Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Maurice Grimaud, un préfet dans le siècle

Coordination : Sébastien-Yves Laurent et Jean-François Sirinelli

Maurice Grimaud, le préfet médiatique

Christian Delporte
Résumé :

Pour agir, il faut savoir communiquer. Maurice Grimaud, à cet égard, est un préfet atypique qui a très tôt compris (...)

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L’anecdote ouvre le prologue du livre de Maurice Grimaud, En mai, fais ce qu’il te plaît. Nous sommes le 3 mai 1968. Le préfet de police, en début d’après-midi, s’apprête à monter dans un hélicoptère, en compagnie d’un journaliste et d’un cameraman, pour commenter les problèmes de circulation à Paris, lorsqu’il reçoit un coup de téléphone du recteur Roche lui annonçant l’occupation de la Sorbonne. Le tournage est annulé. Comme l’écrit Grimaud, « Mai 68, c’est parti[1] ».

Le plus intéressant ici n’est pas ce qui s’est effectivement passé, mais ce qui était prévu : un tournage pour la télévision. Grimaud est préfet depuis moins d’un an et demi et, pourtant, il n’en est pas à son premier reportage. À cet égard, il se distingue comme un homme de rupture. Son prédécesseur, Maurice Papon, était absent de la radio et de la télévision et conservait ses distances avec les journalistes. Maurice Grimaud, au contraire, se montre disponible. Ce n’est pas seulement un changement de style. C’est aussi un changement de stratégie. Grimaud a compris le poids des médias, et singulièrement de l’image, pour accompagner ses projets, surmonter les obstacles et les inerties politiques ou administratives, tisser un lien direct avec l’opinion publique[2]. En cela, son usage des médias correspond bien à une stratégie de communication qui souligne aussi la modernité du personnage.

Né en 1913, le jeune Grimaud, licencié ès lettres, admirateur de Gide, Proust, Valéry, très proche de Roger Martin du Gard, s’imaginait écrivain, professeur ou journaliste. Mais son double échec à l’entrée de l’École normale supérieure – blessure incicatrisable[3] – le fit dévier du chemin de l’écriture. Il s’engagea dans une carrière administrative, exercée au Maroc, en Allemagne et en France. Préfet des Landes, de Savoie, de Loire, avant d’être nommé directeur général de la Sûreté nationale (1963), Grimaud grimpa brillamment les échelons de la haute administration qui le conduisirent, en décembre 1966, à prendre en charge la préfecture de Police de Paris. Pour autant, le grand commis de l’État resta toujours passionné par la littérature, par l’écriture, par les mots.

Grimaud est un homme du verbe. Il aime parler, débattre, échanger des idées, bref communiquer. Mais il ne s’en tient pas là : il a la volonté d’utiliser son goût et sa maîtrise des mots pour faire admettre et avancer ses projets. Pour Grimaud, les médias sont d’utiles alliés, et le jeu qu’il établit avec les journalistes fait de lui ce qu’on appellerait aujourd’hui dans le milieu médiatique un « bon client ». Il plaît et jamais ne se dérobe.

Grimaud perçoit notamment que les médias ne se limitent plus, comme naguère, à la presse écrite ou à la radio : son intérêt se porte aussi sur la télévision, alors en plein essor. Quand il devient préfet de police, 55 % des ménages sont équipés en téléviseurs et le journal télévisé de la première chaîne draine, chaque soir, 60 % des téléspectateurs[4]. Contrôlé par le ministre de l’Information en personne, il est à la disposition du pouvoir, ce qui ne veut pas dire pour autant que tous les ministres sachent s’y exprimer, et quand un haut fonctionnaire y est interrogé dans un reportage, on sent combien le texte a été appris par cœur pour ne pas commettre d’impair[5] ! Chez Grimaud, au contraire, le naturel frappe immédiatement. Les journalistes le comprennent et une certaine complicité s’installe. Du coup, avant même mai 68, le préfet n’est pas un total inconnu pour les téléspectateurs. Au-delà, il devient un préfet « médiatique ».

