Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Guérillas et contre-insurrections en Amérique latine et aux Caraïbes, de la guerre froide à nos jours

Coordination : Romain Robinet et Elie Tenenbaum

Réexaminer la question de l’implantation de la « doctrine de la guerre révolutionnaire » en Argentine

Mario Ranalletti
Résumé :

There is a consensus on the fact that the doctrines of counter-guerrilla warfare (especially, the French “doctrine of the Revolutionary (...)

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Il existe un certain consensus dans différents milieux – scientifique, politique, judiciaire, humanitaire – sur le fait que des doctrines de contre-guérilla ont exercé une grande influence dans la formation des militaires et des forces de sécurité argentines, notamment par rapport au recours à la torture dans le renseignement militaire. Ce sont les transferts d’expériences issues des dernières guerres coloniales françaises et de la guerre du Vietnam vers l’Argentine qui sont désignés. Ce consensus s’appuie sur l’influence exercée par la « doctrine de la guerre révolutionnaire » française (dorénavant, DGR). Plusieurs militaires impliqués dans la campagne de répression clandestine menée en Argentine vers 1974 – comme Harguindeguy, Videla, ou Díaz Bessone[1] – ont attribué à la DGR un rôle décisif dans la planification et l’exécution des opérations. Les témoignages des officiers, recueillis par Patricia Marchak, vont tous dans le même sens et signalent l’importance de la doctrine française dans la formation de « toute une génération » d’officiers argentins, surtout ceux qui occupaient le grade de général lors du coup d’État en 1976[2]. L’idée qu’il existerait une « école française » de la torture s’est installée avec force, en particulier après les enquêtes des journalistes Marie-Monique Robin et Horacio Verbitsky et, surtout, à partir des investigations judiciaires – toujours en cours – sur la violation à grande échelle des droits de l’homme entre 1974 et 1983. Dans la littérature ou le cinéma, ce consensus est également solide. Le film Le combat dans l’île (Alain Cavalier, 1962) met en scène un ancien membre de l’OAS – joué par Jean-Louis Trintignant – qui trouve refuge en Argentine après un assassinat et un attentat. On trouve un autre exemple dans le roman d’Alberto Manguel, News from a Foreign Country Came[3], dont le personnage principal est le capitaine Berence, protagoniste d’une histoire qui relie l’Algérie en lutte pour l’indépendance et l’Argentine des années 1970, deux contextes où Berence œuvre comme tortionnaire. Le film inachevé du réalisateur Santiago Otheguy – L’Instructeur – donne en quelque sorte une suite au film d’Alain Cavalier, de nouveau avec Jean-Louis Trintignant dans le rôle principal. L’Instructeur est l’histoire d’un des membres de la « mission » militaire française en Argentine – et ancien de l’OAS –, qui, vieux et malade, vit ses derniers jours dans les banlieues sud de Buenos Aires. La rencontre avec un jeune bouleverse sa vie paisible de retraité et son passé comme bourreau refait soudainement surface.

La plupart des recherches sur l’influence militaire française en Argentine et sur les rapports entre cette influence et les atrocités commises pendant la campagne de répression clandestine (1974-1983) ont identifié des échanges entre les armées des deux pays. Bien que le lien soit incontestable, les transferts de techniques d’interrogatoire ou de torture restent encore un sujet mal connu même si très médiatisé.

Il n’est pas anodin de souligner que le syntagme « DGR » relève plus d’un usage ordinaire par ses partisans et ses analystes qu’à une doctrine militaire institutionnellement établie. La DGR est bel et bien une catégorie d’analyse historiographique construite a posteriori, étant donné qu’une telle doctrine n’eut jamais d’existence officielle, ni en France ni en Argentine[4]. En France, on peut mentionner des décrets de mise en application de la guerre et de l’action psychologique, reprises à leur compte par des officiers coloniaux dans des centres de formation[5]. Peu d’acteurs et de chercheurs oseraient mettre en doute l’existence de la DGR, mais il convient de souligner qu’elle n’est qu’un ensemble de représentations et de pratiques, réifiés dans le syntagme « DGR ». Plutôt qu’une doctrine formellement constituée, il s’agit d’un corpus très hétérogène de textes, de directives, de conférences, de causeries, d’articles, de comptes rendus qui ont en commun des marqueurs sémantiques liés par leur usage langagier et discursif, comme guerre révolutionnaire, quadrillage, bataille d’Alger ou subversion.

