Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

La France face au dollar

Coordination : Robert Boyce et Olivier Feiertag

Miss Dollar ou quand la culture populaire investit le champ monétaire

Clotilde Druelle-Korn
Résumé :

L’article se propose de montrer comment dans la France du début du siècle et de l’entre-deux-guerres la culture populaire (...)

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Paris, décembre 1893, les colonnes Morris annoncent à grand renfort d’affiches la première de Miss Dollar, opérette de Charles Clairville et d’A. Vallin sur une musique d’André Messager (1853-1925), chef d’orchestre et compositeur célèbre. Un ballet aérien, La Fête de l’Argent, accompagne ce spectacle en trois actes. La Belle Époque bruisse de ces dollars mis en musique. En 1911, La Course aux dollars est donnée au Châtelet, tandis que les gazettes vantent la nouvelle production Princesse Dollar présentée au théâtre de La Scala à Paris. Pas moins de six librettistes, dont pour la France le fameux Willy, se sont retrouvés autour de la partition du compositeur autrichien Leo Fall (1873-1925). Présentée à Vienne en 1907, l’opérette est adaptée pour le public anglais et américain en 1909 avant d’être produite en France. La critique ne tarit pas d’éloges sur le spectacle qui, à l’instar de La Veuve Joyeuse, remporte un succès qualifié de mondial et s’accompagne d’une réputation jugée universelle : « Mélange de gaîté et de sentimentalité, qui va presque jusqu’à faire couler les larmes, plus que d’opérette, c’est d’opéra-comique dont il s’agit, et parfois plus sérieux que comique. Le livret, une éternelle fille de milliardaire, fille de marchand américain de porcs ou de pétrole, qui ne conçoit le mariage que, si par son argent, elle mène son mari à la baguette [1] . » Le décor est planté, l’intrigue posée, les variations en seront nombreuses dans les productions culturelles populaires des décennies suivantes.

Une fois passée la grande époque de l’opérette, c’est au cinéma – d’abord muet – de prendre la relève sur un mode insouciant. Sur les écrans français, s’inscrivent les titres Miss Dollar (1918) et Un Mari pour un Dollar (1921), adaptation française du film de James Cruze The Lottery Man (1919). Quand la chanson et le roman populaire s’emparent du dollar, l’heure est moins heureuse. Ce sont les années 1920 et 1930. La puissance du dollar fait peur et elle se mêle à l’amour-propre blessé de la Nation puis à la désillusion née de la crise. Démiurge apparu dans la comédie Le Dieu Dollar de Jules Barbier et d’Alfred Assollant [2] en 1872, il prend des accents tragiques dans les paroles de Dollar chanson interprétée en 1932 par les duettistes Gilles et Julien [3] .

Affiche "Miss Dollar", © droits réservés

La culture populaire, celle qui a comme caractéristique d’être produite et appréciée par le plus grand nombre, s’est donc emparée du signe monétaire étatsunien. Incarnation des succès et des revers économiques américains, la représentation du dollar comme marque monétaire et emblème culturel circule et s’adapte aux publics des nations européennes sous des formes matérielles renouvelées dans le temps. Encore que ce projet ne manquerait pas d’intérêt, il ne s’agit pas ici de proposer aux lecteurs une approche fouillée des formes prises en France par le dollar dans la culture populaire [4] . Nous nous proposons de nous arrêter plus modestement sur deux productions romanesques relevées au cours d’un vagabondage curieux dans les catalogues de bibliothèques.

Sous les plumes de Camille Ferri-Pisani et de Marguerite Marie d’Armagnac sont publiés respectivement Sa Majesté le Dollar [5] (1929) et Dolly Dollar [6] (1937). Ces deux ouvrages ne relèvent pas de la catégorie de l’essai politique ou économique, ils ne recherchent pas un usage esthétique de la langue écrite, on peut les classer dans la catégorie du roman populaire et c’est en cela qu’ils retiennent notre attention. Leur étude offre à l’historien l’occasion d’analyser la manière dont certains faits économiques et monétaires sont transposés pour un public large, en particulier pour un public féminin ; de saisir comment les stéréotypes circulent ; d’appréhender quelles valeurs sont associées dans les imaginaires aux figures de l’argent, en l’espèce au dollar.