Le nouveau préfet aime les médias

Disons-le d’emblée : si Maurice Grimaud parle aux médias, c’est que le pouvoir le veut bien. Dans les années 1960, même un ministre doit en référer sinon à l’Élysée du moins à Matignon pour donner une interview d’importance à la presse. De Gaulle se méfie des journaux, persuadé qu’ils sont tous ses adversaires. À vrai dire, il feint de le croire car si beaucoup de périodiques hésitent, à son égard, entre la méfiance (Le Monde) et la franche hostilité (L’Humanité, Combat, L’Aurore) – pour des raisons différentes du reste –, d’autres – et non des moindres – soutiennent sa politique (France-Soir, Le Parisien libéré, Le Figaro, Paris-Presse-L’intransigeant, etc.). L’agacement du Général se justifie en partie par le rôle qu’il accorde à la presse, la regardant comme l’outil qui façonne l’opinion publique. Il n’est donc pas étonnant que, malgré son irritation à leur endroit, de Gaulle débute chaque journée par la lecture des journaux. C’est aussi sa défiance qui explique pourquoi il tient d’une main de fer l’audiovisuel public, et singulièrement l’information qu’il diffuse. Pour lui, un journaliste de la radio publique ou de la télévision du monopole est un simple fonctionnaire : il est là pour obéir à ses ordres[6]. Tous les jours, les responsables de l’information parlée et télévisée, affidés du pouvoir, viennent prendre leurs consignes auprès du cabinet du ministre de l’Information : non seulement elles indiquent les sujets que les journaux parlés et télévisés devront traiter, mais aussi les personnes qu’il conviendra d’interroger. Notons, à cet égard, que les interviews en direct sont rarissimes, pour des raisons techniques et parfois de prudence[7]. Quant aux radios privées (Europe n° 1, RTL), bien que plus libres, elles ne tiennent pas à se brouiller avec l’Élysée. Selon le principe du monopole de l’audiovisuel, leurs antennes sont installées à l’étranger (Sarre dans un cas, Luxembourg dans l’autre) : seul la tolérance de l’État leur permet de disposer des relais nécessaires à leur émission sur le territoire français. Ces conditions de blocage durent jusqu’à la démission du Général, en 1969. Il faut donc attendre l’élection de Georges Pompidou, et surtout la nomination de son libéral Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, pour que l’étau se desserre sur l’information : c’est vraiment à ce moment-là que l’opposition peut parler à la télévision, que la pratique des ordres quotidiens s’efface, que la parole se fait plus diverse[8].

Moins on parle aux journalistes, mieux cela vaut, considère de Gaulle. En 1958, la proximité de la presse avec les hommes au pouvoir, coutumière sous les IIIe et IVe Républiques, s’est brutalement rompue. La politique ne se fait plus au Palais-Bourbon mais à l’Élysée et à Matignon où même les quelques journalistes accrédités sont tenus à distance. Membres du gouvernement, et a fortiori hauts fonctionnaires, ont pour consigne de se taire. Dans ces conditions, un préfet de police n’est pas naturellement l’interlocuteur des journalistes, et les rares accrédités auprès de la préfecture – les « préfecturiers », héritiers de la Belle Époque – sont essentiellement là pour relayer auprès de leurs confrères spécialisés dans le fait divers les informations les plus fraîches en matière de crimes et délits.

Malgré tout, Maurice Grimaud, au-delà d’une personnalité qui le porte au dialogue, bénéficie au moment de sa nomination d’une double ouverture, source d’une timide liberté de parole. D’abord, on sort à peine de l’affaire Ben Barka qui a terni l’image de la police : le pouvoir, dans ce domaine, n’est pas mécontent que Grimaud attire le regard de la presse sur d’autres terrains. Ensuite, l’information dans l’audiovisuel public est tellement verrouillée qu’on cherche, sans remettre en cause la voix du pouvoir, à l’habiller de façon plus moderne, notamment à la rendre plus vivante par l’usage du reportage et la diversité des sujets. Au jeu des nouvelles têtes, utiles pour ne pas lasser le public, figure le visage de Maurice Grimaud, le nouveau préfet de police, affable, sympathique, jamais à court d’idées et qui sait parler face à un micro.

