Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

De la « mission civilisatrice » à l’aide internationale dans les pays du Sud : acteurs, pratiques et reconfigurations au XXe siècle

Coordination : Marie-Luce Desgrandchamps et Damiano Matasci

D’un village à l’État. Les laboratoires de la reconstruction rurale de James Yen en Chine et ses soutiens américains (1926-1950)

Yi-Tang Lin
Résumé :

En mobilisant des fonds d’archives issus de deux continents et en adoptant une approche de longue durée, incluant la décennie de Nankin (1927-1937), la seconde guerre sino-japonaise (1937-1945) (...)

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Pour les historiens qui s’intéressent au mouvement global de la reconstruction rurale au XXe siècle, le programme entrepris à Ding Xian (district de Ding, ou Tging Hsien selon la romanisation de l’époque), un village situé à 300 kilomètres au sud de Pékin, fait partie des épisodes qui méritent d’être mentionnés[1]. Yangchu Yen (connu aussi sous le nom James Yen), diplômé en sciences politique et économique de l’Université de Yale, s’y est efforcé de réformer l’espace rural de la Chine, caractérisé selon lui par la pauvreté, l’ignorance, la faiblesse physique et la « désintégration civique[2] ». Pour éradiquer ces quatre problèmes étroitement liés, l’Association nationale du mouvement d’éducation de masse (National Association of Mass Education Movement, MEM) qu’il dirige initie un vaste programme de modernisation socio-économique destiné à transformer en profondeur ce district de 1 000 kilomètres carrés. Des universités populaires pour alphabétiser les paysans et préparer les professeurs locaux sont mises en place, des séances d’apprentissage de nouvelles technologies agricoles organisées et des centres médicaux pour les soins primaires construits.

Si ce programme de reconstruction rurale est loin d’être unique, il est très probablement le mieux connecté internationalement, du fait notamment de l’implication de plusieurs fondations philanthropiques américaines, comme le Milbank Memorial Fund (MMF) et la fondation Rockefeller[3]. Avant que ce projet ne soit interrompu en 1937 à cause du déclenchement de la seconde guerre sino-japonaise, Yen voyage aussi dans le monde entier pour aider à la mise en place d’entreprises similaires en Amérique latine, en Afrique, en Inde et en Asie du Sud-Est[4]. De plus, il parvient à convaincre le gouvernement américain de prévoir un budget dédié à la reconstruction rurale dans le China Aid Act de 1948, qui institue le Comité sino-américain pour la reconstruction rurale (Joint Committee of Rural Reconstruction, JCRR). Ce comité garde les liens avec le gouvernement de la République de Chine (ROC) qui, après sa défaite militaire contre le Parti communiste chinois (PCC), s’installe à Taïwan en 1949. Pendant les deux décennies suivantes, le JCRR devient ainsi l’organisme central de l’aide officielle des États-Unis sur l’« île rebelle ».

Cet article n’a pas pour but premier de revenir sur l’histoire du MEM à Ding Xian (1926-1937) ni sur la biographie et les idées de Yen, bien étudiées par ailleurs[5]. En adoptant une perspective transnationale, il se focalise plutôt sur les interactions entre Yen et les bailleurs américains, et plus précisément sur les discours et les modifications qui sont opérées dans les programmes dans le but d’obtenir des financements. Ceci sur une période relativement longue, traversée par des profonds bouleversements politiques : le début de la Décennie de Nankin (1928-1937), la seconde guerre sino-japonaise (1937-1945) et la guerre civile chinoise (1945-1949). Ce faisant, l’article souhaite faire dialoguer deux courants historiographiques distincts, qui se focalisent soit sur l’expérience de reconstruction rurale menée à Ding Xian soit sur la nature transnationale de ce type de programme. Un premier pan de travaux est en effet enclin à mettre en avant l’originalité de cette expérience en minimisant l’importance des connexions externes ayant fourni les ressources nécessaires à sa mise en place[6]. L’ouvrage récent de Kate Markel-Hess, qui compare les programmes de reconstruction rurale en Chine avant 1949, est à cet égard une exception. Néanmoins, sa narration ne met en avant le rôle des bailleurs américains et leurs influences qu’à partir des années 1930, en soutenant que ceux-ci n’ont eu aucune influence à Ding Xian auparavant[7]. Or, les archives du MMF, sur lesquelles repose cet article, démontrent le contraire. Cet article permet aussi de compléter l’historiographie sur les politiques américaines de développement, qui se concentre notamment sur les projets menés en Inde, en Europe et aux États-Unis, et qui mentionne parfois l’expérience de Ding Xian sans nécessairement l’étudier[8]. Si ces recherches se sont penchées sur la circulation et l’exportation des idées des acteurs américains dans différentes régions du monde[9], le rôle des acteurs locaux est souvent secondaire dans la narration. Dans son article portant sur les actions sanitaires rurales dans plusieurs pays pendant l’entre-deux-guerres, l’historien Lion Murard observe néanmoins diverses stratégies discursives concernant l’articulation entre les dimensions « locales » et « universelles » des politiques de modernisation rurale dans les années 1930. Il rappelle, par exemple, qu’en Hongrie et en Croatie, les acteurs se focalisent sur l’adaptation aux conditions locales sans l’ambition d’une mise en œuvre dans d’autres contextes[10]. Au contraire, pour les actions anti-tuberculose en France menées par la fondation Rockefeller, et malgré l’insistance sur les spécificités locales, les employés sur place préfèrent appliquer un programme directement calqué sur l’expérience des États-Unis, même si cela a finalement échoué dans ce pays[11].

