Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Jérôme Henning, Le radicalisme d’Édouard Herriot et la crise des institutions (1905-1954)

Ouvrages | 13.04.2021 | Jean-Étienne Dubois

Cet ouvrage est la publication de la thèse d’histoire constitutionnelle soutenue par Jérôme Henning en 2017. Cette thèse a obtenu en 2018 le prix spécial du Sénat ainsi que le prix Jean Bodin d’Aix-Marseille Université. Aujourd’hui professeur d’université en histoire du droit à l’Université Toulouse Capitole, Jérôme Henning a souhaité étudier, à travers le parcours d’Édouard Herriot, comment les pratiques politiques pouvaient faire dévier les normes constitutionnelles. Édouard Herriot s’impose, dès la fin des années 1900, comme une figure importante du parti radical de la rue de Valois – avant de s’y imposer comme la personnalité dominante à partir de 1919 –, devenu le centre de gravité politique de la Troisième République des années 1900 à 1940, puis de retrouver une influence notable sous la Quatrième République


Benjamin Stora, rapport sur « les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie »

Ouvrages | 13.04.2021 | Sylvie Thénault

Benjamin Stora publie chez Albin Michel le rapport remis au président de la République le 20 janvier 2021, disponible sur le site de l’Élysée. Emmanuel Macron a chargé l’historien d’une « réflexion » en vue d’une « réconciliation des peuples français et algériens » (p. 2 du rapport en ligne). Ce rapport a suscité un engouement médiatique tel qu’il a déjà été largement discuté. Benjamin Stora l’a même précisé et amendé, lors de ses interviews postérieurs à sa remise. Le choix fait ici est de se référer au texte originel, sans entrer dans les débats postérieurs – un compte rendu n’y suffirait pas.


Sandrine Kott, Organiser le monde. Une autre histoire de la guerre froide

Ouvrages | 30.03.2021 | Laurent Warlouzet

Une histoire transnationale, non militaire et à parts égales de la Guerre froide, voici le pari du nouveau livre de Sandrine Kott, professeure à l’Université de Genève.  Elle utilise pour cela l’angle des organisations internationales, sans privilégier le point de vue occidental, mais en insistant au contraire sur les circulations des savoirs et des individus entre l’Ouest, l’Est et le Sud. De vastes fonds d’archives, ceux de l’ONU, du Bureau international du travail (BIT), de l’UNESCO, de la Fédération syndicale mondiale d’obédience communiste, entre autres, ont été consultés, sans oublier quelques archives nationales comme celles de la Stasi. L’auteur s’appuie aussi sur ses travaux précédents concernant l’Allemagne puis le BIT.


Tommaso Milani, Hendrik de Man and Social Democracy: The Idea of Planning in Western Europe, 1914-1940

Ouvrages | 30.03.2021 | Mathieu Fulla

De la fin du XIXe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale, le Parti ouvrier belge (POB) joue un rôle de premier plan dans les débats économiques de la social-démocratie ouest-européenne. Personnifiée par la figure charismatique d’Émile Vandervelde (qui n’avait pas usurpé son surnom de « Patron »), cette organisation solidement enracinée dans les milieux syndicaux et coopérateurs compte environ 600 000 adhérents en 1931, ce qui en fait le deuxième parti de l’Internationale ouvrière et socialiste (refondée en 1923) derrière le Parti social-démocrate allemand (SPD) alors en crise. Dans un contexte difficile, marqué par la concurrence des idéologies fasciste et communiste et le chômage de masse provoqué par la Grande Dépression, une nouvelle génération de militants et d’experts socialistes belges plaide, autour d’Henri de Man, pour une refonte de l’approche économique et de la stratégie politique de leur parti. Un concept leur sert à la fois d’armature théorique et d’étendard de rassemblement : le plan.


Geneviève Dreyfus-Armand, Septfonds, 1939-1944. Dans l’archipel des camps français

Ouvrages | 30.03.2021 | Marie-Christine Volovitch-Tavares

Le camp de Septfonds (Tarn-et-Garonne) est l’un des nombreux camps en France où furent internés, à partir des premiers mois de 1939, des milliers de Républicains espagnols et des étrangers qui avaient combattu à leurs côtés pendant la guerre d’Espagne, après leur défaite devant les troupes franquistes et leur repli en France. La recherche de Geneviève Dreyfus-Armand sur l’histoire de ce camp, de mars 1939 à l’été 1944, a l’intérêt de présenter l’histoire particulière de ce camp en le situant dans un plus large contexte historique qui lui donne son sens, tout en restituant la profonde dimension humaine de cette histoire. Elle le fait en présentant, à chacune des étapes de l’évolution du camp, un très grand nombre de parcours individuels et collectifs, d’hommes, mais aussi de femmes et parfois d’enfants, qui passèrent à Septfonds. Un des principaux atouts de ce travail historique est d’associer l’analyse locale très précise à l’ouverture au contexte historique le plus large, avec à chaque fois, le contrepoids de témoignages et de textes, qui permettent de comprendre cette histoire dans tous les sens du terme. 