Dans cet article, nous voudrions revenir sur ce consensus pour en réviser certains acquis et notamment pour apporter quelques éléments insuffisamment étudiés sur les voies et les modes de transfert de la DGR en Argentine. À partir de là, nous proposerons une approche différente de la question de l’implantation de la DGR et sur le recours à la torture par des militaires argentins entre 1974 et 1983.

La DGR arrive en Argentine : quelques éléments pour repenser ce sujet

Vers 1954, des nouvelles arrivent depuis la France sur l’existence d’un « nouveau » type de guerre, auquel ce pays était confronté en Extrême-Orient et en Afrique du Nord. Celles-ci arrivent par deux voies : les traductions d’articles et de livres, et les contacts personnels entre officiers. Les références et les études sur le communisme, le marxisme ou encore la psychologie reviennent fréquemment dans les publications militaires. Par exemple, les textes de Bernard Fall[6] sont traduits, les premiers travaux d’auteurs locaux reprenant des sujets étroitement liés à la question de la « nouvelle guerre[7] », notamment celle du béhaviorisme appliqué au combat[8], sont publiés. À ce moment-là, le lieutenant-colonel Manrique Miguel Mom organise le premier cours pour des officiers de l’École supérieure de guerre argentine (ESGA) sur la « guerre révolutionnaire » (1954-1955), avec les matériaux envoyés par son ami le lieutenant-colonel Carlos Jorge Rosas, alors stagiaire à l’École supérieure de guerre de Paris (67e Promotion de l’ESG de Paris, 1953-1955), où il suit les cours d’officier d’État-major[9].

Le général Carlos Rosas joue un rôle crucial dans l’introduction et dans la diffusion de la DGR en Argentine, ce qui est sans cesse rappelé par les écrits des contemporains et par les recherches actuelles[10]. Ses archives privées, tout comme son dossier militaire conservé par l’armée de terre argentine, ne permettent cependant pas d’affirmer qu’il ait eu en Argentine le même rôle que le colonel Lacheroy en France. Son intérêt pour la DGR est intellectuel et politique. Pour lui, la doctrine coloniale française est un instrument de pouvoir, qui sert à affaiblir la mainmise américaine et à lui procurer des avantages personnels. En effet, Rosas vise le poste de chef des Armées et l’accroissement de la présence militaire française est l’un des éléments clés de sa stratégie de carrière. Dans ce cadre, il transforme l’ESGA et sa revue en un lieu où se cristallisent le débat sur la doctrine française.

Quelques remarques sur la « mission française » en Argentine et la torture

Entre 1956 et 1962, les armées françaises et argentine s’accordent pour mettre en place une mission militaire qui prévoit l’envoi de plusieurs officiers français à Buenos Aires. Cet accord fixe la durée du séjour de chaque membre de la mission à 24 mois et leur salaire à 500 dollars[11]. Il est signé par l’attaché militaire de l’ambassade de France à Buenos Aires, le colonel Serralta, au nom du ministre des Armées et approuvé au mois de mars 1960. Tous les officiers français arrivent avec des contrats personnels signés à l’ambassade argentine de Paris par l’attaché militaire argentin et par l’officier français détaché. L’accord signé ne requiert que le grade de lieutenant-colonel ou colonel et la maîtrise de l’espagnol, mais aucune connaissance ou expertise particulière des officiers français. En 1957, Patrice Roger Jacobé de Naurois, lieutenant-colonel de l’Armée blindée cavalerie, arrive en Argentine où il reste jusqu’en 1960. Il est affecté au 3e Bureau de l’état-major de l’armée de terre, dont le chef était le colonel Mom[12]. De Naurois est rejoint par le lieutenant-colonel François-Pierre Badié (69e Promotion [1955-1957] de l’ESG de Paris). Ce dernier s’occupe de présenter certains règlements militaires français aux élèves de l’ESGA, dans le but d’une remise à niveau théorique de ses collègues argentins. Il reste en Argentine jusqu’à la fin du premier semestre 1961, moment où il repart pour l’Afrique du Nord (AFN)[13]. Le lieutenant-colonel de Naurois est ensuite remplacé[14] par le lieutenant-colonel Jean Félix Nouguès (Infanterie, Légion étrangère). Fort d’une longue expérience sur le théâtre colonial – son dernier commandement de troupe est au bataillon du 3e Régiment étranger d’infanterie cantonné dans la région des Aurès[15] –, Nouguès intervient comme conférencier dans différents instituts des Forces armées argentines[16]. Pendant sa mission, Nouguès participe à des exercices de « récupération de villages » occupés par des forces irrégulières, des opérations d’action psychologique et de contrôle de population[17]. Le 6 juillet 1959, le lieutenant-colonel Robert Louis Bentresque arrive à Buenos Aires pour rejoindre l’ESGA[18]. Très sollicité, il fait des exposés pour l’École de mécanique de la marine (ESMA), la gendarmerie nationale et l’armée de l’air[19]. Il est aussi désigné pour accompagner des officiers argentins en mission au Pérou et en Uruguay (armée de terre et armée de l’air), qui sont chargés de cours sur la guerre contre-révolutionnaire[20]. Bentresque reste en Argentine jusqu’en 1962.

