avaient, pour leur grande majorité, pas fait la guerre – contre les communistes et celle de leurs aînés sur le champ de bataille, dans un mécanisme totalement fallacieux, les nazis réussirent à conquérir une grande partie de la jeune génération. Cela ne suffisait pas à expliquer leur victoire et cela posa de très gros problèmes après la prise du pouvoir, quand cette jeunesse dut rentrer dans les rangs, mais ce fut l’une des victoires nazies.

Conclusion

La complexification de l’expérience de guerre, la conflictualité en termes de mémoire, les chemins de l’usurpation nazie de cette mémoire, tels sont quelques-uns des résultats scientifiques des dernières recherches sur le premier conflit mondial et ses conséquences. Cet article laisse évidemment de côté un nombre très important de recherches en cours, dans le champ de l’histoire sociale et culturelle, et je renvoie ici à l’article de Christoph Nübel [111] , pour compléter les nombreuses lacunes de ma présentation. Par ailleurs, les publications d’histoire politique ne se résument pas à une réécriture critique des thèses de Fischer et proposent des ouvrages solides sur des questions qui étaient demeurées, jusqu’ici, dans l’ombre [112] .

Gerd Krumeich estime, dans son panorama sur la recherche, que l’un des effets contre-productifs du relatif succès de l’histoire sociale et culturelle et de l’histoire du quotidien, est une certaine re-nationalisation des historiographies [113] . Le débat politico-diplomatique de Fritz Fischer était, certes, très international, chaque chercheur des pays concernés par la question – elle-même européenne – du déclenchement de la guerre trouvant un intérêt fort à y participer. Mais les liens qui se construisent aujourd’hui, en termes de recherches transnationales [114] , laissent à penser qu’un nouvel espace de dialogue sur la Grande Guerre s’est déjà largement développé à l’échelle européenne [115] . On peut parier que cet espace est à même, pour la commémoration de 2014, d’assurer d’intéressants échanges intellectuels. L’ensemble de ces recherches montre que la Grande Guerre, dans sa dimension politique, sociale et culturelle, est donc loin d’être un angle mort de l’histoire allemande.

Pour citer cet article : Nicolas Patin, « La Grande Guerre : un angle mort de l’histoire allemande ? », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 22, janvier-avril 2014 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Thomas Schmid, “Warum Deutschland den Ersten Weltkrieg vergass”, Die Welt, 8 janvier 2013.

[2] Christian Hartmann, Johannes Hürter, Ulrike Jureit, Verbrechen der Wehrmacht. Bilanz einer Debatte, München, C.H. Beck, 2005.

[3] Daniel J. Goldhagen, Christopher R. Browning, Leon Wieseltier, The “Willing Executioners”/”Ordinary Men” Debate, USHMM, Selections from the Symposium, 1996. http://www.ushmm.org/research/center/publications/occasional/1996-01/paper.pdf [lien consulté le 27 janvier 2014].

[4] Oliver Hirschbiegel, Der Untergang (2004), 150 minutes. Voir Michael Wildt, “ ‘Der Untergang’ : Ein Film inszeniert sich als Quelle”, dans Zeithistorische Forschungen, Online Ausgabe, 2 (2005), H. 1. http://www.zeithistorische-forschungen.de/16126041-Wildt-1-2005 lien consulté le 27 janvier 2014].

[5] “ Günter Grass enthüllt : ‘Ich war Mitglied der Waffen-SS’ ”, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 12 août 2006. Voir Britta Gries, Die Grass-Debatte : die NS-Vergangenheit in der Wahrnehmung von drei Generationen, Marburg, Tectum Verlag, 2008.

[6] Timur Vermes, Er ist wieder da, Frankfurt-am-Main, Eichborn Verlag, 2012. En février 2013, il avait été vendu à plus de 400 000 exemplaires.

