Histoire@Politique : Politique, culture et société

Pistes & débats

Militaires et opinion publique en France et en Russie, 1870-1914. Le prisme des « affaires » militaires. Vers une histoire transnationale des cultures militaires européennes

Arndt Weinrich
Résumé :

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, de nombreux scandales militaires contribuent partout en Europe à redéfinir les relations entre (...)

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Les institutions militaires européennes durent faire face, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, à de multiples défis : d’une part, il fallait gérer les problèmes techniques liés à l’expansion sans précédent de l’appareil militaire à la suite de l’application de plus en plus rigoureuse du service militaire obligatoire ; d’autre part, il était nécessaire de préparer la guerre future et la vitesse sans précédent du progrès technologique tendait à compliquer cette préparation sur tous les plans. Comme si cela ne suffisait pas, il fallait que ces adaptations soient opérées dans une période de profondes mutations politiques, sociales et culturelles qui semblaient menacer l’ordre et la discipline au sein de l’armée. Nombreux étaient alors ceux qui pensaient, comme le général du Barail, ministre de la Guerre en 1873-1874, que « l’esprit républicain et l’esprit militaire [étaient] deux états d’âme contradictoires et incompatibles[1] », pensée qui trouva son illustration la plus éclatante dans les lois du 27 juillet 1872 et du 30 novembre 1875, qui enlevaient aux militaires d’active , tout d’abord, le droit de vote, puis le droit d’être élus. Celles-ci correspondaient exactement à la volonté de l’establishment militaire d’immuniser l’armée contre toute politisation susceptible de mettre en danger sa cohésion et son efficacité : ainsi, en excluant l’armée de la vie politique de la nation, on comptait consacrer son statut particulier et se prémunir contre toute ingérence de la part du pouvoir civil[2]. Si la question du droit de vote des militaires se posait en d’autres termes en Allemagne ou à une autre période en Russie[3], pour ne prendre que ces deux exemples, on ne peut douter que cette solution adoptée par la « République conservatrice » pouvait, dans les années 1870, faire consensus au sein des élites militaires à travers l’Europe.

Cependant, mettre l’armée à l’abri des passions de la vie politique se révéla rapidement une entreprise illusoire : pendant les décennies suivantes, la question du lien entre l’armée et la nation, entre les pouvoirs civil et militaire, législatif et exécutif, ne cessait d’évoluer partout en Europe, même si le rythme et la chronologie de cette évolution ne furent pas les mêmes dans tous les pays. En termes de « parlementarisation » des décisions essentielles concernant l’armée et la défense nationale, la Troisième République alla sans doute plus loin que l’Allemagne et, a fortiori, que l’Empire russe, mais il ne faut pas sous-estimer l’influence que le vote du budget militaire et le droit d’interpellation donnèrent au Reichstag et – plus tard et dans une moindre mesure – à la Douma[4]. Dans tous les pays cités, l’un des ferments les plus importants de la transformation de l’espace politique fut l’émergence d’une presse de masse et d’une opinion publique qui revendiquait de plus en plus clairement la publicité de tout débat concernant l’armée[5].

La question des multiples liens et interactions entre le monde militaire, les médias et l’opinion publique pendant cette période cruciale de l’histoire militaire européenne n’a jusqu’à ce jour pas retenu l’attention qu’elle mériterait[6]. Il y a certes une profusion d’ouvrages traitant des thématiques apparentées, comme par exemple la question de la presse pendant les guerres et les conflits des XIXe et XXe siècles. Mais des études, et a fortiori des études comparatives, mettant le monde militaire au centre de l’analyse pour comprendre comment évoluaient, sur le temps long, les représentations militaires de l’espace public et comment cette évolution changeait la manière dont les militaires investissaient l’espace médiatique, font encore défaut[7]. Pour le cas de la France, il a déjà été fort bien démontré qu’il ne faut en aucun cas concevoir le rapport entre l’opinion publique et le militaire de manière dichotomique, mais qu’il faut bien au contraire tenir compte du fait que les « murmures de la Grande Muette », selon la belle formule d’Olivier Forcade, trouvaient facilement leur relais dans la presse, faisant de l’armée et de certains officiers s’exprimant par voie de presse des acteurs à part entière du débat public[8]. Y avait-il là une spécificité française ou républicaine, à l’image de ce colonel fustigeant dans Le Temps l’esprit antirépublicain dans l’armée que le général André cite dans ses souvenirs[9], ou est-ce que ces « murmures », souvent discordants, trouvaient leurs équivalents dans d’autres armées européennes ? Dans la mesure où l’ouverture vis-à-vis de la presse et de l’opinion publique peut être considérée comme révélatrice d’un courant réformateur et d’une nouvelle conception du rapport entre l’armée et la nation au sein du corps des officiers, l’enjeu de cette question est de taille et permet de mieux cerner d’éventuelles convergences dans les cultures militaires européennes à la veille de la guerre de 14-18.

Une des manières d’aborder cette question et de jeter un premier éclairage sur cette vaste thématique est de s’intéresser aux nombreux scandales et affaires militaires[10] qui ont tenu en haleine à la fois l’opinion publique et l’institution militaire ; ils cristallisent les rapports complexes entre militaires et médias au tournant du siècle dernier[11]. Dans ce contexte, il paraît particulièrement intéressant de s’essayer à une comparaison entre France et Russie, et cela pour plusieurs raisons : s’il paraît paradoxal de comparer ces deux pays, situés à l’opposé du spectre des systèmes politiques de l’époque, ce choix permet en réalité d’isoler des discours et des pratiques relatifs à l’opinion publique qui émergent de manière relativement indépendante du contexte politico-constitutionnel. Deuxièmement, ce protocole expérimental nous permet de sortir d’une vision « occidentaliste » et de faire un premier pas vers une histoire transnationale des cultures militaires européennes à la veille de la Grande Guerre. Troisièmement, l’alliance franco-russe a eu pour conséquence de nombreux transferts dans le domaine militaire et chacun a été attentif aux scandales militaires de l’autre pays, ce qui permet d’envisager l’histoire des affaires militaires des deux pays comme une histoire de la circulation des savoirs au sein de l’élite militaire franco-russe. Dans cet article, je voudrais démontrer l’intérêt de cette approche en m’intéressant à deux cas de figures emblématiques : les « affaires » Bazaine et Nebogatov d’une part ; les scandales que représentaient les transgressions militaires des normes de la société civile, d’autre part. Les excès de violence qui ne manquaient pas de survenir dans le cadre des nombreuses opérations de maintien de l’ordre étaient deux sous-catégories importantes de ces transgressions.

Le « scandale » de l’échec militaire. Les affaires Bazaine et Nebogatov

De prime abord, le fait de placer des défaites militaires dans la catégorie des « affaires » peut surprendre, mais il faut évidemment comprendre que ce n’est pas de la défaite en tant que telle dont il s’agit, mais de certaines conditions et causes de la défaite qui ont pu scandaliser l’opinion publique et déboucher sur une mise en cause publique d’acteurs militaires qui se voient accusés d’incompétence, de corruption, voire de trahison.