D’après un historien officiel de l’ESGA, les conférences des officiers français se font au rythme d’une par semaine[21]. Plusieurs de ces conférences ont été publiées dans la revue de l’école. Ces textes incluent des extraits des directives et des règlements français sur l’arme psychologique, comme la TTA 123 bis (Directive d’emploi des forces terrestres) et la DIT (Défense intérieure du territoire), la TTA 117 (Instruction provisoire sur l’arme psychologique) et la directive « Éléments de guerre psychologique »[22].

Le colonel Horacio Ballester fut l’un des officiers argentins à avoir participé à des exercices avec ses camarades français. Dans ses mémoires, il évoque un exercice dont le but était de préparer un cycle de conférences pour diffuser les principes de la « guerre révolutionnaire » d’après l’approche française en la matière. Cet exercice nommé « Fer » concerne toutes les unités de l’Armée de terre pendant la période 1959-1960, sous la coordination de l’Inspection générale d’instruction de l’armée de terre. Le colonel Ballester se souvient d’avoir participé à un autre exercice, préparé avec les conseillers français, nommé « Fer forgé[23] ». Le colonel Martínez, professeur à l’ESGA et à l’Institut d’enseignement supérieur d’armée de terre, se réfère à cette collaboration comme « une actualisation de la doctrine opérationnelle de la force[24] ». L’ex-général Bignone, dernier président de la dictature argentine (1982-1983), dans un livre-témoignage, a admis « avoir connu » le colonel Robert Servant, l’un des derniers officiers affectés à la mission française ; mais c’est la seule information que Bignone livre sur la question des échanges militaires franco-argentins liés à la DGR[25].

Le catholicisme intransigeant : reformulation de la figure de l’ennemi et caution religieuse du tortionnaire argentin

La recherche sur l’implantation de la DGR en Argentine a négligé le fait que cet ensemble d’idées sur la guerre s’implanta sur un terrain déjà bien travaillé à l’avance par un réseau informel de formateurs et de propagandistes liés au catholicisme intransigeant et à l’extrême droite[26]. Par le biais de cours, conférences, causeries, rencontres informelles, sermons à la messe, ou retraites spirituelles, ce réseau a créé un imaginaire de la destruction en imbriquant la DGR au sein de divers horizons idéologiques : antilibéralisme, anticommunisme, antijudaïsme et refus de la modernité. Des groupes[27] et des individus[28] se sont chargés de marteler des thèses sur l’existence d’un ennemi caché au sein de la société argentine, dont leur but était d’enlever l’identité catholique de l’Argentine. Pendant des décennies, ce réseau déploie, derrière l’apparence de formation politique et morale, un système d’endoctrinement. Dans le cadre de cet endoctrinement, tout type de protestation devenait l’expression de la « guerre révolutionnaire » menée par l’Union soviétique pour faire tomber la « civilisation occidentale et chrétienne ». Par exemple, la figure du « bain de sang » qui purifierait l’Argentine de la « subversion » a été véhiculée et diffusée dans le milieu militaire d’abord par cette œuvre « La Cité catholique », reprise ensuite par des archevêques devant des militaires avant le déclenchement de la campagne clandestine de répression. Ainsi, par une opération rhétorique, défendre l’ordre établi devenait une défense du catholicisme, et attaquer l’ordre revenait à combattre cette religion… Pour les membres de ce réseau, attaquer l’ordre – un ordre qu’ils considéraient comme « naturel » – était le pire des crimes et un péché mortel.