[7] Arndt Weinrich, “Der Centenaire 2014 und die deutsch-französischen Beziehungen”, http://grandeguerre.hypotheses.org/143 [lien consulté le 27 janvier 2014]. Il est intéressant de constater, par exemple, que dans les trois volumes de l’édition allemande des Lieux de mémoires, la Grande Guerre n’occupe qu’un très petit nombre d’articles : « Versailles », « Le mythe du coup de poignard dans le dos » dans le premier volume ; « Langemarck », dans le troisième volume, soit trois  articles sur plus d’une centaine. Voir Étienne François, Hagen Schulze, Deutsche Erinnerungsorte, 3 volumes, München, C.H. Beck, 2001.

[8] Barbara Korte, Sylvia Paletschek, Wolfgang Hochbruck (Hg.), Der Erste Weltkrieg in der populären Erinnerungskultur, Essen, Klartext, 2008, p. 8 : « En Allemagne, la Première Guerre mondiale a été, après 1945, largement engloutie par la culture mémorielle de la Seconde Guerre mondiale, et à partir des années 1980, par celle de l’holocauste. »

[9] Une consultation rapide du catalogue de la Bibliothèque nationale allemande (Stabikat) donne un résultat étonnant : la catégorie « Première Guerre mondiale » comportait, au 10 décembre 2013, 1 875 ouvrages ; la catégorie “Seconde Guerre mondiale”, en comportait, elle, 5 126. L’écart est significatif et recoupe, en grande partie, celui que l’on peut retrouver dans la consultation des pages wikipédia allemande sur le sujet : la page « Seconde Guerre » a été consultée 150 000 fois en avril 2013 ; la page « Première Guerre », 117 000. Source : http://stats.grok.se/de/top [lien consulté le 27 janvier 2014].

[10] Voir les trois articles fondamentaux sur l’historiographie de la Grande Guerre : Gerhard Hirschfeld, “Der Erste Weltkrieg in der deutschen und internationalen Geschichtsschreibung”, dans Aus Politik und Zeigeschichte, B 29-30, 2004 ; Gerd Krumeich, “Kriegsgeschichte im Wandel”, dans Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich, Irina Renz, Keiner fühlt sich hier mehr als Mensch. Erlebnis und Wirkung des Ersten Weltkriegs, Klartext, Essen, 1993, p. 11-24 ; Gerd Krumeich, Gerhard Hirschfeld, “Die Geschichtsschreibung zum Ersten Weltkrieg”, dans Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich, Irina Renz, Enzyklopäide Erster Weltkrieg, 2. Auflage, Schöningh, Paderborn, 2004, p. 304-315.

[11] Jacques Droz, « Introduction », dans Fritz Fischer, Les buts de guerre de l’Allemagne impériale, 1914-1918, Paris, Éditions de Trévise, 1970, p. 7.

[12] Débat de l’Assemblée constituante de Weimar, 39e séance, 12 mai 1919, p. 1082-1084. Voir www.reichstagsprotokolle.de [lien consulté le 27 janvier 2014].

[13] Ibid., p. 1083.

[14] Voir les débats du Reichstag au moment de l’adoption du plan Young, IVe législature, 104e séance (29 novembre 1939), p. 3315, et 105e séance (30 novembre 1929), p. 3324.

[15] Gerhard Hirschfeld, “Der Erste Weltkrieg in der...”, art. cit., p. 3.

[16] , Jean-Jacques Becker, Gerd Krumeich, La Grande Guerre. Une histoire franco-allemande, Paris, Tallandier, 2008, p. 33 et suiv.

[17] Gerhard Hirschfeld, “Der Erste Weltkrieg in der...”, art. cit., p. 6.

[18] Fritz Fischer, Griff nach der Weltmacht. Die Kriegszielpolitik des kaiserlischen Deutschland 1914/18, Düsseldorf, Droste Verlag, 1961.

[19] Voir une explication de sa position dans l’ouvrage Fritz Fischer, Der Erste Weltkrieg und das deutsche Geschichtsbild. Beiträge zur Bewältigung eines historischen Tabus, Düsseldorf, Droste Verlag, 1977, p. 228.

[20] Werner Rheinbaben, Viermal Deutschland. Aus dem Erleben eines Seemans, Diplomaten, Politikers, 1895-1954, Berlin, Argon Verlag, 1954, p. 110.

