Histoire@Politique : Politique, culture et société

Portraits & témoignages Comme l'indique le titre de cette rubrique destinée à mettre en lumière des personnalités politiques ou universitaires, « Portraits et témoignages », aucun cadre formel strict n'a été fixé pour rendre compte des trajectoires individuelles proposées à chaque numéro. Le ou les entretiens pourront être restitués en tant que tels, comme un témoignage brut ayant valeur de source ; ils pourront aussi être croisés avec des publications ou d'autres interventions pour fournir la matière d'un portrait. En revanche, un fil rouge européen donnera sa cohérence aux premières livraisons, rassemblant spécialistes, techniciens, élus et militants de l'Europe.

Entretien avec Jean-Pierre Gouzy

Anne Dulphy, Christine Manigand
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Notice biographique de Jean-Pierre Gouzy

- Né le 3 Juin 1925 à Antanarivo (Madagascar).

- Journaliste professionnel depuis 1946.

- Vice-président international de l’Association des journalistes européens (1974), président international (1978), président d’honneur (1982).

- Membre de l’exécutif du Mouvement français pour les États-Unis d’Europe (1947-1948) et de l’Union française des fédéralistes (UFF) (1949-1950).

- Délégué au Congrès de La Haye (1948).

- Secrétaire général puis président du Mouvement fédéraliste européen en France (1952-1973).

- Membre du Comité fédéral de l’Union européenne des fédéralistes (UEF) (1953-2002).

- Vice-président de l’UEF (1958-1959).

- Secrétaire général adjoint, puis secrétaire général du Centre international de formation européenne (CIFE) (1954-1982), puis vice-président délégué du CIFE (depuis 1983).

- Vice-président de la Maison de l’Europe de Paris (1978) et présentateur de son Journal parlé depuis 1971.

- Professeur à l’Institut européen des hautes études internationales à Nice (1960-1990).

- Professeur au Centre d’études diplomatiques et stratégiques à Paris (1990-1997). 

 Entretien

-  Nous souhaitons tout d’abord mettre l’accent sur votre actualité éditoriale : la publication, en avril 2009, de votre ouvrage intitulé Histoire de l’Europe 1949-2009 [1] . Pour quelles raisons avez-vous ressenti le besoin d’écrire cet ouvrage à ce moment précis et pourquoi avez-vous choisi ces bornes chronologiques ? 1949 délaisse délibérément l’Europe de l’entre-deux-guerres, l’Europe d’Aristide Briand ?

Jean-Pierre Gouzy : Je vous répondrai qu’il fallait bien commencer ! En réalité, le choix allant de 1949 à 2009 vient surtout de mon éditeur qui voyait l’intérêt de présenter une tranche complète de 60 années de construction européenne, même si mon parcours personnel est plus ancien, dans la mesure où il débute en 1947. J’évoque d’ailleurs des événements antérieurs à 1949. La justification de cette date tient aussi au fait que c’est l’année de la naissance du Conseil de l’Europe avec le Traité de Londres du 5 mai 1949, qui avait engendré des espoirs excessifs qui se sont révélés plus tard démesurés, même s’il a rendu incontestablement des services. Pour moi, il est la conséquence directe du Congrès de La Haye de mai 1948, qui a engendré deux événements : la naissance du Mouvement européen, à l’automne 1948, et la signature du traité de Londres, qui donne vie au Conseil de l’Europe.

- Diriez-vous, à propos de votre livre, qu’il s’agit d’un témoignage de militant ou d’un travail d’historien relatant les différentes étapes de la construction européenne ?

Jean-Pierre Gouzy : Je me défends de faire un ouvrage d’historien car je ne le suis pas de métier. La plus grande partie de mon parcours s’est effectuée en tant que journaliste, chroniqueur, mais pas un simple journaliste qui s’est occupé de l’Europe par hasard, quelqu’un d’engagé, un observateur attentif, un peu passionné par ce à quoi il a assisté et ce à quoi il voulait tendre. Plus on avancera dans la voie tracée au début de mon parcours, plus il y aura identification avec mes souhaits. Dans quelles circonstances précises ce livre est-il né ? Tout d’abord, à l’occasion du 60anniversaire du Congrès de La Haye, en 2008, et de mon témoignage puisque, en tant qu’un des rares survivants de cet événement – en fait, à ma connaissance, nous sommes deux en France –, j’ai été invité à La Haye pour parler dans cette magnifique salle, la Ridderzaal, où siège le Parlement néerlandais, là où, 60 ans plus tôt, sous la houlette de Churchill, le mouvement est parti. De plus, comme je présente des prestations d’actualité régulièrement à la Maison de l’Europe de Paris, madame Catherine Lalumière, qui en est la présidente, m’a encouragé à écrire sur les époques que j’ai connues et sur les personnages que j’ai côtoyés. Elle pensait que ce serait un témoignage précieux. J’ai donc repris les éléments que j’avais accumulés au fil du temps en essayant de leur donner une direction synthétique, aussi précise que possible.