Avec cette caution religieuse, la torture devenait un moyen extrême, mais licite pour combattre cet ennemi, dénommé « la subversion ». L’endoctrinement engage un processus d’élaboration mentale de la violence extrême, préalable au passage à l’acte. C’est un processus à l’œuvre dans d’autres génocides et violences de masse[29]. Les endoctrinés éprouvent une modification cognitive[30] de leur rapport à la mort, à la violence extrême et à l’assassinat : des actes condamnables sont perpétrés à des fins jugées supérieures, telle la défense de la « civilisation occidentale et chrétienne », de la Patrie ou du catholicisme. Le bourreau acquiert la conviction et la caution nécessaires pour commettre des atrocités.

Tous les tortionnaires argentins mentionnés dans cet article ont une conviction profonde à l’égard de la légitimité de leurs actes aberrants. Ils ont peu parlé des cours et des enseignements sur les façons de torturer, mais, en revanche, ils ont fait allusion très souvent à leur forte conviction pour justifier leurs actes.

La « mission militaire française » en Argentine

L’univers des idées liées à la DGR et la parole des officiers français en mission en Argentine ont été très présents dans le milieu militaire argentin, surtout à partir de 1954. Par contre, des informations sur une transmission des savoirs et des retours d’expériences sur des questions liées au renseignement ou à l’emploi de la torture n’apparaissent pas avec la même netteté. D’après le colonel Enrique Martínez Codó –historien et ancien membre du Servicio de Informaciones del Ejército (les renseignements militaires) :

« Bien sûr que dans les laboratoires et les salles des instituts de formation supérieure le problème de la Guerre révolutionnaire était connu et étudié, mais dans les unités de combat, qui devaient finalement supporter le poids de la guerre, on en savait très peu à ce sujet. De plus, dans aucun institut de formation supérieure, aucune instruction n’avait été donnée sur les méthodes pour obtenir des renseignements quant à l’action subversive – ce qui devait inclure, naturellement, les techniques d’interrogatoire de prisonniers –, aux procédés tactiques pour effectuer un "coup de filet" dans un contexte urbain, à la procédure à suivre et aux techniques d’enquête sur des personnes suspectes et, en général, quant à la façon de développer une série de missions qui faisaient partie du travail policier[31]. »

Selon Martínez Codó, des réponses à ces problèmes ont été fournies par le livre du colonel Roger Trinquier, La guerre moderne, dont une traduction en espagnol est disponible depuis 1965. Ce texte avait clarifié une question : l’aspect fondamental de la « guerre révolutionnaire » était le renseignement, qui devait provenir des prisonniers à n’importe quel prix, y compris par la torture. Martínez Codó reconnaît l’importance des enseignements venus de « professeurs étrangers expérimentés », bien qu’il souligne que des cours spécifiques sur les techniques d’interrogatoire n’aient pas été donnés.

Plusieurs tortionnaires argentins qui ont évoqué leur participation aux « escadrons de la mort » ont livré des témoignages allant dans le même sens que celui signalé par le colonel Martínez Codó : obsessions anticommuniste lors de la formation et absence d’entraînement aux aspects techniques de l’interrogatoire, de l’exploitation de l’information ou encore de la gestion des prisonniers. Des anciens membres de l’unité spéciale de l’ESMA se sont exprimés dans le même sens. Le capitaine de frégate Juan Carlos Rolón, membre du secteur « Renseignements » de cette unité, a fait toute sa carrière comme artilleur. Au moment de son affectation à l’ESMA, Rolón servait sur le destroyer « Storni », chargé des batteries du navire[32]. Il a déclaré : « Je suis un officier de navire ; je n’appartiens pas à l’infanterie de Marine qui, peut-être, pourrait avoir eu un certain rapport [avec des tâches répressives]. C’était quelque chose de vraiment inconnu et nous n’étions pas préparés. Nous n’avions presque pas eu d’entraînement et ensuite on nous a envoyés nous engager dans ces opérations urbaines[33]. » De même, un autre membre de cette unité, le capitaine de frégate Antonio Pernías, a déclaré : pour la répression clandestine, telle qu’ils l’ont mise en œuvre, « il n’y a eu aucune formation théorique[34] ». Dans le même sens, son camarade, le capitaine de frégate Néstor Omar Savio, a déclaré dans le procès de l’ESMA qu’il n’avait jamais suivi ni cours ni formation spécifique dans le domaine du renseignement et qu’il fut détaché dans cette unité sans l’avoir demandé, au moment où il venait tout juste de commencer sa carrière militaire. Avant cette destination, Savio intégrait le Bataillon d’artillerie navale n° 5, où il était chargé de la maintenance des batteries à Puerto Belgrano (Punta Alta, sud de la province de Buenos Aires)[35]. Le cas du capitaine de frégate, Ricardo Miguel Cavallo, également membre de cette unité, qui a fait sa carrière dans le Département de météorologie de la marine argentine[36] peut aussi être mentionné.