Dollar et romans populaires de l’entre-deux-guerres

Comme l’illustre la succession des titres d’opérettes popularisant la forme opéra et celle des films et des chansons cités en introduction, le passage du XIXe au XXe siècle est marqué par l’émergence d’une culture de masse en Europe et en Amérique. Sans entrer dans les débats historiographiques, on rappelle qu’elle est rendue possible par la mise en œuvre de l’instruction universelle, l’existence d’une presse de masse, à la fois libre et diversifiée, touchant un public très large et des lecteurs plus spécialisés comme les femmes et les enfants. Il convient d’ajouter à ce tableau l’organisation d’une industrie culturelle englobant le théâtre, le café-concert, le music-hall, le cirque, les parcs d’attraction [7] . Bref, la culture de masse touche la quasi-totalité des habitants du pays où elle s’installe.

Dans ce cadre, les fictions imprimées de large diffusion et de grande consommation tiennent une part importante. Celles-ci ne sont pas reconnues par les instances de légitimation, du moins au moment de leur création. Elles se présentent sous l’aspect de récits fictionnels faisant une large place aux délices de l’histoire et à la fièvre du récit comme le souligne Jacques Migozzi [8] . Stéréotypes et clichés se retrouvent à foison dans ces productions romanesques dont le but est à la fois de divertir, d’édifier et d’instruire. Dans les contextes économiques et monétaires troublés des années 1920 et 1930, les deux ouvrages de littérature populaire considérés ci-après répondent à ces buts.

1929, Sa Majesté le Dollar

C’est en janvier 1929 que le roman de Camille Ferri-Pisani, Sa Majesté le Dollar, paraît aux Éditions de France. Cette maison est dirigée par le journaliste, écrivain et homme politique Horace de Carbuccia [9] . Le catalogue en est éclectique, majoritairement orienté vers l’exotisme et l’aventure. On y trouve par exemple les titres des prolifiques romanciers de la mer que sont Paul Chack (1876-1945) et Maurice Larrouy (1882-1939), ou encore ceux de William Somerset Maugham (1874-1965). L’auteur de Sa Majesté le Dollar porte un nom connu, sinon illustre, d’une famille de la noblesse d’Empire. L’homme de lettres Camille Ferri-Pisani, né en 1885, est le fils de Camille Ferri-Pisani (1819-1893), aide de camp du Prince Napoléon lors de son séjour aux États-Unis au début de la guerre de Sécession. De ce voyage le père a laissé des souvenirs souvent cités.

Camille Ferri-Pisani fils débute une carrière littéraire dès les années 1905, il enchaîne des romans aux titres suggestifs – Le Cœur disséqué (1905), Les Pervertis (1905) – et des ouvrages sur le cinéma américain, soit au total plus d’une trentaine de titres et de rééditions. Les intitulés des ouvrages publiés dans l’entre-deux-guerres suggèrent qu’il tire profit d’un genre littéraire alors en vogue porté par les écrivains reporters. Dans le cas présent, on n’est guère convaincu de certains des voyages de Camille Ferri-Pisani, ni qu’il ait fréquenté les chercheurs d’or et les Pygmées du Congo auprès desquels il se décrit en 1940. Il paraît certain en revanche que notre auteur connaît les États-Unis ; cependant le récit qu’il livre à la fin des années 1920 dans Sa Majesté le Dollar tient plus de la fiction romanesque agrémentée d’éléments factuels que de l’enquête romancée.

L’argument est celui d’un voyage initiatique aux États-Unis dans lequel l’écrivain narrateur se met en scène au long de quinze chapitres et de 272 pages. Il se soumet, ou est soumis par les circonstances, à une série de rencontres et d’expériences qui sont autant de révélations sur la démocratie américaine et son système économique. Le thème de l’argent et du dollar vient en premier au travers d’une série de visites rendues successivement : à un banquier ; au philanthrope et misanthrope John Davidson Rockfeller ; à un compatriote français qui, ruiné, devient crieur bénévole à la bourse de New York ; à un financier joueur et spéculateur ; enfin à Reed Smoot, le sénateur mormon de l’Utah et président bien réel de la Commission sénatoriale des Finances américaine. Dans un deuxième temps, c’est un tableau des catégories sociales et des formes de discrimination qui est donné à lire au travers de portraits. James Smith, le maçon syndiqué, acculé, est contraint de se vendre comme esclave sur la place publique. Tout oppose ce dernier à une famille de l’aristocratie des « Quatre Cents », ce qui permet à l’auteur de souligner l’importance du Social Registry américain. Par contraste avec ces « Peaux Blanches », l’auteur offre aux lecteurs des chapitres sur les discriminations auxquelles les « Peaux Rouges » et les « Peaux Noires » sont implacablement soumises. Enfin, dans une troisième série de tableaux, il est question de la relation qu’entretiendraient les femmes américaines à l’amour, ce uniquement au travers du dollar. Le protagoniste narre une scène amoureuse dans laquelle il se trouve brutalement éconduit. La sonnette, actionnée par le facteur porteur d’une pension alimentaire, met fin aux baisers fougueux d’une jeune femme séparée d’un époux présenté comme impuissant, mais auquel elle estime devoir être fidèle pour autant que sa pension soit ponctuellement versée. Le puritanisme de la femme américaine est ainsi présenté comme une fausse vertu. Avant de repartir pour l’Europe, le héros est recruté en qualité de secrétaire particulier par une riche Messaline américaine, « polyandre » soupçonnée d’être atteinte quant à elle de cette impuissance de la femme qu’est la frigidité.