Comme le rappelle le titre de cet article, le recours à la rhétorique du « laboratoire » relève d’une volonté de réconciliation entre ambition locale et ambition universelle. Le MEM définit Ding Xian comme une expérience locale « sur mesure », mais qui pourrait être transposée à d’autres contextes. Cette posture permet d’attirer l’attention de plusieurs partenaires américains, à la recherche d’un sens à donner à leurs investissements philanthropiques. En cherchant des soutiens financiers auprès d’organismes américains, Yen et ses collègues ont à la fois élargi l’envergure et bouleversé l’aspect de « laboratoire » de leur projet[12]. La fondation Rockefeller a ensuite étendu et professionnalisé le programme de Ding Xian en l’intégrant dans son « China Program », dirigé par son vice-président Selskar Gunn. Dès lors, Ding Xian est exclusivement un laboratoire pour collecter des données utilisées pour les analyses en sciences sociales conduites par les universités Yenching et Nankai, des institutions centrales dans le développement de ces disciplines en Chine[13]. La dimension de « laboratoire » de la reconstruction rurale disparaît après 1949, lorsque le JCRR est délocalisé à Taïwan et devient l’organisme officiel de l’aide économique des États-Unis sur place.

Il s’agit dans cet article de retracer, tout d’abord, la genèse de l’idée de James Yen concernant la construction d’un laboratoire rural marquée par l’influence de la pensée du philosophe John Dewey. Nous nous focaliserons ensuite sur la participation officielle de la fondation Rockefeller dans le programme de Ding Xian au début des années 1930, puis sur la sectorisation et la professionnalisation du champ de la « reconstruction rurale ». Enfin, nous proposerons une discussion sur l’intégration et la transformation de cette idée au sein de l’aide officielle des États-Unis en Chine.

Un laboratoire de la reconstruction rurale ? Genèse d’une idée

À plusieurs reprises, Yen explique que son idée de développer l’espace rural chinois provient de son expérience au sein de la Young Men’s Christian Association (YMCA) pendant la Première Guerre mondiale en France[14]. À la suite des accords entre les gouvernements chinois, britannique et français établis à partir de 1916, des dizaines de milliers de travailleurs chinois sont envoyés en France pour compenser le manque de main-d’œuvre, les travailleurs locaux étant mobilisés sur les champs de bataille[15]. De l’autre côté de l’Atlantique, des groupes d’étudiants chinois dans les universités aux États-Unis sont recrutés par la YMCA pour aider leurs compatriotes en France. Yen en fait partie et sa mission est d’aider les travailleurs chinois à écrire des lettres à leurs familles en Chine[16]. Fraîchement diplômé de Yale, Yen considère que l’une des causes principales de la détresse de ses compatriotes réside dans leur illettrisme. Il met donc en place un programme d’alphabétisation pour les travailleurs chinois en France. Le Manuel des mille caractères qu’il rédige devient par ailleurs le prototype de son travail d’éducation en Chine quand il y retourne dans les années 1920[17].