Conclusions

Les sources consultées montrent la prolifération des échanges autour de sujets comme la « guerre révolutionnaire », le communisme ou la psychologie appliquée au combat. Ces mêmes sources restent muettes sur la question de transferts des techniques de torture par des officiers français ayant fait les guerres d’Indochine ou/et d’Algérie et détachés en mission en Argentine. En revanche, le manque de formation technique pour mener des interrogatoires et pour exploiter des renseignements obtenus par des méthodes interdites par les lois de la guerre apparaît dans les témoignages des bourreaux argentins.

Déterminer qui a appris leur métier aux bourreaux argentins reste, encore aujourd’hui, un sujet à étudier. Il nous semble évident qu’il y a encore des lacunes sur les connaissances à ce sujet. En revanche, notre recherche montre que le recours à la torture et à d’autres sévices par les militaires argentins pendant la campagne de répression clandestine entamée depuis 1974 fut possible, d’abord, par la caution religieuse fournie par le catholicisme intransigeant. La DGR a permis de réactualiser la figure de l’ennemi dans le milieu militaire argentin, en construisant un imaginaire de la destruction. L’un des officiers français ayant participé à la « mission française », le général Bentresque, interviewé par Gabriel Périès, résume très clairement ce que nous venons d’exposer :

« À l’ESGA, je leur ai dit "je vous délivre une doctrine, vous en faites ce que vous voulez." […] Dans ce cadre, moi, j’étais un ouvrier avec son outil qui travaillait au service d’une cause, d’une entité qui me demandait de travailler. Quand j’ai fini, j’ai posé mon outil et je suis rentré chez moi. Je peux dire une chose, c’est que cette doctrine a été utile à l’Argentine, mais aussi qu’on aurait dû faire attention au facteur argentin avec Nouguès [un autre des officiers français détachés en Argentine]. On a eu tort de ce côté-là, car elle a été appliquée d’une façon un peu sauvage[37]. »

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Pour citer cet article : Mario Ranalletti, « Réexaminant la question de la "doctrine de guerre révolutionnaire" en Argentine », Histoire@Politique, n° 34, janvier-avril 2018 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l’école française, Paris, Éditions La Découverte, 2004, p. 339-340.

[2] Patricia Marchak, God’s Assassins. State Terrorism in Argentina in the 1970’s, Montreal, McGill-Queen’s University Press, 1999, p. 280-281 ; 293-295 ; 302-303.

[3] Pour la traduction française : Dernières nouvelles d’une terre abandonnée, Paris, Éditions du Seuil, 1993.

[4] Denis Leroux, Le Centre d’instruction pacification et contre-guérilla Arzew (1956-1961). Armée, discours et politique pendant la guerre d’Algérie, Université Lille 3, mémoire de DEA, sous la direction de Jean-François Chanet, 2010 ; Mario Ranalletti, « Una aproximación a los fundamentos del terrorismo de Estado en Argentina : la recepción de la noción de “guerra revolucionaria” en el ámbito castrense local (1954-1962) », Anuario del Centro de Estudios Históricos “Prof. Carlos S. A. Segreti”, Córdoba, nº 11, 2013, p. 261-278.

[5] Marie-Catherine Villatoux, Paul Villatoux, La République et son armée face au « péril subversif ». Guerre et action psychologiques en France (1945-1960), Paris, Les Indes Savantes, 2005.

[6] Bernard B. Fall, « Tailandia desde el punto de vista político militar », Revista de Ciencias Militares, Dirección General de Difusión del Ejército, Buenos Aires, año IV, nº 5, mai 1954, p. 271-274 ; Bernard B. Fall, « Indochina », Revista de Ciencias Militares, Dirección General de Difusión del Ejército, Buenos Aires, IVe année, nº 8, août 1954, p. 433-442.

