Histoire@Politique : Politique, culture et société

Pistes & débats

L’environnement de l’histoire environnementale : un enjeu politique ?

Giacomo Parrinello
Résumé :

Cet article explore les significations attribuées à la notion d’ « environnement » par les chercheurs et chercheuses qui se reconnaissent dans le champ de l’histoire environnementale. Tout en reconnaissant la (...)

  • imprimer
  • version pdf
  • réduire la taille du texte
  • augmenter la taille du texte

Quel est l’environnement de l’histoire environnementale ? Dans l’histoire environnementale telle qu’elle s’est constituée au cours des quarante dernières années, ce à quoi on fait référence à travers l’usage du terme « environnement » est l’environnement bio-géophysique, ou l’ensemble de forces, processus, organismes, éléments qui composent le monde matériel dans lequel l’existence humaine est immergée et dont elle fait partie intégrante. Cependant, cette définition est extrêmement ample et en même temps imprécise. Ample car elle embrasse une variété de phénomènes potentiellement infinie : de la tectonique des plaques aux virus, de la composition des roches à l’évolution génétique du maïs, pour autant qu’il y ait une quelconque relation historique avec l’espèce humaine ou certaines de ses composantes. Imprécise car elle ne correspond pas nécessairement aux usages qui sont faits du terme « environnement » dans la littérature, aux controverses qui ont émergé autour de sa définition et des multiples positions qui cohabitent dans la discipline et dans ses domaines de proximité. Quel est-il donc ?

Cette question, à l’apparence anodine, touche au cœur même de l’objet – et donc des frontières – de la discipline même. Il n’est pas dans l’intention de cette contribution de chercher à dire quel doit être l’objet de l’histoire environnementale. Certains s’y sont aventurés, certainement avec plus de ressources que l’auteur de ces lignes[1]. La vitalité du champ, d’autre part, démontre qu’il n’est peut-être pas indispensable d’arriver à une telle définition. On ne souhaite même pas proposer un impossible survol des conceptions et représentations de la nature ou de l’environnement dans l’histoire[2]. Il n’est pas non plus question de proposer un aperçu historiographique de la discipline, dont il existe déjà plusieurs excellents exemples en français[3]. Plutôt, et de façon beaucoup plus restreinte, on cherchera à réfléchir ici sur la façon dont certaines contributions particulièrement influentes de ce courant historiographique ont interprété la nature de cet objet. Derrière la grande fluidité de la définition, on peut identifier des tournants décisifs qui tracent des tendances de caractère plus ample. Ces tendances et tournants, d’autre part, dans la mesure où ils concernent la définition de l’environnement en question, permettent aussi de réfléchir sur les rapports controversés entre l’écriture de l’histoire environnementale et les politiques de l’environnement. À sa naissance, l’histoire environnementale entretient une relation étroite avec l’environnementalisme politique et l’écologie. Les définitions de l’environnement explicitement ou implicitement adoptées par les historiens et historiennes de l’environnement reflètent les transformations parfois radicales de cette relation.

Il convient de préciser que ces réflexions n’ont aucune prétention d’être complètes. Au contraire elles se fondent sur un terrain clairement limité. Premièrement, nous excluons délibérément des contributions qui, autant dans le champ de l’historiographie que dans des disciplines comme la géographie, ont anticipé certains thèmes et approches de l’histoire environnementale même si elles n’en faisaient, d’un aveu général, pas partie. Ces filiations sont un sujet de débat intéressant mais qui nous porterait trop loin de l’objet de cet article[4]. La contribution se limite alors à la seule littérature que les auteurs ont explicitement inscrite dans ce champ, au moment de leur publication ou dans les années successives. Cela implique aussi d’exclure de l’analyse des disciplines telles que l’écologie politique (political ecology) ou l’anthropologie environnementale, qui entretiennent un dialogue avec l’histoire environnementale mais qui en sont néanmoins distinctes.

Je tente donc ici de cartographier les définitions de l’environnement articulées explicitement ou implicitement en histoire environnementale. Je commencerai par un survol rapide des « limites » thématiques de l’histoire environnementale, laquelle s’est constituée comme champ historiographique aux États-Unis à partir des années 1970 et j’examinerai les différends sur la problématique épistémologique de la première vague d’études d’histoire environnementale, jusqu’au tournant des années 1990. Dans la deuxième section, je présenterai le mouvement de la discipline, à partir des années 1990, vers la théorie de « l’hybridation » contrainte à surpasser ou à déconstruire le dualisme nature/société. Dans la troisième et dernière section, je discuterai de la transformation du concept d’environnement à la lumière du paradigme émergent de l’Anthropocène et les controverses politiques qui lui’y sont associées.

Limites

Dans une contribution parue en 2003 dans un numéro thématique de History and Theory dédié à l’histoire environnementale, l’historien américain John McNeill proposait une classification de cette historiographie en trois « familles » thématiques : les études s’intéressant principalement à la dimension « matérielle » de l’interaction entre les hommes et l’environnement (la reconstruction des « environnements du passé »), les études s’intéressant principalement à la dimension « culturelle/intellectuelle » (les représentations et idées de la nature) et les études se concentrant sur la dimension « politique » (les mouvements et institutions)[5]. Cette classification proposait de mettre un peu « d’ordre » dans une littérature que ce même auteur jugeait trop vaste pour un examen critique aspirant à quelque forme d’exhaustivité.

La nécessité d’y mettre de l’ordre ne venait pas seulement du nombre de recherches publiées au cours des vingt-cinq années précédant son étude, mais aussi et surtout de la grande diversité des sujets d’études. Cette diversité, en effet, saute aux yeux déjà dans les premiers titres fondateurs. Roderick Nash, qui fut le premier à utiliser explicitement le terme « histoire environnementale » dans un article paru en 1972 et qui est l’auteur de l’étude classique Wilderness and the American Mind (1967)[6], concentrait son attention dans cette monographie sur la perception de la condition de « wilderness » (dont la complexe définition occupait le chapitre initial de l’œuvre) au cours de l’histoire coloniale et postcoloniale des États-Unis. Publié à peine cinq ans plus tard, The Columbian Exchange d’Alfred Crosby avait pour sujet le rôle historique joué par l’ensemble des plantes, animaux et agents pathogènes qui traversèrent l’océan Atlantique d’une côte à l’autre à partir du premier voyage de Christophe Colomb en 1492-1493[7]. Ces études adoptaient non seulement deux perspectives analytiques et méthodologiques profondément diverses, mais aussi et surtout construisaient deux « objets » différents. L’objet de l’histoire de Crosby était un ensemble d’organismes vivants capables de se faire « acteurs » de l’histoire (le « portemanteau biote » eurasiatique). L’objet de Nash, au contraire, était l’ensemble des perceptions et représentations d’une insaisissable « qualité » (la wilderness), attribuée par les acteurs historiques de façon diverse et souvent contrastante à de nombreux lieux et contextes. L’environnement de l’histoire environnementale correspondait donc déjà à l’aube de la discipline à des objets multiples : il pouvait être tant un réseau d’agents biologiques (Crosby) qu’un ensemble de représentations culturelles (Nash). Cette diversité, qui rendait difficile le bornage d’un terrain propre à la discipline, a cependant permis à l’histoire environnementale de s’étendre sur des terrains toujours nouveaux, produisant au cours des dernières décennies cette multiplicité kaléidoscopique dont McNeill cherchait à donner une typologie.