Dans une conclusion ambivalente, Camille Ferri-Pisani rappelle que les États-Unis sont cependant « sortis de la grande secousse avec un prestige qui leur permettrait de donner des ordres aux cinq parties du monde (…) ; nos francs sont si pauvres aujourd’hui auprès de leur dollar ! Ce flambeau n’est peut-être pas toujours celui de la liberté, mais néanmoins, c’est vers sa lumière que l’humanité de 1929 tourne les yeux ». Intuition erronée s’il en est.

1937, Dolly Dollar

Dolly Dollar, 1937. Couverture du seul exemplaire conservé à la Bibliothèqe nationale de France, © droits réservés.

La Grande Dépression est installée lorsque Marguerite Marie d’Armagnac (1887-1946) publie, le 10 novembre 1937, le volume Dolly Dollar. Il s’agit du numéro 424 de « Stella », collection à succès des Éditions du Petit Écho de la Mode. De 1919 à 1950, six cents romans « Stella » paraissent au rythme de un à deux volumes de 160 pages chaque mois. À la suite du Petit Écho, d’autres magazines se sont lancés dans ce type de romans pour la famille et les jeunes filles, affichant selon les collections la volonté de transmettre des valeurs chrétiennes ou manifestant au contraire leur caractère laïque. La large diffusion de ces romans à la langue soignée est assurée par le développement des journaux de mode et des périodiques familiaux. Les prix de ces journaux et volumes mensuels sont modérés. Celui de « Stella » coûte 1,50 francs en 1920 ce qui lui permet d’atteindre le lectorat féminin des couches moyennes. Le Petit Écho de la Mode est lu par des couturières, modistes, corsetières, brodeuses. Au-delà de ces artisanes, il passe aussi entre les mains des nombreuses mères de famille qui font elles-mêmes leurs vêtements et ceux de leurs enfants [10] .

Dans son étude de référence sur les romancières dans la littérature de masse du premier XXe siècle, Ellen Constans ne s’attarde pas sur notre auteure car elle est d’une certaine façon atypique. En effet, Marguerite Marie d’Armagnac signe sous son nom, ce qui est rare chez ces « ouvrières des lettres », et ses écrits ne sont pas cantonnés à la seule littérature populaire [11] . Parmi la petite trentaine de titres recensés dans les catalogues de la Bibliothèque nationale de France, se côtoient des romans sentimentaux, des récits historiques et des ouvrages de spiritualité. Toujours en cette année 1937, elle publie un remarqué Huysmans ou les frontières du Chrétien aux Éditions de la Bonne Presse à Paris.

L’argument du roman est de facture classique. Lizzy, surnommée « Dolly » par les siens, est la jeune fille d’un riche métallurgiste américain, Patrice Maconnor. Moderne mais dépensière, elle inquiète son père et sa gouvernante par ses prodigalités. Sur les conseils de son secrétaire particulier – un Français –, l’homme d’affaires se décide à envoyer Lizzy en séjour en France. Commence alors le récit des épreuves initiatiques que traverse la jeune femme. Sur le transatlantique, elle est surnommée « Dolly Dollar ». Elle mène grand train et se retrouve à emprunter de l’argent à Yves Le Guirec, professeur agrégé à la Sorbonne. Lizzy le connaît pour avoir suivi ses cours de français à New York. Il lui prête une grande fraîcheur d’âme, mais il désapprouve son comportement. Arrivée à Paris, Dolly se retrouve dotée d’une modeste pension et doit vivre dans une famille française en respectant une discipline stricte.