On le comprend très vite. Le temps de prendre la mesure de son poste et, dès le printemps-été 1967, il est à pied d’œuvre pour lancer deux projets. Le premier peut paraître anecdotique, puisqu’il s’agit de rendre les agents de police « plus courtois ». Une campagne sympathique, mais surtout très habile et tout de suite remarquée par la presse, ce qui n’étonnera guère. Le 15 juin 1967, dans Témoignage chrétien, Francis Schull titre son article : « Le préfet est bon enfant ». Il écrit : « Placé à la tête d’un corps qui concentre sur lui une bonne partie de l’agressivité du Français moyen (…), il a entrepris de rendre le flic sympathique. C’était une gageure. Après trois mois d’exercice, il a presque gagné la partie. »

Par le passé, Grimaud a appris à côtoyer les journalistes, notamment en 1960, lorsque, préfet de Savoie, il pilota avec brio les cérémonies du Centenaire du rattachement de la Savoie à la France[9]. Il sait séduire la presse et la mobiliser, comme en atteste son autre grand projet visant à faciliter la circulation dans Paris, grâce notamment au stationnement payant. Il n’ignore pas que la résistance sera rude, auprès des décideurs politiques comme de l’opinion. Le conseil municipal est contre, influencé, soupçonne Grimaud, par le lobby de l’automobile (on pourrait ajouter : par l’électeur aussi !). Son plan de transports en commun est à peine mieux reçu. Alors, il emploie les grands moyens. En septembre 1967, il est la vedette d’un sujet du magazine télévisé Panorama, intitulé « Le préfet mène l’enquête[10] ». Grimaud donne de sa personne. Dans les rues de Paris, en compagnie du journaliste Christian Bernadac, il expose, à l’aide d’exemples concrets, les problèmes d’engorgement des grands axes, des stationnements anarchiques et s’entretient avec des automobilistes et des passants. La télévision le filme retirant une contravention d’un pare-brise, échangeant avec un employé de parking, un chauffeur de bus, des passants et même un enfant. Sans façon, toujours à l’aise, il les interroge sur leur vision de la circulation parisienne, concluant toujours sur le bien-fondé de ses propositions, comme le stationnement payant. C’est informatif, pédagogique et ludique à la fois[11].

Maurice Grimaud a réussi son coup : il est télégénique. Alors, il n’en reste pas là. Il continue son offensive auprès des journalistes et convoque la presse le 28 mars 1968 au Théâtre des Ambassadeurs pour y donner une conférence sur la circulation dans Paris. Comme il l’écrit : « J’atteignis mon but : on en parla[12]. » Michel Bosquet, dans Le Nouvel Observateur, signe un article intitulé « Vive le préfet de police », tandis que les journaux, de Combat à Rivarol, l’applaudissent. En avril, il participe à un reportage télévisé consacré à la voiture électrique du futur. Il y parle à nouveau des ennuis de la circulation et, après l’interview de plusieurs industriels et experts (de Renault, Peugeot, Citroën, Alsthom), il constate qu’elles sont toutes d’accord avec la voiture électrique, merveilleuse idée pour réduire la pollution à Paris[13].

Dès avant mai 68, Grimaud est sorti donc de l’anonymat et a réussi à nouer des relations avec la presse, dont il a compris qu’elle pourrait accompagner ses projets.

La notoriété au service d’une stratégie

Maurice Grimaud s’est donné l’image d’un préfet moderne mais aussi d’un homme de terrain. Pendant Mai 68, il en conforte les caractères. Quasi quotidiennement, il va ainsi dans la rue inspecter le dispositif de sécurité, mais apparaît aussi, du côté de la place Maubert ou du boulevard Saint-Germain, pour répondre aux questions des journalistes. Il observe, à propos de la radio et à la suite de la décision du gouvernement, le 23 mai, d’interdire l’accès aux manifestations des reporters radio des postes périphériques, Europe n° 1 et RTL :

« Je crois (…) que ce moyen irremplaçable d’information doit être utilisé également par les responsables de l’ordre public pour expliquer les actions, dénoncer les excès, calmer et rassurer les esprits. Lorsqu’il m’arrivait d’y recourir, les échos qui m’en revenaient me montraient que nous étions loin d’être perdants sur ce terrain-là[14]. »

Une telle observation souligne l’analyse fine conduite par Grimaud sur le meilleur usage des médias par les responsables publics.

Durant la crise, il est interviewé à plusieurs reprises par la radio, mais aussi par la télévision, les journalistes l’interrogeant pour faire le point sur le déroulement des événements, par exemple le 11 mai, après la « nuit des barricades », ou, quelques jours plus tôt, le 6 mai, où le journaliste Jacques Poux lui tend le micro depuis la préfecture de Police, après les violents affrontements de la journée[15]. À chaque fois, il s’agit d’un rapport factuel, ce qui n’étonne guère de la part du préfet. Mais, au-delà, ce sont les mots qui frappent, toujours dominés par la mesure, même aux pires moments de la crise[16].