L’hétérogénéité de l’histoire environnementale est souvent expliquée par l’absence d’une structuration théorique forte de l’objet de la discipline[8]. Les premiers historiens ont esquivé des définitions précises d’environnement et presque jamais essayé de décortiquer la relation ambiguë entre l’environnement et l’encore plus glissant concept de nature, avec sa portée philosophique, anthropologique et religieuse[9]. Au début de la discipline, la difficile théorisation de l’objet a été remplacée par un pragmatisme méthodologique s’appuyant sur la notion d’écosystème popularisée par l’écologie, ainsi que sur le lien avec les mouvements écologistes des années 1960 et 1970. L’environnement de l’écologie était un système d’interrelations et d’interdépendances entre formes de vie et substances, duquel les êtres humains faisaient partie, dépendaient et sur lequel ils pouvaient exercer une influence destructrice[10]. Sur la piste des écrits-manifestes comme Silent Spring de la biologiste Rachel Carson[11], il s’agissait ainsi de produire une recherche qui soutienne la cause de l’environnement contre les dégâts produits par le capitalisme, le colonialisme, l’urbanisation et l’industrialisation dans les « équilibres écosystémiques », en racontant des histoires qui identifiaient les développements et la responsabilité de tels échecs ou qui présentaient des alternatives positives[12]. Aux États-Unis, une partie significative de cette littérature s’est agglomérée autour de la notion de « wilderness » (nature sauvage), que les colonisateurs européens et les forces de la modernité urbaine-industrielle auraient dégradée ou détruite[13]. Même lorsque cette notion ainsi chargée d’un poids symbolique et politique n’a pas été mobilisée, il a été postulé une distinction implicite et essentielle entre la sphère sociale et culturelle et un monde « externe » à lui-même : l’environnement sur lequel les sociétés humaines agissent et ont agi et par lequel elles peuvent être conditionnées. Les caractéristiques et fonctionnements de cet environnement externe peuvent être compris avec les instruments méthodologiques et conceptuels des sciences écologiques.

Certes, une telle conception n’empêchait pas, déjà dès le début de la discipline, d’adopter l’environnement comme perspective heuristique sur des questions historiographiques générales : c’est par exemple le cas d’Alfred Crosby, qui a utilisé l’écologie pour proposer une nouvelle explication du succès de colonisation européenne à l’âge moderne. La conception d’environnement comme sphère « externe » pouvait tout de même produire des effets d’exclusion, ceux-ci étant particulièrement visibles dans le débat autour de la place de la ville dans l’histoire environnementale. Lorsque Donald Worster expliquait que l’objet de l’histoire environnementale était « le rôle et la place de la nature dans la vie humaine », il précisait que « we mean by "nature" the nonhuman world, the world we have not in any primary sense created[14] ». Cela, d’après Worster, excluait de manière explicite le « built environment » des objets de l’histoire environnementale. La ville était un espace entièrement social et artificiel qui tombait en dehors du cadre de la discipline. Il s’agissait d’une position intransigeante, fortement critiquée par les historiens qui, comme Martin Melosi et Joel Tarr, étaient engagés depuis plusieurs années dans la recherche sur l’environnement urbain[15]. La position de Worster s’est effacée devant l’expansion de l’histoire environnementale urbaine et le succès des travaux tels que Nature’s Metropolis de William Cronon sur l’histoire de Chicago et de son arrière-pays[16]. Grâce à la contribution des recherches de collègues européens, les réseaux techniques, la pollution, la toxicité et les épidémies ont conquis un poste de premier plan dans l’histoire environnementale[17]. La polémique lancée par Worster, néanmoins, montrait l’existence de différences profondes dans la définition même de l’objet de la discipline et l’émergence de positions différentes et critiques de certaines approches qui étaient, jusqu’à ce moment, dominantes.

Wilderness

Si la controverse sur la place de la ville dans l’histoire environnementale signalait déjà l’existence de différences importantes dans la définition d’ « environnement », au cours des années 1990 de nouvelles et plus importantes lignes de fracture ont émergé. La plus importante parmi ces lignes de fracture est probablement celle apparue au sein de l’historiographie américaine autour de la notion de « wilderness ». Dans un essai très reconnu au sein des praticiens de l’histoire environnemental intitulé The Trouble with Wilderness : Or Getting Back to the Wrong Nature, William Cronon soulignait que l’appellation même de « wilderness » avait un fondement épistémologique discutable[18]. La notion d’espaces naturels intouchés par l’homme et donc en dehors de l’histoire aurait en réalité une racine socio-culturelle précise, retracée par Cronon dans le romantisme et compris comme une réaction à l’urbanisation et à l’industrialisation naissantes. Une telle notion, ajoutait Cronon, est insoutenable et même dommageable. S’appuyant sur l’étude du géographe William Denevan sur le peuplement précolombien, il soulignait comment les espaces désignés comme wilderness aux États-Unis possédaient en réalité une longue et significative histoire de présence humaine (et de transformations environnementales) avant l’arrivée des Européens[19]. La notion de wilderness obscurcit cette histoire longue de présence humaine. L’idéal de pureté que cette notion implique, de plus, a justifié des opérations de déplacements forcés des populations autochtones des aires de wilderness[20]. La nette séparation entre la société humaine et les environnements naturels implicite dans la notion de wilderness aurait de plus un effet négatif supplémentaire : celui de soustraire les éléments « naturels » qui sont présents et qui opèrent même dans les environnements anthropiques les plus artificiels, comme la ville industrielle contemporaine. Plutôt que de poursuivre des visions anhistoriques de la nature sauvage et intouchée, selon Cronon l’historiographie environnementale aurait dû reconnaître le caractère indéfendable de chacune des distinctions rigides entre le naturel et l'artificiel. De cette façon, en outre, il aurait été possible d’aller au-delà des modèles historiographiques construits autour de l’idée du « déclin » et de la « dégradation » de l’environnement de la part de l’homme, ce qu’il appelle le « declensionist narratives » ou récits du déclin, pour embrasser une idée plus articulée de changements environnementaux.

La critique de Cronon a suscité un débat enflammé parmi les historiens de l’environnement états-uniens sur le sens et l’éthique de la discipline[21]. Le débat a aussi franchi rapidement les frontières de l’histoire environnementale, et il n’a pas manqué de faire écho à l’occasion du cinquantième du Wilderness Act de 1964[22]. L’article, par ailleurs, demeure aujourd’hui (2017) à la fois le plus lu et le plus cité parmi tous ceux parus sur la revue Environmental History. Si la wilderness est un thème profondément américain, la critique de Cronon touchait en effet à une question de fond. Bien que l’objectif polémique de Cronon soit principalement la « wilderness », il était clair qu’un même type de critique pouvait s’appliquer à n’importe quelle proposition qui fasse appel à une nature ou un environnement externe à la sphère humaine. Si la notion de wilderness – et avec elle celle de « nature » et de « naturel » – sont en réalité des produits culturels à historiciser, que reste-t-il donc à protéger ? Selon les adversaires de Cronon, la réponse serait peu, ou rien, et les positions de ce type ne serviraient seulement qu’à fournir des armes aux ennemis de la protection des aires naturelles. Comme il a été récemment souligné, pourtant, les positions de Cronon sont loin d’un constructivisme extrême tel que celui dont il était accusé par ses détracteurs. Pour Cronon, il ne s’agissait pas tant de nier le naturel tout court, mais plutôt de mettre en discussion l’utilité de raisonner au travers d’une épistémologie rigidement dualistique[23]. Dire que nous pouvons accéder à la nature uniquement au travers de codes culturels précis, ne signifie pas nier la réalité du monde matériel ou de son influence. Cela signifie plutôt reconnaître une hybridation constitutive au monde : reconnaître le naturel de l’humain autant que l’humanité de la nature.

