Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Le programme du Conseil national de la Résistance en perspective

Coordination : Claire Andrieu

Le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ? Résistance et réformes dans la transition italienne, 1943-1948

Giovanni Focardi
Résumé :

Cet article propose d’analyser les principales caractéristiques des réformes institutionnelles en Italie au lendemain de la Seconde Guerre (...)

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Toute réflexion [1] sur la relation entre Résistance et réforme en Italie se doit de commencer par un point de départ précis : le 25 juillet 1943. Le déclenchement de la crise du régime fasciste n’est en aucun cas le produit des forces anti-fascistes, mais plutôt le résultat de l’action de la monarchie, qui tente ainsi de se détacher de la figure de Mussolini et de distinguer les responsabilités du Duce de celles du roi. Il est nécessaire de garder en tête ce point de départ afin de mesurer, dans la transition institutionnelle, le chemin parcouru par les forces politiques issues de la Résistance depuis la désorganisation de l’armée, le 8 septembre 1943, et d’évaluer la nature et le nombre de réformes réalisées par l’Italie [2] .

Le lien guerre-Résistance

Une partie de la classe dirigeante italienne de 1943 souhaite conserver un régime monarchique, un système politico-institutionnel révisé dans un sens libéral démocratique et débarrassé de Mussolini, du Parti national fasciste (PNF) et de la Milice volontaire de sécurité nationale, institutions qui ont été dissoutes dans les journées agitées de la fin juillet par le nouveau gouvernement conduit par le maréchal Pietro Badoglio. Badoglio sait qu’il doit octroyer l’espace nécessaire aux six partis issus du Comité central de libération nationale (CNL) – Démocratie chrétienne, Parti communiste, Parti socialiste, Parti d’action, Parti libéral, Parti démocratique du travail –, partis formulant un ensemble de requêtes pour participer au nouveau gouvernement. Ce projet est conditionné par la mise à l’écart du roi qui, bien au contraire, reste présent, rendant ainsi caduc l’accord. Il en résulte que ces partis ne sont pas représentés dans le premier gouvernement post-fasciste.

Mais les Alliés font pression sur Badoglio pour qu’il s’engage dans une évolution démocratique et surtout dans une forme de dialogue avec les partis politiques en présence.

Le 8 septembre marque le premier temps d’arrêt – qui se révèle ensuite décisif – pour ce gouvernement de tendance autoritaire : la notion de « continuité de l’État » est en effet invoquée pour expliquer l’absence d’une rupture institutionnelle [3] . Ce gouvernement change de nature en avril 1944, avec notamment le « tournant de Salerne », un changement de tactique politique du Parti communiste, lié au retour de Togliatti dans la péninsule en mars 1944 : le chef charismatique impose à son Parti de se rallier au gouvernement de Badoglio [4] . Cette tactique oblige certains des autres partis politiques du CLN à y participer eux-mêmes (Démocratie chrétienne, Parti libéral, Parti démocratique du travail) [5]  ; la priorité de ce gouvernement est alors de continuer la guerre, et non de mener une réforme profonde de l’État.

Résistance et réforme

À Rome, libérée au moment du débarquement de Normandie, le nouveau gouvernement est conduit par Ivanoe Bonomi : un ancien socialiste réformiste, devenu libéral, déjà président du Conseil en 1920-1921, et désormais leader du petit parti de la Démocratie du travail, de tendance modérée. Ce gouvernement se distingue par une volonté de promulguer des réformes en discontinuité avec le précédent exécutif Badoglio. Il compte désormais des ministres issus des six partis du Cln. En observant son activité législative (les décrets-lois), on peut constater un début de projets de réformes variées dans les domaines politique, économique et social. Néanmoins le sens de ces mesures et leur horizon culturel (au sens de culture juridique, politique, économique) sont souvent tournés vers le passé, se référant à la situation d’avant 1922, à une Italie qui se présentait comme une démocratie en construction, laquelle fut remplacée par la dictature fasciste [6] .

Il y a donc bien des réformes, mais modérées et tenant parfois même de la restauration. À mon sens, ces réformes ne remettent pratiquement pas en cause les transformations introduites aussi bien par les réformes fascistes (le développement d’une administration d’agences publiques parallèles) que par la crise de 1929 et par les réformes des institutions publiques économiques qui s’ensuivirent au début des années 1930 (caractérisées par l’intervention et la présence de l’État dans l’économie, un État qui ne se limite pas à contrôler le marché et ses acteurs privés, mais qui est directement impliqué en tant que propriétaire de larges secteurs de l’industrie, du crédit et de la finance), les transformations introduites par la succession de guerres fascistes (Éthiopie, Espagne, Seconde Guerre mondiale) ne sont pas non plus remises en question.

Il s’agit donc de réformer lentement, par des modifications ciblées, jamais ex novo.