[21] Un des effets contre-productifs de la polémique Fischer a été de fixer l’attention uniquement sur l’Allemagne. Des publications, fondées sur l’étude d’autres nations ou de dynamiques transnationales, ont ainsi pondéré certains résultats. Voir, par exemple : John F.V. Keiger, France and the Origins of the First World War, London, MacMillan, 1983 ; Samuel Williamson, Austria-Hungary and the Origins of the First World War, London, Palgrave Mac Millan, 1991.

[22] Stefan Schmidt, Frankreichs Aussenpolitik in der Julikrise 1914. Ein Beitrag zur Geschichte des Ausbruchs des Ersten Weltkrieges, München, Oldenbourg, 2009, p. 372-373.

[23] , Ernst-Albert Seils, Weltmachtstreben und Kampf für die Frieden. Der Deutsche Reichstag im Ersten Weltkrieg, Frankfurt am Main, Peter Lang, 2011. Il est à noter que dans l’introduction de son livre devenu classique, Jürgen Kocka soulignait que deux champs avaient été particulièrement valorisés avant les années 1970 : la question de la « culpabilité allemande » et « l’histoire du parlementarisme allemand, et de l’évolution constitutionnelle et partisane pendant la guerre ». Voir Jürgen Kocka, Klassengesellschaft im Krieg 1914-1918, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1973, p. 1.

[24] Annika Mombauer (ed.), « Special Issue: The Fischer Controversy after 50 Years », dans Journal of Contemporary History, April 2013, 48/2.

[25] Christopher Clark, The Sleepwalkers. How Europe Went to War in 1914, London, Lane, 2012.

[26] Christopher Clark, Die Schlafwandler. Wie Europa in den Ersten Weltkrieg zog, München, Deutsche Verlags-Anstalt, 2013.

[27] Sven Felix Kellerhoff, « Kriegsschuldfrage. Blind taumelte Europa in die Materialschlachten », dans Die Welt, 7 octobre 2013 ; Gerd Krumeich, „Unter Schlafwandlern“, dans Süddeutsche Zeitung, 30 novembre 2012 ; Bernhard Schulz, „Eine Tragödie, kein Verbrechen“, dans Der Tagesspiegel, 11 septembre 2013, entre autres…

[28] Christopher Clark, The Sleepwalkers..., op. cit., p. 560.

[29] Information de l’attachée de presse de la maison d’édition DVA Verlag.

[30] Information de l’attachée de presse de la maison d’édition Flammarion au 28 octobre 2013.

[31] Gerd Krumeich, Juli 1914. Ein Bilanz, Paderborn, Ferdinand Schöningh, 2013.

[32] Ibid., p. 61.

[33] Antoine Prost, Jay Winter, Penser la Grande Guerre. Un essai d’historiographie, Paris, Le Seuil, 2004.

[34] Gerd Krumeich, “Kriegsgeschichte im...”, art. cit., p. 11.

[35] Gerhard Ritter, Der Schlieffenplan. Kritik eines Mythos, München, Oldenbourg, 1956.

[36] Pierre-Yves Henin, Le plan Schlieffen : un mois de guerre, deux siècles de controverses, Paris, Économica, 2012, p. 442.

[37] Terence Zuber, “The Schlieffen Plan Reconsidered”, dans War in History, 1999/3, p. 262-305.

[38] Terence Zuber, Inventing the Schlieffen Plan. German War Planning 1871-1914, Oxford and New York, Oxford University Press, 2002.

[39] Hans Ebert, Michael Epkenhans, Gerhard P. Gross (Hg), Der Schliefenplan. Analysen und Dokumente, Paderborn, Ferdinand Schöningh, 2006, p. 14-15.

[40] Annika Mombauer, Helmuth von Moltke and the Origins of the First World War, Cambridge, Cambridge University Press, 2005.

[41] Hans Ebert, Michael Epkenhans, Gerhard P. Gross (Hg), Der Schliefenplan. Analysen…, op. cit., p. 8 : “Um verstehen zu können, warum die von Zuber ausgelöste Debatte zeitweise hohe Wellen geschlagen hat und dabei – wie einst bei der Fischer-Kontroverse – auch unnötige persönliche Schäfen nicht ausgeblieben sind, ist es jedoch zunächst notwendig.”