« The Trouble with Wilderness » fut publié à l’origine en ouverture du volume collectif Uncommon Ground[24]. Fruit d’un séminaire interdisciplinaire, le volume recueille diverses contributions historiques, sociologiques et philosophiques favorables aux positions de Cronon. La présence de Donna Haraway est particulièrement significative. Philosophe des sciences, féministe radicale et, au moment de la publication de Uncommon Ground, déjà l’auteure du fondamental A Cyborg Manifesto[25], Haraway est l’une des représentantes les plus reconnues d’une ligne de pensée composite, apparue à la fin du XXe siècle, visant à la critique et à la déconstruction du concept moderne de « nature ». Selon ces philosophies (très diversifiées les unes des autres), nature et société n’existeraient pas en tant que sphères séparées, mais comme un artifice du discours ou une construction culturelle. D’après Bruno Latour, par exemple, la définition d’une sphère distincte du « naturel » serait en réalité le fruit d’un procédé historico-social qui, au même moment où il postule une nette séparation, obscurcit la construction continue d’objets dans lesquels la frontière entre artificiel et naturel est toujours davantage plus fugace, voire indécidable[26]. Ces penseurs se sont faits ainsi promoteurs d’épistémologies (et ontologies) de l’hybridation. Devant cette crise des dualismes, des figures comme celle du « cyborg » permettraient de thématiser et de lire d’une façon plus efficace la constitution hybride du réel. La présence de Haraway parmi les auteurs du volume édité par Cronon n’indiquait pas une adhésion complète de la part de l’historiographie environnementale, voire même du petit groupe d’historiens et d’historiennes rassemblés par Cronon, à de telles prospectives théoriques. Elle était toutefois symptomatique d’un déplacement conceptuel de l’historiographie environnementale vers une conception hybride de l’environnement.

Hybridations

Ces positions, malgré les réactions hostiles du début, ont gagné un consensus croissant dans la discipline. Ceci est survenu dans le sillon d’une profonde transformation conceptuelle et méthodologique visant à mettre en discussion – sinon à dépasser – les dualismes nature/culture et nature/société en faveur de positions constructivistes provenant d’autres secteurs des sciences humaines et sociales[27]. La première mesure de ce déplacement, qui survient à partir de la moitié des années 1990, a été prise par Richard White dans un aperçu historiographique paru en 2004. White saluait un « cultural turn » de l’histoire environnementale caractérisé par le déplacement de l’attention de la wilderness aux « paysages hybrides » et d’une attention renouvelée aux « discourse, story, and narrative » aussi de la part des chercheurs qui étaient « deeply distrustful of cultural history[28] ». Dix ans plus tard, l’historien Paul Sutter reconnaissait dans l’« hybridation » le thème commun d’une « deuxième génération » d’historiens et d’historiennes de l’environnement aux États-Unis[29].

Les chercheurs dont les travaux sont parus à partir de la seconde moitié des années 1990 ont écrit des études dont les enjeux ne sont plus – seulement – de raconter les effets nocifs de l’action humaine sur l’environnement naturel (les récits du déclin critiqués par Cronon en 1995), mais plutôt d’analyser la construction, la transformation et les effets historiques des systèmes hybrides : structures sociales produites, reproduites et transformées au travers de l’interaction avec des forces et processus non humains, mais aussi des écosystèmes et organismes vivants résultant des pratiques sociales et culturelles. Dans quelques-uns des nombreux exemples de cette lignée historiographique, le fleuve Columbia est ainsi devenu une « machine organique » pour la production, l’emmagasinage et la circulation de l’énergie sous diverses formes, de laquelle on peut étudier les configurations successives[30], le système d’irrigation de la vallée de la rivière Snake en Idaho un « paysage hybride » dans lequel on reconnaissait le naturel dans l’artificiel et vice-versa[31]. La notion d’hybridation a configuré un terrain fertile de rencontre avec l’histoire de la science et de la technique et les Sciences and Technology Studies en général[32]. Cette rencontre, anticipée par les travaux des historiens des villes comme Joel Tarr, s’est produite tant dans l’étude des rapports entre technologie et transformations environnementales, qu’autour de la déconstruction de la production des savoirs naturalistes et des connaissances scientifiques sur l’environnement[33]

À un tel effort historiographique a correspondu la tentative de forger une nouvelle terminologie conceptuelle. Les « sites socio-naturels » (socionatural sites) ou les systèmes « envirotechniques » (envirotechnical systems) ne sont que quelques-uns des concepts introduits dans les dernières années[34]. De tels concepts servent à qualifier d’une nouvelle façon l’environnement de l’histoire environnementale comme une configuration hybride. L’environnement, plus qu’un objet, est vu comme un champ de force qui traverse et est traversé de processus et d’actions humaines et qui se présente en configurations dont il est possible de retracer l’histoire. L’histoire environnementale se fait ainsi la promotrice de la pleine inclusion de ce champ de force dans la sphère de l’historicité humaine et, indirectement, à la redéfinition des catégories essentielles à l’historicité comme celles d’« intentionnalité », de « structure sociale », d’« action » et ainsi de suite.

Ces récents déplacements mettent en dialogue l’histoire environnementale d’une façon plus explicite non seulement avec les développements de la pensée de Donna Haraway, des Sciences and Technology Studies, de Bruno Latour et de l’Actor-Network Theory (ANT), mais aussi l’écologie politique[35], l’anthropologie, la philosophie de la nature[36], les nouvelles ontologies matérialistes[37] et les théories sur le « post-humanisme[38] ». Ces croisements s’inscrivent de plus en plus dans le cadre émergent des « environmental humanities » (humanités environnementales). Ce regroupement transversal partage l’utilisation de la notion d’« environnement » comme clé analytique pour reconsidérer les formes de l’humain, tout en se donnant l’objectif de contribuer aux débats environnementaux contemporains avec les outils et savoirs des sciences humaines[39]. Dans ce champ composite, encore une fois l’environnement n’est pas « nature », mais contexte matériel dynamique (champ de force) de l’existence humaine. De cette perspective, chaque action humaine est « environnementale » (hybride) même quand elle n’a pas les « écosystèmes » comme objet propre et elle ne peut être pleinement comprise sans tenir compte du champ de force « plus-que-humain » qui la rende possible et qu’il contribue à modifier. Cela implique donc de poser la centralité des interactions et configurations hybrides dans notre compréhension de la société.