Pour l’armée et l’institution militaire, cette catégorie d’affaire était doublement sensible, d’abord parce qu’elle risquait à tout moment, et c’était particulièrement visible après les défaites françaises de 1870-1871 et russes de 1904-1905, de rejaillir sur l’armée entière, ajoutant l’opprobre public à l’humiliation militaire. Ensuite, parce qu’elle était susceptible d’exposer l’armée précisément sur le terrain où elle croyait avoir de leçons à ne recevoir de personne : celui de l’organisation de la guerre et de la conduite des opérations. Mais le problème a pu être plus complexe : la dénonciation publique de tel ou tel général ou la décision prise à tel ou tel échelon hiérarchique pouvaient aussi, a contrario, permettre de sauvegarder l’honneur collectif de l’armée ou l’honneur individuel d’officiers impliqués.

Se déroulant à trente ans d’écart, les procès du maréchal Bazaine, ce « drame national[12] » d’octobre-décembre 1873, et celui de l’amiral Nebogotov de novembre-décembre 1906 présentent un tel nombre de points communs et de dynamiques similaires qu’il paraît justifié d’en proposer une lecture comparative : tous les deux avaient à examiner des cas de capitulation somme toute assez similaires – la capitulation de l’armée du Rhin du 28 octobre 1870 face à l’armée prussienne d’une part, et celle de l’escadre russe au lendemain de la bataille de Tsushima face à la flotte japonaise d’autre part. Tous les deux ont focalisé pendant deux mois l’attention du public ; tous les deux étaient le résultat d’une pression importante exercée par l’opinion publique. Dans les deux cas, la peine maximale, la peine de mort, fut prononcée, verdict rapidement commué en peine de réclusion – vingt ans dans le cas de Bazaine et dix ans dans le cas de Nebogatov – mais aucun des deux ne purgea l’intégralité de la peine, le premier s’évada en 1874, le second fut gracié en 1909[13].

L’objectif ici n’est pas de retracer les multiples rebondissements de ces deux procès, mais d’analyser les relations médiatico-militaires. À cet égard, les deux procès semblent riches en enseignements. Prenons d’abord l’importance de la pression publique en faveur d’un procès : si la nécessité absolue d’un procès semblait bien admise au moment de l’ouverture en octobre 1873 et en novembre 1906 respectivement, elle était tout sauf évidente dans les mois qui suivirent la reddition de Metz et la capitulation de l’escadre russe. Concernant Bazaine, Léon Gambetta avait certes, dès le 30 novembre 1870, accusé ce dernier de trahison et d’ambitions politiques en vue de la restauration de l’Empire[14], mais ce jugement était alors loin de faire l’unanimité et il fallut une longue campagne de presse pour créer une atmosphère où la tenue d’un conseil de guerre, mais également la condamnation du maréchal semblaient inévitables[15]. En Russie, l’affaire aurait pu s’arrêter avec la décharge et le renvoi de Nebogatov et des officiers de son escadre de la marine impériale décrétés après les événements de mai 1905 par le Tsar. Sur toile de fond d’un débat public sur les origines et les causes de la débâcle, une simple liquidation de l’affaire par décret se révéla cependant impossible. L’opinion publique, emmenée en cela par de grands quotidiens tels Novoe Vremia (national-libéral), exigea que toute la lumière fût faite sur les multiples défaillances de l’armée russe et elle compta bien se servir du cas de Nebogatov et de celui, analogue, du général Stoessel, responsable de la reddition de Port-Arthur en décembre 1904, pour y parvenir[16].

Dans ce contexte, il faut se garder d’opposer de manière binaire une sphère civile qui utiliserait les médias et l’institution militaire qui resterait muette ; les affaires Nebogatov et Bazaine permettent au contraire de comprendre à quel point le contexte de la défaite militaire crée des conditions propices pour que les militaires investissent l’espace public et deviennent des acteurs à part entière de l’opinion publique. Car l’accentuation successive de la pression en faveur d’un conseil de guerre ne peut être comprise sans les prises de position publiques d’un certain nombre d’officiers qui recherchaient une publicité pour faire valoir leurs idées et dont les prises de parole allaient profondément déterminer l’orientation des procès en question.

Intéressons-nous d’abord au cas de la France : dès le mois de novembre 1870, parurent dans la presse belge et notamment dans l’Indépendance belge, les premiers témoignages et récits des derniers jours avant la capitulation qui critiquaient ouvertement les décisions, et notamment la prétendue inaction de Bazaine pendant le siège. Dans l’article « Histoire de la capitulation de Metz » du 2 novembre, l’un des rares articles signés, le capitaine Rossel donna une signification avant tout politique à « la plus honteuse capitulation que l’histoire militaire ait jamais enregistrée », en relevant, à côté de l’incompétence de Bazaine et de son état-major, une conspiration contre la République. Ce qui rend particulièrement intéressant la prise de parole de celui qui a été, par la suite, délégué à la guerre de la Commune, c’est la manière dont il justifiait le fait d’avoir pris le temps de coucher sur papier ses réflexions au lieu d’essayer de regagner – il avait su s’enfuir au bon moment, évitant ainsi la captivité en Allemagne – l’armée : « […] convaincu que je servirais plus utilement mon pays en appelant le grand jour de la publicité sur les tristes événements […] qu’en allant immédiatement reprendre les armes, j’ai résolu de consacrer quelques jours à publier mes souvenir et mes notes, à provoquer la discussion[17] ». Scandalisé par les conditions entourant la défaite de l’armée du Rhin, cet officier jugeait de toute évidence qu’il était de son devoir de faire appel à l’opinion publique pour parer aux dysfonctionnements qui menaçaient de compromettre les chances de l’armée française de gagner la guerre. Bien avant la capitulation, il avait par ailleurs publié sous pseudonyme un long article dans Le Temps dans lequel il avait critiqué vertement l’organisation militaire et la stratégie de l’Empire[18].

Cette volonté délibérée d’alerter l’opinion publique et de dénoncer des supérieurs hiérarchiques, volonté par ailleurs contraire au règlement ainsi qu’à la tradition militaire, se retrouve également dans les cas des colonels d’Andlau, ancien membre de l’état-major de l’armée du Rhin, et Cosseron de Villenoisy, professeur à l’école d’application de l’artillerie et du génie à Metz. Le livre du premier sur la capitulation allait faire de son auteur l’un des témoins à charge les plus influents de l’affaire Bazaine[19]. Le second lança une pétition demandant une enquête sur les capitulations de 1870-1871, pétition qu’il prit soin de communiquer à la presse et qui accéléra la constitution de la commission d’enquête, et, à terme, l’ouverture de la procédure du conseil de guerre[20].

Dans le cadre de l’ « affaire Bazaine », force est de le constater, l’armée française parlait, et les différentes prises de parole retentissantes d’officiers que nous venons de voir, avec l’accusation personnalisée à l’adresse du maréchal Bazaine qu’elles contenaient, ont sans doute massivement contribué d’abord à l’éclatement de l’affaire et ensuite à ce que l’affaire restât justement l’affaire Bazaine et ne devînt pas l’affaire des défaillances de l’armée en général et du haut-commandement en particulier.