Imaginant alors que c’est en raison d’une faillite imminente que son père l’a éloignée de New York, Lizzy se décide à gagner sa vie. Pour payer ses dettes, elle accepte de subir de petites humiliations. Lors d’un voyage à Domrémy, elle rencontre le riche Américain Ralph Putiphar, venu acheter la « basilique » qu’il veut installer dans le jardin de sa maison de Chicago. Désappointé d’apprendre que Jeanne d’Arc est née dans une modeste maison, que de ce fait il ne veut pas s’offrir, il repart non sans avoir proposé à Lizzy de devenir la secrétaire d’Ophélia Putiphar, sœur revêche du roi du porcelet. Plus tard, la sachant dans l’embarras financier, Ralph lui propose de l’épouser, ce qu’elle accepte avec joie avant de se ressaisir après quelques semaines. Le différend entre les futurs conjoints est de plus en plus visible, il n’aime que les choses matérielles alors qu’elle s’éprend de poésie. Assuré par sa fiancée qu’il ne pourra pas la rendre heureuse avec ses « beaux Double-Aigles », c’est-à-dire ses dollars, Putiphar rompt et lui rend sa liberté. Au terme d’un voyage qui la mène dans le Béarn et à Lourdes, la jeune fille retrouve le professeur Yves Le Guirec. La transformation de « Dolly Dollar » en Dolly Maconnor est achevée lorsqu’elle épouse le professeur aux modestes ressources.

Figures du dollar, de quoi le dollar est-il l’incarnation ?

Nombreux sont les essayistes, hommes politiques, journalistes, écrivains reconnus [12] qui ont donné à lire leurs analyses nées de l’apparent désengagement des États-Unis à l’égard de la sécurité en Europe – singulièrement de celle de la France –, qui ont cherché à témoigner de l’impérialisme économique américain rythmé par l’évolution du rapport de change entre le dollar et le franc, et qui de manière générale, ont voulu rendre compte d’une profonde crise de valeurs. On en trouve une analyse nourrie dans un chapitre que Philippe Roger a intitulé « Le parti pris des clercs » [13] . Les romans populaires ne figurent pas dans les corpus analysés et s’ils présentent des thèmes communs avec les écrits de l’antiaméricanisme français, ils n’en sont pas un simple décalque. Les contextes économiques et les événements sont au total rares dans les romans populaires, ils fournissent une sorte de contexte général. Le dollar n’est jamais envisagé pour lui-même en tant que monnaie, il est l’incarnation, au sens de la manifestation extérieure d’une notion abstraite, d’une absence de valeurs et d’aptitudes défaillantes.

Édifier sans s’appesantir sur les questions économiques

Les deux romans étudiés ont rencontré à leur époque un lectorat populaire c’est certain, nombreux sans aucun doute, mais sans qu’il soit possible de le quantifier précisément. La littérature de grande consommation a comme caractéristique de répondre à une commande éditoriale ou, tout au moins, de dépendre de directives [14] . On peut faire l’hypothèse que tant Camille Ferri-Pisani que Marguerite Marie d’Armagnac, auteurs jouissant d’une certaine réputation dans la période de l’entre-deux-guerres, ont été choisis ou ont vu leurs projets acceptés à dessein. Ne serait-ce que par les titres, les deux ouvrages se singularisent dans les catalogues [15] . Ils comportent tous les deux ce mot « dollar » qui hante à l’époque les « unes » des journaux. Ces parutions paraissent ainsi répondre à une double nécessité : se faire l’écho auprès d’un public spécifique d’un champ de forces économiques, politiques, culturelles présent dans l’actualité du temps et résumé par l’emploi du signe monétaire américain ; espérer un succès des ventes auprès d’un lectorat populaire et majoritairement féminin.

Sa Majesté le Dollar paraît en 1929, il est rédigé et publié au faîte de la prospérité. Très peu d’éléments historiques précis sont mobilisés dans cette fiction d’enquête. Dans les premières pages une seule mention rapide rappelle le sacrifice des boys américains pendant la Grande Guerre. La question du change favorable aux Américains est évoquée précisément à deux reprises, dans le premier chapitre puis dans la phrase de conclusion citée supra. Le banquier, rencontré par le héros narrateur au début des aventures, rappelle à son interlocuteur qu’il a vu de ses propres yeux des touristes américains malmenés sur les grands boulevards parisiens. Il ne s’agissait pas de riches millionnaires mais de touristes prodigues qui avaient hypothéqué leurs salaires pour venir à Paris en raison du change favorable. Le procédé fictionnel choisi par Camille Ferri-Pisani lui permet de placer dans le discours du banquier ce qui apparaît comme ses propres critiques à l’égard de la France. À savoir : la mise en cause des méthodes archaïques de l’administration française présentée comme pléthorique, les salaires médiocres de l’administration et sa faible productivité, le nombre d’hommes sous les drapeaux et les interventions miliaires de la France au Maroc et en Syrie [16] . Il fait par ailleurs réciter au banquier la liste des grandes entreprises américaines venues s’installer sur le continent européen dans l’après-guerre, et ce plus facilement en Allemagne que dans les pays latins dont la France. Le banquier propose ainsi de dénationaliser l’Europe pour en faire des États-Unis d’Europe. À lire Camille Ferri-Pisani, on le sent fasciné par la facilité avec laquelle l’homme de la rue américain est en mesure de spéculer personnellement à la bourse. Il dispense d’ailleurs des informations pertinentes sur le fonctionnement et la psychologie de la bourse américaine. Sa Majesté le Dollar étale devant les yeux des lecteurs tant la palette des biens et des services que la monnaie américaine permet de s’offrir en Amérique, que les qualités qu’elle ne permet pas d’acheter. Pour s’enrichir la spéculation l’emporte sur le travail, ce dernier étant minoré par rapport au boursicotage.