Mon parcours a une double origine : tout d’abord, en 1947, j’ai rejoint la mouvance fédéraliste. À cette époque, nombreux étaient les organismes qui germaient de façon spontanée, indépendants les uns des autres ; je participai donc à l’Union française des fédéralistes qui rassemblait une quinzaine de groupements. Par ailleurs, j’avais l’idée, depuis toujours, de devenir journaliste et cherchai une place de stagiaire. Je la trouvai, au printemps 1946, dans un quotidien du matin, L’Époque, où le directeur me demanda de façon inattendue et amusante de « faire dix lignes » à propos d’une conférence sur la réforme de l’entreprise à laquelle il avait assisté et moi aussi. J’entrai donc au sein de la rédaction, chargé de la revue de presse puis du service de politique étrangère, dirigé alors par Albert Mousset, membre de l’Institut. Lorsque le Congrès de La Haye arriva, je figurai donc dans la délégation française à double titre : en tant que membre du comité qui organisa cette délégation et en tant que journaliste.

- Vous avez fait allusion à votre vocation précoce de journaliste. Pouvez-vous nous parler de votre milieu d’origine, de vos études certainement interrompues par la guerre ?

Jean-Pierre Gouzy : Je suis né en 1925 à Madagascar, où mon père était fonctionnaire des contributions indirectes. J’y suis resté jusqu’en 1938, je suis alors rentré en France avec mes parents. En 1939, quand la France entra en guerre, mon père fut mobilisé sur place à Madagascar. Nous avons alors, en zone occupée, été coupés de l’île qui, de 1940 à 1942, fut du ressort du gouvernement de Vichy, puis de la France libre. À Paris, j’ai effectué mes études secondaires à Saint-Louis de Gonzague, puis au lycée Janson de Sailly. Je suis parti, à Pâques 1944, en Bretagne avec un ami car nous avions faim, et j’y suis resté jusqu’à ce que, après le débarquement des forces alliées, l’armée américaine prenne Paris à revers. Le choix qui s’offrait alors à moi était de reprendre des études ou de m’engager pour la durée de la guerre en devançant l’appel de ma classe – or la classe 25 ne l’a jamais été ! Je devins volontaire pendant une quinzaine de mois et fus démobilisé après la chute d’Hitler. Une fois encore, le dilemme se posa, mener des études ou réaliser mon rêve : devenir journaliste, surtout quand je voyais la floraison de journaux à la Libération. La « déraison » l’emporta, je devins journaliste.

- Votre engagement fédéraliste a-t-il été influencé par les figures des années 1930 ? Notamment par celle d’Alexandre Marc auquel vous avez consacré un ouvrage [2]  ?

Jean-Pierre Gouzy : J’ai connu Alexandre Marc dans l’immédiat après-guerre, lors d’une conférence sur l’« Allemagne, année zéro ». J’ai pris alors la parole pour dire qu’il ne fallait pas refaire les erreurs du Traité de Versailles, qu’il convenait de rompre avec les conceptions de vainqueur-vaincu et renouer avec les précurseurs, Coudenhove-Kalergi ou Briand, un peu utopistes certes, mais qui avaient ouvert la seule voie possible. Il a trouvé mon intervention non-conformiste, surprenante mais sympathique.

Le deuxième élément fut le fédéralisme. Nous étions alors à la recherche de nouvelles formes de démocratie. Le fédéralisme recouvrait en fait plusieurs conceptions : l’une, plus classique, hamiltonienne ; l’autre, plus française, mais aussi plus riche et plus confuse, émanant de certains socialistes français du XIXe siècle, comme Proudhon. Ceux-là réclamaient une société française qui ne serait plus jacobine et dans laquelle interviendraient une réforme de l’entreprise, une planification, idées à la mode alors et qui ont perdu de leur actualité aujourd’hui. Mes amitiés, mes relations m’ont placé dans ce courant.

C’est aussi en tant que membre du Comité français pour les États-Unis d’Europe que je me suis rendu à La Haye. Avant, un autre rendez-vous de l’Union européenne des fédéralistes (UEF) avait eu lieu, le premier congrès de Montreux, en 1947, auquel je n’ai pas participé personnellement. Il fut très riche en substance, en perception du devenir européen, avec des textes remarquables de Denis de Rougemont, d’Alexandre Marc dans le domaine économique et social ; plus tard, j’ai rencontré Coudenhove-Kalergi et un autre personnage, Gaston Riou, avec qui j’ai entretenu des relations amicales. Celui-ci avait écrit dans les années 1920 Europe ma patrie [3] , puis avait voté en 1940 les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain ; Vichy a été vite estompé et il était président alors de l’Union économique et douanière européenne, une des quatre composantes de l’Union française des fédéralistes, avec la Fédération, mouvement inspiré du catholicisme social, les cercles socialistes et fédéralistes auxquels j’appartenais, et les mondialistes.