L’autre origine du travail de Yen à Ding Xian, rarement mentionnée par lui-même mais identifiée par l’historien Xu Guoqi[18], est la pensée pragmatique du philosophe américain John Dewey. Ayant séjourné et dispensé des cours en Chine en 1919-1921, Dewey a inspiré une génération d’intellectuels chinois, dont Hu Shi et Jiang Menglin, qui s’efforcent de réformer la Chine pour pouvoir l’extraire de la domination des puissances impérialistes. Ce groupe d’intellectuels chinois adhère à « l’expérimentalisme » de Dewey, qui renonce aux courants de pensées politiques pour prendre en compte seulement les résultats d’une politique[19]. L’un de ses disciples, Tao Xingzhi, crée avec James Yen le MEM en 1923. Cette organisation lance plusieurs programmes d’alphabétisation, tout d’abord à Changsha, la capitale provinciale du Hunan, et ensuite dans plusieurs autres grandes villes en Chine[20]. Et quand le MEM, sous la direction de Yen, se focalise sur Ding Xian, l’idée d’utiliser ce programme comme un laboratoire des réformes rurales pour la Chine est particulièrement mise en avant, surtout devant les bailleurs américains. Le sous-entendu est que ce projet n’est pas important en tant que tel, mais en tant que champ d’expérimentation pour tester la faisabilité des politiques de reconstruction rurale. Ses résultats doivent ainsi servir de modèle ailleurs. Cette conception correspond parfaitement à l’expérimentalisme que John Dewey et son disciple chinois le plus connu, Hu Shi, préconisent pour les prises de décision politique[21].

Il est difficile de juger à quel niveau Yen croit en l’idée que Ding Xian peut constituer un laboratoire pour tout l’espace rural chinois. Dans les documents disponibles dans les archives aux États-Unis, le terme « expérience » est toutefois omniprésent. Par exemple, dans les archives du MMF, qui est le premier organisme américain à soutenir financièrement ce programme, Edgar Sydenstricker, statisticien et frère du lauréat du prix Nobel de littérature Pearl Buck, argumente dans ce sens. Il fait référence au site expérimental des politiques sanitaires dans la zone rurale de Cattaraugus dans l’état de New York, que le MMF a inauguré en 1922, et écrit que la nature de l’expérience de Ding Xian permettra de modeler un système de santé publique adapté aux conditions rurales de la Chine[22]. De surcroît, dans le document soumis à la fondation Rockefeller quelques années plus tard, Yen explique qu’il a choisi le site Ding Xian car il s’agit, selon une enquête préalable, d’un « village chinois typique » adapté à la mise en place d’une expérimentation[23]. Or, aucune étude n’avait encore été réalisée quand Yen installe le MEM à Ding Xian en 1926. Comment a-t-il donc pu conclure que Ding Xian était en effet un village « typique » de Chine ? Dans un entretien avec Pearl Buck en 1945, il avoue que son choix est en fait hasardeux et facilité par des connexions locales :

« Une autre raison pour laquelle nous sommes allés à Ding Xian réside dans le fait que s’y trouvait un ancien centre d’examen très connu de la dynastie Song. L’intelligentsia locale nous a informés que si nous venions à Ding Xian, nous pourrions y installer notre quartier général. Je ne pouvais pas refuser, et quand j’ai reçu le rapport favorable de Fugh, que Fung m’a informé de ses succès agricoles et que les personnes sur place souhaitaient sincèrement notre arrivée et nous offraient un terrain – nous devions accepter[24]. »

Malgré un lieu choisi surtout par les circonstances[25], le récit présentant ce projet comme une expérience conçue scientifiquement fonctionne très bien. En 1928, les fonds venant de Milbank permettent de lancer le programme. Rockefeller Jr participe financièrement dès le début et siège même au conseil consultatif du MEM. Le Peking Union Medical College, un bénéficiaire de la fondation Rockefeller qui s’occupe de l’éducation médicale en Chine, fournit les directeurs successifs du département de la santé du programme de Ding Xian.

La fondation Rockefeller : élargissement et professionnalisation de Ding Xian

La réputation de Ding Xian et de Yen suscite rapidement une grande attention au niveau national et international. Un observateur étranger écrit en 1931 que la région est « submergée par les visiteurs » venant d’autres provinces mais aussi d’autres pays[26]. Le gouvernement nationaliste chinois, dirigé par Chiang Kai-Shek, qui a unifié une grande partie de la Chine continentale en 1928 et lancé plusieurs politiques pour moderniser le pays, ne tarde alors pas à recruter Yen. En 1931, le Conseil national économique, l’organisme le plus haut placé pour concevoir les politiques économiques nationales, lui demande de préparer des projets pour deux autres laboratoires de reconstruction rurale, respectivement au Jiangsu et au Zhejiang[27]. Yen refuse en argumentant que Ding Xian connaît un manque de main-d’œuvre et qu’il est trop tôt pour transplanter le programme sur le plan national[28]. Trois ans plus tard, l’inauguration de l’Institut provincial du Hebei pour la reconstruction sociale et politique marque néanmoins un pas important vers l’extension du programme de Ding Xian, qui jusqu’alors n’avait été financé par aucun service public de Chine[29]. La portée du projet n’est alors plus limitée au district, mais passe à un niveau provincial.