En 1937, Marguerite Marie d’Armagnac ne dit rien des événements politiques et sociaux traversés par la France ; il n’y a aucune mention de la Grande Guerre, ni des relations difficiles entre les États-Unis et la France. Cette dernière est présentée hors du temps. En revanche, certains éléments de la situation américaine sont évoqués à grands traits : crise et paniques à Wall Street, banques qui ferment, usines qui licencient. Cependant, de tout cela, la jeune héroïne ne perçoit que les fêtes données à l’occasion des dîners de ruine qu’offre son entourage pour enterrer dame Fortune avant de partir à la reconquête des dollars. Au total, c’est à la question de la valeur que le roman consacre de longs passages.

Le dollar, symbole de la perte des valeurs

Tant Sa Majesté le Dollar que Dolly Dollar placent dans la monnaie américaine un signe culturel capable de détourner de la signification même de la valeur. À leur manière, ces romanciers s’intéressent aux transformations psychologiques que l’argent produit dans la psyché des individus. Ils ne sont pas éloignés de certaines des analyses formulées par Georg Simmel dans Philosophie de l’Argent [17] . De par leur enrichissement rapide et spectaculaire, les Américains, dont la vie paraît se définir par une quantité de signes monétaires, perdent avec le sens de la valeur, les valeurs elles-mêmes. La délicate question de la valeur, dans les domaines de l’économie et de la monnaie, contamine immédiatement les sphères intellectuelles et morales.

L’absence ou la perte, de valeurs intellectuelles, spirituelles, artistiques est une remise en cause du caractère civilisé. C’est dans le rapport à l’argent que se définit la civilisation. Camille Ferri-Pisani insiste sur le rapport différent à l’argent des deux peuples : les Français épargnent, les Américains dépensent : 

« La langue américaine, Monsieur, ne possède aucun mot pour exprimer l’économie ! Tant il est vrai que l’action de thésauriser nous apparaît comme quelque chose d’anormal et de monstrueux ! To Save Money (sauver de l’argent est notre seule expression à peu près) [18] . Elle en dit long sur l’effort que coûte à la race yankee le simple geste de déposer 5 dollars à la Banque. L’Américain n’a jamais pratiqué la prévoyance. II meurt en travaillant, en luttant debout les pieds dans ses bottes [19] . »

Tout le propos de Marguerite Marie d’Armagnac dans Dolly Dollar est de conduire son héroïne sur le chemin de l’apprentissage de la valeur de l’argent et, ce faisant, d’acquérir les valeurs et les vertus de la civilisation chrétienne. Dans la scène décisive du roman, Ralph Putiphar s’exclame :

« (…) Ne suis-je pas un homme arrivé, un homme heureux, et cependant je ne m’encombre d’aucun idéal, ni sentimental, ni intellectuel, ni religieux (…). Ici-bas, elle n’est pas aussi basse que cela la terre, ni si chétive, et elle détient à sa surface bien des joies, mais la meilleure, celle qui prime sur toutes les autres, c’est de gagner de l’argent. Le reste est songe, fumée, l’argent se touche, se palpe, s’échange. (…) Monnaie de singe, les beaux dollars, réplique Lizzy. Ralph ne riait plus. À son tour, il se sentait blessé dans son culte pour le veau d’or et plus profondément envers l’homme qu’il était devenu, l’homme puissant, considéré, redouté, qui valait disait-on deux milliards de dollars [20] . »