- Au sein de cette constellation de personnalités, quelle était l’influence des fédéralistes italiens ?

Jean-Pierre Gouzy : Elle est venue plus tard dans mon parcours. Certes, Altiero Spinelli était présent à La Haye, mais n’y joua pas plus de rôle que François Mitterrand, par exemple. Il était encore peu connu, sauf dans certains milieux de la Résistance française : le groupement, constitué en 1945-1946, autour d’Albert Camus, d’autres groupes basés dans la région lyonnaise autour de personnalités de gauche, dont certaines fondèrent le journal Franc-Tireur. Les premiers contacts furent pris entre les Français et Spinelli dans ce cadre.

Pour compléter la description de mon réseau personnel, il faut citer, outre Alexandre Marc, Henri Frenay qui fut l’un des symboles de la Résistance et avec lequel j’ai œuvré durant 15 années : il était président de l’UEF et du Mouvement fédéraliste européen, et moi secrétaire général de ce dernier. Cette collaboration m’a beaucoup marqué.

- Un jeune homme de 20 ans comme vous pouvait-il avoir lu les grands textes des « non-conformistes » des années 1930 ou le manifeste de Ventotene de 1941 ?

Jean-Pierre Gouzy : J’ai eu connaissance de ces textes dans les années 1950. La revue Ordre Nouveau a été rééditée après-guerre grâce à un collègue suisse du Centre international de formation européenne (CIFE) et du Collège universitaire de la vallée d’Aoste.

- Et la Déclaration des résistances européennes de 1944 ?

Jean-Pierre Gouzy : Postérieurement, j’ai connu des personnalités qui ont participé à cette rédaction, comme Pierre Lochac et d’autres.

- Si l’on évoque maintenant le Congrès de La Haye, quels sont vos souvenirs, quelle atmosphère y régnait-il, quels en furent les points saillants ?

Jean-Pierre Gouzy : Ce fut pour moi un véritable coup de foudre. Je m’embarque avec d’autres Français, le train s’arrête quatre fois aux frontières. On doit descendre sur les quais des gares pour les contrôles entre la Belgique et les Pays-Bas ! J’arrive et me trouve au milieu de gens éminents dans un cadre médiéval surprenant pour un Parlement. On peut dire que ce fut l’enthousiasme contenu des grands moments de la vie. Tout cela bouillonnait comme une marmite. Les différentes commissions travaillaient la nuit, la commission politique jusqu’à 3-4h du matin. Lorsqu’un jeune comme moi, à aspiration européenne, entend des ténors dans un tel cadre, il en ressort galvanisé, influencé. Je décidai de ne pas me consacrer à la politique intérieure, même si cela m’intéressait à certains égards, mais à l’Europe.

- Les tensions entre unionistes et fédéralistes étaient-elles palpables ?

Jean-Pierre Gouzy : Très fortes surtout entre les fédéralistes « intégraux » et les autres, à commencer par ceux qu’on appelait « unionistes ». Parmi les fédéralistes, il y avait nombre de syndicalistes comme Gaston Tessier, président de la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens), des représentants de FO (Force ouvrière), des cadres, mais personne de la CGT (Confédération générale du travail) qui campait sur les positions du PC (Parti communiste). Ils étaient préoccupés par le contenu à donner à la nouvelle Europe alors que, du côté britannique, c’était le contenant – et un contenant prudent – qui comptait. Les Italiens ont joué à La Haye un rôle moindre. Ce sont les Français et les Britanniques qui avaient, en raison de la guerre, les rôles fondamentaux. Les Allemands, avec Konrad Adenauer et Walter Hallstein, étaient sur la réserve, ils n’ont pas pris de part déterminante aux débats. Les représentants des pays de l’Est en exil ont joué un certain rôle. Il faut citer également Henri Brugmans, le Néerlandais, Denis de Rougemont, membre de la délégation helvétique ; l’Espagnol, Salvador de Madariaga. Pour l’anecdote, il y avait même un Turc et un Islandais !

- Denis de Rougemont a-t-il eu un rôle essentiel ?

Jean-Pierre Gouzy : Il fait partie des quatre « grands » du fédéralisme : Henri Brugmans, Alexandre Marc, Henri Frenay, Altiero Spinelli – on pourrait ajouter Spaak –, mais, à l’époque c’est avec Rougemont que j’ai le moins collaboré. J’étais dans le sillage d’Alexandre Marc, notamment quand il a créé le CIFE, en 1954. Denis de Rougemont, je ne l’ai connu que par la suite. Or, Alexandre Marc et Denis de Rougemont étaient un peu en concurrence puisque Denis de Rougemont avait hérité du Centre européen de la culture (CEC) créé à Genève, auquel pensait Alexandre Marc. Le volet enseignement était revenu à Henri Brugmans avec le Collège de Bruges. Marc restait un peu à la marge, il participa donc à l’animation de la Campagne européenne de la jeunesse, avant d’être à l’origine du CIFE en 1954. Chemin faisant, ils se retrouvèrent puisque Denis de Rougemont présida un moment le bureau du CIFE. Ils faisaient tous les deux partie du même courant personnaliste des années 1930.