En mai 1968, l’attitude modérée de Grimaud a imprégné les esprits. Comme l’écrit Jacques Fauvet dans Le Monde, le 29 mai : il « est un des rares responsables, sinon le seul, qui, depuis le début des manifestations du Quartier Latin, ait fait preuve de sang-froid et su trouver les mots justes pour s’adresser aux étudiants. La capitale lui doit sans doute beaucoup ». L’appréciation n’est pas isolée. Le 17 juin, dans un article intitulé « Maurice Grimaud, le Fer et le Velours », La Croix observe :

« Main de fer, peut-être, gant de velours, sûrement. Des nerfs d’acier aussi, pour garder la tête froide au milieu d’une atmosphère explosive que le moindre faux pas risquait de transformer en tragédie. Pour ses hommes, pour les Parisiens, et même pour ses adversaires du moment, le sourire de Maurice Grimaud a été synonyme de courage dans l’accomplissement d’un devoir ingrat et périlleux. »

Hommage rare d’une presse séduite par un préfet hors normes qui, par son attitude et sa disponibilité, a su conquérir le monde des journalistes.

Mai 68 passé, et pendant près de trois ans, Maurice Grimaud va profiter de sa notoriété médiatique pour lancer ou relancer des dossiers qui lui tiennent à cœur, à commencer par celui de la circulation dans Paris. En fait, il joue les riverains et les piétons contre les automobilistes, en prenant l’initiative d’opérations symboliques qui frappent les imaginations, comme l’interdiction à la voiture dans l’Ile Saint-Louis, pendant les vacances de Pâques de 1969 (entre 14 h et 2 h du matin)[17]. Les commerçants sont évidemment mécontents. Alors, il lance une consultation auprès des riverains, pour savoir s’ils souhaitent prolonger l’expérience des vacances de Pâques : un référendum inédit, dont se délectent les journaux, au résultat majoritairement favorable à Maurice Grimaud[18]. Le 1er septembre, l’Île Saint-Louis est donc interdite à la circulation entre 18 h et 2 h du matin. Mais, sous la pression des restaurateurs et des élus, Grimaud est néanmoins contraint de reculer, trois mois plus tard.

Il pourrait en rester là. Mais, au contraire, il contre-attaque. En mars 1970, il propose qu’une partie du bois de Boulogne soit réservée, le week-end, aux piétons, aux cyclistes et aux cavaliers. En mai, il annonce que deux rues du quartier Mouffetard seront interdites, le soir, à la circulation. En octobre, dans une interview à L’Express, il propose que, pour les fêtes de fin d’année, une ou plusieurs grandes artères de Paris soient réservées aux piétons. À chaque fois, il s’appuie sur les associations (comme Droit des piétons) et met immédiatement les médias dans la boucle.

Grimaud, indéniablement, sait y faire pour attirer l’intérêt des journalistes. En octobre 1968, il lance une opération destinée à lutter contre le stationnement abusif. Sa particularité ? Elle sera conduite par une douzaine de jeunes femmes contractuelles qui, munies de leurs carnets de contravention, partiront dans des cars radio et seront acheminées sur les artères les plus encombrées… sous le regard des photographes et des journalistes. Comme l’espère Grimaud, les « sourires féminins » (sic) contribueront à apaiser le ressentiment des automobilistes…

Mieux encore, en mai 1969, il jette un pavé dans la mare en demandant au gouvernement de transférer aux Invalides les restes du Soldat inconnu, expliquant à la presse : « Il est mauvais que des cérémonies qui appellent au recueillement se déroulent dans le bruit et l’énervement[19]. » Inutile de dire que c’est le genre de proposition qui nourrit le débat et que les médias remarquent immédiatement.

En septembre, nouvelle opération-choc, dans le cadre d’une campagne anti-bruit : ainsi, en une seule soirée, place de la Bastille, la police dresse 75 procès-verbaux contre l’usage abusif de l’avertisseur sonore. La presse est encore au rendez-vous[20]. En décembre 1969, Grimaud propose l’extension des couloirs de circulation réservés aux autobus et un système original d’épargne-garage qui permettrait de favoriser la construction d’un plus grand nombre de parcs de stationnement[21].