En revanche une conception bien différente du futur État émerge à Milan, à Turin, à Bologne, à Florence. Ici la Résistance s’organise et se développe, passant de petites bandes à une quasi-armée composée de divisions et de brigades [7] , et propose un programme incluant, entre autres réformes, la décentralisation avec de fortes autonomies régionales, provinciales et municipales, la réforme agraire, la réforme du secteur industriel (nationalisations, cogestion des entreprises, etc.), la réforme radicale de l’administration publique. En somme, une vision proche de la République et non de la Monarchie, et, dans tous les cas, selon une manière bien différente de ce que le centre romain est en train de concevoir et d’organiser. C’est le cas des CLN (de quartier, d’entreprise, les comités municipaux, régionaux et de province) qui se présentent comme les possibles organes d’une nouvelle administration locale, restaurée et renforcée par rapport à leur marginalisation subite durant le ventennio fasciste [8] .

Entre octobre 1944 et février 1945, les principaux partis politiques (dont quatre sont au gouvernement) échangent entre eux plusieurs propositions sur les futures réformes de l’État et sur les formes que cet État pourrait et/ou devrait revêtir. Durant ce débat, en décembre 1944, une crise politique survient, causée par l’épuration, en particulier l’épuration administrative qui vise beaucoup de fonctionnaires civils (parmi lesquels des hauts fonctionnaires [9] ), mais aussi et surtout des militaires de haut rang. Ces milieux, très proches du Parti libéral et du petit – mais bien représenté dans la capitale – Parti démocratique du travail de Bonomi, s’efforcent alors de limiter les sanctions à l’encontre des collaborateurs et des fonctionnaires restés fascistes jusqu’au 1943. L’unité politique du Cln est ainsi rompue une deuxième fois (après avril 1944) et un gouvernement Bonomi se forme sans les socialistes ni les membres du Parti d’Action (azionisti) [10] .

Par conséquent, deux positions sont à distinguer. À Rome, la nouvelle classe politique et une partie de l’ancienne sont en mesure de mettre en œuvre des réformes, qui en fait visent le moins de changements possibles. Elles savent quoi, comment et où réformer, elles le pourraient mais elles ne le veulent pas. Toutefois, ces élites ne restent pas immobiles et préparent, au contraire, le terrain des réformes en limitant le périmètre des règles, des instruments, des nominations et des charges attribuées.

Dans le Nord de l’Italie, la classe dirigeante issue de la Résistance n’a ni les outils ni la préparation culturelle pour pouvoir réformer quoi que ce soit. Avec la fin de la guerre, cette classe dirigeante a davantage de poids politique (par exemple dans le gouvernement Parri, juin-décembre 1945). Néanmoins, les mécanismes de l’État tels qu’ils ont été configurés et transformés durant le fascisme lui restent étrangers et obscurs. Elle souhaite donc réformer, mais elle ne sait ni où ni comment ; en définitive, elle ne peut pas réformer.

En somme, à côté des faiblesses culturelles et professionnelles des cadres de l’antifascisme, le fait que la Résistance en Italie n’ait pas gagné la guerre s’avère décisif. Au contraire, en France, la Résistance extérieure et la Résistance intérieure se sont imposées par leur victoire, et le Comité français de libération nationale (Cfln) s’est transformé en Gouvernement provisoire de la République française [11] .

Un long après-guerre

En Italie, la libération du territoire s’est déroulée en trois périodes successives, ce qui a des conséquences sur le processus de réforme de l’administration [12] . Les temporalités de « sortie de guerre » sont donc bien différentes par rapport à la France. Ainsi les structures traditionnelles de l’État ont eu le temps de se donner une nouvelle légitimité durant la lente progression des forces alliées, se montrant ensuite capables de gouverner contre le « vent du Nord », selon l’expression qui désigne la forte volonté de changement des représentants des forces combattantes de la résistance du Nord de l’Italie.

Après les évènements qui ont suivi l’armistice de septembre 1943, l’entreprise de réforme des structures de l’État ne commence qu’à la libération de Rome en juin 1944. À ce moment-là, toutes les forces politiques semblent avoir conscience de la nécessité de changer l’administration pour la rendre conforme au nouvel État démocratique, alors que trois ans plus tard (mai 1947) une telle conscience semble avoir disparu. Ainsi les antifascistes et les résistants italiens (partigiani) ne réussissent pas à se préparer, au contraire de leurs homologues français entre septembre 1943 (libération de la Corse) et juin-août 1944. La guerre de libération contre les nazis et les fascistes reste la priorité de la période 1943-1945. Les partis politiques du Cln italien ne préparent aucun projet de constitution ni durant la guerre ni durant l’année de juin 1945 à juin 1946 [13] .