Cet élargissement s’accélère en 1935, lorsque Selskar Gunn, le vice-président de la fondation Rockefeller, inaugure son China Program. Après une visite en 1931, Gunn commence à concevoir un programme s’inspirant de Ding Xian pour « un planning social global », intégrant des actions pour l’économie agricole et la santé publique[30]. Son idée est de remédier au décalage entre les recherches scientifiques et les pratiques sociales. Recourant tout comme Yen au terme de « laboratoire », il présente son projet devant le conseil d’administration de la fondation et le décrit comme une expérience pouvant être reproduite partout en Chine[31]. Comportant trois volets principaux – agriculture, médecine / santé publique et coordination rurale –, le China Program partage le même objectif final et les mêmes modus operandi que Ding Xian. Sa portée est néanmoins plus large : le volet agricole du programme est basé à Nanjing, mené en coopération par l’université de Nanjing, le Bureau national de recherche agricole et l’université centrale nationale. Le volet sur la médecine et la santé publique est codirigé par l’Administration nationale de la santé et le ministère de l’Éducation. Quant au volet relatif à la coordination rurale, il prévoit notamment l’établissement d’un nouvel organisme appelé North China Council for Rural Reconstruction (NCCRR) regroupant Ding Xian, l’Université de Nankin et l’Université de Yenching, ces deux dernières institutions se chargeant d’analyser les données recueillies[32]. Dans ce contexte, Gunn réclame 50 000 dollars américains pour Ding Xian de juillet 1935 à juin 1936[33].

S’il est possible d’affirmer que le China Program est un élargissement de Ding Xian, il marque aussi une sectorisation et une professionnalisation accrue des actions visant la reconstruction rurale. Premièrement, les problèmes sanitaires et agricoles sont désormais traités séparément. Deuxièmement, au lieu d’analyser les données sur place pour pouvoir modifier les politiques locales, le China Program attribue la responsabilité des recherches scientifiques aux deux universités précitées, spécialisées dans les sciences sociales. Troisièmement, le China Program se focalise largement sur la formation. De 1936 à 1937, la majorité du budget est consacrée au financement de bourses pour former le personnel local au sein des instituts participant au programme[34]. Gunn transforme ainsi Ding Xian en centre de formation pour la reconstruction rurale. Les personnes qui en sortent vont en effet œuvrer comme administrateurs des initiatives similaires organisées au Hunan, Guangdong, Henan et Sichuan[35].

Le déclenchement de la seconde guerre sino-japonaise en juillet 1937 met fin à la décennie de Nankin, nommée ainsi par les historiens en référence à la période au cours de laquelle le gouvernement nationaliste s’efforce de moderniser l’administration chinoise[36]. Les initiatives de reconstruction rurale n’échappent toutefois pas au destin qui frappe les autres projets d’édification du pays. Les associés ainsi que le programme Ding Xian lui-même se déplacent vers les provinces de l’ouest et du centre, comme le Sichuan et le Hunan, pour éviter les risques liés aux conflits militaires. Malgré des petites différences entre elles, ces nouvelles actions se concentrent essentiellement sur la promotion de l’économie agricole et sur la réforme foncière. Seule l’expérience de Dingfan, une commune du Guizhou, voit la mise en place d’un système de soins similaire à celui de Ding Xian[37].

Le China Aid Act, le JCRR et la reconstruction rurale à l’échelle nationale

S’il perturbe le programme du MEM, le conflit permet néanmoins d’intensifier la collaboration entre Yen et Chiang Kai-Shek. Entre 1943, Chiang envoie Yen aux États-Unis pour chercher des fonds pour financer l’effort de guerre et la reconstruction rurale sur le plan national. Sa mission n’aboutit qu’en 1948, trois ans après la fin de la guerre. Dans le China Aid Act, le premier accord sino-américain concernant l’aide officielle des États-Unis prévoit au total 180,5 millions de dollars, dont 1,8 million pour l’établissement du Comité sino-américain pour la reconstruction rurale (JCRR), prévu dans la section 407 de l’accord[38]. Cette section est surnommée par le congrès des États-Unis « la section de Jimmy Yen », du fait de la forte implication de ce dernier[39]. Si l’on compare avec d’autres accords de coopération économique que les États-Unis mettent en place dans les années 1940, « la section 407 » joue un rôle précurseur au sens où elle prévoit des projets de modernisation rurale avant même que le Président Harry Truman n’inaugure son Point Four en janvier 1949, promettant de mettre à disposition les progrès scientifiques et technologiques américains pour favoriser le développement socio-économique des pays alliés[40].