[42] Fritz Klein, “Die Weltkriegsforschung der DDR”, dans [coll.], Enzyklopädie Erster..., op. cit., p. 316-319.

[43] Dans les grandes séries d’histoire allemande, il n’y a pas de volumes consacrés à la guerre : le conflit fait toujours partie des volumes concernant l’Empire. Quelques exemples : Wolfgang J. Mommsen, Bürgerstolz und Weltmachtstreben, Deutschland unter Wilhellm II, 1890-1918, Berlin, Propyläen Verlag, 1995 ; ou encore Hans-Peter Ullmann, Das Deutsche Kaiserreich, 1871-1918, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1995. Le volume, consacré par Hans-Ulrich Wehler à l’histoire de la société allemande, décidait, à contre-courant de traiter de la Première Guerre mondiale dans une période 1914-1949 : Hans-Ulrich Wehler, Vom Beginn des Ersten Weltkrieges bis zur Gründung der beiden deutschen Staaten, 1914-1949, C.H. Beck, München, 2008.

[44] Édouard Husson, Comprendre Hitler et la Shoah. Les historiens de la République fédérale d’Allemagne et l’identité allemande depuis 1949, Paris, Presses universitaire de France, 2000, p. 78.

[45] Il est intéressant de lire ce phénomène en le comparant à l’interprétation que livre Stephan Lehnstaedt pour le cas polonais, où la continuité entre la période du partage de la Pologne et l’occupation en temps de guerre était très forte et tendait à ne donner qu’une importance mineure à la date de 1914, contre un caractère fondamental à la rupture de 1918. Voir Stephan Lehnstaedt, “La Première Guerre mondiale en Pologne : simple prodrome à l’indépendance nationale ?” dans le présent dossier.

[46] Richard Bessel, Germany after the First World War, Oxford, Clarendon Press, 1993.

[47] Robert Weldon Whalen, Bitter Wounds, German Victims of the Great War, 1914-1939, Ithaca and London, Cornell University Press, 1984.

[48] George L. Mosse, De la Grande Guerre au totalitarisme, la brutalisation des sociétés européennes, préface de Stéphane Audoin-Rouzeau, Paris, Hachette Littératures, 1999, traduction de Fallen Soldiers, Reshaping the Memory of the World Wars, Oxford, 1990.

[49] Jürgen Kocka, Klassengesellschaft..., op. cit.

[50] Gerald D. Feldman, Army, Industry and Labor in Germany, 1914-1918, Princeton, Princeton University Press, 1966.

[51] Wolfram Wette, Der Krieg des kleinen Mannes. Eine Militärgeschichte von unten, München, Piper Verlag, 1992, p. 9.

[52] Eric J. Hobsbawm, L’âge des extrêmes. Histoire du court XXsiècle. 1914-1991, Bruxelles, Éditions Complexe, 1999 [1994], p. 25.

[53] Voir Walter Benjamin, « Expérience et pauvreté », dans Œuvres II, Paris, Éditions Gallimard, « Folio Essais », 2000, [1933], p. 364 et « Le Narrateur. Réflexions sur l’œuvre de Nicolas Leskov », dans Rastelli Raconte, Paris, Seuil, p. 143-178.

[54] Franz Schreiner, Wilhelm’s Dilthey’s concept of Erlebnis. The Epistemological Argument for the Legitimation of the Human Sciences, thèse présentée à l’université d’Ottawa, 1987, p. 85-86.

[55] Ernst Jünger, La guerre comme expérience intérieure, Paris, Christian Bourgeois Éditeur, 1997, p. 33 [traduction de l’allemand Der Kampf als inneres Erlebnis, 1922].

[56] Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich, Irina Renz, Keiner fühlt sich hier mehr als Mensch. Erlebnis und Wirkung des Ersten Weltkriegs, Essen, Klartext, 1993.

[57] Gerd Krumeich, “Kriegsgeschichte im...”, art. cit., p. 13-14.