Mais où est le politique dans ces approches ? Une critique récurrente de l’Actor-Network Theory de Latour argumente précisément qu’en distribuant l’agency entre humains et non-humains cette théorie obscurcit les rapports de pouvoir[40]. Cela aurait des implications aussi pour la définition de l’environnement en histoire environnementale. Si tout environnement n’est qu’une configuration hybride, comment arbitrer sur la valeur d’une configuration ? Et au nom de quoi[41] ? L’acceptation généraliste d’une définition d’environnement en tant que configuration hybride, même si en dehors des cadres strictement latouriens, peut être ainsi interprétée comme la prise de distance du militantisme écologiste des débuts, une prise de distance qui portait Douglas Wiener à écrire en 2005 que « we are all poststructuralists now[42] ». Même si cette distanciation est indéniable, il est autant difficile de nier la tension politique qui anime les travaux de la deuxième génération. Déclarer que l’environnement est le produit d’une histoire sociale et politique permet de reconnaître le caractère partisan de toute invocation de la nature (incluant sa protection) et de montrer les intérêts en conflit dans chaque modification de l’environnement. D’autre part, dans l’historiographie environnementale, les configurations hybrides sont loin d’être équivalentes. Le critère d’arbitrage toutefois n’est pas trouvé dans les valeurs morales associées à l’idée de nature sauvage (wilderness), selon lesquels une condition de majeure « naturalité » serait à préférer à une de mineure « naturalité ». Il n’est pas non plus à rechercher dans la notion d’équilibre écosystémique, selon laquelle la configuration à préférer serait celle plus proche d’un état d’équilibre. Dans la perspective de l’hybridation, chaque configuration voit des gagnants et des perdants dans les communautés biotiques. L’arbitrage se fait donc sur la base de la perspective morale et politique de l’historien ou historienne qui écrit, non pas sur une valeur intrinsèque aux écosystèmes. La dimension politique ainsi n’est pas retirée de celle historiographique, mais réarticulée sur un autre terrain. Ce n’est plus la politique de la protection de l’environnement : l’environnement est devenu le champ de bataille ou des multiples rapports de pouvoir se produisent et se transforment[43].

Anthropocène

La croissante sophistication théorique de l’histoire environnementale, dans le sillon d’une relation toujours plus étroite avec d’autres disciplines des humanités environnementales, a donc amené à s’interroger de façon radicale sur l’équivalence entre environnement et nature. Dans la plupart des cas, cela a amené à embrasser le concept d’hybridation. Ces approches, cependant, font l’objet d’une transformation autant dans l’histoire environnementale que dans les autres disciplines connexes à travers le vivace débat en cours sur ce qu’on appelle l’« Anthropocène ». La notion d’Anthropocène a d’abord été introduite par les sciences naturelles à partir du constat que l’Holocène est terminé et que la présente époque géologique de la Terre, contrairement aux précédentes, est caractérisée par l’influence déterminante des activités humaines sur les processus bio-géophysiques à l’échelle planétaire. Anthropocène est le nom par lequel on voudrait définir cette condition et son responsable, anthropos. L’homme serait devenu un agent géologique de plein titre, abattant dans les faits (et donc rendant inutilisable du point de vue conceptuel) toutes les barrières résiduelles entre histoire humaine et histoire naturelle, entre société et environnement, entre culture et nature[44]. Autour de cette définition et de ses implications politiques contestées, rejoue une tension plus ancienne, qui tient à la définition d’environnement de l’histoire environnementale.

L’idée de considérer l’homme comme un agent géologique n’est pas nouvelle : selon John McNeill, elle remonterait au moins aux considérations d’Antonio Stoppani sur l’« anthropozoïque » dans son Geologia ou dans Man and Nature de George Perkins Marsh[45]. Une récente étude sur la question environnementale dans la géographie historique française a rappelé comment l’étude de l’homme comme « agent géographique », c’est-à-dire agent capable de reconfigurer les éléments fondamentaux de la géographique physique, fut à l’origine du projet même de la discipline[46]. Le géographe anarchiste Élisée Reclus, faisant écho à George Perkins Marsh, n’hésitait pas à penser cette influence à l’échelle planétaire[47]. En 1922, le géographe britannique Robert Sherlock parlait de l’homme en tant qu’agent géologique[48]. En 1955, Carl Sauer, Lewis Mumford, Clarence Glacken ont organisé un important congrès interdisciplinaire à Princeton au cours duquel a été discuté l’impact humain sur l’environnement planétaire et dont les actes furent publiés l’année suivante avec le titre significatif de Man’s Role in Changing the Face of the Earth[49]. Dans ces contributions, cependant, l’attention se concentrait principalement sur les processus « terrestres » ou, dans une moindre mesure, « aquatiques » : les modifications du sol et du paysage, l’urbanisation et la pollution, la transformation des rivières et des lacs. Les théories sur le changement climatique avancées à partir des années 1980 puis réaffirmées comme consensus scientifique dominant[50] au tournant du nouveau millénaire ont produit une discontinuité significative dans la conception de la magnitude, de l’échelle et des conséquences de l’intervention humaine sur la planète. Les modifications anthropogéniques s’étendant même au climat global indiquent l’interpénétration totale entre l’histoire humaine et les dynamiques terrestres. L’environnement qui est incorporé dans la sphère d’action humaine devient ainsi la planète elle-même.

La reconnaissance de l’échelle de l’impact anthropique est à l’origine de l’introduction de la notion d’Anthropocène par le chimiste et prix Nobel Paul Crutzen et le biologiste Eugene F. Stoermer en 2000[51]. Selon les deux scientifiques, d’abord les modifications du climat, mais aussi la réduction progressive de la biodiversité (« sixième extinction » en cours), l’acidification des océans et la destruction du couvert forestier dessinent les contours d’une nouvelle ère géologique. En raison de l’action de l’homme, l’écosystème–Terre serait entré dans un état sans précédent (« non-analogous state ») dont les conséquences à moyen et long terme seraient substantiellement imprévisibles. La proposition de Crutzen et Stroemer ne va pas de soi et a généré un fort débat au sein de la communauté mondiale des géologues, qui a abouti en 2009 à la création d’un groupe de travail « Anthropocène » au sein de la commission stratigraphique internationale. Même si la nature anthropique du changement climatique fait largement consensus, l’idée que celui-ci puisse configurer une nouvelle époque géologique est contestée. Ce groupe, auquel ont participé les historiens Naomi Oreskes et John McNeill, a délibéré à l’été 2016 en faveur de l’adoption de cette classification, et souligné la nécessité de travailler à l’identification des marqueurs stratigraphiques de l’Anthropocène[52].

Bien avant cette décision, pourtant, le débat a dépassé les limites des sciences de la Terre pour investir pleinement les sciences humaines et sociales, ainsi que le marché du livre. Des revues scientifiques dédiées à cette thématique sont nées (par exemple The Anthropocene Review), les monographies et les conférences se sont accumulées à un rythme soutenu, des publications de vulgarisation scientifique sont aussi apparues et en 2014-2015 s’est tenue une importante exposition sur le thème organisée par le Deutsches Museum de Munich.[53] Du point de vue de l’histoire environnementale, un des éléments les plus contestés dans le cadre de ce débat concerne la périodisation de l’Anthropocène. Selon Crutzen, l’évènement déclencheur se retrouverait dans la révolution industrielle et dans l’arrivée de la machine à vapeur : à partir de ce moment, par l’intermédiaire de l’augmentation de la consommation des carburants fossiles, les émissions de CO2 dans l’atmosphère ont commencé à augmenter au-delà du seuil maximal des oscillations connues sur la planète depuis 400 000 ans[54]. D’autres interprétations, s’appuyant sur l’hypothèse Ruddiman, cherchant à repousser davantage les débuts de l’influence humaine sur le climat, remontent même jusqu’aux débuts de l’agriculture, par la voie de l’augmentation présumée de gaz à effet serre artificiellement causée par la déforestation et l’irrigation[55]. D’autres thèses, au contraire, mettent l’accent sur le rôle central joué par ce qu’on appelle la « Grande Accélération » à partir des années 1950, quand tous les indicateurs – de l’émission de CO2 à la consommation, de la croissance de la population à la réduction de la biodiversité – commencèrent à subir des variations vertigineuses[56].