Dollar et aptitudes sexuelles

Si Lizzy Maconnor est en quelque sorte sauvée avec comme garantie qu’elle s’installe auprès de son mari en France, les auteurs n’ignorent pas que leurs contemporains et leurs contemporaines, ne peuvent pas être tous et toutes aussi insensibles que leurs héros et héroïnes, aux plaisirs et facilités que procurent les dollars : appartements luxueux, belles robes, fourrures, puissantes autos, voyages, etc. Aussi un autre argument est déployé, celui de l’incompatibilité entre les dollars et l’aptitude sexuelle. L’affirmation fait coup double. C’est, d’une part, une mise en garde susceptible de suggestionner une partie du lectorat et de s’imposer dans un certain nombre d’esprits ; d’autre part, il permet d’offrir à ceux et celles qui sont dépourvus de ces précieux dollars une forme virtuelle de consolation et de fierté salutaire dans les temps difficiles.

L’affirmation de l’impuissance du riche américain ou de la riche américaine est très explicite dans Sa Majesté le Dollar, narrée de façon presque grivoise à plusieurs reprises. Nous avons déjà évoqué la scène du facteur, celle de la Messaline. Le roman est par ailleurs parsemé de propos suggérant que la femme américaine présente une menace pour la virilité des hommes. Dans le chapitre conclusif, Camille Ferri-Pisani évoque le féminisme américain qui dans son propos renvoie à un temps qui a précédé la civilisation et qui « n’est qu’un retour à ce matriarcat primitif qui donnait à la femme le commandement de la tribu en ces temps hyperborés ou les hommes étaient conduits au combat par les Walkyries, instruits par les Pythies, châtiés par les Druidesses [21] . » Quant à Marguerite Marie d’Armagnac, elle glisse un subtil élément de mise en garde, tout à fait reconnaissable par le lectorat féminin et chrétien auquel la collection « Stella » s’adresse. Le riche marchand de porcelets proposant le mariage à Dolly Dollar est nommé « Putiphar ». On ne peut s’empêcher de rapprocher ce patronyme du personnage de la Bible, présenté comme un eunuque de Pharaon [22] . On se doute que la fine lettrée n’a pas choisi ce patronyme par hasard alors qu’elle prend soin d’attribuer un nom à consonance irlandaise au père de Lizzy Maconnor, permettant ainsi à la jeune fille d’embrasser sans débat le catholicisme.

Conclusion

En évoquant le dollar, unité monétaire étatsunienne, c’est à un symbole au plein sens du terme que l’on est confronté, avec ses dimensions religieuses et psychanalytiques. Il n’est donc pas étonnant que la littérature populaire, comme d’ailleurs l’ensemble des productions culturelles depuis le dernier tiers du XIXe siècle, s’en soient emparées et l’aient décliné sous toutes les formes.

Camille Ferri-Pisani et Marguerite Marie d’Armagnac écrivaient pour divertir, éduquer, moraliser, en utilisant, comme leurs compagnes et compagnons de la littérature sérielle et populaire, des archétypes et des clichés. Leurs productions véhiculaient des stéréotypes au sens de représentations partagées (vraies ou fausses) déterminant pour partie une perception du monde et des comportements adoptés à l’égard d’autrui [23] . Sur un mode à la fois grave et léger, Sa Majesté le Dollar et Dolly Dollar effleuraient et mettaient à distance les fatalités économiques de la période de l’entre-deux-guerres pour se concentrer sur la question des valeurs. Au travers de l’emploi du mot « dollar », ils offraient à un lectorat populaire la déclinaison de la grande question de la civilisation qui taraude sans fin les peuples européens.

Annexes

Jean Villard (Montreux - Suisse- 1895-Lausanne 1982) et Arman Maistre (né en 1903 à Toulon), duettistes, anciens élèves de Jacques Copeau, connus sous le nom de scène de « Gilles et Julien », © Droits réservés.

« DOLLAR »

Paroles et musique de Jean Villard (Gilles)
Interprètes : Gilles et Julien – 1932 
Source :
http://centenaire.parti-socialiste.fr/article.php3%3Fid_article=327.html
Pour écouter 

 

De l'autre côté de l'Atlantique dans la fabuleuse Amérique

Brillait d'un éclat fantastique le Dollar

Y faisait rêver les gueux en loques

Les marchands de soupe et les loufoques

Dont le cerveau bat la breloque l'Dollar

Et par milliers d'la vieille Europe

Quittant sa ferme et son échoppe

Ou des bas quartiers interlopes on part

Ayant vendu jusqu'à sa chemise

Pour voir le dieu dans son église

Le dieu Dollar.