Dans le cas de la Russie des années 1905-1906, les choses étaient différentes, en ce que le désenchantement vis-à-vis de l’armée était trop important pour que le rejet de la responsabilité de l’échec sur quelques individus pût être crédible. Cela se voyait ne serait-ce que dans le dispositif du procès intenté à Nebogatov, car si celui-ci était bel et bien l’inculpé principal, justifiant ainsi que l’on puisse parler d’« affaire Nebogatov », il était loin d’être le seul : pas moins de 77 officiers se trouvaient à ses côtés sur le banc des accusés, ce qui conférait évidemment un caractère beaucoup plus général au procès qu’une simple mise en accusation du commandant en chef et facilitait le travail de la défense, qui s’évertuait à faire de ce procès celui de l’incompétence du ministère de la Marine et de l’insuffisance des préparatifs de guerre[21]. En cela, sa tâche était d’autant plus facile qu’elle pouvait s’appuyer sur un corpus impressionnant d’écrits de journalistes et de militaires qui avaient commencé à critiquer violemment les autorités militaires, bien avant la fin des hostilités[22]. Dans ce contexte, c’étaient surtout les prises de parole du capitaine de frégate Klado dans le Novoe Vremia qui avaient préparé le terrain : au fur et à mesure que les nombreuses carences russes étaient devenues évidentes, cet officier, professeur à l’académie navale et chef de la 4e section d’état-major de la flotte du Pacifique, qui avait dès le début de la guerre tenu une tribune dans le Novoe Vremia, radicalisa ses critiques du commandement naval et des opérations en cours. Publiant d’abord sous pseudonyme puis, pour donner plus de poids à ses revendications, sous son vrai nom, il affichait une liberté de ton et une volonté de mobiliser l’opinion publique rarement vues chez un officier en temps de guerre, volonté qui paraît d’autant plus significative que le Novoe Vremia restait le dernier grand quotidien russe à conserver une ligne éditoriale pro-guerre[23]. Attaquant ouvertement le ministre de la Guerre, critiquant la composition de l’escadre baltique qui venait d’être envoyée en Pacifique et qui par la suite périt lors de la bataille de Tsushima, il n’hésitait pas à monter une véritable campagne de presse dont l’objectif était l’envoi d’une troisième escadre qui devait améliorer les chances russes de l’emporter[24]. Sans vouloir entrer dans le détail, il y a là l’exemple par excellence d’un officier engagé qui, terrorisé par l’inexorable succession d’échecs militaires, misait délibérément sur l’opinion publique afin de contrer l’inertie de sa hiérarchie et de redresser le cap. Et cette stratégie se révéla payante : protégé par l’opinion publique qui voyait en lui un héros montrant la voie à suivre[25], il put longtemps compter sur la passivité du ministère qui n’osait pas le sanctionner durement[26]. Plus important encore, l’état-major naval dut s’incliner : une troisième escadre, celle de Nebogatov, fut effectivement envoyée en Extrême-Orient, décision qui, certes, ne changea rien au dénouement catastrophique de la guerre navale en cours, mais qui souligne, on ne peut plus clairement, à quel point l’opinion publique pouvait peser sur les affaires militaires et cela même avant la libéralisation de la presse dans le cadre du manifeste du 17 octobre 1905.

La recherche de publicité de la part d’une partie des officiers français et russes après (et parfois même pendant) les guerres franco-allemande et russo-japonaise s’inscrivait dans les deux cas dans un débat plus large sur les causes de la débâcle, mais aussi sur les leçons à en tirer et les réformes militaires à mener[27]. L’« éclosion désordonnée d’écrits militaires de toutes sortes[28] » à laquelle ce débat donna lieu en France est bien connue. La mobilisation de part et d’autre était telle que le ministre de la Guerre de Cissey se vit rapidement obligé de renforcer le « silence règlementaire » en signant l’ordre du 29 octobre 1871, exigeant l’autorisation préalable du ministre pour toute publication écrite par des militaires[29]. En Russie, il y eut un foisonnement de prises de positions tout à fait comparable[30], qui reflète, même si l’ampleur de ce phénomène reste à étudier plus en profondeur, la césure de la défaite de 1904-1905 en termes de « mentalité institutionnelle de l’armée impériale[31] ». Dans les deux cas, le débat autour de l’armée nouvelle ou au moins autour du redressement de l’armée marquait un moment de crise identitaire militaire majeure où les principes et valeurs qui avaient jusque-là été admis au sein de l’institution militaire étaient remis en question et où les clivages entre les courants réformateur et traditionnaliste paraissaient importants.

Dans ce contexte, on pourrait être amené à penser que la recherche de publicité, de transparence, reflétait avant tout une prise en compte de la nouvelle réalité politique du pays – républicaine pour la France, constitutionnelle ou semi-constitutionnelle pour la Russie. Or, une telle lecture paraît être un raccourci. Car ce qui motivait les officiers « critiques » qui prenaient la parole – outre, évidemment, un désir d’auto-justification plus ou moins ardent selon le rôle joué pendant la guerre – était dans la plupart des cas un souci de critique professionnelle et la revendication d’une professionnalisation des cadres de l’armée ; ils doivent, de ce fait, être rangés du côté de ce que Stig Förster a appelé le « militarisme bourgeois » : un militarisme d’en bas qui tendait à s’affranchir des codes et des traditions du « militarisme conservateur » d’une bonne partie des élites militaires, perçus de plus en plus comme un obstacle à l’organisation efficace de l’appareil militaire[32]. Il suffit de lire les réflexions introductives du colonel d’Andlau pour s’en convaincre : s’il pouvait paraître, selon lui, « étrange de voir en France les officiers controverser sur les questions militaires, écrire le récit des événements […] et soumettre à l’opinion publique le jugement des actes auxquels ils avaient assisté », cela ne serait en vérité qu’un (regrettable) retard français notamment vis-à-vis de l’Allemagne, où « cette habitude existe depuis longtemps ; l’instruction des officiers y est plus développée, et elle trouve un aliment dans les fréquentes publications militaires qui viennent agiter les casinos et raviver par la discussion l’amour du métier[33] ».