Toutes ces opérations s’accompagnent de conférences de presse, d’interviews et de déplacements sur le terrain. En janvier 1971, il organise même une opération « portes ouvertes » au public de la préfecture de Police, préalablement présentée aux journalistes, où est mis en vedette le dispositif de contrôle de la circulation dans Paris : une batterie d’écrans de télévision, deux grandes cartes étalées, des opérateurs en blouse bleue dans des cabines de verre ; sur les écrans, des flots de voiture en divers points de la capitale et de la proche banlieue, etc.[22]. Bref, le travail de la préfecture est mis en spectacle, dans un rapport direct à l’opinion, via les médias.

L’activité du préfet ne s’arrête évidemment pas là. En janvier 1970, par exemple, il convoque la presse pour lui présenter les chiffres de la criminalité, dont il reconnaît qu’ils sont en hausse[23]. Il est aussi le responsable de l’ordre, et on sait combien les universités (à Nanterre, tout particulièrement) et les lycées (avec l’affaire Guiot, notamment) continuent à être agités, bien au-delà de mai 68[24]. À chaque fois, Grimaud s’exprime devant les journalistes et n’hésite pas à se rendre sur place, sous l’œil des photographes et des cameramen, comme en mars 1970, où il vient à Nanterre, après une série d’incidents importants. Lorsqu’il descend d’un car de police, il est littéralement assailli avec les journalistes[25].

Grimaud fait preuve de mesure et ses prises de position font parfois grincer des dents, comme au printemps 1969, lorsqu’un conseiller de Paris, le centriste André-Yves Breton, l’interpelle à propos de Hair, le spectacle musical qui se joue au théâtre de la Porte Saint-Martin, symbole de la culture hippie et de la révolution sexuelle. Dans une question écrite, le conseiller interroge Grimaud : « Le spectacle actuellement donné à Paris sous le titre de Hair est-il compatible avec la lutte entreprise contre l’usage de la drogue ? » Grimaud répond alors que l’apologie de la drogue sur une scène de théâtre tombe certainement « sous le coup de la réprobation des gens sensés, mais pas forcément de la loi ». Et il ajoute, à propos de la drogue :

« Il ne serait sans doute pas déplacé que le préfet de police mette fin par voie d’autorité à des spectacles qui constitueraient une véritable incitation à son usage. Tel ne paraît pas être le cas du spectacle signalé par l’honorable conseiller, et dont le caractère largement parodique ne paraît guère constituer une menace pour l’équilibre psychique des spectateurs[26]. »

Bref, Grimaud n’a pas l’âme d’un censeur.

Reste que, même accompagné par les médias, Grimaud n’aurait pu développer son action sans le soutien du pouvoir. Si ses initiatives irritent, il bénéficie du soutien de Georges Pompidou, même sur le dossier sensible de l’automobile à Paris, alors que le chef de l’État ne cesse de répéter que la ville doit s’adapter à la voiture. Dans un entretien avec Grimaud, en octobre 1969, Pompidou s’émeut des plaintes de banlieusards qui, frappés par des amendes, s’estiment brimés. Le préfet lui explique qu’il s’agit pour lui de fluidifier la circulation dans la capitale. « Vous avez raison mais il faut le dire, répond le Président. Il faut expliquer aux gens que c’est pour leur permettre de circuler et pour empêcher le blocage que l’on est obligé de sanctionner ceux qui stationnent n’importe où. De façon générale, il faut que les agents qui assurent la circulation le fassent avec le plus d’intelligence, de fermeté et de correction possible. Il semble que les braves agents parisiens passent toujours du style répressif au style familier. Il faudrait qu’ils soient plus égaux dans leur tenue et leurs interventions. » Certes, Pompidou demande plus de pédagogie, ce qui explique les opérations « sourire » lancées par la police de la circulation dans les rues de Paris par Grimaud. Pour autant, sur cette question comme sur les autres, il le laisse faire, conscient de la qualité et de la compétence du préfet de police, concluant ainsi l’entretien : « Je sais bien que vous n’étiez pas chaud pour être préfet de police, mais, que voulez-vous, vous y êtes, il faut bien continuer et puis pendant les événements de Mai vous vous en êtes bien tiré[27]. »

