Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Mathieu Fulla, Marc Lazar (eds.), European Socialists and the State in the Twentieth and Twenty-First Centuries

Ouvrages | 09.02.2021 | Philip Nord

It is a commonplace in American political discourse that socialists are statists, zealous to resolve society’s ills through the intervention of activist government. To a nineteenth-century European labor militant, however, this might come as a surprise. The state, as he saw it, was not there to lend a helping hand but to repress, and the gendarme and military man, not the social worker, were its emblematic agents. Late twentieth century Third Way socialists on the model of Tony Blair might also protest. Yes, they would acknowledge, the state has a role to play in making for a better world, but so too does the market. The modern socialist from this point of view understands the state as one useful instrument among many and for a certainty does not worship at the altar of state power. So, the relationship between socialism and the state is not a simple one and for sure not as simple as stereotyped thinking would have it. 


Craig L. Symonds, Histoire navale de la Seconde Guerre mondiale

Ouvrages | 02.02.2021 | Thomas Vaisset

Craig L. Symonds, ancien professeur d’histoire à l’US Naval War College, livre une somme de près de 1 000 pages consacrée aux aspects navals de la Seconde Guerre mondiale. À la différence de ses devanciers bien connus en France, tels Stephen Roskill ou Samuel Eliot Morisson, qui se concentraient sur l’histoire de la Royal Navy ou de l’US Navy, il embrasse ici la totalité du conflit pour démontrer l’influence décisive des facteurs maritimes dans la victoire finale des Alliés. Pour cela, l’auteur propose une histoire globale de la Seconde Guerre mondiale sur mer qui souligne les connexions et les interdépendances entre des théâtres d’opérations dispersés à des milliers de kilomètres les uns des autres. 


Autour du congrès de Tours

Ouvrages | 26.01.2021 | Rachel Mazuy

Le centenaire du congrès de Tours a vu la parution de plusieurs publications. Il peut paraître paradoxal de rédiger un compte rendu d'un catalogue d'une exposition (prévue initialement du 1er octobre 2020 au 31 janvier 2021 au musée de l'Histoire vivante de Montreuil) que la pandémie de Covid a obligé à fermer ses portes au bout d'un mois. L'année 2020, année de commémoration du centenaire du congrès de Tours, aurait dû être ponctuée par plusieurs expositions comme celle de Montreuil, dont certaines vont rester virtuelles.


Ève Fouilleux, Laura Michel (dir.), Quand l’alimentation se fait politique(s)

Ouvrages | 26.01.2021 | Alain Chatriot

La pandémie mondiale a rappelé en 2020 combien l’approvisionnement alimentaire restait une question politique importante à différentes échelles. Se produisant après d’autres crises sanitaires, dans le cadre d’une crise environnementale globale et dans un moment d’interrogation sur le rapport aux animaux, agriculture et alimentation semblent redevenir des questions mises à l’agenda politique. L’ouvrage collectif dirigé par Ève Fouilleux et Laura Michel en mobilisant des recherches en sciences politiques et en sociologie en donne une précieuse illustration présentant différents aspects du « système alimentaire agro-industriel ».


Camille Creyghton, Résurrections de Michelet. Politique et historiographie en France depuis 1870

Ouvrages | 19.01.2021 | Jean El Gammal

Cet ouvrage est dû à une enseignante et chercheuse aux universités d’Amsterdam et Queen Mary de Londres. À travers l’étude minutieuse de la postérité intellectuelle et mémorielle de Michelet, il vise à réexaminer le rôle, la place et les représentations d’un des historiens majeurs de la France contemporaine et ce jusqu’aux années 1970, soit environ un siècle après sa mort.

Fondé sur une ample documentation, qu’il s’agisse de sources primaires ou imprimées ou d’une riche bibliographie, ce livre bien présenté et rédigé se signale par l’intérêt de sa problématique relative à la mémoire culturelle, en partie tributaire de travaux anglo-saxons et néerlandais moins connus en France que ceux réunis dans Les Lieux de mémoire, sous la direction de Pierre Nora. Il se distingue aussi par la richesse du propos, notamment pour la période la plus amplement traitée, qui va de l’Ordre moral à la veille de la Première Guerre mondiale.


Bernard Lachaise, Georges Pompidou : avec de Gaulle 1944-1959

Ouvrages | 12.01.2021 | François Audigier

Spécialiste reconnu de l’histoire du gaullisme, tant pour le gaullisme d’opposition de la IVe République que pour le gaullisme au pouvoir de la Ve République et plus précisément des années 1958-1974, le Professeur émérite Bernard Lachaise s’intéresse dans cet ouvrage à la relation forte nouée précocement entre Georges Pompidou et Charles de Gaulle, des débuts du cabinet civil du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) à l’automne 1944 à la mise en place du cabinet à Matignon en juin 1958. Dans les Lettres, notes et carnets, publiés de manière posthume en 2012, Georges Pompidou assurait en 1973 que personne, à l’exception de la famille du Général, n’avait, de 1944 à 1970, plus approché et mieux connu Charles de Gaulle que lui-même : « Nul (…) n’a pu observer l’homme en tant qu’individu et en tant qu’homme d’État autant que moi. » De fait, comme le montre l’auteur, c’est bien une relation de confiance et d’estime qui s’établit durant ces trois périodes fondatrices : le GPRF (1944-1946), le gaullisme d’opposition (1946-1958) et le retour au pouvoir (1958-1959). Il s’agit donc pour Bernard Lachaise, via cet ouvrage qui combine de manière originale approche biographique et étude critique de sources, d’interroger cette complicité précoce en en montrant les ressorts et manifestations. Ce faisant, l’historien souligne combien ces années liminaires ont constitué une phase de formation à la vie politique pour l’inexpérimenté agrégé de lettres classiques, et combien elles éclairent en partie le parcours du futur Premier ministre à partir de 1962 et du futur président de la République à partir de 1969.