Ce même souci de professionnalisation, nous le retrouvons derrière les revendications de transparence, qui apparurent dans la presse militaire russe à partir de 1904 et qui allaient en crescendo après 1905. Ainsi, dans le Razvedchik, hebdomadaire très répandu au sein du corps des officiers, on pouvait lire, en octobre 1904, c’est-à-dire en pleine guerre russo-japonaise, un plaidoyer sans équivoque visant à faire reconnaître comme un service précieux rendu à l’armée les prises de position des officiers, qui, en s’adressant au grand public, avaient pour objectif de « combler tel ou tel déficit (nedotchot), éradiquer tel ou tel vice (porok) dans l’armée[34] ». Un an plus tard, s’interrogeant sur la place importante que prenaient des questions militaires dans la presse généraliste, le même hebdomadaire allait jusqu’à souligner le mérite de la presse et, sans toutefois le dire explicitement, des officiers qui y écrivaient, dans la révélation des dysfonctionnements affectant l’armée russe pendant la campagne en Mandchourie[35]. Et même l’organe officiel du ministère de la Guerre, le Russki Invalid (RI), qui était extrêmement critique vis-à-vis de la presse libérale et qui s’en prenait violemment à ceux qui rapportaient des atrocités et des exactions commises par l’armée dans le contexte des opérations de maintien de l’ordre à travers la Russie – nous allons y revenir –, était obligé de reconnaître que l’attention portée à l’armée par l’opinion publique avait, en ce qui concernait l’amélioration de l’armée sur le plan opérationnel et technologique, une influence positive : « Plus il y a de transparence (glasnost’), plus on parle des déficiences des forces armées, mieux c’est ; l’armée en sortira toujours gagnante[36]. »

Transgressions scandaleuses : excès de violence et justice d’exception

L’appropriation partielle de l’espace médiatique par l’institution militaire et des « officiers-experts » se jouait sur toile de fond d’une évolution profonde de la relation entre l’institution militaire et la société. L’organisation de plus en plus efficace de la conscription[37] et la prise de conscience de l’impact des nouvelles technologies d’armement sur la guerre moderne faisaient émerger un nouveau discours sur le rôle de l’armée et, en particulier, sur celui de l’officier qui ne manquait pas d’influer également sur la manière dont on percevait et ressentait, à l’intérieur de l’armée, la vindicte médiatique causée par la seconde catégorie d’« affaires » militaires qui nous intéresse ici : les excès de violence et l’arbitraire de la justice militaire, qui était essentiellement une justice d’exception.

Dans le cas de l’armée française, Olivier Cosson et Emmanuel Saint-Fuscien ont récemment montré de manière convaincante comment une certaine lucidité quant à l’impossibilité pour l’officier de contrôler ses soldats sur le champ de bataille de la guerre moderne nourrissait un long débat sur les notions d’autorité et d’obéissance[38]. Comme l’augmentation de la puissance de feu tendait à obliger les combattants à évoluer en petit groupe, voire individuellement, au ras du sol, souvent hors du champ de vision de leur supérieur direct, toute bataille victorieuse devenait impossible si les soldats n’étaient pas motivés à accomplir leur devoir ou s’ils étaient incapables de prendre des initiatives quand les ordres ne leur parvenaient plus. Bref, il fallait les éduquer, leur inspirer l’amour de la patrie, faire de sorte que leur discipline devienne, au moins en théorie, une « discipline volontaire[39] », fondée sur le respect réciproque entre le soldat et l’officier et l’acceptation de la nécessité de se sacrifier pour la cause de la nation. Par conséquent, l’officier de contact devait devenir l’éducateur de ses hommes et veiller à ce qu’ils s’identifient à l’armée.

Dans le cas russe, si des traces de ce même débat existaient depuis longtemps[40], ce ne fut qu’après la défaite contre le Japon que les termes d’ « obrazovanie » (éducation) et de « vospitanie » (formation) étaient sur toutes les lèvres et qu’un consensus émergea quant à la nécessité d’améliorer le lien entre l’armée et la nation, même si ceux qui employaient dans ce contexte le terme de « soldat-citoyen » (soldat-grazhdanin) pour désigner le soldat et les droits qui étaient les siens étaient sans doute minoritaires[41].

C’est sur toile de fond de cette réflexion, qui était avant tout une réflexion militaire, qu’il faut chercher à comprendre l’impact, sur l’institution militaire, des différents scandales et affaires militaires déclenchés par des transgressions militaires des normes de la société civile. En France, l’affaire Dreyfus, la (ou les) affaire(s) autour du système de Biribi et l’effervescence de l’opinion publique (ou d’une partie de celle-ci) à la suite des fusillades de Fourmies et de Narbonne rentrent dans cette catégorie. Dans le premier cas, il s’agit d’une violation flagrante de l’idéal de justice. La répression sanglante de protestations sociales était, en revanche, contraire à l’idée que l’armée devait avant tout défendre le peuple. Pour le cas de la Russie, il convient de citer l’affaire Kovalev, l’affaire Spiridonova, et surtout l’émoi causé par des excès de violence dans le cadre de la répression de la révolution de 1905, ou plus tard dans le maintien de l’ordre dans des situations de grève comme le massacre de la Lena de 1912[42]. Dans les deux pays, les excès de violence survenant dans le cadre de l’emploi de l’armée à l’intérieur ainsi que des décisions controversées de la justice militaire avaient le potentiel d’entamer sérieusement le prestige de la force armée.

En se penchant sur ces affaires, l’historiographie a jusqu’alors eu tendance à faire une lecture dichotomique, opposant l’opinion publique – ou une partie de celle-ci – à l’armée, pensée souvent comme un bloc homogène, rétif à toute ingérence, subissant le débat public sans vraiment y participer. Le cas de l’historiographie de l’affaire Dreyfus, qui est sans doute l’affaire la mieux étudiée dans ce contexte, me semble à cet égard représentatif : il y a certes quelques avancées vers une histoire militaire de l’affaire[43], mais, dans l’ensemble, le constat de Christophe Prochasson suivant lequel « les officiers sont […] à la fois extraordinairement présents [comme les tenants d’un mauvais rôle] et tout à fait absents[44] » paraît toujours valable. Ceci est d’autant plus regrettable, que le fait de comprendre l’affaire Dreyfus (aussi et davantage) comme une affaire militaire interne permettrait de mettre au jour les lignes de fractures qui parcouraient l’armée, où s’affrontaient ceux qui pensaient que l’armée ne pouvait remplir sa mission nationale qu’en s’appuyant sur la nation (y compris sur l’opinion publique) – et pour qui, par conséquent, l’affaire risquait de compromettre à terme l’efficacité militaire – et ceux pour qui l’armée devait être au-dessus de la loi (civile) et qui voulaient défendre l’honneur militaire à n’importe quel prix.

Pour comprendre à quel point cette catégorie d’affaires et surtout les excès de violence perpétrés par l’armée dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre à l’intérieur du pays suscitaient l’émoi non seulement de la société civile, mais aussi au sein de l’armée, il semble utile d’évoquer le cas de la répression militaire de la révolution russe de 1905[45]. Certes, le degré de violence atteint dans la « pacification » des troubles révolutionnaires, et notamment dans le cadre des « missions punitives » (karatel’nye expedizi), est sans commune mesure avec ce qui se passait (à ce moment) ailleurs en Europe (métropolitaine), à tel point que l’on a cru y voir le point de départ d’une « époque de la violence[46] » russe. Il n’empêche que les logiques à l’œuvre dans la contestation publique de la violence répressive de la part de quelques officiers « modernistes » que nous allons étudier, étaient fondamentalement les mêmes que celles qui motivaient les prises de positions dreyfusardes pro-Dreyfus de certains officiers français et qui rendaient le recours à l’armée comme garant de l’ordre public extrêmement impopulaire au sein de l’armée française[47].