[7] Commandant Alberto Marini, La psicología al servicio de la guerra. Cómo la utilizaron las principales potencias en el último conflicto, Buenos Aires, Éditorial du Cercle militaire, Bibliothèque de l’Officier, vol. 432, 1954.

[8] On peut notamment signaler les articles du capitaine Poli : « Acción psicológica: algunos planteamientos de carácter orgánico », Revista del Servicio de Informaciones del Ejército (dorénavant, Revue du SIE), janvier-février-mars 1956, n° 6, p. 23-34 ; « Acción sicológica. Planeamientos de esta rama de informaciones en los escalones menores del Ejército de campaña », Revue du SIE, Buenos Aires, Ministère de l’Armée, Service de Renseignements de l’Armée de terre, n° 7, année III, avril-mai-juin 1956, p. 34-40 ; « Aspectos orgánicos de acción psicológica », Revue du SIE, Buenos Aires, Ministère de la Guerre, Service de Renseignements de l’Armée de terre, n° 12, année IV, juillet-août-septembre 1957, p. 15-27.

[9] Armée de Terre argentine, École Supérieure de Guerre, Libro Histórico, 1954, p. 1 ; Armée de Terre argentine, Direction générale du Personnel, Dossier n° 18.957, Mom, Manrique Miguel (Infanterie) ; Archives du général Carlos Jorge Rosas, Dossier : « Francia, École Supérieure de Guerre (1953-1955) » ; Témoignage du fils du général Rosas, Carlos Diego Rosas, Buenos Aires, 20 juillet 2004. Aussi, pendant des années, j’ai pu profiter de l’orientation et de l’amitié de Rogelio García Lupo, qui m’a ouvert les portes de sa maison et permis de consulter ses archives sur le général Carlos Rosas, dont Rogelio a cultivé l’amitié pendant les années 1960.

[10] Général Alejandro Lanusse, Protagonista y testigo, Buenos Aires, Lugones editores, 1989, p. 257 ; Colonel Horacio P. Ballester, Memorias de un coronel democrático. Medio siglo de historia política argentina en la óptica de un militar, Buenos Aires, Ediciones de la Flor, 1996, p. 70 ; Général Osiris Guillermo Villegas, Temas para leer y meditar, Buenos Aires, Éditorial Theoría, 1993, p. 98 ; 128 ; 269 ; Général Reynaldo Benito Bignone, El último de facto. La liquidación del Proceso. Memoria y testimonio, Buenos Aires, Éditorial Planeta, 1992, p. 22-24 ; Général Genaro Ramón Díaz Bessone, Testimonio de un década, Buenos Aires, Círculo Militar, 1996, p. 33-37.

[11] Ministère des Affaires étrangères-Archives diplomatiques (MAF-AD), Série B-Amérique 1952-1963, Sous-série Argentine, Dossier 74 « Défense nationale », côte 18-6-1. Nous avons consulté à ce sujet une copie du projet (sans en-tête) d’accord conservée aux Archives diplomatiques du Quai d’Orsay.

[12] Selon le témoignage du général Bentresque, dans G. Périès, De l’action militaire à l’action politique, op. cit., tome 3, p. 761 ; Armée de terre argentine, Direction générale du Personnel, Archive historique de l’Armée de terre, Dossier personnel n° 18.957 : Mom, Manrique Miguel (Infanterie).

[13] « Nouvelles des promotions », Bulletin trimestriel de l’Association des Amis de l’École supérieure de Guerre, Paris, Ateliers d’impression de l’Armée, n° 13, juillet 1961, p. 11.

[14] Sa mission achevée, le lieutenant-colonel de Naurois fut décoré de « l’Ordre de Mai » du Mérite militaire, dans le grade de commandeur « par les services prêtés à l’Armée ». Il s’agit de la deuxième plus haute distinction octroyée par la République argentine. Voir Groupe amical d’officiers de réserve, (dorénavant, GAOR), Bulletin mensuel d’information, Buenos Aires, 1960, p. 10-11.

[15] « Nouvelles », Képi blanc. La vie de la Légion étrangère, Sidi-Bel-Abbès, Service d’Information du 1er Régiment étranger, n° 136, août 1958, p. 6. Ce légionnaire est promu au grade de lieutenant-colonel en juillet 1959 (voir « Nouvelles », Képi blanc. La vie de la Légion étrangère, Sidi-Bel-Abbès, Service d’Information du 1er Régiment étranger, n° 148, août 1959, p. 11). Avant d’être envoyé en mission en Argentine, il était l’adjoint du commandant du 3e Bureau de l’État-major Interarmées en Algérie (voir GAOR, Bulletin mensuel d’information, Buenos Aires, 1960, p. 10). Nouguès finit sa mission en Argentine et rentre en France en mai 1963, pour rejoindre le 5e Régiment étranger d’Infanterie, détaché à Tahiti.