Lutz Raphael, Jenseits von Kohle und Stahl. Eine Gesellschaftsgeschichte Westeuropas nach dem Boom

Ouvrages | 05.01.2021 | Julia Wambach

One of the most successful and widely discussed collaborative research projects in German academia in the past ten years was Nach dem Boom. Forschungen zur Entwicklung west-europäischer Industriegesellschaften im letzten Drittel des 20. Jahrhunderts [After the Boom: Studies on the Development of European Industrial Societies in the Last Third of the Twentieth Century]. This project, jointly headed by Professors Anselm Doering Manteuffel of Tübingen University and Lutz Raphael of the University of Trier, looked at the development of Western European industrial countries after the years of economic growth following the Second World War. It argued that the 1970s were a turning point in the twentieth century when the economic crises following the oil crash hit Western Europe hard. Members of the project spoke of a “structural breaking point” (Strukturbruch) in 1973/74 with the transition from a Keynesian consensus to a neoliberal understanding of society. This time period is thus seen as the immediate prehistory of the present day, to quote the title of an edited volume the group published in 2016. Lutz Raphael’s Jenseits von Kohle und Stahl is a synthesis of the discussions within this larger research project. While the book has been very successful and widely read in German academia, it has also made an impact among the public and in politics. Raphael discussed it, for example, with the current German SPD Minister of Labor, Hubertus Heil in 2019. A few weeks ago, the German Federal Agency for Civic Education (Bundeszentrale für politische Bildung) issued a paperback version of the book –a sign of the book’s impact on the broader public debate.


Audrey Kichelewski, Judith Lyon-Caen, Jean-Charles Szurek, Annette Wieviorka (dir.), Les Polonais et la Shoah. Une nouvelle école historique

Ouvrages | 08.12.2020 | Kornelia Kończal

In February 2019, the EHESS hosted a Polish-French symposium on The New Polish School of Holocaust History. Unexpectedly, this scholarly conference gained extensive public attention across the globe, and led to an unpleasant diplomatic exchange between Paris and Warsaw. The reason for this turmoil was the attempt made by groups of Polish nationalists to disrupt the event. Organised by a priest from the Polish Catholic Mission in Paris and supported by state-controlled media at home, the self-proclaimed defenders of Poland’s good name bullied and blamed the participants of the conference for undermining Poland’s image abroad. This incident is not only part of the ongoing Polish struggle about interpretations of the Holocaust. Indeed, it also reveals much about the decline in academic freedom that can be observed in Poland over the last few years. The volume Les Polonais et la Shoah. Une nouvelle école historique edited by Audrey Kichelewski, Judith Lyon-Caen, Jean-Charles Szurek and Annette Wieviorka in late 2019, documents both the Paris conference and the Polish context in which the New School has emerged.


Michel Auvray, Histoire des Citoyens du Monde. Un idéal en action de 1945 à nos jours

Ouvrages | 08.12.2020 | Michel Dreyfus

Historien et journaliste, Michel Auvray est spécialiste des relations de l’armée avec la société ainsi que des questions relatives à la paix. Il a publié Objecteurs, insoumis, déserteurs. Histoire des réfractaires en France (Stock, 1984) et L’âge des casernes. Histoire et mythe du service militaire (Éditions de L’Aube, 1999). Dans son dernier ouvrage, objecteurs et pacifistes interviennent avec d’autres acteurs au sein d’un mouvement un peu oublié de nos jours, mais qui eut son heure de gloire, les Citoyens du Monde. Son livre repose sur une imposante bibliographie ainsi que sur de très nombreuses sources originales : archives de la Préfecture de police de Paris, plusieurs sources issues des archives départementales – en particulier celles du Lot –, des archives privées et une consultation abondante de la presse internationale, spécialisée, nationale et départementale.


Une vie secrète (La trinchera infinita)

Films | 01.12.2020 | Geneviève Dreyfus-Armand

Des millions de personnes ont, du fait de la pandémie mondiale de l’année 2020, vécu des périodes de confinement pendant quelques semaines ou plusieurs mois. Peut-être peuvent-elles mieux comprendre ce que signifie ne pas sortir de chez soi pendant des années ? Mais alors que le confinement prescrit par les autorités de nombreux pays est censé protéger les citoyens d’un virus omniprésent et insaisissable, le personnage principal d’Une vie secrète n’a pas trouvé d’autre moyen pour sauver sa vie que de vivre terré dans un réduit, comme mort aux yeux de la société. Les similitudes s’arrêtent donc là.


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  • ISSN 1954-3670