Le JCRR est créé au moment où le gouvernement nationaliste est en train de perdre la guerre civile contre les communistes. Au sein de sa direction se trouvent trois Chinois et deux Américains[41]. Raymond Moyer, expert en agriculture et membre de la direction du JCRR, définit ainsi le modus operandi du Comité : 1) travailler à travers des agences existantes ; 2) renforcer les efforts du gouvernement dans ces domaines ; 3) insister sur des programmes qui aident directement la population[42]. Concrètement, entre 1948 et 1949, le JCRR œuvre majoritairement comme un organisme d’octroi de fonds plutôt que d’exécution de politiques. Il finance des actions dans cinq domaines : la production, le traitement et la commercialisation des produits agricoles, la propriété des fermes, l’administration des services publics locaux, la santé publique rurale ainsi que l’éducation sociale[43]. Sur la base de deux critères fondamentaux – « favoriser le développement économique » et « montrer un esprit de “self-help” » –, le JCRR sélectionne 37 projets parmi les 397 soumis par diverses organisations publiques et privées[44]. Ceux-ci se trouvent dans les provinces du Guangdong, Guangxi, Sichuan, Fujian, Hunan et Taïwan, à savoir dans les provinces du Sud encore sous l’influence de l’armée nationaliste dirigée par Chiang Kai-Shek[45]. En plus de soutenir financièrement les projets, le JCRR établit trois centres de démonstration pour la reconstruction rurale dans les provinces du Sichuan, de Zhejiang et de Fujian. Dans ces cas, deux méthodes sont suivies : la méthode MEM et la méthode alternative. La première est basée sur les écoles d’alphabétisation et leurs réseaux d’anciens élèves, alors que la seconde s’appuie sur les organisations existantes sur place, majoritairement publiques. Malgré le fait que l’origine et l’appellation soient dues à Yen, le JCRR se transforme en une initiative complètement différente de celle menée par le MEM à Ding Xian. Le principe de l’expérimentation et de l’adaptation aux conditions locales disparaît des missions du JCRR. Proclamant que les projets de reconstruction rurale ont atteint des résultats idéaux dans le passé, les trois nouveaux centres ont plutôt comme objectif de convaincre les autorités locales de mettre en place des centres similaires[46]. Toutefois, comme d’autres initiatives du JCRR à l’époque, ces centres ne survivent pas à la prise de contrôle du continent par le Parti communiste et le départ du gouvernement nationaliste à Taïwan en 1949.

Après cette date, la méthode de reconstruction rurale est remise en cause par le gouvernement américain qui estime que le JCRR n’a pas réussi à recueillir le soutien des paysans chinois[47]. Chiang Mon-Lin, le président du JCRR, un disciple de John Dewey, s’en défend en s’appuyant à nouveau sur le qualificatif d’« expérience », une stratégie que nous avons déjà pu observer dans la rhétorique de Yen. Dans une note destinée à ses collègues de l’Economic Cooperation Administration (ECA), l’organisme d’aide officielle des États-Unis, Chiang plaide pour le rétablissement du JCRR à Taïwan. Il écrit que « notre programme touche la vie rurale » et insiste sur le fait qu’il mène des investigations sur les besoins des paysans tout en soutenant les initiatives adaptées aux conditions et aux besoins locaux[48]. Son collègue Moyer va encore plus loin, en promettant que le JCRR à Taïwan jouera un rôle modèle pour développer l’espace rural de manière démocratique. Dans une lettre adressée à l’ECA, il explique que le JCRR entreprendra une série d’actions « démocratiques et solides » qui pourront être ensuite menées dans d’autres pays, soulignant également que les États-Unis ont besoin d’une « Chine amie[49] ».La rhétorique autour de l’idée de « laboratoire » comme cadre pour la mise en place d’expériences pouvant être répliquées ailleurs est donc bien présente dans les arguments de Chiang et Moyer. Cependant, ce discours disparaît par la suite. De 1949 à 1971, le JCRR a pour rôle d’introduire à Taïwan des technologies agricoles et sanitaires standards depuis les États-Unis, en collaborant étroitement avec l’ECA (ceci malgré une baisse des budgets à partir des années 1960). Mettant l’accent sur le développement économique, ses programmes sont centrés sur la mise en place de projets nationaux qui prennent peu en considération les besoins spécifiques des différentes zones rurales. Tout en affichant l’ambition de la reconstruction rurale sur le modèle du MEM datant de l’entre-deux-guerres, le JCRR mène désormais des actions différentes, à la fois sur le plan de leur envergure, mais aussi de la non-prise en compte des contextes locaux.