Le problème de la périodisation est beaucoup plus qu’une simple question technique. En effet, elle croise la question politique de la responsabilité et, avec elle, de la définition de l’anthropos auquel l’Anthropocène fait référence. Selon les thèses controversées sur le climat de Dipesh Chakrabarty[57], pour autant que le changement climatique puisse trouver ses origines dans l’histoire du capital, ses conséquences surpassent les limites de l’histoire du capital et mettent en cause l’histoire de l’espèce humaine en tant que tel. La temporalité de la géologie de la planète, celle de l’espèce humaine et celle de la modernité s’effondrent devant le changement climatique, rendant inutilisables les catégories élaborées pour analyser l’histoire de la globalisation et mettent en questions les conditions même de la pensée historique. Les historiens français Christophe Bonneuil et Jean Baptiste-Fressoz, au contraire, ont été beaucoup plus critiques envers la rhétorique de l’Anthropocène et ont fait la lumière sur les développements historiques et les rapports de force que la notion d’Anthropocène et les narrations qui l’accompagnent ont tendance à effacer[58]. Même les modifications anthropogéniques du climat ont une histoire beaucoup plus longue que les dérèglements climatiques contemporains et la réflexivité environnementale sur l’impact humain qui a accompagné l’histoire de la modernité[59]. L’historien et géographe marxiste Jason Moore, pour sa part, penche pour l’adoption d’une définition différente, Capitalocène, qui permettrait de mieux identifier le lien indissociable entre la transformation écologique globale et l’émergence du capitalisme à l’échelle mondiale. La modification des écosystèmes terrestres n’a rien à voir avec la “deep history” de l’espèce humaine et serait plutôt directement liée avec le développement d’une économie capitaliste à l’échelle planétaire à partir du XVIe siècle[60].

Ces débats démontrent à quel point la définition d’Anthropocène et son usage sont controversés. L’attribution d’un lien de causalité entre actions collectives de l’espèce humaine et changement écologique global est considérée par plusieurs comme une renonciation inacceptable des outils d’analyse des sciences sociales et devrait amener les sciences sociales à refuser tout court les termes du débat autour de l’Anthropocène. La notion d’Anthropocène, en faisant appel à l’espèce, obscurcit les responsabilités de groupes bien spécifiques et historiquement identifiables, comme les capitalistes britanniques et leur choix délibéré, d’après la reconstruction de Andreas Malm, de convertir l’industrie du coton de l’énergie hydraulique au charbon[61]. Nier les responsabilités historiques du capitalisme pour parler d’espèce équivaut, dans cette perspective, à bloquer toute possibilité de changement de la trajectoire dangereuse du système-Terre. C’est pourquoi, selon Andreas Malm et Alf Hornborg, l’Anthropocène est en effet « not only analytically defective, but also inimical to action[62] ».

Même dans le cas des voix plus critiques, pourtant, l’environnement auquel on fait référence dans le cadre de ce débat a changé profondément. L’idée de l’hybridation, de la « socio-nature », qui, comme nous l’avons vu, a émergé dans une seconde phase de la discipline, est déclinée sous un tout autre niveau : c’est le fonctionnement du système-Terre qui est désormais inextricablement lié avec les dynamiques de la société humaine et donc, rétrospectivement, avec son histoire. Devant la planète-cyborg du changement climatique, il semblerait qu’il n’y ait pas de nature qui tienne. L’environnement, d’autre part, est devenu synonyme même de planète Terre. Dans ce nouveau cadre, ce qui différencie les positions ce sont plutôt les outils à mobiliser pour interpréter la transformation environnementale planétaire et, surtout, les implications politiques de ces interprétations, à partir du positionnement vers le capitalisme global et ses critiques.

Le système-Terre de l’Anthropocène représente l’ultime développement d’un parcours étendu sur plusieurs décennies qui a vu émerger, d’une façon non structurée mais toujours plus explicite, de nouvelles définitions de l’« environnement » dans l’histoire environnementale. Ce serait une erreur cependant d’imaginer ce parcours en terme de substitution : les diverses positions tracées rapidement dans les pages précédentes ont continué à cohabiter dans la pratique des historiens et des historiennes. Chacune de ces approches se traduit dans différentes interprétations du rôle politique de la discipline. Ainsi, l’idée d’une nature externe et intouchée s’attache à la fonction de défense des premiers mouvements environnementalistes contre la dégradation des écosystèmes et des paysages à partir des années 1960. L’idée d’un environnement hybride émerge en réaction aux conceptions normatives d’un environnement « externe » aux sociétés humaines, duquel on dénonce tant l’inconsistance ontologique que les rapports de forces politiques sous-entendus et les inégalités, comme dans le cas discuté de la critique de Cronon sur la « wilderness ». La prise en compte du système-Terre, enfin, place l’histoire environnementale dans le débat global sur le changement climatique et les politiques mondiales de régulation qui peinent à émerger en réponse à celui-ci.

Considérant cette pluralité d’approches et ses implications politiques, est-il donc possible de donner à l’« environnement » une définition unique ? Probablement non, et il en est peut-être mieux ainsi, étant donné la richesse historiographique que les controverses et les positionnements divers ont produit au cours des dernières décennies. En dépit des différences même radicales, et des différentes visions, je crois toutefois qu’il est possible d'identifier un noyau à partir duquel les définitions que nous avons discutées se différencient : l’environnement comme système d’interdépendances matérielles. Si parmi certains historiens de la première génération ce système d’interdépendance pouvait exclure les êtres humains, perçus comme éléments perturbateurs, cette exclusion n’est plus possible dans le cadre de l’hybridation, et encore moins dans le cadre de l’Anthropocène et de ses alternatives. Dans ces dernières perspectives, l’environnement est un lieu de relation, non de séparation, dans lequel on doit replacer l’histoire humaine. Il est un espace dynamique, un champ de force, qui produit des enchaînements inattendus et des contingences historiques souvent imprévisibles et incontrôlables. Environnement, dans ce sens, devient un point prospectif qui permet de lire les multiples ramifications matérielles des actions et intentions humaines ; les chaînes de connexions physiques qui attachent mutuellement – dans l’espace et le temps – ces actions et intentions avec les organismes, les processus et les forces matérielles non entièrement limités et limitables à l’intérieur de la catégorie « humain ». Chaque action humaine, en d’autres termes, existe, a des présupposés et des retombées à l’intérieur du champ de force dynamique que nous appelons environnement. Cette existence, ces présupposés et ces retombées ne sont pas accessoires : elles sont centrales à l’historicité humaine même. D’une même façon, l’historicité humaine n’est pas accessoire mais centrale à la compréhension du champ de force dont elle est une partie intégrante. Peut-être se trouve justement ici la contribution la plus grande et la plus novatrice de l’histoire environnementale sur la façon dont on écrit et on pense l’histoire depuis plus de deux siècles.

Pour citer cet article : Giacomo Parrinello, « L’environnement de l’histoire environnementale », Histoire@Politique, n° 34, janvier-avril 2018 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Voir par exemple Douglas Weiner, « A Death-Defying Attempt to Articulate a Coherent Definition of Environmental History », Environmental History, 10, n° 3 (2005), p. 404-420

[2] Cette entreprise a été menée dans le monumental ouvrage de Clarence J. Glacken, Traces on the Rhodian Shore: Nature and Culture in Western Thought from Ancient Times to the End of the Eighteenth Century. Berkeley, University of California Press, 2011 (1ère édition 1967).