[16] Lieutenant-colonel Jean Félix Nouguès, « Radioscopía subversiva en la Argentina », RESGA, Buenos Aires, n° 344, janvier-mars 1962, p. 28-32.

[17] D’après le lieutenant-colonel Nouguès, ces exercices (baptisés « Tandil », « Reflujo », « Nikita », « San Quintín » et « Libertad ») « ont permis d’enrichir et de fixer la doctrine, en l’appliquant à des situations imaginaires mais concrètes et crédibles » ; voir J. Nouguès, « Radioscopía subversiva de la Argentina », op. cit., p. 35.

[18] Gabriel Périès, « De l’Algérie à l’Argentine : regard croisé sur l’internalisation des doctrines militaires françaises de lutte anti-subversive. Une approche discursive », dans Alain Brossat, Jean-Louis Deotte (dir.), La mort dissoute. Disparition et spectralité, Paris, L’Harmattan, 2002, p. 98.

[19] L’ESMA, l’une des écoles de formation supérieure de la Marine, deviendra après 1976 l’un des centres clandestins de détention les plus terribles parmi les 340 recensés existants pendant la dernière dictature militaire argentine. Bentresque se souvient que, après avoir fini son exposé, un jeune capitaine de vaisseau l’approcha pour lui demander les textes qu’il avait lus pour préparer sa conférence. Bentresque avait sur lui seulement Le viol de foules par la propagande politique, ouvrage de Serge Tchakhotine. Cet officier argentin n’était autre que le futur amiral Emilio Eduardo Massera, tristement célèbre en Argentine pour son rôle comme commandant en chef de la Marine pendant le crépuscule du dernier gouvernement péroniste et les premières années de la dictature militaire. Voir G. Périès, De l’action militaire a l’action politique, op. cit., tome 3, p. 783.

[20] D’après les témoignages du général Bentresque et du général Albano Harguindeguy (ancien ministre de l’Intérieur pendant le premier gouvernement de la dictature), recueillis par Gabriel Périès et Marie-Monique Robin, respectivement. Voir G. Périès, De l’action militaire a l’action politique, op. cit., tome 3, p. 807 ; M.-M. Robin, Escadrons de la mort, op. cit., p. 339.

[21] J.-L. Picciuolo, Historia de la Escuela Superior de Guerra, op. cit., p. 204.

[22] Lieutenant-colonel François-Pierre Badié, « La guerra psicológica », RESGA, année XXXVI, n° 331, octobre-décembre 1958, p. 667-668 ; Lieutenant-colonel Patrice J.L. de Naurois, « Guerra subversiva y guerra revolucionaria », Idem, p. 687-702.

[23] Colonel Horacio P. Ballester, Memorias de un coronel democrático, Buenos Aires, Ediciones de la Flor, 1998, p. 67-68.

[24] Colonel Carlos J. M. Martínez, Medio siglo de estrategia argentina, Buenos Aires, Ministerio de Defensa-Escuela de Defensa Nacional, Cuadernos Académicos de la Escuela de Defensa Nacional, nº 79, 2003.

[25] M.-M. Robin, Escadrons de la mort…, op. cit., p. 316-318.

[26] G. Périès, De l’action militaire à l’action politique, op. cit., tome 3 ; Guido Giorgi, « Redes Católicas y Estado en la ‘Revolución Argentina’ », Ciencias Sociales y Religión /Ciências Sociais e Religião, Vol. 12, nº 12, octobre 2010, p. 53-78 ; Guido Giorgi, Fortunato Mallimaci, « Catolicismos, nacionalismos y comunitarismos en política social. Redes católicas en la creación del Ministerio de Bienestar Social de Argentina (1966-1970) », Cultura y Religión, Buenos Aires, vol. VI, nº 1, juin 2012, p. 113-144 ; Morello, Gustavo, The Catholic Church and Argentina’s Dirty War, Oxford University Press, 2015 ; Mario Ranalletti, « Contrainsurgencia, catolicismo intransigente y extremismo de derecha en la formación militar argentina. Influencias francesas en los orígenes del terrorismo de Estado (1955-1976)”, dans Daniel Feierstein, (ed.), Violencia política y genocidio en América latina. Buenos Aires, Prometeo libros, p. 253-284, 2009.