L’analyse menée dans cet article permet de rendre compte des changements qui interviennent dans les discours et les actions concernant la reconstruction rurale en Chine, dans un contexte historique caractérisé par de nombreux bouleversements politiques. Nous avons observé tout d’abord un élargissement progressif de l’envergure des projets entrepris à Ding Xian. Un programme censé être local est in fine devenu la politique nationale de développement économique dans la République de Chine, puis à Taïwan. Ce processus d’expansion s’est accompagné d’une séparation entre les actions sur le terrain et le travail de recherche, mené au sein des universités. En 1948 et 1949, le JCRR se focalise seulement sur la mise en œuvre des projets. Ensuite, malgré une brève inflexion dans ses discours en 1949, la mise en œuvre à Taïwan de technologies standards développées aux États-Unis devient le principe cardinal de la politique de reconstruction rurale, conformément aux attentes des aides officielles des États-Unis pendant les années de la guerre froide.

L’un des éléments importants qui ressortent de cette étude est l’usage rhétorique du terme de « laboratoire », apparu par intermittence pour soutenir les demandes de financement ou pour désigner un concept en réalité de moins en moins appliqué dans les programmes. L’action de Yen, au départ limitée à l’échelle d’un district et financée modestement par le MMF, était en effet basée sur la méthode « essai-erreur » : le personnel teste les actions sur le terrain et peut ensuite les modifier intégralement si besoin. Malgré le maintien de l’appellation « reconstruction rurale », le contenu de ce type d’action évolue ensuite très considérablement au cours des années suivantes, même si l’héritage des discours de Yen et de l’expérience de Ding Xian est encore présent.

Pour citer cet article : Yi-Tang Lin, « D’un village à l’État. Les laboratoires de la reconstruction rurale de James Yen en Chine et ses soutiens américains (1926-1950) », Histoire@Politique, n° 41, mai-août 2020 [en ligne : www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Lion Murard, « Designs within Disorder : International Conferences on Rural Health Care and the Art of the Local, 1931-1939 », dans Susan Gross Solomon, Lion Murard, et Patrick Zylberman (dir.), Shifting Boundaries of Public Health : Europe in the Twentieth Century, Rochester, University of Rochester Press, 2008 ; David Ekbladh, The Great American Mission : Modernization and the Construction of an American World Order, Princeton, Princeton University Press, 2011 ; Nicole Sackley, « The Village as Cold War Site : Experts, Development, and the History of Rural Reconstruction », Journal of Global History, vol. 6, n° 3, 2011, p. 481-504 ; Corinna R. Unger, « Towards Global Equilibrium: American Foundations and Indian Modernization, 1950s to 1970s », Journal of Global History, vol. 6, n° 1, 2011, p. 121-42.

[2] 吳相湘[Hsiang-Hsiang Wu], 晏陽初傳 : 為全球鄉村改造奮鬥六十年 [Biographie de Yang-Chu Yen: 60 ans de lutte pour la reconstruction rurale mondiale], 台北, 時報文化, 1981, p. 198.

[3] Voir Guy S. Alitto, The Last Confucian: Liang Shu-ming and the Chinese Dilemma of Modernity, Berkeley and Los Angeles, University of California Press, 1979 ; Kate Merkel-Hess, The Rural Modern : Reconstructing Self and State in Republican China, Chicago, University of Chicago Press, 2016.

[4] Pearl Sydenstricker Buck, Tell the People-Mass Education in China, New York, San Francisco, Honolulu, American Council Institute of Pacific Relations, 1945, p. 2.

[5] Pearl S. Buck, Tell the People, op. cit. ; Sidney David Gamble, Ting Hsien : A North China Rural Community, California, Stanford University Press, 1954; 吳相湘[Hsiang-Hsiang Wu], 晏陽初傳 : 為全球鄉村改造奮鬥六十年 [Biographie de Yang-Chu Yen: 60 ans de lutte pour la reconstruction rurale mondiale], op. cit. ; C. C. Ch’en and Frederica M. Bunge, Medicine in Rural China : A Personal Account, Berkeley, University of California Press, 1989 ; Charles Wishart Hayford, To the People : James Yen and Village China, New York, Columbia University Press, 1990 ; Kate Markel-Hess, The Rural Modern, op. cit.

[6] Voir 李金[Jing-Zheng Li], «浅析定平民教育实验的原因»[Analyses sur la raison pour laquelle l’éducation de masse à Ding Xian a échoué], 史教学, n° 6, 1990, p. 20-23 ; Shi-jin Sun, « 定县实验与农村复兴运动»[L’expérience de Ding Xian et le mouvement de reconstruction rurale], 史学月刊, n° 7, 2006, p. 47-51.