Quant à Altiero Spinelli, je l’ai découvert début 1953 : je suis alors sorti des cercles français et j’ai de plus en plus fréquenté des réunions internationales, découvrant sa très forte personnalité, celle d’un personnage de roman. Il possédait une clarté d’exposition exceptionnelle. Il m’a captivé. Nous avons fait beaucoup de chemin ensemble, on se tutoyait – mais il tutoyait facilement, cela tenait peut-être à son origine, au Parti communiste ! Nous étions très liés. Après l’échec de la Communauté européenne de défense (CED) qui entraîna celui du projet de Communauté politique européenne (CPE), Spinelli organisa l’expérience originale et ambitieuse du Congrès du peuple européen. C’était vraiment un personnage charismatique.

- Dans ces années 1953-1954, avant l’échec de la CED, est-ce que ce sont les moments les plus favorables au mouvement fédéraliste ? Ensuite, les scissions ont été nombreuses, dues souvent aux rivalités personnelles ?

Jean-Pierre Gouzy : Il y a une chose qui est absolument certaine, c’est que l’échec de la Communauté européenne de défense et du projet de Communauté politique supranationale a constitué une césure très nette, séparant un avant et un après. Il y a quand même, du milieu des années 1950 jusqu’à 1960, encore une très grande force d’action militante dans les mouvements européens et fédéralistes. Si je prends celui auquel je me suis le plus attaché, qui est le Mouvement fédéraliste européen en France, alors qu’aujourd’hui il subsiste à peine, presque comme un épiphénomène, à cette époque, il avait des milliers de membres. En 1956, l’année des crises de Suez et de Budapest, on a vu des choses étonnantes qu’un jour il faudra que je relate, à commencer par les adhésions nombreuses – je n’oserais pas dire massives – de syndicalistes français aux mouvements européens, en réaction à ces événements. Je n’avais jamais vu cela : notamment, dans des régions minières comme le Pas-de-Calais, comme le Nord, il existait des endroits, à Lens par exemple, où plusieurs centaines de personnes se sont reportées sur l’Europe par une sorte de réplique à Budapest. Après, en 1957, l’engouement pour le traité de Rome a joué également un rôle évident, même si les fédéralistes avaient une position un peu critique, d’autres très critique. Les traités de Rome ont constitué une étape extrêmement importante. Les débuts de la Communauté européenne à Bruxelles, également. Ce furent des moments passionnants. J’ai découvert des hommes comme Jacques-René Rabier [4] , qui allait devenir un « complice » de nos activités militantes dans la grande maison. Il était directeur général à la Commission européenne chargé de l’information. À Paris, en revanche, il y avait le sourcilleux général de Gaulle qui se méfiait beaucoup de ces histoires de Bruxelles ! Rabier était un fidèle de Monnet, et c’était surtout un homme qui avait une grande conscience de ce qu’il faisait, il a donc aidé fortement les organisations européennes, évidemment dans toutes les mesures compatibles avec les règles de sa fonction. En somme, l’échec de la Communauté politique a produit un reflux, personne n’était plus très enthousiaste. Et puis le miracle s’est produit parce que les Néerlandais, avec Beyen, ont repris l’idée de Marché commun. Cela a mordu et il y eu de nouveaux engouements…

- Ensuite, le reflux de la période gaullienne et puis la nouvelle espérance que vous évoquiez avec le plan Spinelli des années 1980…

Jean-Pierre Gouzy : On retrouve l’enthousiasme quand Altiero Spinelli présente son projet au Parlement européen. Il y a d’autres périodes intéressantes… Mais je dirais que, d’une manière générale, l’européisme engagé est déclinant. Cela ne veut pas dire qu’il diminue dans les milieux de jeunes, dans l’opinion, mais c’est un transfert vers autre chose. Aujourd’hui, il existe des groupes de jeunes qui, avec leur ordinateur, se passionnent pour l’Europe, travaillent entre eux, mais les mouvements historiques comme la Ligue européenne de coopération économique (LECE), la Gauche européenne, les Nouvelles équipes internationales (NEI), l’Union européenne des fédéralistes (UEF), dans la mesure où elles existent encore, paraissent affaiblies, à l’exception de l’UEF peut-être. À Lyon, lors d’un congrès récent, j’ai fait la connaissance de son jeune secrétaire général catalan, que j’ai trouvé passionnant. Donc il y a toujours des boutures, des surgeons, mais enfin ce n’est plus ce que c’était !