Une figure de la télévision

Lorsqu’il quitte sa fonction, au printemps 1971, c’est une pluie d’éloges que reçoit Maurice Grimaud. On lui sait gré d’avoir évité des morts en 68. Seule la presse gaulliste se réjouit de son départ, comme Carrefour, qui l’accuse de n’avoir ni vu arriver ni su étouffer « dans l’œuf le mouvement subversif » et du coup, de ne pas avoir « su épargner au pays ce mois de désordre ». Même Jours de France y va de son couplet sur « un grand préfet », « un homme d’une vive intelligence, toujours ouvert au dialogue, aimant mieux convaincre que de réprimer ». L’Express écrit : « Il avait réussi à être chef de la police parisienne, et populaire. » Tous les journaux, ou presque, voient dans son éloignement le signe d’un durcissement, à commencer par Rouge, l’hebdomadaire trotskiste, qui observe : « Le départ de M. Maurice Grimaud est survenu au moment où d’aucuns réclamaient une "remise en ordre". S’agirait-il alors de la première mesure contre nous[28] ? »

Maurice Grimaud, à l’Aviation civile, se fait plus discret dans les médias. Mais, en 1977, avec son livre, En mai, fais ce qu’il te plaît, il y opère un retour remarqué, notamment en participant, le 22 avril, à un numéro de l’émission télévisée Apostrophes, resté célèbre par son caractère spectaculaire, puisqu’il s’agit, pour Bernard Pivot, de faire dialoguer Maurice Grimaud avec Daniel Cohn-Bendit. Avant l’émission, Cohn-Bendit avait jugé que le livre tournait à l’offre de services au gouvernement de gauche à venir (on s’approchait, en effet, des élections législatives de mars 1978). Aussitôt, Grimaud avait répondu, avec humour : « Ce n’est pas gentil de me promettre un destin aussi funeste qu’un ministère de l’Intérieur[29]. » Bref, pour Pivot, il était trop tentant de montrer un échange entre les deux symboles de Mai 68 qui, jusqu’ici, ne s’étaient jamais rencontrés, aux dires de l’un comme de l’autre. Seul hic : l’impossibilité pour Cohn-Bendit, toujours interdit de séjour en France, d’être physiquement présent sur le plateau. Qu’à cela ne tienne, Pivot met en place un duplex depuis Genève et, grand metteur en scène, fait apparaître son visage dans un téléviseur placé sur le fauteuil que le leader de 68 aurait dû occuper. L’émission fait beaucoup parler et, dans Le Monde, Jean-Marc Théolleyre observe :

« Tout de suite après le journal de 20 heures, Bernard Pivot avait alléché les téléspectateurs d’Antenne 2 : "Quelque chose qu’il ne faut surtout pas manquer." On était prêt à le croire. Maurice Grimaud, le préfet de mai 68, face à Daniel Cohn-Bendit, même si ce jovial affreux jojo au visage à la Giotto un peu empâté se trouvait contraint au duplex depuis Genève, même à neuf ans d’écart, cela reste, en principe, une bonne affiche. (…) Le préfet avait gardé sa courtoisie, sa politesse, son habileté. L’exilé savait faire alterner la dialectique et l’humour. (…) Habileté de M. Grimaud ? D’entrée, cette manière de déplorer que son "adversaire soit encore contraint à l’exil, comme s’il risquait de mettre le feu en France", comme si, surtout, nous n’avions pas signé ces accords d’Helsinki sur la liberté de circulation des idées et des hommes si volontiers mis en avant dans d’autres occasions. Comment l’autre pouvait-il mordre après cela ? Comment aurait-il trouvé la parade sinon la pirouette, le défi ? Et ce fut l’annonce tout tranquillement d’une arrivée à Paris le 8, le 9 ou le 10 mai – "pour l’anniversaire bien sûr" –, mais en ajoutant avec élégance que ce serait pour une visite à M. Grimaud. Première manche donc au préfet[30] ».