[3] Geneviève Massard-Guilbaud, « De la « part du milieu » à l’histoire de l’environnement », Le Mouvement social, n° 200, n° 3 (2002), p. 64-72, 11–29, Fabien, Locher et Grégory Quenet. “L’histoire environnementale : origines, enjeux et perspectives d’un nouveau chantier.” Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 56–4 (2009), p. 7-38. Alice Ingold, « Écrire la nature : De l’histoire sociale à la question environnementale  ? », Annales. Histoire, sciences sociales, 66e année, n° 1 (2011), p. 11-29.

[4] Pour les éléments français de ce débat, voir Genevieve Massard Guilbaud, « Historiens et géographes francais et relation de l’homme au milieu : de Vidal de la Blache aux programmes de recherche interdisciplinaire de la fin du XXe siècle », dans Robert Chenorkian et Samuel Robert (dir.), Les interactions hommes-milieux, Versailles, Éditions Quae, 2014, p. 77-96. Voir aussi les considérations de Alice Ingold, op. cit. La question de la géographie historique est cependant présente aussi dans le débat américain, dans lequel on discute d’une façon particulière le rapport de l’histoire environnemental avec la Berkeley School de Carl O. Sauer et avec la tradition américaine de la géographie environnementale. Voir Graeme Wynn, Craig Colten, Robert M. Wilson, Martin V. Melosi, Mark Fiege, Diana Davis, “Reflections on the American Environment”, Journal of Historical Geography, 43 (2014), p. 152-168. Sur la géographie environnementale dans le milieu anglo-saxon, voir aussi Castree, Demeritt et Liverman, “Introduction: Making Sense of Environmental Geography”, dans le volume dirigé par Noel Castree, David Demeritt et Diana Liverman, A Companion to Environmental Geography, Chichester UK, Wiley-Blackwell, 2009, p. 1-16. Voir aussi sur les relations entre histoire et géographie, et en particulier entre géographie historique et histoire environnementale Alan R. Baker, Geography and History : Bridging the Divide, Cambridge University Press 1997. Dans le domaine historiographique américain, un protagoniste de ces recherches généalogiques est John R. McNeill, lequel a récemment soutenu l’importance d’inclure dans l’arbre généalogique de l’histoire environnementale une figure classique de l’historiographie anglo-saxonne qui est Arnold Toynbee. John McNeill, « President’s Address : Arnold Toynbee as Environmental Historian », Environmental History, 19, 3 (2014), p. 434-453.

[5] John R. McNeill, « Observations on the Nature and Culture of Environmental History ». History and Theory, n 4 (2003), p. 5-43. Pour une mise à jour, voir John R. McNeill, « The State of the Field of Environmental History », Annual Review of Environment and Resources 35, n 1 (2010), p. 345-374.

[6] Roderick Nash, Wilderness and the American Mind, New Haven, Yale University Press, 1967. Roderick Nash, « American Environmental History: A New Teaching Frontier », Pacific Historical Review, 41, no. 3 (August 1972), p. 362-372.

[7] A. Crosby, The Columbian Exchange: Biological and Cultural Consequences of 1492, Westport, Connecticut, Greenwood Press, 1972 (1st edition).

[8] Sur ce point, voir, pour un échantillonnage non exhaustif, Douglas Weiner, op. cit. ; Kristin Asdal, « The Problematic Nature of Nature: The Post-Constructivist Challenge to Environmental History », History & Theory, 42, no. 4 (December 2003), p. 60-74. Sverker Sörlin et Paul Warde. « The Problem of the Problem of Environmental History: A Re-Reading of the Field ». Environmental History 12, 1 (2007), p. 107‑130, Gregory Quenet, Qu’est-ce que l’histoire environnementale ?, Seyssel, Champ Vallon 2014.

[9] Une exception importante est C. Merchant, The Death of Nature: Women, Ecology, and the Scientific Revolution, New York, HarperCollins, 1980.

[10] Voir Donald Worster, Nature’s Economy: A History of Ecological Ideas, Cambridge, Cambridge University Press, second edition 1995, p. 335-336.

[11] Rachel Carson, Silent Spring, Boston, Houghton Mifflin, 1962.

[12] Ainsi Richard Grove dans l’éditorial d’ouverture de Environment & History, le journal qu’il a fondé : “In our global time of crisis, the agendas of environmental history have emerged as being increasingly relevant. We are called upon to explain and to narrate how it is that humanity has come to tread such a potentially dangerous path. Perhaps, by making a sober, scholarly and committed contribution to history, we can help to suggest some useful paths away from danger and towards a more just and stable future. This journal will seek to encourage all those who set about this task.” Grove, “Editorial”, Environment and History, 1, 1 (1995), p. 2.

[13] Sur cette littérature, voir notamment Richard White, “American Environmental History: The Development of a New Historical Field”, Pacific History Review, 54, 3 (1955), p. 297-335.

[14] Donald Worster, “Doing Environmental History”, dans Donald Worster (dir.), The Ends of the Earth: Perspectives on Modern Environmental History”, Cambridge UK, Cambridge University Press, 1988, p. 292. Voir aussi Donald Worster, “Transformations of the Earth: Toward an Agroecological Perspective in History”, The Journal of American History, Vol. 76, No. 4 (Mar., 1990), p. 1087-1106.

[15] Martin V. Melosi, “The Place of the City in Environmental History”, Environmental History Review, 17, 1 (1993), p. 1-23.

[16] William Cronon, Nature’s Metropolis : Chicago and the Great West, New York, W.W. Norton, 1991.

[17] Pour un échantillon non exhaustif, voir Martin V. Melosi, Garbage in the Cities: Refuse, Reform, and the Environment, College Station TX, Texas A&M University Press, 1985. William Cronon, Nature’s Metropolis, Chicago and the Great West, NY-London, WW. Norton and Co, 1991 ; Joel Tarr The Search for the Ultimate Sink : Urban Pollution in Historical Perspective, Akron, Ohio, University of Akron Press, 1996 ; Christoph Bernhardt, Geneviève Massard-Guilbaud, La pollution dans sociétés urbaines et industrielles d'Europe/The modern Demon. Pollution in Urban and Industrial European Societies, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2002. Geneviève Massard-Guilbau, Histoire de la pollution industrielle, Paris, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2010. Dieter Schott, Bill Luckin, et Geneviève Massard-Guilbaud (dir.), Resources of the City: Contributions to an Environmental History of Modern Europe, Aldershot, Hampshire, England; Burlington, VT., Ashgate, 2005. En France, plus récemment, voir Thomas Le Roux, Le laboratoire des pollutions industrielles, Paris, 1770‑1830, Paris, Albin Michel, 2011.

[18] William Cronon, « The Trouble with Wilderness, or Getting Back to the Wrong Nature », dans William Cronon (dir.), Uncommon Ground: Rethinking the Human Place in Nature, New York, W.W. Norton & Co, 1995.

[19] William Denevan, “The Pristine Myth: The Landscape of the Americas in 1492”, Annals of the Association of American Geographers, 82, 3 (1992), p. 369-385.

[20] Sur ce point important, développé déjà par Ramachandra Guha dans les années 1980, fait écho aussi une littérature croissante sur l’histoire des parcs naturels en Afrique. Voir par exemple Jane Carruthers, TheKruger National Park. A Social and Political History, Pietermaritzburg, University of Natal Press, 1995 ; Roderick Neumann, Imposing Wilderness: Struggles Over Livelihood and Nature Preservation in Africa, Los Angeles and Bekerley, University of California Press, 1998 ; Guillaume Blanc, Une histoire environnementale de la nation. Regards croisés sur les parcs nationaux du Canada, d’Éthiopie et de France, Paris, Publications de la Sorbonne, 2015.