- Où en est l’idéal fédéraliste aujourd’hui ?

Jean-Pierre Gouzy : Je dirais que l’idéal fédéraliste, aujourd’hui, est à plat, sauf dans quelques cercles, sauf de la part de quelques individualités. Vous n’avez qu’à prendre un article récent du Monde qui parle de l’Europe de Jean Monnet et du mur de Berlin. En schématisant, il assimile la chute du mur de Berlin à la fin de l’Europe de Monnet : on peut en discuter, c’est une vision franco-française ! Mais enfin, il indique qu’on est passé à une autre phase, depuis environ vingt ans. Bien sûr, une étape a été très positive et ressentie comme telle, c’est l’euro. Mais aujourd’hui, au moment où nous parlons, le temps qu’il a fallu consacrer depuis le traité de Nice à essayer d’aboutir, à travers des méandres d’efforts politiques, diplomatiques, a un peu lassé ! L’Europe, en revanche, est entrée dans les mœurs. Pour les jeunes, il paraît normal d’avoir l’euro dans la poche, d’avoir Erasmus… Évidemment, c’est un progrès, mais nous espérions plus ! Si, une fois passé le cap de Lisbonne, à la faveur d’événements qu’on n’imagine pas encore, tout d’un coup, nous assistions à un regain de l’idée d’Europe politique, un bond dans ce domaine signifierait que nous sommes entrés dans une autre époque, encore… Et puis il n’y a plus le même engouement pour une société fédéraliste : c’est en France que sont nées ces idées, inspirées largement par le personnalisme, en Belgique aussi, puis, par osmose, un peu aux Pays-Bas avec Brugmans, au Luxembourg, en Espagne, en Italie même avec Adriano Olivetti… Mais les grands thèmes mobilisateurs que j’ai connus (la réforme de l’entreprise, le plan, etc.) n’intéressent plus aujourd’hui. Il faudrait repenser tout cela.

- N’y a-t-il pas manqué aux fédéralistes des relais dans l’opinion ?

Jean-Pierre Gouzy : Je suis convaincu que les fédéralistes ont raté beaucoup d’occasions. Comparaison n’est pas raison, certes, mais ils étaient un peu comme les Verts jusqu’au surgissement de Cohn-Bendit. C’étaient des milieux très éparpillés, très querelleurs, avec des tendances, des écoles, des tempéraments très forts… Qui était avec untel ne pouvait l’être avec un autre…

- Cela devait être terrible pour vous qui étiez d’abord secrétaire général puis président de l’Union française des fédéralistes : comment pouvait-on rassembler toutes ces tendances ?

Jean-Pierre Gouzy : Je suis devenu secrétaire général de l’Union française des fédéralistes tout jeune encore, à l’automne 1952, choisi par les quatre mouvements fondateurs, qui avaient décidé de fusionner. Mais en arrière-plan, et cela je ne le voyais pas moi-même, il y avait des querelles entre ceux qui jugeaient que la Communauté politique allait trop loin, ceux qui estimaient que l’idée d’une Constituante européenne souveraine était un mythe qu’il fallait réprouver : il y avait toutes ces querelles en suspens en France ! Donc, il devait y avoir un congrès de fusion définitive de l’ensemble des mouvements fédéralistes de l’époque. Il devait se tenir à Colmar au début de 1953. Au cours d’un voyage entre Lyon et Annecy, j’ai appris par télégramme que l’union avait sauté. Je suis rentré à Paris où on m’a dit que trois des mouvements avaient décidé de poursuivre l’Union française des fédéralistes. J’ai fait le choix de rester avec l’Union française des fédéralistes, qui est devenue le Mouvement fédéraliste européen en France. Plus tard, en 1953, c’est l’ensemble de l’Union européenne des fédéralistes qui explosera en donnant vie à deux regroupements internationaux différenciés, l’Action européenne fédéraliste (AEF) d’un côté, le Mouvement fédéraliste européen (MFE) de l’autre. Cette séparation a duré jusqu’en 1973.

- Pour vous, 1979 et la première élection du Parlement européen au suffrage universel, cela représente une victoire, une date clé ?

Jean-Pierre Gouzy : C’était certainement une date très importante. J’ai tenu à aller à Strasbourg assister à la première réunion de l’Assemblée élue. J’ai retrouvé là Louise Weiss à la tribune, elle qui avait vécu tout l’avant-guerre, et je revois encore cette dame d’un grand âge, cheveux blancs, robe noire, Légion d’honneur éclatante, qui expliquait ce que cela signifiait… Un grand moment !