Le long après-guerre [14] permet d’une part à la bureaucratie centrale d’État et aux grands corps publics de constituer des alliances politiques anciennes (avec Bonomi, et des autres dirigeants du Parti libéral) ou nouvelles (avec les alliés, parce que ces derniers ne veulent pas s’occuper des affaires civiles pendant la guerre, permettant aux fonctionnaires de se ré-légitimer) [15] . D’autre part, pour rejoindre l’objectif des réformes, la classe dirigeante compte sur la constitution considérée comme le remède possible à tous les problèmes de l’État (de l’organisation aux problèmes fonctionnels, en passant par les difficultés sociales et économiques). Mais, perdue dans les urgences de l’après-guerre, la réforme administrative ne succède pas à la promulgation de la Constitution.

Les réformes voulues par les résistants et les antifascistes

Qui sont les résistants et les antifascistes ? Et que proposent-ils pour l’avenir du pays ? Aux origines des formations combattantes, l’on trouve surtout des militaires dispersés ; s’y ajoute également un large échantillon d’ouvriers, pour la plupart proches du Parti communiste et dans une moindre mesure des Partis d’action et socialiste. Ces formations sont rejointes par des groupes d’étudiants et quelques rares professeurs d’université, quelques artisans, employés du privé et professions libérales.

À noter que les fonctionnaires n’y sont pas représentés en masse et brillent par leur absence dans la composition sociale des forces de la Résistance. Il est vrai que les résistants italiens ont des projets et des idées sur la manière dont le futur État et ses institutions devraient et pourraient être organisés. Mais ils ne vont pas au-delà des desiderata généraux (et génériques).

Ce constat est valable pour le Centre puis pour le Nord de l’Italie, et il est possible de l’expliquer par la durée du régime fasciste (vingt ans) et par l’autonomie que la dictature a concédée à la bureaucratie en échange de sa fidélité et de sa fascisation.

En définitive, les forces de la résistance arrivent impréparées pour la Constituante, laquelle se montre pourtant capable de rédiger une constitution moderne et avancée, aujourd’hui encore en vigueur.

La nécessité d’organiser les diverses étapes qui jalonnent le processus de réformes est plus présente en France qu’en Italie. Ceci constitue un problème pour les réformateurs italiens qui sont divisés et mal organisés au sein des diverses commissions créées par les gouvernements entre 1944 et 1947 [16] .

La forme du welfare italien et la réception du rapport Beveridge

Avant d’en venir au rapport de Lord Beveridge, il convient de rappeler quelques éléments préexistants relatifs au modèle d’État-providence en Italie [17] .

L’État social fasciste se caractérise par une fragmentation et une parcellisation des catégories récipiendaires et par des prestations accordées au bon vouloir d’un pouvoir discrétionnaire [18] . Cet État social est généreux pour les militaires et la petite bourgeoisie urbaine, mais quasi absent pour les paysans et dans les campagnes [19] . Les prestations sont gérées par des organismes créés par le régime [20] et sont accordées en général aux membres du Parti national fasciste et de la Milice, et, dans une moindre mesure, aux autres citoyens, même si formellement personne n’est censé être exclu des services des Agences communales autonomes [21] . À ces établissements, s’ajoutent les Opere Pie (Œuvres Pieuses) qui sont des institutions privées, souvent gérées par des congrégations religieuses, procurant aux nécessiteux une assistance sanitaire et éducative. L’Église reste ainsi très présente dans la gestion des services sociaux. Néanmoins, dans ce labyrinthe de prestations sociales, certains secteurs sont en progression constante durant le ventennio, telles les assurances-maladies et les retraites, ou les dépenses de sécurité sociale [22] .

En définitive, il s’agit d’un système de welfare dans lequel les privilèges et les disparités de traitement prévalent, malgré la tentative d’offrir les mêmes services aux invalides de guerre et aux orphelins. Ce système repose d’abord sur un régime assurantiel occupationnel construit sur le modèle du "male breadwinner", ce qui signifie que l'assurance repose sur l'activité de l'assuré et que celui-ci est prioritairement le chef de famille masculin. En résumé, il existe des assistés de première classe, souvent encartés au PNF, et des assistés de seconde classe. Les services et prestations accordées sont instrumentalisés à des fins de contrôle social et de consensus.

Les années de transition sont marquées par la tentative d’« adopter » la philosophie du rapport Beveridge qui est lu et étudié de manière approfondie entre 1943 et 1944, par exemple par Luigi Einaudi [23] ou encore par des intellectuels catholiques, comme Amintore Fanfani et Giorgio La Pira. Tous les lecteurs, partisans et critiques, affirment qu’il est nécessaire de se confronter au modèle proposé par Beveridge. La majorité exprime une préoccupation vis-à-vis des coûts que comporteraient de telles réformes et préconise la recherche d’une voie intermédiaire pour adapter les propositions du rapport à la situation italienne [24] .