Et puis, comme on sait, en mai 1981, il est nommé à la direction du cabinet de Gaston Defferre, Place Beauvau. Or, sur un mode mineur, on retrouve l’homme de communication. Grimaud n’est pas un directeur de cabinet comme les autres. La preuve ? En janvier 1982, il répond à l’invitation de Jean-Louis Burgat et d’Éric Gilbert, qui le reçoivent sur le plateau de Sept sur Sept. Il y évoque l’actualité : la Pologne, les Brigades rouges, le terrorisme, les inondations et les catastrophes naturelles, etc., mais aussi, immanquablement, on lui parle de Mai 68[31]. Dans la mémoire collective, et singulièrement celle des médias, Grimaud, en effet, incarne pour toujours Mai 68 : le récit que construisent les journalistes ne pourrait se passer de lui, pas plus que l’autre grande figure emblématique de la crise de mai, Daniel Cohn-Bendit, avec lequel ils aiment à le faire dialoguer. Le préfet de 68, il faut bien le dire, ne se faire guère prier : en 1988 comme en 1998, Grimaud se prête volontiers au jeu des questions et participe aux émissions-anniversaires des fameux « événements ». En 2007, lorsqu’il publie Je ne suis pas né en mai 68. Souvenirs et carnets, 1934-1992, il sait que les médias l’interrogeront de nouveau sur Mai 68 : loin de repousser les questions, il y répond avec un certain plaisir.

Dans le paysage du début de la Ve République, Maurice Grimaud n’est certainement pas un haut fonctionnaire comme les autres. Certes, pour séduire les journalistes, il bénéficiait de deux atouts : il était un homme de culture, ce qui plaisait aux médias, et il succédait à Maurice Papon qui avait laissé derrière lui le souvenir, sombre et brutal, du préfet de Charonne. Encore fallait-il avoir envie de les exploiter et savoir en user. Grimaud aurait pu se faire discret et tenir à distance le monde de la presse. Tel ne fut pas son choix. Au fond, il se sentait à l’aise au milieu des journalistes, ayant avec eux en commun le goût du verbe et de l’écriture. Il aurait pu être l’un des leurs si la vie n’en avait décidé autrement, si son destin n’avait été contrarié par son douloureux échec au concours d’entrée à l’École normale supérieure[32].

Mais l’originalité de Grimaud est aussi d’avoir su finement analyser le fonctionnement des médias. Il a compris notamment deux choses fondamentales. D’abord, la soif d’information des journalistes : pour espérer qu’ils parlent de vous et de votre action, vous devez leur donner du grain à moudre. C’est ce que fit Grimaud non seulement en installant avec eux un climat de confiance, mais aussi en attirant leur attention par des gestes savamment mis en scène et en leur fournissant les informations indispensables pour alimenter leurs articles. Ensuite, Grimaud a compris que les médias, par leur puissance d’influence, pouvaient être l’utile levier permettant de bousculer les conformismes faisant obstacle à ses projets. En maintes circonstances, les médias ont ainsi contribué à coproduire l’événement avec lui et à accompagner sa politique. Grimaud était sans nul doute un humaniste pétri de modernité, mais sans le récit construit par les médias, peut-être cette image nous serait-elle parvenue de manière plus atténuée qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Pour citer cet article : Christian Delporte, « Maurice Grimaud, le préfet médiatique », Histoire@Politique, [en ligne], n° 27, septembre-décembre 2015, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Maurice Grimaud, En mai fais ce qu’il te plait, Paris, Stock, p. 19.

[2] Les élections présidentielles de 1965 viennent de consacrer ce rôle de l’image dans la vie politique. La télévision, mais aussi la presse magazine y ont joué un rôle important. Avec la campagne de Jean Lecanuet, elles ont aussi signé l’arrivée de la communication politique dans le paysage français. Voir Christian Delporte, La France dans les yeux, Paris, Flammarion, 2007, p. 121 et suiv.

[3] Cf. Maurice Grimaud, Je ne suis pas né en mai 68, Paris, Tallandier, 2007.

[4] La deuxième chaîne a été créée en avril 1964. Tous les Français n’en disposent pas en 1966 (couverture du réseau, adaptation du téléviseur) et l’information y est marginale. En 1968, la télévision est devenue un média de masse et un outil central dans l’information des Français. Sur cette chronologie, voir Fabrice d’Almeida et Christian Delporte, Histoire des médias en France, Paris, Flammarion, 2010, p. 211.

[5] Bien plus tard, Grimaud déclare : « Je me souviens que, de temps en temps, on me demandait de « passer à la télévision ». On trouvait que je ne « passais » pas trop mal, ce qui n’était pas le cas de tous les officiels (…) » (Le célibataire, n° 7, printemps 2003, p. 133-144).