[21] Voir les réponses à Cronon parues dans Environmental History, 1, 1 (1996) et notamment Samuel Hays, « The Trouble with Bill Cronon’s Wilderness », p. 29-32. 

[22] Des extraits de l’article furent publiés dans The New York Times Sunday Magazine paru le 13 aout 1995. Pour un exemple des réponses au sein du mouvement environnementaliste américain, voir John Davis (dir.), « Opposing Wilderness Deconstruction », Wild Earth 6, n° 4 (Winter 1996/97). Pour un exemple de controverses persistantes à l’occasion du 50e anniversaire du Wilderness Act de 1964, voir Kenneth Brower, “Leave Wilderness Alone”, October 12, 2014 https://www.outsideonline.com/1926421/leave-wilderness-alone. [lien consulté le 09/02/2018].

[23] Gregory Quenet, « William Cronon: Récits, environnement et communauté », dans William Cronon, Nature et récits. Essais d’histoire environnementale, Paris, Éditions Dehors, 2016, p. 13-42.

[24] Et republié par la suite dans le premier numéro de la nouvelle série de Environmental History, 1, 1 (1996), p. 7-28.

[25] Dans Donna Haraway, Simians, Cyborgs, and Women. The Reinvention of Nature, New York, Routledge, 1991.

[26] Bruno Latour, Nous n'avons jamais été modernes. Essai d'anthropologie symétrique, Paris, Éditions La Découverte, 1991.

[27] Voir Kristin Asdal, op. cit., Douglas Wiener, op. cit., Warde e Sorlin, op. cit.

[28] Richard White, « From Wilderness to Hybrid Landscapes. The Cultural Turn in Environmental History », The Historian, 66, 3 (2004), p. 557-564. Les citations se trouvent p. 558.

[29] Paul Sutter, « The World with Us. The State of American Environmental History », Journal of American History, 100, 1 (2013), p. 94119.

[30] Richard White, The Organic Machine: The Remaking of the Columbia River, New York, Hill and Wang, 1995.

[31] Mark Fiege, Irrigated Eden: The Making of an Agricultural Landscape in the American West, Seattle, University of Washington Press, 1999. 

[32] Pour quelques exemples de cette historiographie, voir Martin Reuss et Stephen H Cutcliffe, The Illusory Boundary Environment and Technology in History, Charlottesville, University of Virginia Press, 2011 et Dolly Jorgensen, Finn-Arne Jorgensen, Sara B. Pritchard (dir.), New Natures: Joining Environmental History with Science and Technology Studies, Pittsburgh, Pittsburgh University Press, 2013.

[33] Pour la contribution de Joel Tarr à la définition d’un champ d’études « envirotechniques », voir Sara Pritchard, « "Toward an Environmental History of Technology ». In The Oxford Handbook of Environmental History, Andrew C. Isenberg (dir.), New York, Oxford University Press, 2014. Voir aussi Joel Tarr, « The City as an Artifact of Nature and Technology », dans Martin Reuss et Stephen H. Cutcliffe, op. cit., p. 145-170.

[34] Pour les « envirotechnical systems », voir Sara Pritchard, Confluence : Nature and Technology in the Remaking of the Rhone, Cambridge : MA, Harvard University Press, 2011, p. 19. Pour les sites socio-naturels, voir Verena Winiwarter, Martin Schmid et Gert Dressel, « Looking at Half a Millennium of Co-Existence: The Danube in Vienna as a Socio-Natural Site », Water History, 5, 2 (2013), p. 101119.

[35] Pour une synthèse sur l’histoire et les développements plus récents de l’écologie politique, voir Matthew D. Turner, « Ecology: Natural and Political », dans Noel Castree, David Demeritt, Diana Liverman Director et Bruce Rhoads (dir.), A Companion to Environmental Geography, Chirchester UK, Wiley-Blackwell, 2009, p. 181-197.

[36] Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005. Voir aussi Pierre Charbonnier, La fin d'un grand partage. Nature et société, de Durkheim à Descola, Paris, CNRS Éditions, 2015.

[37] Voir par exemple Jane Bennet, Vibrant Matter. A Political Ecology of Things, Durham, Duke University Press, 2010.

[38] Rosi Braidotti, The Posthuman, Cambridge, Polity Press, 2013.

[39] Voir Ursula Heise, Michelle Niemann, Jon Christensen (dir.), The Routledge Companion to Environmental Humanities, New York, Routledge, 2016 ou Joni Adamson et Michael Davis, Humanities for the Environment: Integrating Knowledge, Forging New Constellations of Practices, New York, Routledge, 2016. Voir aussi Guillaume Blanc, Élise Demeulenaere et Wolf Feuerhahn (dir.), Humanités environnementales : enquêtes et contre-enquêtes, Paris, Publications de la Sorbonne, 2017.

[40] Andrew B. Kipnis, « Agency between humanism and post-humanism: Latour and his opponents », HAU: Journal of Ethnographic Theory 5, n° 2 (Autumn 2015), p. 43-58.

[41] Douglas Wiener, “A Death-Defying Attempt”, op. cit., p. 408.

[42] Sur ces points, voir Paul Sutter, « The World with Us », op. cit., p. 96-97.

[43] Il faut rappeler que par exemple, une conceptualisation historique de l’hybridation telle que celle de « système envirotechnique » s’accompagne d’une conceptualisation parallèle, celle de « régime envorotechnique » qui vise à identifier les des conditions politiques et des rapports de force qui rendent possible une configuration donnée. Voir Sara Pritchard, Confluence, op. cit., p. 23.

[44] Dipesh Charkrabarty, « The Climate of History: Four Theses », Critical Inquiry, 35, 2 (2009), p. 197–222.

[45] Voir Will Steffen, Jacques Grinevald, Paul Crutzen, et John McNeill. « The Anthropocene: Conceptual and Historical Perspectives », Philosophical Transactions of the Royal Society of London A: Mathematical, Physical and Engineering Sciences 369, n 1938 (2011), p. 842867.

[46] Geneviève Massard-Guilbaud, « Historiens et géographes français et relation de l’homme au milieu : de Vidal de La Blache aux programmes de recherche interdisciplinaires de la fin du XXe siècle », dans Les interactions hommes-milieux, Versailles, Éditions Quæ, 2014, p. 77-96.

[47] Élysée Reclus, « De l’action humaine sur la géographie physique : l’homme et la nature », La Revue des Deux Mondes, t. 54, 1864, p. 762-771.

[48] Robert L. Sherlock, Man as a Geological Agent. An Account of his Action on Inanimate Nature, London, H. F. & G. Witherby, 1922.

[49] Marston Bates, Lewis Mumford, Carl O. Sauer, William L. Thomas (dir.), Man’s Role in Changing the Face of the Earth, Chicago, University of Chicago Press, 1956.

[50] John Cook, Naomi Oreskes, Peter T. Doran, William R.L. Anderegg, Bart Verheggen, Ed W. Maibach, J. Stuart Carlton, Stephan Lewandowsky, Andrew G Skuce, Sarah A. Green, Dana Nuccitelli, Peter Jacobs, Mark Richardson, Bärbel Winkler, Rob Painting, Ken Rice, « Consensus on consensus : a Synthesis of Consensus Estimates on Human-Caused Global Warming », Environmental Research Letters, 11, 4 (2016) 048002.