[58] Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich, Dieter Langewieche und Hans-Peter Ullmann, Kriegserfahrungen, Studien zur Sozial - und Mentalitätsgeschichte des Ersten Weltkriegs, Essen, Klartext, 1997.

[59] Ute Daniel avait ici effectué un travail précurseur : Ute Daniel, Arbeiterfrauen in der Kriegsgesellschaft. Beruf, Familie und Politik im Ersten Weltkrieg, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1989.

[60] Bruno Thoss, Hans-Erich Volkmann, Erster Weltkrieg, Zweiter Weltkrieg, Ein Vergleich. Krieg, Kriegserlebnis, Kriegserfahrung in Deutschland, München, Wien, Zürich, Ferdinand Schöningh, 2002.

[61] Sonderforschungsbereich 437, Kriegserfahrungen, Krieg und Gesellschaft in der Neuzeit, voir http://www.uni-tuebingen.de/SFB437/ [lien consulté le 27 janvier 2014].

[62] Charles de Gaulle, Discours de l’Albert Hall, Londres, 11 novembre 1941. Source : www.charles-de-gaulle.org [lien consulté le 27 janvier 2014].

[63] Winston Churchill, Mémoires sur la deuxième guerre mondiale, tome I : L’Orage approche, Paris, Plon, 1948, préface.

[64] Cours donné aux aspirants officiers du RSHA. Christian Ingrao, « Violence de guerre, violence génocide : les Einsatzgruppen », dans Stéphane Audoin-Rouzeau et alii., La violence de guerre..., op. cit., p. 240.

[65] Enzo Traverso, À feu et à sang. De la guerre civile européenne, 1914-1945, Paris, Stock, 2007, p.  43-48.

[66] Klaus Latzel, Deutsche Soldaten – nationalsozialistischer Krieg ? Kriegserlebnis – Kriegserfahrung, 1939-1945, München u.a., Ferdinand Schöningh, 1998, p. 116 et 119.

[67] Benjamin Ziemann, Front und Heimat : ländlich Kriegserfahrungen im südlichen Bayern, 1914-1923, Essen, Klartext Verlag, 1995. Traduction anglaise : War Experiences in Rural Germany, 1914-1923, traduit par Alex Skinner, Oxford/New York, Berg, 2007.

[68] Wolfgang J. Mommsen, Der Erste Weltkrieg. Anfang vom Ende des bürgerlichen Zeitalters, Frankfurt am Main, Fischer Taschenbuch Verlag, 2004, p. 146 et 150-151.

[69] Hans-Ulrich Wehler, Vom Beginn..., op. cit., p. 104.

[70] Benjamin Ziemann, “Vergesellschaftung der Gewalt” als Thema der Kriegsgeschichte seit 1914. Perspektiven und Desiderate eines Konzeptes”, dans [Coll.], Erster Weltkrieg, Zweiter Weltkrieg..., op. cit., p. 758 ; Benjamin Ziemann, “German after the First World War. A Violent Society” ?, dans Journal of Modern European History, 1/2003, p. 80-95.

[71] Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, 14-18, retrouver la Guerre, Paris, Éditions NRF-Gallimard, « Bibliothèque des Histoires », 2000.

[72] George L. Mosse, De la Grande…, op. cit.

[73] Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker, Christian Ingrao, Henry Rousso, La violence de guerre, 1914-1945. Approches comparées des deux conflits mondiaux, Bruxelles-Paris, Éditions Complexe/IHTP-CNRS, 2002.

[74] Sophie Delaporte, « La société de chirurgie en 1914-1918 : théâtre de la confrontation entre guerre imaginée et guerre vécue », dans Anne Duménil, Nicolas Beaupré, Christian Ingrao, 1914-1945, L’ère de la guerre : violence, mobilisations, deuil, tome 1 : 1914-1918, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2004, et Sophie Delaporte, Gueules cassées de la Grande Guerre, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2004.