Nul doute n’est possible, le prestige de l’armée russe, déjà sérieusement entamé par la défaite contre le Japon, souffrait énormément à la suite des multiples opérations de « pacification » et de maintien de l’ordre face au soulèvement massif de la population. À la suite de la libéralisation de la presse, des articles, des pamphlets et des livres dénonçant les excès de violence perpétrés par l’armée se multiplièrent. Pour le seul mois de décembre 1906, le bureau de la presse de l’état-major, créé en été 1906, dénombrait ainsi 242 « atrocity stories » dans la presse pétersbourgeoise[48]. Et certaines rédactions, notamment celle du quotidien Rus’, qui était alors à l’origine de plusieurs révélations scandaleuses, prirent soin de publier ces reportages également sous forme de livres[49].

Face à cette pression médiatique qui allait bientôt se traduire par de nombreuses interpellations à la Douma, quelles étaient les réactions de l’institution militaire et du corps des officiers ? Si cette question reste encore à examiner plus en profondeur, en tenant compte des différents courants au sein de l’armée russe, de sa sociologie et de sa composition par tranches d’âge, on peut d’ores et déjà donner quelques éléments de réponse : tout d’abord, il est frappant de voir, à quel point l’armée prenait à cœur les attaques de la presse. Globalement, même si une certaine sympathie pour des moyens plus expéditifs à l’égard de ceux qui « flétrissaient » l’armée était indéniable[50], celle-ci se résigna à réagir par voie de presse et par voie légale. En ce qui concerne le volet « répressif » de cette réaction, celui-ci s’appuyait sur l’état d’urgence, décrété dans de nombreuses provinces, ainsi que sur la possibilité, offerte par la nouvelle législature sur la censure[51], de déférer la presse devant la justice, possibilité dont elles comptaient bien se servir pour endiguer toute couverture des actes de violence commis par l’armée[52]. Dans la pratique, cependant, si l’on arrivait sans doute à limiter la diffusion de certains titres de presse en province et à compliquer de manière générale la vie de la presse libérale, ce procédé se révéla inadéquat pour enrayer la dynamique antimilitaire, surtout compte tenu du fait que les tribunaux étaient loin de statuer toujours en faveur du militaire, mais qu’au contraire, ils avaient souvent tendance soit à réfuter les charges, soit à rendre des verdicts relativement cléments[53]. En parallèle à l’action administrative et judiciaire, le ministère de la Guerre se voyait par conséquent contraint de trouver d’autres canaux pour influer sur l’opinion publique. Il commença ainsi à réagir directement aux différentes attaques dont l’armée était l’objet dans la presse en publiant dans son organe des rectifications, qui devaient contrebalancer la version publiée par la presse libérale et dont l’objectif était de démasquer les mensonges d’une partie de la presse. Si le succès de cette mesure était sans doute modeste du fait d’un manque de diffusion du Russki Invalid en dehors de l’armée[54], voire même à l’intérieur de l’armée[55], elle ne traduisait pas moins une prise de conscience de l’importance de l’opinion publique et une inquiétude profonde quant au prestige social de l’institution militaire. Cette sensibilité était partagée par de nombreux officiers qui se mobilisaient alors dans la presse, soit pour défendre l’armée et l’honneur de leurs unités[56], soit pour dénoncer la violence militaire. Ces derniers risquaient évidemment d’être punis[57], mais contre les prises de paroles anonymes, les autorités militaires étaient démunies et elles s’efforçaient par conséquent de les faire passer pour de la propagande révolutionnaire[58].

Dans ce contexte, l’exemple le plus spectaculaire pour les clivages que les opérations de « pacification » faisaient apparaître au grand jour était sans doute la création et, ensuite, la ligne éditoriale du premier quotidien militaire indépendant, le Voenny Golos (VG), fondé en janvier 1906 et paraissant jusqu’à son interdiction en septembre 1906. Résultat d’une initiative d’un groupe d’officiers pétersbourgeois entretenant d’étroites relations avec la « Société des zélateurs des sciences militaires », sans doute la plus importante association d’officiers progressistes en Russie impériale[59], le VG devenait rapidement le porte-parole des réformateurs au sein de l’armée[60]. La fréquence, avec laquelle certains de ses articles s’en prenaient, dans ce contexte, aux opérations de pacification menées par l’armée et, en particulier, à la « justice » expéditive des tribunaux militaires, démontre, on ne peut plus clairement, à quel point l’emploi de l’armée à l’intérieur était devenu un enjeu clivant[61]. Affichant une liberté de ton à couper le souffle, il n’hésitait pas à gloser amèrement sur le soi-disant fait que « les officiers [étaient] devenus des bourreaux » et que « l’assassinat et les sévices[62] » faisaient maintenant l’honneur de l’armée russe. Il y avait, certes, au sein de la rédaction du VG, des sympathies républicaines s’exprimant en faveur d’une démocratisation de l’armée et de la politique militaire[63]. En revanche, il ne faut en aucun cas en déduire que les réformes politiques constituaient pour les officiers qui y écrivaient une fin en soi : le regard porté sur l’évolution politique était déterminé par les conséquences anticipées de celle-ci sur le redressement de la puissance militaire, qui, lui, constituait de très loin leur objectif le plus important. En d’autre termes, si le VG investissait l’espace public, critiquait les autorités militaires et demandait le retrait des troupes des opérations de maintien de l’ordre, c’était avant tout et surtout pour pousser un agenda militaire visant la professionnalisation de l’armée, un agenda qui était devenu incompatible avec un retour au statu quo prérévolutionnaire et qui exigeait la démocratisation (au moins partielle) de la vie politique pour mieux préparer la guerre[64].

Les officiers qui « parlaient » dans les différentes affaires militaires que nous venons de voir ne constituaient dans les cas de la Russie et de la France qu’une infime minorité. Une minorité, cependant, dont l’existence et l’influence croissante attestaient d’une évolution en profondeur de la culture militaire. Mises à mal par les défaites contre l’Allemagne et le Japon, et dans le contexte de l’émergence d’une presse de masse, les armées française et russe s’ouvraient, lentement, il est vrai, mais certainement. Cette ouverture, cet apprentissage au moins partiel des mécanismes médiatiques de la part des militaires, reste à étudier plus en profondeur dans sa chronologie, ses logiques et les réseaux qui le portaient. En revanche, les exemples cités donnent un premier indice quant à la valeur heuristique d’une approche comparative, en ceci qu’ils mettent en lumière la dimension européenne de cette évolution. Dans l’Europe de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, tout débat autour de l’armée devait forcément être un débat public, qui voyait émerger l’armée comme un acteur important de l’opinion publique, et cela indépendamment du contexte politico-constitutionnel. Que ce soit en tant qu’institution, à travers une politique de presse, que ce soit individuellement, à travers la voix de quelques-uns de ses officiers, souvent critiques de la politique de leur hiérarchie, l’armée avait plus de moyens d’expression, elle était mieux intégrée dans l’économie de l’opinion publique, que l’on a parfois tendance à l’admettre.

Pour citer cet article : Arndt Weinrich, « Militaires et opinion publique en France et en Russie, 1870-1914. Le prisme des "affaires " militaires. Vers une histoire transnationale des cultures militaires européennes », Histoire@Politique, n° 28, janvier-avril 2016, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Général du Barail, Mes souvenirs, vol. 1, Paris, Éditions Plon, Nourrit et Cie, (12e édition) 1897, p. 332.