[51] Paul Crutzen, Paul et Eugene P. Stroemer, « Have we entered the Anthropocene ? », IGBP's Global Change magazine (Newsletter 41), 2000.

http://www.igbp.net/news/opinion/opinion/haveweenteredtheanthropocene.5.d8b4c3c12bf3be638a8000578.html [lien consulté le 09/02/2018].

[52] Damian Carrington, « The Anthropocene Epoch : Scientists Declare Dawn of Human-Influenced Age », The Guardian, Monday 29 August 2016, https://www.theguardian.com/environment/2016/aug/29/declare-anthropocene-epoch-experts-urge-geological-congress-human-impact-earth [lien consulté le 09/02/2018].

Voir aussi Colin Waters, Jan Zalasiewicz, Colin Summerhayes, Anthony D. Barnosky, Clément Poirier, Agnieszka Gałuszka, Alejandro Cearreta et al., « The Anthropocene Is Functionally and Stratigraphically Distinct from the Holocene », Science 351, n 6269 (8 janvier 2016): aad2622. doi:10.1126/science.aad2622.

[53] Voir le compte rendu de Finn Arne Jorgensen et Dolly Jorgensen, « The Anthropocene as History of Technology : Welcome to the Anthropocene : The Earth in Our Hands, Deutsches Museums, Munich », Technology & Culture, 57, 1, p. 231-237.

[54] Pour une présentation synthétique de cet argument, voir Paul J. Crutzen, « Geology of Mankind ». Nature, 415, n 6867 (2002), p. 23.

[55] Pour une itération récente de cette hypothèse, voir « The Anthropocene », Annual Review of Earth and Planetary Sciences, 41, nᵒ 1 (2013), p. 45‑68.

[56] John McNeill et Peter Engelke, The Great Acceleration: An Environmental History of the Anthropocene since 1945, Cambridge, MS: Harvard University Press, 2016.

[57] Dipesh Charkrabarty, op. cit.

[58] Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz, L’événement Anthropocène : la Terre, l’histoire et nous, Paris, Seuil, 2013.

[59] Fabien Locher et Jean-Baptiste Fressoz, « Modernity’s Frail Climate : A Climate History of Environmental Reflexivity », Critical Inquiry, 38 (2012), p. 579-598.

[60] Jason Moore (dir.), Anthropocene or Capitalocene ? Nature, History, and the Crisis of Capitalism, Oakland Ca, PM Press, 2016.

[61] Voir A. Malm, Fossil Capital: The Rise of Steam Power and the Roots of Global Warming, London, Verso, 2016.

[62] Ainsi Andreas Malm et Alf Hornborg, « The Geology of Mankind? A Critique of the Anthropocene Narrative », The Anthropocene Review, 1, 1 (2014), p. 67.

Giacomo Parrinello

Giacomo Parrinello est assistant professor en histoire environnementale au Centre d’histoire de Sciences Po (CHSP). Auteur du livre Fault Lines : Earthquakes and Urbanism in Modern Italy (Berghahn Books 2015), ses recherches actuelles portent sur les transformations environnementales, sociales et politiques des systèmes fluviaux et les interfaces littorales à l’époque urbaine-industrielle.

Mots clefs : environnement ; histoire environnementale ; historiographie ; Anthropocène ; écologie politique / environment; environmental history; historiography; Anthropocene ; environmentalism.

imprimer

Newsletter

  • Consultez fréquemment les rubriques dynamiques de cette colonne. Elles sont régulièrement mises à jour.

Champ libre

  • • Vidéo de la table ronde « À l'Est, rien de nouveau ? Pour une histoire visuelle de la nouvelle Europe » aux Rendez-Vous de Blois (13 octobre 2018)
  • Si vous n’avez pas pu assister à la table ronde, « À l'Est, rien (...)
  • lire la suite
  • Histoire@Politique est également disponible sur CAIRN
  • lire la suite

Comptes rendus

  • • Masha Cerovic, Les Enfants de Staline. La guerre des partisans soviétiques, 1941-1944,
  • Elem Klimov’s apocalyptic master piece of 1985 “Come and See” (...)
  • lire la suite
  • • Hélène Camarade, Élizabeth Guilhamon, Matthias Steinle, Hélène Yèche (dir.), La RDA et la société postsocialiste dans le cinéma allemand après 1989,
  • Qui en 2003 n’a pas vu le film Good Bye Lenin !, puis en 2007 La Vie des autres ? (...)
  • lire la suite
  • • François Dosse, La Saga des intellectuels français,
  • L’histoire des intellectuels est entrée dans l’heure des bilans (...)
  • lire la suite
  • • Élise Petit, Musique et politique en Allemagne, du IIIe Reich à l’aube de la guerre froide,
  • Avec Musique et politique en Allemagne, réécriture de sa (...)
  • lire la suite
  • • Nicolas Patin, Krüger : un bourreau ordinaire,
  • Friedrich Wilhelm Krüger, chef suprême de la SS et de la (...)
  • lire la suite
  • • Masha Cerovic, Les Enfants de Staline. La guerre des partisans soviétiques, 1941-1944,
  • Elem Klimov’s apocalyptic master piece of 1985 “Come and See” (...)
  • lire la suite
  • • Nicole Edelman, L’impossible consentement : l’affaire Joséphine Hugues,
  • En 1865, Timothée Castellan, un mendiant de 25 ans, est déclaré (...)
  • lire la suite
  • • Pierre Rosanvallon, Notre histoire intellectuelle et politique, 1968-2018,
  • Patiemment, obstinément, rigoureusement, Pierre Rosanvallon trace son sillon intellectuel (...)
  • lire la suite
  • • Audrey Kichelewski, Les Survivants. Les Juifs de Pologne depuis la Shoah,
  • Faire l’histoire des juifs en Pologne après la Seconde (...)
  • lire la suite
  • • Sarah Gensburger et Sandrine Lefranc, À quoi servent les politiques de mémoire ?,
  • Auteures de nombreux travaux sur la mémoire et la justice (...)
  • lire la suite
  • • Gilles Richard, Histoire des droites en France de 1815 à nos jours,
  • L’ouvrage de Gilles Richard se place délibérément dans une (...)
  • lire la suite
  • • « Mémoire des massacres du XXe siècle »
  • Le Mémorial de Caen a accueilli du 22 au 24 novembre 2017 (...)
  • lire la suite
  • • Raoul Hausmann (1886-1971) et sa production photographique dans les tourments de l’histoire
  • Après avoir été présentée au Point du Jour de (...)
  • lire la suite
  • • Emmanuel Saint-Fuscien, Célestin Freinet, un pédagogue en guerres, 1914-1945,
  • C’est avec une certaine délectation que nous nous sommes (...)
  • lire la suite
  • • Raffaella Perin, La radio del papa. Propaganda e diplomazia nella seconda guerra mondiale,
  • L’ouvrage de Raffaella Perin sur Radio Vatican est la (...)
  • lire la suite
  • Transit, film réalisé par Christian Petzold (2018)
  • Dans les années 1930, des centaines d’Allemands, juifs ou opposants (...)
  • lire la suite
  • • Alexis Vrignon, La naissance de l’écologie politique en France. Une nébuleuse au cœur des années 68,
  • Dans le champ de l’écologie politique, la catégorie du (...)
  • lire la suite
  • Après la guerre, film réalisé par Annarita Zambrano (2017)
  • Verres de lunettes opaques ou presque, silhouette épaisse, barbe (...)
  • lire la suite

Partager

  • ISSN 1954-3670