[27] Citons parmi ces groupes La Cité catholique ou la Congrégation des coopérateurs paroissiaux du Christ-roi.

[28] Par exemple le père Julio Meinvielle, les professeurs Jordán Bruno Genta et Nimio de Anquín ou l’avocat Carlos Sacheri.

[29] Comme le montrent les études sur les Einsatzgruppen, sur les guerres aux Balkans dans les années 1990, ou le génocide au Cambodge. Voir à ces sujets : Alex Álvarez, « Militias and Genocide », War Crimes, Genocide & Crimes against Humanity, Volume 2, p. 1-33 ; Martha K. Huggins, « Modernity and Devolution : The Making of Police Death Squads in Modern Brazil », dans Bruce B. Campbell, Arthur D. Brenner (dir.), Death Squads in Global Perspective : Murder with Deniability, New York, St Martin’s Press, 2000, p. 203-228 ; Ariel Ira Ahram, Proxy Warriors. The Rise and Fall of State-Sponsored Militias, Stanford, Stanford University Press, 2011 ; Christian Ingrao, Croire et détruire. Les intellectuels dans la machine de guerre SS, Paris, Fayard, 2010 ; Christian Ingrao, « Violence de guerre, Violence génocide. Les pratiques d’agression des Einsatzgruppen », dans Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker, Christian Ingrao, Henry Rousso (dir.), La Violence de guerre. Approche comparée des deux conflits mondiaux, Bruxelles, Complexe, 2002, p. 219-241 ; Jacques Sémelin, Purifier et détruire. Les usages politiques des massacres et génocides, Paris, Seuil, 2005 ; Norman Cigar, Genocide in Bosnia. The Policy of “Ethnic Cleansing”, College Station, Texas A&M University Press College Station, 1995 ; Alexander Laban Hinton, « Why Did You Kill ? The Cambodian Genocide and the Dark Side of Face and Honor », The Journal of Asian Studies, Vol. 57, n° 1, 1998, p. 93-122.

[30] Albert Bandura, « Moral Disengagement in the Perpetration of Inhumanities », Personality and Social Psychology Review, 3/3, 1999, p. 193-209.

[31] E. Martínez Codó, Reseña histórica de la inteligencia militar del Ejército Argentino, op. cit., p. 284.

[32] D’après son propre témoignage devant une Commission du Sénat argentin, chargé d’entendre les réclamations des officiers non retenus pour un avancement, le 19 octobre 1994.

[33] Horacio Verbitsky, El vuelo, Barcelona, Seix Barral, 1995, p. 83.

[34] H. Verbitsky, El vuelo, op. cit., p. 81.

[35] Tribunal Oral n° 5, Procès ESMA, Jugement rendu, 28 décembre 2011, p. 203.

[36] Miriam Lewin, Olga Wornat, Putas y guerrilleras. Crímenes sexuales en los centros clandestinos de detención. La perversión de los represores y la controversia en la militancia. Las historias silenciadas. El debate pendiente, Buenos Aires, Editorial Planeta, 2014, p. 270.

[37] G. Périès, De l’action militaire à l’action politique, op. cit., tome 3, p. 836.

Mario Ranalletti

Mario Ranalletti est enseignant-chercheur à l’UNTREF (Université nationale « Tres de Febrero », Argentine) après des études en Argentine et en France (doctorat de l’IEP de Paris). Il est rattaché à l’Institut d’études historiques de l’UNTREF, codirecteur du Centre d’études sur la mémoire et le temps présent (UNTREF). Spécialiste du terrorisme et contre-terrorisme d’État et de la « doctrine de la guerre révolutionnaire » française, il travaille également sur les violences extrêmes (Balkans, Indonésie, Argentine) et l’écriture de l’histoire au cinéma. Il a enseigné et travaillé au CERI Sciences Po Paris, à Rennes 2, et à l’Université de Salamanque.

Mots clefs : dictature militaire argentine ; terrorisme d’État ; violence extrême ; torture ; renseignement; Argentina Military Dictatorship ; State Terrorism ; Extreme Violence ; Torture ; Intelligence / Argentina Military Dictatorship ; State Terrorism ; Extrem

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  • ISSN 1954-3670