[2] Voir André Bach, L’armée de Dreyfus. Une histoire politique de l’armée française de Charles X à « l’Affaire », Paris, Tallandier, 2004, p. 67-78.

[3] Dans l’Empire allemand, l’âge électoral était de 25 ans, ce qui excluait l’écrasante majorité des conscrits appelés sous les drapeaux à l’âge de 20 ans et ne laissait de facto le droit de vote qu’aux militaires de carrière. En Russie, la question ne fut posée qu’avec la révolution de 1905 et elle donna lieu à des discussions animées, avant d’être tranchée en faveur d’une solution restrictive « à la française ».

[4] Jean-Francois Chanet, Vers l’armée nouvelle. République conservatrice et réforme militaire 1871-1879, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006 ; Jean-Charles Jauffret, Parlement, gouvernement, commandement. L’armée de métier sous la Troisième République 1871-1914, thèse d’État Paris-Sorbonne, Paris 1987 ; Stig Förster, “Militär und staatsbürgerliche Partizipation. Die allgemeine Wehrpflicht im Deutschen Kaiserreich 1871-1914”, dans Roland Foerster (dir.), Die Wehrpflicht. Entstehung, Erscheinungsformen und politisch-militärische Wirkung, München, R. Oldenbourg, 1994, p. 55-70 ; David Schimmelpennick van der Oye, « "To Build a Great Russia". Civil-Military Relations in the Third Duma 1907-1912 », dans Eric Lohr, Marshall Poe (dir.), The Military and Society in Russia 1450-1917, Leiden, Brill, 2002, p. 293-321.

[5] Louise McReynolds, The News under Russia’s Old Regime. The Development of a Mass-Circulation Press, Princeton, NJ, 1991 ; pour la France et l’Allemagne, voir l’abondante bibliographie dans Élise Julien, Mareike König, Rivalités et interdépendances. France-Allemagne 1871-1918, Villeneuve d’Ascq, Presses du Septentrion, à paraître en 2016.

[6] Voir Ute Daniel, Jörn Leonhard, Martin Löffelholz, “Militär und Medien im 20. Jahrhundert”, Militärgeschichtliche Zeitschrift, tome 70, n° 1, 2011, p. 3-14.

[7] Une exception notable est l’ouvrage tout récent de Christian Götter, Die Macht der Wirkungsannahmen. Medienarbeit des britischen und deutschen Militärs in der ersten Hälfte des 20. Jahrhunderts, Berlin, De Gruyter, 2015.

[8] Olivier Forcade, « Les murmures de la "Grande Muette" sous la Troisième République », dans Olivier Forcade, Éric Duhamel, Philippe Vial (dir.), Militaires en République 1870-1962. Les officiers, le pouvoir et la vie publique en France, Paris, Publications de la Sorbonne, 1999, p. 507-520.

[9] Général André, Cinq ans de ministère, Paris, L. Michaud, 1904, p. 13.

[10] Si l’on accepte une démarche idéal-typique, « affaire » et « scandale » ne désignent pas la même chose, le scandale se singularisant par rapport à l’affaire par l’unanimité de la condamnation publique. Dans la pratique, cependant, cette distinction est beaucoup moins claire (voir Nicolas Offenstadt et Stéphane Van Damme, « Une longue histoire. Introduction », dans Luc Boltanski, Élisabeth Clavérie, Nicolas Offenstadt, Stéphane Van Damme [dir.], Affaires, scandales et grandes causes. De Socrate à Pinochet, Paris, Stock, 2007, p. 7-18, p. 11-12). C’est pourquoi, j’emploierai les deux termes comme synonymes, abstraction faite de ces cas, où « affaire » garde la connotation juridique qui a initialement été la sienne.

[11] L’historiographie internationale des dix dernières années a bien établie les notions du « scandale » et de l’ « affaire » comme l’un des concepts clés de l’histoire culturelle du politique de l’avant-1914, voir Frank Bösch, Öffentliche Geheimnisse, Skandale, Politik und Medien in Deutschland und Großbritannien 1880-1914, München, R. Oldenbourg, 2009. En ce qui concerne les « affaires » impliquant l’armée de cette époque, il y a beaucoup d’études portant sur des cas spécifiques, mais aucune étude comparative. Pour l’affaire Dreyfus, citons seulement quelques ouvrages des plus récents : Bertrand Joly, Histoire politique de l’affaire Dreyfus, Paris, Fayard, 2014 ; Philippe Oriol, L’histoire de l’affaire Dreyfus. De 1894 à nos jours, Paris, Les Belles Lettres, 2014 ; pour d’autres affaires françaises : Dominique Kalifa, Biribi. Les bagnes coloniaux de l’armée française, Paris, Perrin, 2009 ; Paul B. Miller, « Down but not out. The Antimilitarist Left in the Aernoult-Rousset Affair 1909-1912 », French History, vol. 17, no. 4, 2003, p. 172-185 ; Bertrand Taithe, The Killer Trail. A Colonial Scandal in the Heart of Africa, Oxford; Oxford University Press, 2009 ; pour l’affaire de Saverne : F. Bösch, op. cit., p. 310-312 ; pour le cas russe, voir : Manfred Hagen, « Lenski rasstrel 1912 goda i rossiskaia obchtchestvennost‘ », Otetchestvennaia istoria, n°. 2, 2002, [en ligne] http://www.hrono.ru/sobyt/1900sob/1912lenahagen.php, (page consultée le 28 octobre 2015) ; Michael Melancon, The Lena Goldfields Massacre and the Crisis of the Late Tsarist State, College Station, Tx, Texas A&M University Press, 2006 ; Sally A. Boniece, « The Spiridonova Case, 1906. Terror, Myth and Martyrdom », Kritika. Explorations in Russian and Eurasian History, n° 4, 2003, p. 571-606.

[12] « Avis », Le monde illustré, 11 octobre 1973, p. 226.

[13] Pour le déroulement des procès voir François-Christian Sémur, L’affaire Bazaine. Un maréchal devant ses juges, Turquant, Cheminements, 2009 ; V. P. Ruadze, Protsess adm. Nebogatova, Saint Pétersbourg, 1907.

[14] Proclamation de Gambetta du 30 novembre 1870, cité d’après Sémur, L’affaire…, op. cit., p. 31-32.

[15] Voir François-Christian Sémur, L’affaire…, op. cit., p. 31-49.

[16] Voir par exemple Variag, « Nebogatov i neobkhodimost‘ suda nad nim », Novoe Vremia, 29 octobre 1905 ; Mikhail O. Men’shikov, « Vavilonskaia Bashnia », Novoe Vremia, 24 août 1906.

[17] Capitaine Rossel, La défense de Metz et la lutte à outrance, Paris, Armand de Chevalier, 1871, p. 31, 34.

[18] Randal, « La défense nationale », Le Temps, 10 août 1870, p. 2-3.

[19] Colonel d’Andlau, Metz. Campagne et négociations. Par un officier supérieur de l’armée du Rhin, Paris, Librairie Dumaine, 1871.