Ce n’est pas un hasard si la Démocratie chrétienne crée une commission d’étude afin de discuter des réformes de sécurité sociale et qu’en 1947 l’éventuel montant d’un tel plan est pris en considération ; malgré les coûts élevés et l’augmentation des dépenses publiques que cela implique, un projet analogue semble possible. La sensibilité universaliste catholique se retrouve, me semble-t-il, dans les projets sécularisés et universalistes du rapport et entre en résonnance avec sa philosophie.

Les syndicats sont nettement favorables aux propositions d’« unification des systèmes de protection sociale et d’unification des agences de prévoyance ». Sur ces thèmes, des commissions ministérielles sont également créées [25] . Le 10 janvier 1946, le ministre Nenni fonde la Commission pour l’étude des problèmes du travail. Cette dernière – composée de vingt-deux membres et répartie en quatre sous-commissions [26]  –  produit quelque 1 200 pages d’actes qui contiennent beaucoup de références au rapport [27] .

La seconde commission est créée le 3 juillet 1947 par le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, Amintore Fanfani, et ses travaux s’achèvent en février 1948 ; elle est composée, comme c’est souvent le cas, par des techniciens, des experts, des professeurs d’université [28] . L’influence des idées de Beveridge y est encore plus manifeste dans le volume publié par la Commission qui copie la forme et la structure du rapport (sommaire, liste des membres, déclaration d’intention, principes de base des travaux) [29] . Pour chaque problème spécifique, il existe un paragraphe attitré. Plusieurs thèmes sont traités : ceux de la redistribution, du financement, du contentieux et de la protection, de l’organisation administrative, de la prévention des soins et de l’assistance post-soins. Les propositions italiennes sont en retrait par rapport au modèle anglais : il est impossible de suivre l’ensemble des prévisions du rapport, mais il est néanmoins faisable d’en réaliser une partie. Les dépenses sociales doivent être élargies et les procédures bureaucratiques doivent être simplifiées et unifiées. En pratique, le modèle universaliste à la Beveridge est adopté, préfigurant des solutions particulièrement audacieuses [30] .

Les travaux se concluent néanmoins trop tard, à la fin de l’année, dans un climat politique détérioré par l’instauration du rideau de fer et le début de la guerre froide. L’exclusion de la gauche du gouvernement, la fin des travaux de la Constituante en décembre 1947, le « coup d’État » en Tchécoslovaquie en février 1948, l’imminence de la campagne électorale d’avril 1948, sont autant de facteurs qui contribuent à enterrer de nombreux points de réformes de la Commission, parmi lesquels l’unification et la simplification administrative du secteur de prévoyance santé, l’extension de la couverture santé (maladie, vieillesse, invalidité et accident) à tous les travailleurs, et, limitées aux seuls salariés, l’assurance-chômage, les allocations familiales et les indemnités de congé maladie, la création d’un régime unique d’assurance-vieillesse et l’articulation entre prestations et redistributions [31] .

Au final, persistent la fragmentation et la diversification aussi bien pour les récipiendaires qui en profitent que pour le type de prestations rendues ; le concept de « sécurité sociale » universelle ne passe pas. La conception renforcée de « front mutualiste » (selon les catégories d’emploi et les catégories familiales, un “male breadwinner model”) s’impose à la place [32] .

Ainsi, bien que les problèmes et les réformes à entreprendre soient connus, le choix est-il fait de ne rien changer par rapport au passé et de reporter les réformes : les gouvernements sont en mesure d’intervenir, mais ils ne le veulent pas et au mieux ils orientent les dépenses sociales vers l’habitat social plutôt que vers la santé et la prévoyance [33] . Ils augmentent les dépenses sociales en quantité et non en qualité.

Mais néanmoins certaines idées sont reprises dans le texte constitutionnel.

Assemblée constituante et Constitution

Il ne faut pas perdre de vue que la Constitution italienne est considérée comme un compromis fort entre les principales idéologies et les forces politiques du pays : catholique avec la Démocratie chrétienne, marxiste avec le PSI et le PCI, et libérale avec de grandes figures telles que Croce, Orlando, Einaudi.

Par exemple, au titre II, « Rapports éthiques et sociaux » (art. 29-34), l’influence catholique transparaît dans la conception de la société coïncidant presque seulement et uniquement avec la famille ; trois articles traitent de la famille (art. 29, 30 sur les enfants, art. 31 sur les familles nombreuses) tandis que sont abordées juste après la santé (art. 32) et l’instruction (art. 33 – 34), deux autres secteurs sociaux dans lesquels le rôle de l’Église catholique était et demeure très fort [34] .