- Pourtant, aujourd’hui, il y a une désaffection pour ces élections européennes…

Jean-Pierre Gouzy : Oui, pour des raisons qu’il faudra analyser, en particulier, le fait, selon moi, que le Traité de Rome n’a pas été respecté : en effet, nous n’avons toujours pas de loi électorale uniforme. Outre une ambiance peu propice – avec des traités qui traînent, un élargissement diffus –, on a vu, une fois de plus, que ce sont les états-majors nationaux des partis qui font les élections, qui désignent les candidats. Ce ne sont pas les états-majors du PPE (Parti populaire européen) ou du PSE (Parti socialiste européen) ; il y a peut-être, cependant, un début d’exception, avec les Verts, mais pas pour les autres… Il n’existe pas encore de véritables partis politiques européens. Le PPE et le PSE ne sont que des superstructures, mais les véritables pouvoirs sont restés nationaux. Il n’est donc pas étonnant que cela se soit passé comme nous l’avons vu. Je ne suis pas étonné non plus que, lors de la récente assemblée de nos amis à Lyon, l’un des axes de rebond qu’ils ont fixé à leur action soit celui d’une européanisation de la loi électorale pour le prochain scrutin. Mais il sera très difficile de l’obtenir…

- Il manque peut-être aussi des penseurs de l’Europe, des personnalités qui maintiennent cet idéal ! Vous avez cité des noms qui caractérisent une époque…

Jean-Pierre Gouzy : C’est vrai, les grands noms caractérisent une époque. J’aurais pu également citer Monnet dans un autre registre que dans le registre fédéraliste stricto sensu, mais tout le monde y a pensé… Maintenant, nous n’avons plus ces personnages qui incarnent par la pensée des champs de perception, d’imagination. Il y a certes des hommes politiques de qualité, Jerzy Buzek président du Parlement européen, Guy Verohfstadt président des libéraux, etc., mais il n’y a pas, selon moi, de grands intellectuels dont l’œuvre incarne spécifiquement la cause de l’Europe. On a confié à Felipe Gonzales ainsi qu’à un certain nombre de personnalités la mission de mener une réflexion d’ensemble, de présenter un texte sur la manière dont ils perçoivent l’évolution de l’Union européenne, et sans doute, après Lisbonne, il va y avoir sur la table des documents qui vont circuler à cet égard, mais c’est un peu du préfabriqué, pas du spontané.

- Il y a aussi comme carence actuelle le problème de la formation et de l’enseignement de l’Europe aux jeunes générations, et vous avez beaucoup œuvré dans ce domaine avec le Centre international de formation européenne (CIFE) [5] .

Jean-Pierre Gouzy : Le CIFE a fait énormément, et avec des moyens relativement modestes. Cela a commencé par des séminaires, d’une durée d’une semaine environ, qui s’adressaient surtout à des formateurs de milieux d’éducation populaire, de cercles européens organisés, etc. Ce fut un succès, et il s’est trouvé en 1960 que la vallée d’Aoste, qui a un statut bilingue, a favorisé l’installation du Collège universitaire d’études fédéralistes. Ces sessions d’été ont accueilli nombre d’étudiants qui, par la suite, ont fait de hautes carrières. Je me souviens encore qu’Étienne Hirsch, qui est un peu à l’origine du projet de Florence, y était intervenu.

Ensuite, il y a eu le relais de l’Institut européen des hautes études internationales à Nice avec, aujourd’hui, la préparation de masters en trois langues consacrés aux questions européennes et internationales.

Le CIFE mène, d’autre part, depuis Berlin, une expérience originale, appelée « Académie européenne en ligne ». Il développe l’été des sessions courtes d’enseignement en Autriche, Bulgarie, Croatie, Moldavie, Pologne, Slovaquie, etc. Il assume également un programme à Istanbul sur les relations entre l’Europe et la Turquie, un peu comme il le faisait autrefois à Paris, Strasbourg, Luxembourg, etc.

- C’est un peu l’évolution du collège de Bruges…

Jean-Pierre Gouzy : Toujours vice-président du CIFE, je suis le dernier représentant d’une époque. Mes collègues, qui ont facilement vingt ou trente ans de moins que moi, assurent une continuité sérieuse, même si la perception d’un enseignement universitaire européen a évolué depuis un demi-siècle, comme c’est normal…

- Il y a un soutien à la recherche, également, qui est apporté par cette structure ?

Jean-Pierre Gouzy : Oui, mais je ne crois pas qu’on puisse considérer que ce soit son rôle fondamental.

- Ce sont en fait des masters destinés à des étudiants…

Jean-Pierre Gouzy : Ou des sessions courtes qui s’adressent, très généralement, à des étudiants d’Europe centrale et orientale, comme je l’ai dit, pour leur apprendre ce qu’est l’Europe à laquelle leur pays a adhéré ou veut adhérer. Ils ont encore besoin de cette sensibilisation.

- Vous avez été également actif dans l’Association des journalistes européens (AJE) [6] , créée en 1961.