Et déjà dans la brume du matin blafard

Ce soleil qui s'allume c'est un gros Dollar

Il éclaire le monde de son feu criard

Et les hommes à la ronde l'adorent sans retard.

On ne perd pas l'nord vous pensez

Juste le temps de s'élancer - de s'installer d'ensemencer

Ça part ! - on joue, on gagne, on perd, on triche

Pétrol' chausett's, terrains en friche

Tout s'achèt', tout s'vend, on devient riche, - Dollar !

On met les vieux pneus en conserve - et même,

Grand succès d'avant guerre - on fait d'l'alcool

Avec d'la m…. - Dollar !

Jusqu'au Bon Dieu qu'on mobilise - et qu'on débit'

Dans chaque église - aux enchères comme une marchandise

A coup d'Dollars !

Mais sur la ville ardente dans un ciel blafard

Cette figure démente c'est le dieu Dollar

Pas besoin de réclame pas besoin d'efforts

Il gagne toutes les âmes parce qu'il est en or.

Auto, phonos, radio, machin's

Trucs chimiques pour fair' la cuisine

Chaque maison

Est une usine

Standard. A l'aub' dans une Ford de série,

On va vendr' son épicerie

Et l'soir on retrouv' sa chérie.

Standard.

Alors on fait tourner les disques

On s'abrutit sans danger puisque

On est assuré contre tous risqu 's

Veinard !

La vie qui tourn' comme une roue vous éclabousse et vous secoue

Il aim' vous rouler dans la boue

Le dieu Dollar.

Quand la nuit sur la ville

Pose son manteau noir

Dans le ciel immobile

Veill' le dieu Dollar.

Il hante tous les rêves

Des fous d'ici bas

Et quand le jour se lève

Il est encor' là !

On d'vient marteau. Dans leur folie

Les hommes n'ont plus qu'une seule envie

Un suprême désir dans sa vie

De l'or

S'ils s'écoutaient, par tout le monde

On en sèmerait à la ronde

Au fond de la terre profonde

Encor' !

On en nourrirait sans relâche

Les chèvr 's, les brebis et les vaches

Afin qu'au lieu de lait elles crachent

De l'or !

De l'or partout, de l'or liquide

De l'or en gaz, de l'or solide

Plein les cerveaux et plein les bides

Encor' ! encor' !

Mais sous un ciel de cendre vous verrez un soir

Le dieu Dollar descendre du haut d'son perchoir

Et devant leurs machines sans comprendre encore

L'homme crever de famine sous des montagnes d'or

Pour citer cet article : Clotilde Druelle-Korn, « Miss Dollar ou quand la culture populaire investit le champ monétaire », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 19, janvier-avril 2013 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Le Monde artistique illustré, n° 52, samedi 30 décembre 1911.

[2] Auteur de nombreux romans pour la jeunesse, le très républicain Alfred Assollant (1827-1886) s’était exilé aux États-Unis avant d’en revenir, déçu, en 1858.

[3] Dollar, paroles de Jean Villard dit Gilles. Sur la manière dont le music-hall français a décliné en chansons le thème de l’argent, on se reportera avec bonheur à l’anthologie sonore L’Argent, 36 titres de valeur (1922-1947), Ref FA174, coffret de 2 CD édité par le label Frémeaux & Associés. Voir les paroles à la fin de l’article.

[4] Je remercie pour ses orientations bibliographiques et nos discussions stimulantes Irène Langlet, professeure de littérature contemporaine à l’université de Limoges. Je signale aux historiens économistes le numéro 14-2001 de la revue La Voix du Regard, intitulé « De l’économie à l’œuvre ». Cette livraison explore à quelles conditions et avec quel profit on peut aborder une analyse esthétique des représentations de l’économie. Accès intégral en ligne : http://www.voixduregard.org/economie.htm [site consulté le 16 octobre 2012].

[5] Camille Ferri-Pisani, Sa Majesté le Dollar, Paris, Éditions de France, 1929.

[6] Marguerite Marie d’Armagnac, Dolly Dollar, Paris, Éditions du Petit Écho de la Mode, coll. « Stella », n° 424, 1937.

[7] Parmi les nombreux ouvrages sur l’essor des cultures populaires, voir Jean-Yves Mollier, Jean-François Sirinelli, François Vallotton, Culture de masse et culture médiatique en Europe et dans les Amériques, 1860-1940, Paris, PUF, 2006.