En revanche, le titre III, « Rapports économiques » (art. 35 à 47), fait écho à un lexique marxiste, présent pratiquement à chaque article. Le principe d’une intervention directe de l’État y est affirmé et répété afin de « promouvoir un système moderne de prévoyance ». L’article 38 affirme :

« Tout citoyen inapte au travail et dépourvu des moyens d’existence nécessaires a droit aux secours et à l’assistance sociale. Les travailleurs ont droit à ce que des moyens d’existence appropriés à leurs nécessités vitales soient prévus et assurés en cas d’accident, de maladie, d'invalidité et de vieillesse, de chômage involontaire. (…) Des organismes et des institutions créés ou aidés par l’État pourvoient aux mesures prévues dans cet article. L’assistance privée est libre. »

En pratique, l’État se trouve placé – et en concurrence – entre une Église-providence et un, ou plusieurs, partis-providence.

En 1948, personne n’imagine que la majorité va s’opposer aux réformes. Pourtant, « l’obstructionnisme de la majorité » a eu pour principal résultat que la DC et ses alliés (PSLI, PRI, PLI) n’ont jamais mis en œuvre ces normes programmatiques. La ligne libérale d’Einaudi sur le plan économique s’impose en économie, rendant caduque l’article 46 (disposant : « En vue de la promotion économique et sociale du travail et en harmonie avec les exigences de la production, la République reconnaît le droit des travailleurs à collaborer, selon les modalités et dans les limites fixées par les lois, à la gestion des entreprises »).

La question des droits fondamentaux et des droits des femmes

La condition juridique des femmes s’inscrit parmi les critères permettant de distinguer un régime libéral d’un régime démocratique. En Italie, les femmes obtiennent le droit d’être électrices et éligibles en 1945 et peuvent finalement voter en juin 1946 pour le référendum monarchie/république et pour l’élection de l’Assemblée constituante. Si cette Assemblée compte vingt et une femmes parmi ses membres, l’article 3 reconnaît que « tous les citoyens ont une même dignité sociale et sont égaux devant la loi, sans distinction de sexe », et l’article 51 dispose « tous les citoyens de l’un ou de l’autre sexe peuvent accéder aux fonctions publiques et aux charges électives dans des conditions d’égalité selon les qualités requises fixées par la loi ». Néanmoins, priorité est donnée à la loi ordinaire qui est et demeure en opposition avec les articles constitutionnels [35] .

Le problème est que l’expression « selon les qualités requises fixées par la loi » fait référence aux lois ordinaires et aux codes, dont la lettre est restée considérablement fasciste en matière d’inégalité homme-femme. La même Assemblée constituante retient que les femmes ne peuvent pas assumer certaines charges administratives : de manière très explicite, leur admission dans la magistrature et à une carrière diplomatique et préfectorale est repoussée. Si les femmes obtiennent la pleine citoyenneté politique, elles bénéficient seulement d’une « citoyenneté administrative » de seconde classe en raison de l’aversion d’une grande majorité des hommes politiques [36] . Une telle frilosité sur le statut des femmes traduit le déficit général de culture politique réformatrice et s’explique par le fait que les acteurs politiques qui n’ont pas participé à la Résistance jouent un rôle clé sur beaucoup des questions discutées et décidées au sein de l’Assemblée constituante.

Conclusion

Le verre des réformes italiennes est-il ainsi à moitié vide ? Ou plutôt à moitié plein ?

L’Italie de l’après-guerre se caractérise par une volonté de réforme due à la période d’union nationale. Mais même pendant cette période et jusqu’à l’élection de la Chambre des députés en 1948, la haute bureaucratie conservatrice et d’autres groupes organisés comme le patronat conservent une grande liberté d’action. Alcide De Gasperi disait du patronat qu’il constituait un quatrième parti, après les trois partis politiques de masse.

Et avec le début de la guerre froide, la promulgation de la Constitution en décembre 1947 est immédiatement suivie d’un gel partiel de cette même Constitution et des réformes administratives, économiques et sociales qu’elle prévoyait [37] .

Le sort des réformes du cadre général de l’État (la République et le texte constitutionnel) se distingue ainsi des projets de réforme administrative, économique, sociale, ce qui correspond à une différence fondamentale d’efficacité et de temporalités entre la période d’élaboration des projets et celle de la mise en place des réformes.

Si l’on regarde le cadre général, il existe une rupture très nette entre la monarchie et la République, entre la dictature et la démocratie, entre le parti unique et le système de pluralité des partis. L’Italie a bien mis en œuvre des changements importants dans la transition institutionnelle : elle a ainsi lancé des réformes démocratiques décisives ; et dans ce cas, le verre apparaît plein.