Jean-Pierre Gouzy : Parallèlement à ce parcours européen engagé, j’ai toujours souhaité garder un pied dans les milieux de la presse et de l’information. J’ai conservé ma carte de presse depuis 1946, ce qui est une acrobatie peu aisée car, pour l’avoir, il faut que plus de la moitié de ses revenus déclarés au fisc vienne de la presse. Je me suis toujours débrouillé pour que cela se fasse de cette manière.

- En travaillant dans des journaux européens engagés ?

Jean-Pierre Gouzy : J’ai multiplié les collaborations. J’ai fait des chroniques dans Le Monde, mais aussi à RTL, des reportages dans Le Parisien, des articles dans Combat ; pendant plusieurs années, j’ai été l’homme idoine pour les questions européennes à La Dépêche du Midi ; j’ai fait des papiers pour le journal La Croix, j’en ai fait pour Le Journal du Dimanche… Également, pour des journaux étrangers, comme La Vanguardia à Barcelone, Le Droit à Montréal ou le Luxemburger Wort. J’ai eu le prix du journalisme européen en 1969. Ma base constante est restée la revue L’Europe en formation.

Puis j’ai grimpé les échelons de cette Association des journalistes européens, j’en ai été président pour quatre ans de 1978 à 1982. Elle avait alors son siège français à la Maison de l’Europe de Paris qui existe depuis 1956 : d’abord dans le quartier de l’Opéra ; puis dans un hôtel historique du Marais, l’Hôtel de Coulanges. Je suis resté personnellement animateur des programmes de la Maison de l’Europe jusqu’en 1982.

- Quelle était l’importance de cette AJE et comment vivait-elle ?

Jean-Pierre Gouzy : À cette époque, elle bénéficiait de l’appui des services d’information de la Commission européenne (notamment de Jacques-René Rabier), du Parlement européen (Raymond Legrand-Lasne, Paul Collowald, etc.). Tous étaient ravis de pouvoir disposer d’un relais de journalistes qui pensaient qu’il fallait créer une sorte de fraternité européenne engagée, susceptible de débattre avec de hauts fonctionnaires européens. Cette association était extrêmement vivante : une fois élu président à La Haye, j’ai fait des congrès à Luxembourg, Rome, Oviedo et Madrid, Lisbonne et Madère. Cela a représenté pour moi une expérience passionnante. Là je retrouvais un peu l’ambiance du congrès de La Haye, sous une forme différente bien évidemment. J’ai énormément appris car j’étais au contact d’autres européens, je sortais de ma gangue franco-française.

- L’objectif, c’est de tisser un réseau ?

Jean-Pierre Gouzy : Les journalistes de l’AJE s’intéressaient à l’Europe, ils avaient organisé des sections nationales dans tous les pays de la Communauté. Quand Heath a présenté la candidature de la Grande-Bretagne, nous avons été reçus partout, les portes étaient toutes ouvertes : les milieux politiques s’inclinent vite devant les journalistes ! Quoi qu’il en soit, ce fut l’occasion d’avoir des contacts rares, à un niveau remarquable, avec les hauts fonctionnaires de la Commission et du Parlement, avec les parlementaires et les cercles dirigeants des autres pays.

- Vous avez fait allusion tout à l’heure – mais peut-être la question est-elle trop indiscrète – à votre engagement pour des questions de politique extérieure et européenne, et vous avez ajouté que cela n’empêchait pas des choix partisans en politique intérieure. Avez-vous été encarté dans un parti ?

Jean-Pierre Gouzy : Le seul moment où je me suis engagé c’est, sous la Ve République, face au blocage qu’incarnait, à mes yeux, le général de Gaulle. Et quand François Mitterrand a créé la Convention des institutions républicaines, nous avons fondé, avec un groupe d’amis malheureusement presque tous disparus, en accord avec Spinelli, le « Front démocratique pour une Europe fédérale » (FDEF). Le FDEF a été l’un des clubs de la CIR (Convention des institutions républicaines). Pour François Mitterrand, c’était l’une des références européennes. Vous savez que, quand on demandait à Mitterrand son avis sur telle ou telle question européenne, il avait cette manie de répondre qu’il avait été au congrès de La Haye, comme si c’était une sorte de passeport européen pour l’existence ! En tout cas, nous avons joué un rôle très actif.

Avec ce cercle, en 1964, nous avons contribué au bouleversement des ordres du jour et des options politiques des États généraux du Conseil des communes d’Europe qui se tenait à Rome. C’était une manifestation assez spectaculaire : il y avait là 4000 maires, élus régionaux ou locaux, les résolutions avaient été préparées de telle manière qu’elles ne heurtent pas trop le gouvernement français. Les mouvements européens ont toujours eu, vous le savez, une certaine prudence : ils dépendent pour une part des gouvernements nationaux ! Avec Hirsch, avec Spinelli, avec Marc Paillet qui a écrit Gauche, année zéro [7] , avec Raymond Rifflet qui a été un des leaders de la gauche européenne internationale et belge, avec beaucoup d’autres, nous avons créé ce Front démocratique pour une Europe fédérale sous une autre forme. Nous l’avons transposé à Bruxelles de manière informelle.