Alya Aglan, La France inverse. La guerre de Vichy 1940-1945

Ouvrages | 09.03.2021 | Raphaël Spina

Alya Aglan offre ici la synthèse la plus à jour sur la France dans la guerre, Empire colonial inclus, de la défaite de mai-juin 1940 à la victoire de mai 1945.

Comme son titre l’indique, l’ouvrage prend pour fil conducteur la notion d’inversion – celle du sens des mots, des légitimités, des situations. En particulier, après la défaite, la définition de l’ami et de l’ennemi se brouille, fluctue, s’inverse : la guerre étrangère débouche sur un risque de guerre civile ; le discours d’union et de désunion fait des va-et-vient entre la France et l’Empire de Pétain et ceux de De Gaulle. Le sous-titre, La guerre de Vichy 1940-1945, est curieusement inexact : Vichy disparaît dès l’été 1944, et le livre aborde de manière tout aussi fouillée l’histoire intérieure du collaborationnisme, de la Résistance et de la France Libre, ou encore celle des polices nazies et du commandement militaire allemand en France. Il présente également l’épuration et les réformes de la Libération. Évitant le franco-centrisme, l’ouvrage replace son sujet dans la dimension coloniale, européenne et planétaire du conflit. 


Mathieu Fulla, Marc Lazar (eds.), European Socialists and the State in the Twentieth and Twenty-First Centuries

Ouvrages | 09.02.2021 | Philip Nord

It is a commonplace in American political discourse that socialists are statists, zealous to resolve society’s ills through the intervention of activist government. To a nineteenth-century European labor militant, however, this might come as a surprise. The state, as he saw it, was not there to lend a helping hand but to repress, and the gendarme and military man, not the social worker, were its emblematic agents. Late twentieth century Third Way socialists on the model of Tony Blair might also protest. Yes, they would acknowledge, the state has a role to play in making for a better world, but so too does the market. The modern socialist from this point of view understands the state as one useful instrument among many and for a certainty does not worship at the altar of state power. So, the relationship between socialism and the state is not a simple one and for sure not as simple as stereotyped thinking would have it. 


Craig L. Symonds, Histoire navale de la Seconde Guerre mondiale

Ouvrages | 02.02.2021 | Thomas Vaisset

Craig L. Symonds, ancien professeur d’histoire à l’US Naval War College, livre une somme de près de 1 000 pages consacrée aux aspects navals de la Seconde Guerre mondiale. À la différence de ses devanciers bien connus en France, tels Stephen Roskill ou Samuel Eliot Morisson, qui se concentraient sur l’histoire de la Royal Navy ou de l’US Navy, il embrasse ici la totalité du conflit pour démontrer l’influence décisive des facteurs maritimes dans la victoire finale des Alliés. Pour cela, l’auteur propose une histoire globale de la Seconde Guerre mondiale sur mer qui souligne les connexions et les interdépendances entre des théâtres d’opérations dispersés à des milliers de kilomètres les uns des autres. 


Autour du congrès de Tours

Ouvrages | 26.01.2021 | Rachel Mazuy

Le centenaire du congrès de Tours a vu la parution de plusieurs publications. Il peut paraître paradoxal de rédiger un compte rendu d'un catalogue d'une exposition (prévue initialement du 1er octobre 2020 au 31 janvier 2021 au musée de l'Histoire vivante de Montreuil) que la pandémie de Covid a obligé à fermer ses portes au bout d'un mois. L'année 2020, année de commémoration du centenaire du congrès de Tours, aurait dû être ponctuée par plusieurs expositions comme celle de Montreuil, dont certaines vont rester virtuelles.


Ève Fouilleux, Laura Michel (dir.), Quand l’alimentation se fait politique(s)

Ouvrages | 26.01.2021 | Alain Chatriot

La pandémie mondiale a rappelé en 2020 combien l’approvisionnement alimentaire restait une question politique importante à différentes échelles. Se produisant après d’autres crises sanitaires, dans le cadre d’une crise environnementale globale et dans un moment d’interrogation sur le rapport aux animaux, agriculture et alimentation semblent redevenir des questions mises à l’agenda politique. L’ouvrage collectif dirigé par Ève Fouilleux et Laura Michel en mobilisant des recherches en sciences politiques et en sociologie en donne une précieuse illustration présentant différents aspects du « système alimentaire agro-industriel ».


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  • ISSN 1954-3670