Néanmoins, si, partant du cadre général, on s’attache plus précisément aux détails, comme l’a fait cet article, les continuités prévalent. Beaucoup de lois, de codes et de règlements demeurent similaires à ceux du régime fasciste : beaucoup d’hommes sont restés en place, aussi bien dans le secteur privé que dans l’administration publique : beaucoup de pratiques, de mentalités, de façons d’agir, perdurent telles quelles, presque inchangées.

Concernant les réformes sociales, économiques et administratives, le verre est donc toujours à moitié vide, voire même encore plus vide. Durant plusieurs décennies, l’Italie ne lance pas de réformes significatives dans les domaines de la santé, de l’école, de l’assistance et de la prévoyance. Le service sanitaire national ne voit le jour que dans les années 1970, la création des régions également. La continuité domine. Comme l’a déjà souligné Guido Melis : « Ce ne sont pas les Alliés, mais les partis et la bureaucratie qui décidèrent de la continuité centralisatrice de l’État [38] . »

En pratique, les valeurs de la Résistance sont bien présentes dans plusieurs articles de la Constitution, mais elles y restent déclaratives ; la mise en œuvre de certains articles du texte constitutionnel ne commencera qu’en 1956.

On pourrait argumenter que le pays réel était, et demeure, comme souvent, distant du pays légal. Le pacte fondateur de la République italienne, la Constitution, contient cette contradiction : voulu et promu par presque tous les partis politiques, ce pacte n’a jamais par la suite été complètement accepté par certains courants de ces partis. À titre d’exemple, l’accord est unanime sur la restauration des libertés publiques et des droits [39] . Mais les désaccords se font jour sur l’élargissement des droits, sur les modalités nécessaires pour atteindre un tel objectif.

Cet article au final ne dit rien de neuf par rapport à ce que certains contemporains avaient compris et dénoncé : cédons donc la parole à deux auteurs, distants d’un demi-siècle l’un de l’autre.

Tout d’abord, un juriste, Piero Calamandrei, affirmait dès 1948 que les gouvernements de la DC (et ses alliés) avaient dédommagé les partis de gauche de la révolution manquée en lui substituant une révolution potentielle, restée sur le papier.

Le philosophe Norberto Bobbio écrit quant à lui en 1996, qu’il existe trois droits sociaux fondamentaux : l’instruction, le travail, la santé. Les droits sociaux – à la différence des droits des libertés publiques – sont reconnus et protégés « dans l’intérêt premier de l’individu mais aussi dans l’intérêt général de la société à laquelle l’individu appartient. Il est ainsi dans l’intérêt même de la société, considérée dans son ensemble, que les citoyens soient instruits plutôt qu’ignorants, actifs plutôt que chômeurs, en bonne santé plutôt qu’infirme ».

Et Bobbio de poursuivre en rappelant que « les droits individuels s’inspirent de la liberté comme valeur première, alors que les droits sociaux s’inspirent de l’égalité comme valeur première ». Pour dépasser cette opposition entre libéralisme (favorable aux libertés publiques) et socialisme (favorable aux droits sociaux), Bobbio préconise que « la reconnaissance de certains droits sociaux fondamentaux soit le présupposé ou la pré-condition pour un exercice effectif des libertés publiques. L’individu instruit est plus libre que l’individu non cultivé ; un individu avec un travail est plus libre qu’un chômeur ; un homme sain est plus libre qu’un malade ».

Bobbio rappelle l’enseignement de Calamandrei qui synthétisait ainsi la situation dans un livre écrit durant la guerre mais publié en 1946 : « Les droits sociaux sont aussi des droits de liberté, parce qu’ils "constituent la prémisse indispensable pour garantir à tous les citoyens la jouissance effective des libertés politiques" [40] . »

Pour citer cet article : Giovanni Focardi, « Le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ? Résistance et réformes dans la transition italienne, 1943-1948 », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 24, septembre-décembre 2014 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Je remercie Nina Valbousquet pour son aide dans la préparation et la traduction de cet article. Je remercie aussi mes amis et collègues : Ilaria Pavan, Santo Peli, Andrea Rapini, Francesca Tacchi.

[2] Claudio Pavone, Una guerra civile. Saggio storico sulla moralità nella Resistenza, Torino, Bollati Boringhieri, 1991 ; trad. fr., id., Une guerre civile. Essai historique sur l’éthique de la Résistance italienne, trad. de Jerome Grossman, Paris, Édition du Seuil, 2005.

[3] Claudio Pavone, Alle origini della Repubblica, Turin, Bollati Boringhieri, 1995.

[4] Silvio Pons, L’impossibile egemonia : l’URSS, il PCI e le origini della guerra fredda, 1943-1948, Rome, Carocci, 1999 ; Elena Aga-Rossi, Victor Zaslavsky, Togliatti e Stalin : il PCI e la politica estera staliniana negli archivi di Mosca, nouvelle édition, Bologne, Il Mulino, 2007.