[75] Voir toute la partie II « Écrire la guerre : les violences » de la thèse de Nicolas Beaupré, Les écrivains combattants français et allemands de la Grande Guerre (1914-1920). Essai d’histoire comparée, thèse soutenue le 30 novembre 2002 ; par exemple p. 315 : « Ainsi, dans de nombreux cas, ce n’est pas l’autre qui est responsable de la violence, mais bien soi. » Thèse publiée en 2006 : Nicolas Beaupré, Écrire en guerre, écrire la guerre, France, Allemagne, 1914-1920, Paris, CNRS Éditions, 2006.

[76] Bruno Cabanes, Guillaume Piketty, « Sorties de guerre au XXe siècle », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 3, novembre-décembre 2007.

[77] John Horne, « Kulturelle Demobilmachung 1919-1939. Ein sinnvoller historischer Begriff ? », dans Wolfgang Hardtwig (ed.), Politische…, op. cit., p. 129-150.

[78] Voir, par exemple, l’ouvrage fondateur de Peter H. Merkl, Political violence under the Swatiska. 581 Early Nazis, Princeton and London, Princeton University Press, 1975, notamment le chapitre The Impact of War and Defeat, p. 154-172.

[79] Richard Bessel, Political Violence and the Rise of Nazism, The Storm Troopers in Eastern Germany 1925-1934, New Haven & London, Yale University Press, 1984.

[80] Ibid., p. 152.

[81] George L. Mosse, De la Grande…, op. cit. p. 181.

[82] Bernd Weisbrod, « Violence et culture politique en Allemagne entre les deux guerres », dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 1992/1, volume 24, p. 122.

[83] Bernd Weisbrod, « Die Politik der Repräsentation. Das Erbe des Ersten Weltkrieges und der Formwandel der Politik in Europa », dans Hans Mommsen (Hg.), Der Erste Weltkrieg und die europäische Nachkriegsordnung. Sozialer Wandel und Formveränderung der Politik, Köln, Böhlau, 2000, p. 27.

[84] Helmut Lange, Julius Curtius (1877-1948). Aspekte einer Politikerbiographie, Kiel, Dissertation zur Erlangerung des Doktorgrades, 1972, p. 137.

[85] Andreas Wirsching, Vom Weltkrieg zum Bürgerkrieg? Politischer Extremismus in Deutschland und Frankreich, 1918-1933/39, Berlin und Paris im Vergleich, München, Oldenbourg, 1999.

[86] Dirk Schumann, Politische Gewalt in der Weimarer Republik, 1918 – 1933, Kampf um die Strasse und Furcht vor dem Bürgerkrieg, Klartexte Verlag, 2001.

[87] Andreas Wirsching, Dirk Schumann (dir.), “Violence and Society after the First World War”, Journal of Modern European History, Vol. 1, 2003/1.

[88] Sven Reichardt, « Totalitäre Gewaltpolitik ? Überlegungen zum Verhältnis von nationalsozialistischer und kommunistischer Gewalt in der Weimarer Republik », dans Wolfgang Hardtwig, Ordnungen in der Krise. Zur politischen Kulturgeschichte Deutschlands 1900-1933, München, Oldenbourg, 2007, p. 389.

[89] Dirk Schumann, Politische..., p. 11, 39, 141 et chapitre “Aufmarsch der Männer. Gewalt in der politischen Kultur”.

[90] Hagen Schulze, Freikorps und Republik : 1918-1920, Boppard-am-Rhein, Boldt, 1969.

[91] Karl Rohe, Das Reichsbanner Schwarz Rot Gold. Ein Beitrag zur Geschichte und Struktur de politischen Kampfverbände zur Zeit der Weimarer Republik, Düsseldorf, Droste Verlag, 1966.

[92] Volker R. Berghahn, Der Stahlhelm. Bund der Frontsoldaten 1918-1935, Düsseldorf, Droste Verlag, 1966.

[93] Bernhard Sauer, Schwarze Reichswehr und Fememorde. Eine Milieustudie zum Rechtsradikalismus in der Weimarer Republik, Berlin, Metropol Verlag, 2004.

[94] Jan-Philipp Pomplun prépare actuellement une thèse sur les Corps francs allemands sous la République de Weimar, sous la direction de Wolfgang Benz et Michael Grüttner de la Technische Universität de Berlin.