[7] Kate Markel-Hess, The Rural Modern, op. cit., p. 141.

[8] C. R. Unger, « Towards Global Equilibrium », op. cit. ; N. Sackley, « The Village as Cold War Site », op. cit. ; Liesbeth van de Grift and Amalia Ribi Forclaz, Governing the Rural in Interwar Europe, London, Routledge, 2017 ; Harald Fischer-Tiné, « The Ymca and Low-Modernist Rural Development in South Asia, c. 1922-1957 », Past & Present, vol. 240, n° 1, 2018, p. 193-234.

[9] Nick Cullather, The Hungry World, Cambridge, Harvard University Press, 2010 ; N. Sackley, « The Village as Cold War Site », op. cit. ; D. Ekbladh, The Great American Mission, op. cit.

[10] L. Murard, « Designs within Disorder : International Conferences on Rural Health Care and the Art of the Local, 1931-1939 », op. cit., p. 145.

[11] Ibid. p. 144.

[12] J’ai analysé la mise en œuvre au niveau local de l’aspect de « laboratoire » de Ding Xian dans l’article « 国卫生组织民国黄金十年公共卫生实验: 定县乡村保健系统中央卫生设施实验处江宁实验县(1928–1937) » [Construction d'expériences de santé publique dans la Chine de l'entre-deux-guerres : le programme Ding Xian et le programme Jiang Ning Xian de la Central Field Health Station (1928-1937)], 疗社会史研究, n° 3, 2017, p. 156-175.

[13] Yung-chen Chiang, Social Engineering and the Social Sciences in China, 1919-1949, Cambridge, Cambridge University Press, 2001.

[14] P. S. Buck, Tell the People: Mass Education In China, op. cit., p. 6 ; James Claude Thomson, While China Faced West : American Reformers in Nationalist China, 1928-1937, Cambridge, Harvard University Press, 1969, p. 48 ; C.W. Hayford, To the People, op. cit., p. 22-27.

[15] Li Ma (dir.), Les Travailleurs Chinois en France dans la Première Guerre mondiale, Paris, CNRS Éditions, 2012 ; Guoqi Xu, Strangers on the Western Front – Chinese Workers in the Great War, Cambridge, Harvard University Press, 2011.

[16] Pour les épisodes des chinois en service de YMCA, voir 蔣廷 [Tingfu Chiang], 蔣廷回憶錄[Mémoires de Tingfu Chiang], 長沙, 岳麓書社, 2017.

[17] P. S. Buck, Tell the People: Mass Education In China, op. cit., p. 9.

[18] Xu Guoqi, Chinese and Americans: A Shared History, op. cit., p. 210.

[19] Barry Keenan, The Dewey Experiment in China: Educational Reform and Political Power in the Early Republic, Cambridge, Harvard University Press, 1977, p. 402.

[20] Les villes comme Yantai, Qufu, Nanjing, Hangzhough, Wuhan.

[21] Keenan, The Dewey Experiment in China, op. cit., p. 402.

[22] Edgar Sydenstricker, The Proposed Public Health Program for Ting Hsien, China, of the Chinese National Association of the Mass Education Movement in Collaboration with the Milbank Memorial Fund, New York, Milbank Memorial Fund, 1930, p. 41.

[23] Rockefeller Archive Center, RF/1/601/8/78, James Y. C. Yen, « Chinese Mass Education Movement, a Summary », 1934, p. 8 et 65.

[24] Pearl S. Buck, Tell the People, op. cit., p. 26.

[25] Les critiques à l’époque affirmaient que Ding Xian est un district plus riche que la moyenne des zones rurales en Chine (Kate Markel-Hess, The Rural Modern, op. cit., p. 29).

[26] Rockefeller Archive Center, RF/1/601/7/70, G. E. Hodgmen, « To M. Beard », le 13 juin 1931.

[27] Rockefeller Archive Center, RF/1/601/7/70, John B. Grant, « Visit to Ting Hsien », le 4 novembre 1931.

[28] Ibid.

[29] Rockefeller Archive Center, RF/1/601/8/77, C. C. Ch’en, « Public Health in Rural Reconstruction at Ting Hsien », le 13 avril 1934, p. 1 ; C. W. Hayford, To the People, op. cit., p. 164-165.

[30] Frank Ninkovich, « The Rockefeller Foundation, China, and Cultural Change », The Journal of American History, vol. 70, no 4, 1984, p. 810.

[31] F. Ninkovich, « The Rockefeller Foundation, China, and Cultural Change », op. cit., p. 810.

[32] Rockefeller Archive Center, RF/1/601/42/349, Selksar Gunn, « Fellowships of China Program », 1935.