[5] Les socialistes et les “azionisti” restent en dehors du gouvernement jusqu’au nouveau gouvernement de Bonomi (juin 1944).

[6] Sabino Cassese, Guido Melis, « Lo sviluppo dell’amministrazione italiana, 1880-1920 », Rivista trimestrale di diritto pubblico, 1990, n  2, p. 333-357 ; Guido Melis, Due modelli di amministrazione tra liberalismo e fascismo, Rome, Ministero per i beni culturali e ambientali, 1988.

[7] Santo Peli, La Resistenza, Storia e critica, Turin, Einaudi, 2004.

[8] Giovanni Focardi, « Quale ruolo per i CLN ? Il punto di vista di Roma sull’amministrazione dello Stato », Dopo la Liberazione. L’Italia nella transizione tra la guerra e la pace : temi, casi, storiografia, sous la direction de Inge Botteri, IV Annale dell’Archivio storico bresciano, Brescia, 2008, p. 57-77.

[9] Romano Canosa, Storia dell’epurazione in Italia. Le sanzioni contro il fascismo 1943-1948, Milan, Baldini & Castoldi, 1999 ; Giovanni Focardi, « Le sfumature del nero: sulla defascistizzazione dei magistrati », Passato e presente, 2005, n. 64, p. 61-87.

[10] Très présents dans la Résistance, leur chef est Ferruccio Parri, ils rassemblent plusieurs personnalités de tendance radicale et républicaine, libérale socialiste et sociale-démocrate. La présence de ces différentes sensibilités provoque la crise du parti au début du 1946, et son échec électoral (seulement 7 membres sur 556 à la Constituante).

[11] Paul Ginsborg, « Resistenza e riforma in Italia e in Francia, 1943-48 », Ventesimo secolo a. 2, n. 5-6, 1992, p. 297-319 ; Giovanni Focardi, « La réforme qui n’a jamais eu lieu. Projets et réformes administratives en Italie et en France en 1943-1948 », Revue française d’administration publique, « Généalogie de la réforme de l’État », 2006, n  120, p. 679-694.

[12] Eric Gobetti (dir.), 1943-1945. La lunga liberazione, Milan, Franco Angeli, 2007.

[13] Claudia Franceschini, Sandro Guerrieri et Giancarlo Monina (dir.), Le idee costituzionali della Resistenza, actes du colloque (Rome, 19-21 octobre 1995), Rome, Istituto poligrafico dello Stato, 1997.

[14] La Sicile est libérée en juillet 1943, Naples en octobre 1943, Rome en juin 1944, Florence en août 1944, Milan en avril 1945.

[15] Giovanni Focardi, « Il prefetto nella transizione istituzionale 1943-1948 », Tra Stato e società civile : Ministero dell’interno, Prefetture, autonomie locali, sous la direction de Marco De Nicolò, Bologne, Il Mulino, 2006, p. 175-195.

[16] Giovanni Focardi, Guido Melis, « Le fonti culturali: le Commissioni Forti », Collana Fondazione della Camera dei Deputati, Valori e principi del regime repubblicano, (1 : I Sovranità e democrazia), sous la direction de Silvano Labriola, Rome-Bari, Laterza, 2006, p. 3-36.

[17] Luigi Tomassini, « Les assurances sociales en Italie, de la Première Guerre mondiale à la chute du fascisme », dans Michel Dreyfus (dir.), Les assurances sociales en Europe, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009, p. 159-207.

[18] Francesca Tacchi, Histoire illustrée du fascisme, préface de Pierre Milza, Paris, Place des Victoires, 2004.

[19] Fulvio Conti, Gianni Silei, Breve storia dello Stato sociale, Rome, Carocci, 2005, p. 86.

[20] Andrea Rapini, I « cinque giganti » e la genesi del Welfare State in Europa tra le due guerre, in « Storicamente », 8 (2012), art. 8, DOI 10.1473/stor410, http://www.storicamente.org/05_studi_ricerche/rapini_stato_sociale.htm (16 mai 2014).

[21] Silvia Inaudi, A tutti indistintamente. L’Ente Opere Assistenziali nel periodo fascista, Bologne, Clueb, 2008.

[22] Chiara Giorgi, La previdenza del regime. Storia dell’Inps durante il fascismo, Bologne, il Mulino, 2004.

[23] Né en 1874, économiste, professeur à l’université, sénateur depuis 1919, libéral de tendance conservatrice, s’opposant après 1924 au fascisme, comme Benedetto Croce ; il devient en janvier 1945 gouverneur de la Banque d’Italie (banque nationale), puis en 1946 membre au l’Assemblée constituante, en 1947 ministre et, enfin, en 1948, président de la République.