[95] Richard Bessel, Germany after..., p. 257 et suiv.

[96] Robert Gerwarth, John Horne, War in Peace. Paramilitary Violence in Europe after the Great War, Oxford and New York, Oxford University Press, 2012, p. 57-58.

[97] Benjamin Ziemann, « Republikanische Kriegserinnerung in einer polarisierten Öffentlichkeit. Das Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold als Veteranenverband der sozialistischen Arbeiterschaft, dans Historische Zeitschrift, 1998/2, Band 267, p. 398 ; Bernd Ulrich, Benjamin Ziemann, Krieg im Frieden. Die umkämpfte Erinnerung an den Ersten Weltkrieg. Quellen und Dokumente, Frankfurt am Main, Fischer Taschenbuch Verlag, 1997, p. 112.

[98] Benjamin Ziemann, “Republikanische...”, art. cit., p. 369.

[99] Karl Holl, Wolfram Wette, Pazifismus in der Weimarer Republik. Beiträge zur historischen Friedenforschung, Paderborn, Ferdinand Schöningh, 1981 ; Karlheinz Lipp, Reinhold Lütgemeier-Davin, Holger Nehring, Frieden und Friedensbewegungen in Deutschland 1892-1992. Ein Lesebuch, Essen, Klartext, 2010, 429 p. ; Christian Weiss, “ ‘Soldaten des Friedens’. Die pazifistischen Veteranen und Kriegsopfer des “Reichsbundes” und ihre Kontakte zu den französischen anciens combattants 1919-1933”, dans Wolfgang Hardtwig, Politische Kulturgeschichte der Zwischenkriegszeit, 1918-1939, Vandehoeck & Ruprecht, 2005, p. 183-204.

[100] Benjamin Ziemann, Contested Commemorations : Republican War Veterans and Weimar Political Culture, Cambridge, Cambridge University Press, 2013.

[101] Élise Julien, Paris, Berlin : la mémoire de la Première guerre mondiale, 1914-1933, thèse pour l’obtention du doctorat de l’université Paris I – Panthéon-Sorbonne et de la Freie Universität Berlin en histoire, présentée et soutenue publiquement par Élise Julien, le 8 décembre 2007, p. 81. La thèse a été publiée en 2009 : Élise Julien, Paris-Berlin. La mémoire de la guerre 1914-1933, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009.

[102] International Society for First World War Studies, OtherFronts, Other Wars ?, 6e Conférence biennale, Innsbruck, septembre 2011, publication prévue en 2014.

[103] Gerd Krumeich, “Nationalsozialismus und Erster Weltkrieg”, dans Ute Schneider, Lutz Raphael, Dimensionen der Moderne. Festschrift für Christof Dipper, Frankfurt am Main, Peter Lang, 2008, p. 393-402.

[104] Gerd Krumeich, Nationalsozialismus und Erster Weltkrieg, Essen, Klartext, 2010.

[105] Arndt Weinrich, Der Weltkrieg als Erzieher. Jugend zwischen Weimarer Republik und Nationalsozialismus, Essen, Klartext, 2012.

[106] Thomas Weber, La Première Guerre d’Hitler, Paris, Perrin, 2012.

[107] Gerd Krumeich, Nationalsozialismus..., op. cit., p. 275.

[108] Arndt Weinrich, Der Weltkrieg..., op. cit., p. 66.

[109] Débat du Reichstag, IIIe législature, 124e séance (24 novembre 1925), p. 4561.

[110] Horst Möller, La République de Weimar, Paris, Tallandier, 2005, p. 244.