Quand la CIR est rentrée dans la routine de la formation de la FGDS (Fédération de la gauche démocrate et socialiste), l’équipe que nous avions constituée et qui n’avait pas d’ambition politique nationale a changé de plan. Nous voulions continuer notre action sur le plan européen : avec l’appui de Spinelli, nous avons formé un groupe appelé « Réalités européennes du présent » qui, sous la forme d’un club discret, avec l’appui de la Commission européenne, a permis pendant plus de quatre décennies de mettre en contact, à Bruxelles, des représentants – souvent au plus haut niveau – et des parlementaires européens avec le meilleur de l’européisme engagé dans plusieurs pays de la Communauté. Je dis cela peut-être de façon immodeste ! Mais enfin, nous avons essayé. Par exemple, en France, nous avions parmi nos amis Robert Toulemon, Michel Albert, etc. Cette saga a duré jusqu’à une époque toute récente. Pour ma part, l’âge étant venu, il m’a fallu arrêter.

- Quels sont vos engagements actuels ?

Jean-Pierre Gouzy : Ils sont plus prosaïques. Je suis toujours vice-président de la Maison de l’Europe de Paris où j’apporte mon aide pour les programmes ; j’y fais ce que l’on appelle le Journal parlé de l’Europe depuis 1971, qui intéresse : la preuve, il dure [8]  ! Et puis, j’assume la représentation à Paris du CIFE dont les établissements principaux sont basés à Nice et Berlin. Son directeur général, Hartmut Marhold, est allemand, professeur à l’Université de Cologne. À l’occasion, je participe à d’autres activités européennes en France, subsidiairement. Enfin, j’ai conservé un rôle d’animation au sein de la revue L’Europe en formation… Sans compter ma contribution à l’Histoire de l’Europe qui vient d’être publiée.

Notes :

[1] Jean-Pierre Gouzy, Histoire de l’Europe 1949-2009, Paris, Éditions de Paris, 2009, 314 p. 

[2] Jean-Pierre Gouzy, Le fédéralisme et Alexandre Marc, Paris, Éditions du Centre de recherches de l’Université de Lausanne, 1974.

[3] Gaston Riou, Europe ma patrie, Paris, Valois, 1928, 184 p.

[4] Voir Anne Dulphy, Christine Manigand, « Entretien avec Jacques-René Rabier », Histoire@Politique. Politique, culture, société, N°7, janvier-avril 2009.

[7] Marc Paillet, Gauche année zéro, Paris, Gallimard, 1964.

Anne Dulphy

Ancienne élève de l'ENS Sèvres-Ulm, agrégée et docteur en histoire, Anne Dulphy est maître de conférences à l'Ecole polytechnique et chercheur rattaché au Centre d'histoire de Sciences Po. Ses travaux portent sur les interactions entre questions internationales, politique intérieure et société. Elle s'intéresse plus spécifiquement à la politique extérieure de la France, en particulier ses relations avec l'Espagne et le bassin méditerranéen, et sa position face à l'Europe communautaire. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont La politique de la France à l’égard de l’Espagne de 1945 à 1955 (Paris, ministère des Affaires étrangères, coll. « Diplomatie et histoire », 2002) et, en codirection avec Yves Léonard, De la dictature à la démocratie : voies ibériques (Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2004). Avec Christine Manigand, elle a codirigé Les opinions publiques face à l'Europe communautaire (Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2004) et publié La France au risque de l'Europe (Paris, Armand Colin, 2007). Elle vient de publier un Dictionnaire critique de l'Union européenne chez Armand Colin (en codirection avec Christine Manigand, Yves Bertoncini, Thierry Chopin et Sylvain Kahn).

Christine Manigand

Christine Manigand est professeur en histoire contemporaine à l'université de Poitiers et chercheur rattaché au Centre d'histoire de Sciences Po. Ses recherches portent sur l'interface entre l'histoire politique française, l'aventure européenne et les relations internationales. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont Les Français au service de la Société des Nations (Berne, Peter Lang SA, 2003) et, en codirection avec Elisabeth du Réau, Vers la réunification de l'Europe. Apports et limites du processus d'Helsinki de 1975 à nos jours (Paris, L'Harmattan, 2005). Avec Anne Dulphy, elle a codirigé Les opinions publiques face à l'Europe communautaire (Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2004) et publié La France au risque de l'Europe (Paris, Armand Colin, 2007). Elle vient de publier un Dictionnaire critique de l'Union européenne chez Armand Colin, en codirection avec Anne Dulphy, Yves Bertoncini, Thierry Chopin et Sylvain Kahn.


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  • ISSN 1954-3670