[24] David Mugnai, « La critica italiana al Piano Beveridge », Economia & Lavoro, a. XXXIX, n  3, 2005, p. 121-136 ; William Beveridge, La libertà solidale. Scritti 1942-1945, sous la direction de Michele Colucci, Rome, Donzelli, 2010.

[25] Paola Mattera, « All’alba della Repubblica : i progetti di riforma sociale degli anni Quaranta e la “Commissione D’Aragona” », Momenti del welfare in Italia. Storiografia e percorsi di ricerca, sous la direction de Paolo Mattera, Rome, Viella, 2012, p. 81-119.

[26] Les sous-commissions traitaient respectivement : 1) des problèmes économiques, 2) des problèmes syndicaux, 3) de la législation sociale, 4) de la médecine du travail et de l’hygiène sociale, cf. Presidenza del Consiglio dei ministri, Verbali del Consiglio dei ministri, luglio 1943–maggio 1948, édition critique, sous la direction de Aldo G. Ricci, Rome, Istituto poligrafico e zecca dello Stato, 10 vol., 1994-1998, vol. VI, 1 : Governo De Gasperi 10 décembre 1945–13 juillet 1946, séance du 10 janvier, p. 142 et 151-152 ; Ministero per la Costituente, Atti della Commissione per lo studio dei problemi del lavoro, I: Relazioni – Questionari – Interrogatori – Inchieste; II : L’ordinamento del lavoro nella legislazione comparata, Rome, Stabilimento Tipografico U.e.s.i.s.a., 1946.

[27] Archives historiques de la Chambre des députés, Assemblée constituante, b. 72, fasc. 1, sous-fasc. « Carteggio » lettre de Pesenti à Nenni du 28 juin 1946.

[28] Amintore Fanfani. Storico dell’economia e statista. Economic Historian and Statesman, sous la direction de Angela Maria Bocci Girelli, Milan, FrancoAngeli, 2013.

[29] Ministero del Lavoro e della Previdenza Sociale, Commissione per la riforma della previdenza sociale, Relazione sui lavori della Commissione (4 Luglio 1947–29 Febbraio 1948), Rome, Tipografia A.t.e.l., 1948 (il y a une deuxième édition augmentée en 1949).

[30] William Beveridge, Alle origini del welfare state : il rapporto sulle assicurazioni sociali e servizi assistenziali, essais de Ugo Ascoli, David Benassi, Enzo Mingione, Milan, FrancoAngeli, 2010.

[31] Andrea Rapini, Lo stato sociale, Bologne, Archetipolibri, 2010.

[32] Maurizio Ferrera, Valeria Fargion, Matteo Jessoula, Alle radici del welfare all’italiana. Origini e futuro di un modello sociale squilibrato, Venise, Marsilio, 2013.

[33] Giovanni Focardi, Storia dei progetti di riforma della pubblica amministrazione: Francia e Italia 1943-1948, Bologne, Bononia University Press, 2004.

[34] Pour le texte de la Constitution italienne, voir : http://mjp.univ-perp.fr/constit/it1947.htm [lien consulté le 16 mai 2014].

[35] Francesca Tacchi, Eva togata. Donne e professioni giuridiche in Italia dall’Unità a oggi, prefacé Rita Sanlorenzo, Turin, Utet, 2009, p. 85-104.

[36] Giovanni Focardi, « Alla conquista della “giustizia” : le magistrate », dans Giovanna Vicarelli (dir.), Donne e professioni nell’Italia del Novecento, Bologne, Il Mulino, 2007, p. 205-222.

[37] Umberto Allegretti, Giovanni Focardi, « Amministrazione, Costituente, Costituzione », La Costituzione italiana, sous la direction de Maurizio Fioravanti et Sandro Guerrieri, Rome, Carocci, 1999, p. 359-416.

[38] Guido Melis, Storia dell’amministrazione italiana, 1861-1993, Bologne, Il Mulino, 1996, p. 408.

[39] Stefano Rodotà,Diritti e libertà nella storia d’Italia. Conquiste e conflitti 1861-2011, Rome, Donzelli, 2011.

[40] Norberto Bobbio, « Sui diritti sociali », Cinquant’anni di Repubblica italiana, sous la direction de Guido Neppi Modona, Turin, Einaudi, 1996, p. 15-24.

Giovanni Focardi

Chercheur en histoire contemporaine et professeur d’histoire du XXe siècle à l’université de Padoue, Giovanni Focardi a publié Magistratura e fascismo. L’amministrazione della giustizia in Veneto. 1920-1945 (Venezia, Marsilio-Ivsrec, 2012) ; Storia dei progetti di riforma della pubblica amministrazione, Francia e Italia (1943-1948) (Bologna, Bononia University Press, 2004).

Mots clefs : Italie ; Résistance ; réformes institutionnelles ; Plan Beveridge ; Assemblée constituante.

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