[20] Voir Journal officiel de la République française, 28 et 30 mai 1871, p. 1141 et 1158. Cosseron de Villenoisy est également l’auteur de plusieurs articles anonymes dans L’indépendance belge. Ceux-ci ont été publiés sous forme de brochure aussitôt en 1870 : La capitulation de Metz devant l’histoire, Bruxelles, Alphonse Rozez fils, 1870.

[21] Voir les plaidoiries de L.A. Bazunov, M.C. Margulies et N.P. Karabtchevski, dans V.P. Ruadze, Protsess…, op. cit., p. 93-107, 118-137, 165-176.

[22] Voir L. McReynolds, News…, op. cit., p. 185-189.

[23] Ibid., p. 189.

[24] Voir « Posle ukhoda vtoroi eskadry tikhogo okeana », paru en neuf parties dans le Novoe Vremia à partir du 11 novembre 1904.

[25] Voir V. Doroshevitch, « Podvig », Russkoe slovo, 4 décembre 1904 ; à ce moment, Klado faisait même la page couverture de l’important illustré Iskry du 12 décembre 1904.

[26] Pour le parcours professionnel de Klado, voir Igor Smirnov, « Prevratnosti sud’by Nikolaia Klado », Morskaia Gazeta, 22 février 2008, [en ligne], http://gazetam.ru/22-fevralya/prevratnosti-sudbyi-nikolaya-klado.htm (page consultée le 30 octobre 2015).

[27] Voir Jean-Charles Jauffret, Parlement…, op. cit., p. 116-171 ; Jean-François Chanet, L’armée…, op. cit., p. 29-37 ; John W. Steinberg, All the Tsar’s Men. Russia’s General Staff and the Fate of the Empire, Washington/DC 2010, p. 150-191 ; Bruce W. Menning, Bayonets before Bullets. The Imperial Russian Army, 1861-1914, Bloomington, Indiana University Press, 1992, p. 200-237.

[28] Jean-Charles Jauffret, Parlement…, op. cit., p. 100.

[29] Ibid., p. 98-101.

[30] Outre les publications plus classiques sous forme de livres ou de brochures, c’étaient avant tout les différents revues ou quotidiens militaires, Russki Invalid, Voenny Sbornik, Razvedtchik et, pour le courant le plus radical, Voenny Golos, qui ouvraient leurs pages aux différentes prises de position et propositions de réforme.

[31] John W. Steinberg, All…, op. cit., p. 151.

[32] Stig Förster, Der doppelte Militarismus. Die deutsche Heeresrüstungspolitik zwischen Status-quo-Sicherung und Aggression 1890-1913, Stuttgart, F. Steiner Verlag, 1985.

[33] Col. d’Andlau, Metz, op. cit., p. VII et VIII.

[34] « Ofitsery i petchat‘ », Razvedtchik, 5 octobre 1904, p. 1003-1007, p. 1005.

[35] Sergei Tchistiakov, « K slovu », Razvedtchik, 27 septembre 1905, p. 5-6, p. 6.

[36] N. O., « Po povodu zametki v Voennom Golose », RI, 1 mars 1906, p. 5-6, p. 5 [traduction A.W.].

[37] Voir Odile Roynette, « Bons pour le service ». L’expérience de la caserne en France à la fin du XIXe siècle, Paris, Belin, 2000 ; Werner Benecke, Militär, Reform und Gesellschaft im Zarenreich. Die Wehrpflicht in Russland 1874-1914, Paderborn, Schöningh, 2006.

[38] Voir Olivier Cosson, Préparer la Grande Guerre. L’armée française et la guerre russo-japonaise 1899-1914, Paris, Les Indes Savantes, 2013, p. 193-240 ; Emmanuel Saint-Fuscien, À vos ordres ? Les relations d’autorité dans l’armée française de la Grande Guerre, Paris, Éditions EHESS, 2011, p. 23-50.

[39] Circulaire du ministre de la Guerre du 31 août 1905, article 1er du service intérieur, cité d’après Romain, Pour nos soldats. Essai d’éducation morale, Paris/Nancy, Berger-Levrault, 1906, p. VIII.

[40] Ainsi, ce n’était pas un hasard que le futur maréchal Lyautey cita dans son fameux article « Du rôle social de l’officier » paru dans la Revue des Deux Mondes, tome 104, 1891, p. 443-459, les écrits de Dragomirov (p. 448).

[41] A. Volzhski, « Soldat-Grazhdanin », Voenny Golos, 28 avril 1906, p. 1.

[42] Outre les ouvrages cités en note 11, voir Madeleine Rebérioux (dir.), Fourmies et les premier mai, Paris, Les Éditions de l’Atelier, 1994 ; Odile Roynette, « L’armée dans la bataille sociale. Maintien de l’ordre et grèves ouvrières dans le Nord de la France (1871-1906) », Le mouvement social, tome 179, 1997, p. 33-58 ; Rémy Pech, Jules Maurin, 1907, les mutins de la République. La révolte du midi viticole, Toulouse, Privat, 2007 ; Vladimir G. Korolenko, Tchest’ mundira i nravy voennoi sredy, Polnoe sobranie sotchineni V.G. Korolenka, tome 4, Saint Pétersbourg, A. F. Marks, 1914 ; Alexandra Oberländer, Unerhörte Subjekte. Die Wahrnehmung sexueller Gewalt in Russland 1880-1910, Francfort-sur-le-Main, Campus, 2013, 166-208.

[43] Vincent Duclert (dir.), Le colonel Mayer. De l’affaire Dreyfus à de Gaulle. Un visionnaire en République, Paris, Armand Colin, 2007 ; Christian Vigouroux, Georges Picquart. Dreyfusard, proscrit, ministre. La justice par l’exactitude, Paris, Dalloz, 2008 ; André Bach, L’armée…, op. cit. ; Vincent Duclert, « La République devant l’armée. Les ministres de la Guerre pendant l’affaire Dreyfus (1894-1899) », dans Olivier Forcade, Éric Duhamel, Philippe Vial, Militaires…, op. cit., p. 613-643.

[44] Christophe Prochasson, « État de droit et ordre militaire : les officiers dans les grands procès de l’affaire Dreyfus », dans Olivier Forcade, Éric Duhamel, Philippe Vial, Militaires…, op. cit., p. 587-612, p. 587.

[45] Pour la révolution de 1905, voir Abraham Ascher, The Revolution of 1905. Russia in Disarray, Stanford, Stanford University Press, 1988 ; John Bushnell, Mutiny amid Repression : Russian Soldiers in the Revolution of 1905, Bloomington, Indiana University Press, 1985.

[46] Peter Holquist, « Violent Russia, Deadly Marxism? Russia in the Epoch of Violence, 1905-1921 », dans Kritika. Explorations in Russian and Eurasian History, tome 4, vol. 3, 2003, p. 627-652.

[47] William Serman, Les officiers français dans la nation, 1848-1914, Paris, Aubier Montaigne, 1982, p. 59-63.

[48] William C. Fuller, Civil-Military Conflict in Imperial Russia 1881-1914, Princeton/NJ, Princeton University Press, 1985, p. 144.

[49] Par exemple Vasilij Klimkov, Raspravy i rasstrely. Pis’ma, otcherki i nabroski spetsial’nogo korrespondenta gazety Rus’, Moscou, Mokhovaia, 1906 ; V. Vladimirov, Karatel’naia ekspeditsia otriada leib-gvardi Semenovskogo polka, Moscou, 1906.