[111] Christoph Nübel, Neue Forschungen zur Kultur- und Sozialgeschichte des Ersten Weltkriegs. Themen, Tendenzen, Perspektiven, dans H-Soz-u-Kult, 08/07/2011, http://hsozkult.geschichte.hu-berlin.de/forum/2011-06-001 [lien consulté le 27 janvier 2014]

[112] Deux ouvrages, l’un français, et l’autre allemand, se sont intéressés à la question du « mythe du coup de poignard dans le dos » : Pierre Jardin, Aux racines du mal. 1918 : le déni de défaite, Paris, Tallandier, 2005 ; Boris Barth, Dolchstosslegenden und politische Desintegration. Das Trauma der deutschen Niederlage im ersten Weltkrieg 1914-1933, Düsseldorf, Droste Verlag, 2003. Wolfram Pyta s’est intéressé à la figure de Hindenburg ainsi qu’à la question des unions sacrées en France et en Allemagne. Voir Wolfram Pyta, Hindenburg. Herrschaft zwischen Hohenzollern und Hitler, München, Siedler Verlag, 2007 ; Wolfram Pyta, Carsten Kretschmann, Burgfrieden und Union sacrée, Beihefte der Historischen Zeitschrift 54, München, Oldenbourg Verlag, 2011. Une synthèse relativement récente : Roger Chickering, Das deutsche Reich und der Erste Weltkrieg, Munich, C.H. Beck, 2002.

[113] Gerd Krumeich, “Kriegsgeschichte im...”, art.  cit., p. 18.

[114] Les travaux de Nicolas Beaupré et Élise Julien ou les thématiques comparables de Manon Pignot et Sonja Müller sont de bons exemples : Nicolas Beaupré, Écrire en guerre…, op.  cit ; Élise Julien, Paris-Berlin..., op. cit. ; voir aussi l’ouvrage franco-allemand : Arnd Bauerkämper, Élise Julien, Durchhalten ! Krieg und Gesellschaft im Vergleich, 1914-1918, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2010 ; Manon Pignot, Allons enfants de la patrie. Génération Grande Guerre, Paris, Le Seuil, 2012 ; Sonja Müller, “Toys, Games and Juvenile Litterature in Germany and Britain During the First World War. A Comparison”, dans International Society for First World War Studies, Untold War, Leiden, Brill, 2008, p. 233-257.

[115] La synthèse, rédigée à deux mains par Gerd Krumeich et Jean-Jacques Becker, en est un autre exemple frappant. Jean-Jacques Becker, Gerd Krumeich, La Grande Guerre. Une histoire franco-allemande, Paris, Tallandier, 2008.

Nicolas Patin

Nicolas Patin est ancien élève de l’École normale supérieure de Lyon, agrégé et docteur en histoire contemporaine. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2010, portait sur l’expérience de guerre des députés du Reichstag de la République de Weimar (à paraître aux éditions Fayard en 2014 sous le titre La catastrophe allemande, 1914-1945. 1 674 destins parlementaires). Il a publié de nombreux articles sur l’histoire parlementaire, le nazisme et la Première Guerre mondiale en Allemagne. Il est actuellement chargé de recherches à l’Institut historique allemand (Paris).

Nicolas Patin is a former student of the École normale supérieure de Lyon, “agrégé” and PhD in contemporary history. His PhD, defended in 2010, focused on the war experiences of the Reichstags MPs during the Weimar Republic (to be published in 2014 by Fayard under the title La catastrophe allemande, 1914-1945. 1 674 destins parlementaires). He has published numerous articles about parliamentary history, Nazism and World War I in Germany. He is currently Fellow Researcher at the German Historical Institute (Paris).

 

Nicolas Patin ist ein ehemaliger Schüler der École normale supérieure in Lyon, agrégé und Doktor der Zeitgeschichte. In seiner Doktorarbeit, welche er 2010 verteidigt hat, beschäftigt er sich mit der Kriegserfahrung der Reichstagsabgeordneten in der Weimarer Republik (im Verlag Fayard wird es 2014 unter dem Titel “La catastrophe allemande, 1914-1945. 1 674 destins parlementaires“ erscheinen). Er hat zahlreiche Artikel über die Geschichte des Parlamentes, über den Nationalsozialismus und über den Ersten Weltkrieg in Deutschland veröffentlicht. Gegenwärtig arbeitet und forscht er am Deutschen Historischen Institut in Paris.

Mots clefs : historiographie ; Allemagne ; Centenaire ; expérience de guerre ; question de la responsabilité allemande ; brutalisation.

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  • ISSN 1954-3670