[33] Rockefeller Archive Center, RF/1/601/8/71, Selksar Gunn, « To Max Madson », le 24 mars 1935.

[34] Rockefeller Archive Center, RF/1/601/7/69, the Rockefeller Foundation, « Resolutions », le 14 mai 1936.

[35] Ibid.

[36] Une analyse dans Margherita Zanasi, Saving the Nation: Economic Modernity in Republican China, Chicago, University of Chicago Press, 2010.

[37] Mary Brown Bullock, An American Transplant : The Rockefeller Foundation and Peking Union Medical College, California, University of California Press, 1980, p. 194.

[38] D’autres lignes du budget consistaient en 175,1 millions de dollars pour les marchandises, 1,6 million pour des services d’ingénierie, et 2 millions pour les frais d’administration. (National Archives and Records Administration (College Park), 469/250/72/28/1/27, Division of China Program, Economic Cooperation Administration, « Developments in the China Program for the Week Ending December 23, 1949 », le 23 décembre 1949.)

[39] NARA (College Park), 469/250/80/21/7/3, George Gurow, « CM-JCRR Relationship », 1952 May 1, op. cit.

[40] Voir à cet égard l’introduction générale de ce dossier rédigée par Damiano Matasci et Marie-Luce Desgrandchamps.

[41] National Archives and Records Administration (College Park), 469/250/72/28/1/27, Economic Cooperation Administration/ China Program Division, « A Brief Summary of The Background and Program of the Chinese-American Joint Commission for Rural Reconstruction (JCRR) ».

[42] National Archives and Records Administration (College Park), 469/250/72/28/1/27, Raymond Moyer, « The Development of the Joint Commission’s Thinking on Its Program », le 1er février 1950.

[43] NARA (College Park), 469/250/72/28/1/27, Economic Cooperation Administration/ China Program Division, « A Brief Summary of The Background and Program of the Chinese-American Joint Commission for Rural Reconstruction (JCRR) », op. cit.

[44] NARA (College Park), 469/250/72/28/1/27, Economic Cooperation Administration/ China Program Division, « A Brief Summary of The Background and Program of the Chinese-American Joint Commission for Rural Reconstruction (JCRR) », op. cit., p. 14.

[45] NARA (College Park), 469/250/72/28/1/27, Economic Cooperation Administration / China Aid Program, « Report on the Program of Rural Reconstruction in China Provided for in Section 407 China Aid Act of 1948 », le 1er avril 1949 ; NARA (College Park), 469/250/72/28/1/27, Economic Cooperation Administration/ China Program Division, « A Brief Summary of The Background and Program of the Chinese-American Joint Commission for Rural Reconstruction (JCRR) », op. cit.

[46] NARA (College Park), 469/250/72/28/1/27, Raymond Moyer, « The Development of the Joint Commission’s Thinking on Its Program », op. cit.

[47] N. Sackley, « The Village as Cold War Site », op. cit., p. 491. Pour les discussions sur la « perte de la Chine », voir C. X. George Wei, « The Economic Cooperation Administration, the State Department, and the American Presence in China, 1948-1949 », Pacific Historical Review, vol. 70, n° 1, février 2011, p. 21-22.

[48] National Archives and Records Administration (College Park), 469/250/72/28/1/27, Chiang Mon-lin, « Supplement to Dr. Moyer’ Letter to Mr. Cleveland on Development of the Joint Commission’s Thinking on Its Program », le 23 décembre 1949.

[49] National Archives and Records Administration (College Park), 469/250/72/28/1/27, Raymond Moyer, « Important Consideration in an Approach to Aid to Taiwan under Present Condition », le 12 juillet 1950.

Yi-Tang Lin

Yi-Tang Lin a soutenu en 2017 une thèse de doctorat en histoire à l’université de Lausanne et travaille actuellement comme postdoctorante à l’université de Genève. Ses recherches portent sur l’histoire de la quantification statistique, l’histoire des politiques internationales de la santé publique et l’histoire des organisations internationales au XXsiècle. Ses principales publications sont : « Local Actions, National Policies and International Knowledge: Family Planning and Statistical Practices in Taiwan (1949-1980s) » (Social History of Medicine, 2019) ; « Making Standards to Quantify All Health Matters : The World Health Organization’s Statistical Practices (1946-1960) » (Monde(s), no 11, 2017, p. 247-266).

Mots clefs : reconstruction rurale ; Chine ; Taiwan ; fondation Rockefeller ; États-Unis ; James Yen ; Rural Reconstruction ; China ; Taiwan ; Rockefeller Foundation ; United States.

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  • ISSN 1954-3670