[50] Voir par exemple la provocation en duel du député Jakobson par le sous-lieutenant Smirskij en août 1906 qui faisait couler beaucoup d’encre dans la presse militaire ; le RI qui trouvait la démarche légitime s’opposait notamment au Voenny Golos qui la pourfendait : P. Korovitchenko, « K vyzovu na duel g. Jakobson », Voenny Golos, 13 août 1906 ; « Otvet za oskorblenie armi », RI, 19 août 1906.

[51] L. McReynolds, News…, op. cit., p. 218-222.

[52] Voir E.A. Valle-de-Varre, „Svoboda“ russkoi petchati posle 17-go oktiabria 1905, Samara, Zemskaia Tipografia, 1906.

[53] Ibid., p. 136, 146, 151, 156, 172 ; voir aussi L. McReynolds, News…, op. cit., appendice B.

[54] « Sistema oproverzheni », Novoe Vremia, 7 juillet 1906, p. 2.

[55] « Russki Invalid – obiazatel’naia gazeta v rotakh », RI, 28 août 1907, p. 5.

[56] Voir par exemple les lettres d’officiers publiées dans le Novoe Vremia du 31 octobre 1905, 4 décembre 1905, 10 décembre 1905, 4 juillet 1906, 7 juillet 1906, 25 juillet 1906.

[57] Voir les cas du colonel P. Sergeev et du capitaine Dobchinski, E.A. Valle-de-Varre, Svoboda…, op. cit., p. 99, 108.

[58] Par exemple, « Gvardeitsy iz Ruzi », RI, 10 novembre 1905, p. 5 ; « V stroi na zachtchitu armi », RI, 1er décembre 1905, p. 5 ; « Pis’ma soldat », RI, 2 juin 1906, p. 3.

[59] Pjotr A. Zaiontchkovski, Samoderzhavie i russkaia armia na rubezhe XIX-XX stoleti, 1881-1903, Moscou, Mysl’, 1971, p. 174-175.

[60]Voir aussi W. Fuller, Civil-military…, op. cit., p. 198-201.

[61] Pour le seul mois de janvier 1906 : S.A. Drutskoi, « Voiska i zakon », VG, 1er janvier 1906, p. 4 ; « Smertnaia Kazn‘ bes‘ suda », VG, 5 janvier 1906, p. 1 ; P. Larenko, « O Pribaltiskom krae », VG, 8 janvier 1906, p. 4-5 ; V. N., « Neobkhodimoe raz’iasnenie », VG, 13 janvier 1906, p. 3 ; « Ot tchitatelei », VG., 17 janvier 1906, p. 5 ; « O Pribaltijskom krae », VG, 21 janvier 1906, p. 3 ; « Po povodu stat’i smertnija kazn’ bes’ suda », VG, 22 janvier 1906, p. 5.

[62] Chtabs-rotmistr N. Str-i, « Obchtchestvo i ofitsery », VG, 4 juin 1906, p. 2-4, p. 3.

[63] « Voiska i polititcheskoi stroi gosudarstva », VG, 8 janvier 1906, p. 2 ; A. Luzhski, « Voennaia Petchat’ i reformy », VG, 8 janvier 1906, p. 3-4 ; V. Netchaev, « Duma i armia », VG, 13 mai 1906.

[64] Voir aussi W. Fuller, Civil-military…, op. cit., p. 259-263.

Arndt Weinrich

Arndt Weinrich est chercheur à l’Institut historique allemand. Il est directeur du groupe de recherche « Histoire culturelle du fait politique de l’avant-1914 » et membre du comité directeur de l’Historial de la Grande Guerre.

Mots clefs : histoire militaire et culturelle ; histoire comparative ; France ; Russie ; scandales militaires.

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  • L’exposition « Kollektsia ! Art contemporain en URSS et en Russie. (...)
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  • Je vous remercie cordialement de cette invitation[1] à rendre compte de l’Histoire mondiale (...)
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  • • Thibaut Rioufreyt, Les socialistes français face à la Troisième voie britannique,
  • Le livre de Thibaut Rioufreyt présente un double intérêt : (...)
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  • • « Henri Wallon (1879-1962), un itinéraire intellectuel et social engagé »
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  • • Michel Christian, Camarades ou apparatchiks ? Les communistes en RDA et en Tchécoslovaquie (1945-1989),
  • L’ouvrage est la version publiée et enrichie de la thèse (...)
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  • • Christophe Bellon, Aristide Briand : Parler pour agir,
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  • Plus de quarante ans après le coup d’État qui instaura (...)
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  • Colonia
  • En avril 2016, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter (...)
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  • • Sabrina Tricaud, L’entourage de Georges Pompidou (1962-1974). Institutions, hommes et pratiques,
  •  Avec cet ouvrage issu de sa thèse de doctorat, (...)
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  • • Jean-Louis Fabiani, Pierre Bourdieu. Un structuralisme héroïque,
  • On referme cet ouvrage intéressant sur la trajectoire, l’œuvre (...)
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  • • Olivier Zajec, Nicholas John Spykman. L’invention de la géopolitique américaine,
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  • • Gerd-Rainer Horn, The Spirit of Vatican II. Western European Progressive Catholicism in the Long Sixties,
  • Dans cet ouvrage écrit en anglais, Gerd-Rainer Horn, professeur (...)
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  • • Jean-Noël Jeanneney, Clemenceau. Dernières nouvelles du Tigre,
  • « Il y a des gens qui rétrécissent par manque (...)
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  • • « Étienne Clémentel (1864-1936). Politique et action publique sous la Troisième République »
  • Le 6 octobre 2016 eut lieu à Paris, sous l’égide de (...)
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  • • « Confrontations au national-socialisme (CNS) : hommes politiques, journalistes, publicistes, experts et intellectuels dans l’Europe francophone et germanophone (1919-1949) »
  • Les 13 et 14 octobre 2016 s’est tenue à Bordeaux, dans la (...)
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  • • Christophe Bellon, La République apaisée. Aristide Briand et les leçons politiques de la laïcité (1902-1919), vol. 1 : Comprendre et agir et vol. 2 : Gouverner et agir,
  • S’il est un sujet d’actualité, c’est bien la laïcité (...)
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  • • Benoît Falaize, L’histoire à l’école élémentaire depuis 1945,
  • Parmi les historiens de l’éducation, peu d’entre eux s’intéressent (...)
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  • • Danièle Voldman, Locataires et propriétaires. Une histoire française,
  • Danièle Voldman offre ici une synthèse historique très intéressante (...)
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  • • Tal Bruttmann et Laurent Joly, La France anti-juive de 1936. L’agression de Léon Blum à la Chambre des députés,
  • Le 6 juin 1936, lorsque Léon Blum présente son gouvernement à (...)
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  • • Hélène Bertheleu (dir.), Mémoires des migrations en France. Du patrimoine à la citoyenneté,
  • Derrière les divers phénomènes migratoires se cachent des mémoires (...)
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  • ISSN 1954-3670