[8] Voir les différentes publications de Jacques Migozzi et en particulier Boulevards du Populaire, Limoges, PULIM, coll. « Mediatextes », 2005. Pour avoir un aperçu de l’histoire et de l’ampleur de ces fictions de grande consommation, consulter le portail de l’association internationale des chercheurs en littératures populaires et cultures médiatiques http://www.flsh.unilim.fr/lpcm/lassociation-lpcm-plmc/ (site consulté le 16 octobre 2012) et le site du musée virtuel réalisé dans le cadre du programme européen EPOP http://www.popular-roots.eu/ (site consulté le 16 octobre 2012).

[9] Horace de Carbuccia (1891-1975) a fondé en 1921 la Revue de France, revue politique et littéraire réputé. Il crée en 1923 les Éditions de France, puis lance avec un grand succès en 1928 l’hebdomadaire politique et littéraire Gringoire. Il devient député de la Corse de 1932 à 1936 sous l’étiquette de la Gauche radicale. Voir sa notice sur la base en ligne de l’Assemblée nationale http://www.assembleenationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=1435 (site consulté le 16 octobre 2012).

[10] Voir Ellen Constans, Ouvrières des Lettres, Limoges, PULIM, coll. « Mediatextes », 2007.

[11] Nous n’avons pas trouvé d’autres informations relatives à Marguerite Marie d’Armagnac.

[12] Parmi eux : Georges Duhamel et ses célèbres Scènes de la vie future, Paris, Mercure de France, 1930 ; les articles de Paul Morand sur les États-Unis publiés dans La Revue de Paris en 1928 par exemple « Adieu New York ! » 1er juin 1928, p. 481-506 ; les conférences sur l’Amérique de Luc Durtain, Quelques notes d’U.S.A : l’Amérique vue de Paris, Prohibition, Chez les Nègres, Universités, L’Amérique, L’individu et le couple, Paris, Imprimerie Aulard, 1928 ; ou encore Robert Aron et Renaud Dandieu, Le cancer américain, Paris, Éditions Rieder, 1931.

[13] Philippe Roger, L’Ennemi américain. Généalogie de l’antiaméricanisme américain, Paris, Éditions du Seuil, 2002. Voir aussi David Strauss, Menace in the West. The Rise of French Anti-Americanism in Modern Times, Wesport, Greenwood Press, 1978.

[14] Jacques Migozzi, Boulevards…, op. cit., p. 101.

[15] La liste des titres de la collection « Stella » est consultable sur le site http://fr.wikipedia.org/wiki/Stella_%28collection%29 (site consulté le 16 octobre 2012).

[16] Ces critiques sont très fréquentes dans l’après-guerre, voir par exemple celles d’Henri Fayol sur l’administration française dans L’incapacité industrielle de l’État, Paris, Dunod, 1921.

[17] La première édition date de 1900, voir la traduction française, Philosophie de l’Argent, Paris, PUF, 1977, ainsi que le petit volume L’Argent dans la culture moderne et autres essais sur l’économie de la vie, textes choisis par Alain Deneault, Presses de l’université de Laval, coll. « Pensée allemande et européenne », 2006.

[18] Ce qui est faux, voir l’expression fréquente to hoard money.

[19] Camille Ferri-Pisani, Sa Majesté…, op. cit., p. 12.

[20] Marguerite Marie d’Armagnac, Dolly Dollar, op. cit., p. 122.

[21] Camille Ferri-Pisani, op. cit.

[22] Genèse, 39. Par ailleurs le nom Putiphar signifierait aussi en égyptien ancien « celui qui donne le Dieu », point qui vient renforcer la pertinence du choix de ce nom.

[23] Voir Ruth Amossy, Anne Herschberg-Pierrot, Stéréotypes et clichés, Paris, Nathan Université, 1997.

Clotilde Druelle-Korn

Clotilde Druelle-Korn est maître de conférences en histoire contemporaine, économique et sociale à l’université de Limoges (EA 4270 CRIHAM - Centre de recherches interdisciplinaires en histoire, histoire de l’Art et musicologie). Ses centres d’intérêt et travaux portent sur l’étude comparée des institutions économiques et des organisations patronales en France, en Europe et aux États-Unis de la fin du XIXe siècle aux années 1970. Elle a récemment publié Les Corps intermédiaires économiques, entre l’État et le marché (Limoges, PULIM, 2011), ainsi que 150 ans d’avenir, la Chambre de commerce et d’industrie de Limoges et de la Haute-Vienne, (Clermont-Ferrand, en collaboration avec Pascal Plas).

Mots clefs : France, entre-deux-guerres, dollar, culture populaire, système de valeurs.

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  • ISSN 1954-3670