[6] De manière caractéristique, les journalistes de l’ORTF ne sont pas invités, ès qualités, aux conférences de presse du Général. Voir Jérôme Bourdon, Haute fidélité. Pouvoir et télévision (1935-1994), Paris, Le Seuil, 1994.

[7] La « communication gouvernementale » est coordonnée par le SLII, créé par Alain Peyrefitte, qui n’hésite pas à intervenir lui-même dans le JT pour en présenter la nouvelle formule aux Français : http://www.ina.fr/video/CAF89026851

[8] Isabelle Veyrat-Masson, « Télévision et espace public sous Georges Pompidou », dans Pascal Griset (dir.), Georges Pompidou et la modernité, Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, Peter Lang, 2006, p. 194-208.

[9] Sur la médiatisation de cet anniversaire, voir : http://www.ina.fr/video/CPF10005093/savoie-video.html

[10] Les images de cette série sont maintenant consultables sur INA.fr : http://www.ina.fr/video/CAF86014784/le-prefet-mene-l-enquete-video.html

[11] INA, « Le préfet mène l’enquête », Panorama, 1ère chaîne, 29 septembre 1967, 14’14.

[12] Maurice Grimaud, En mai, fais ce qu’il te plaît, op. cit., p. 46.

[13] INA, « À quand la voiture électrique ? », Panorama, 1ère chaîne, 26 avril 1968, 13’20.

[14] Maurice Grimaud, En mai, fais ce qu’il te plaît, op. cit., p. 152.

[15] « S’est-il glissé des meneurs ? » lui demande le journaliste. Grimaud répond : « C’est l’ambiance du Quartier Latin. Il y a là-dedans un grand nombre de manifestants spontanés et des gens qui savent très bien ce qu’ils font et qui cherchent à envenimer les choses, avec une volonté d’affrontement avec la police », avant de conclure : « Il faut assurer l’ordre dans la rue et que la raison revienne » (INA, JT, 6 mai 1968, 20 h, 1ère chaîne).

[16] Sur la place des médias dans la crise, voir Jean-Pierre Filiu, Mai 68 à l’ORTF, Paris, Nouveau monde éditions, 2008, 347 p.

[17] « Seuls auront droit d’accès les taxis, les ambulances, les voitures de médecins et celles des riverains, à qui sera remis un macaron d’identification » (Le Monde, 3 mars 1969).

[18] Le Monde, 15 avril et 26 juin 1969.

[19] Le Monde, 15 mai 1969.

[20] Le Monde, 15 septembre 1969.

[21] Le Monde, 15 décembre 1969.

[22] Le Monde, 22 janvier 1971.

[23] Le Monde, 16 janvier 1970.

[24] Voir Didier Leschi, « Mai 68 et le mouvement lycéen », Matériaux pour l’histoire de notre temps, n° 11, 1988, p. 260-264.

[25] INA, JT, 20 h, 1ère chaîne, 4 mars 1970. http://www.ina.fr/video/CAF97033056

[26] Le Monde, 10 octobre 1969.

[27] « Un Président à bâtons rompus. Entretien avec M. Pompidou, président de la République, le 30 octobre 1969. Témoignage de Maurice Grimaud », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 44, octobre-décembre 1994, p. 129-132.

[28] Cf. Le Monde, « Sur un préfet qui s’en va », 12 avril 1971.

[29] L’extrait est consultable sur INA.fr : http://www.ina.fr/video/CPB77052425/mai-68-video.html

[30] Jean-Marc Théolleyre, « Mai 68 à Apostrophes. Quand tout finit par un duplex », Le Monde, 25 avril 1977.

[31] INA, « Maurice Grimaud », Sept sur Sept, TF1, 16 janvier 1982, 1 h 07’.

[32] Cf. Daniel Bermond, « Maurice Grimaud, l’honnête homme », L’Histoire, n° 327, janvier 2008, p. 34.

Christian Delporte

Professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Christian Delporte est membre et ancien directeur du Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC), spécialiste de l'histoire des médias et de la communication politique. Il a publié récemment : Une histoire de la séduction politique (Flammarion, 2011) ; Les grands débats politiques. Ces émissions qui ont fait l'opinion (Flammarion, 2012) ; Come back ou l'art de revenir en politique (Flammarion, 2014).

Mots clefs : médias ; télévision ; communication ; Mai 1968 ; préfet de police ; Medias ; Television ; Police Prefect ; May 1968.;

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  • ISSN 1954-3670